Hey! modern art & pop culture

Expositions collectives du 10 janvier au 31 juillet 2020
Commissariat
Anne Richard – HEY!

La Halle Saint Pierre invite la revue HEY! modern art & pop culture à assurer la programmation de la galerie durant le premier semestre 2020. Une vingtaine d’artistes présentés lors des quatre grandes expositions (2011, 2013, 2015, 2019) se succéderont de janvier à juillet et nous démontreront que cette scène artistique alternative est toujours aussi originale et dynamique. 

 
Halle Saint Pierre – à la galerie (entrée libre)
Ouvert tous les jours 
sauf : 1er mai, 14 juillet
du lundi au vendredi :11h – 18h / samedi :11h à 19h / dimanche : 12h à 18h

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PROGRAMMATION


FÉV
RIER 2020

Ce deuxième accrochage met en avant les artistes :

Alëxone Dizac (France),  Dana Wyse (Canada), 
Mr Djub (France) Masayoshi Hanawa (Japon) Vaughn Bodé (États-Unis)
autour d’un vaste corpus d’œuvres dont beaucoup ont été produites à cette occasion.

Focus sur Masayoshi Hanawa (Japon)

Artiste autodidacte, reconnu en tant que figure de proue de l’outsider pop japonais contemporain. Masayoshi Hanawa a étudié le métier de coiffeur dans un lycée technique. En 2005, tandis que le salon qui l’employait ferme boutique, il se met à peindre sur des tee-shirts qu’il vend dans la rue, à la sauvette, à côté de quelques dessins de lui. Enfant, Hanawa a grandi dans une maison isolée en pleine forêt. Sa mère travaillant de nuit, pour chasser la solitude et la peur du noir, il commença à dessiner de façon frénétique, caché sous son lit. Ses sujets sont ce qu’il appelle encore aujourd’hui « ses entités protectrices ». L’artiste a été présenté à La Halle Saint Pierre, dans le cadre de la quatrième édition de l’exposition HEY! 4 (2014). Il a intégré de nombreuses collections particulières, expose avec succès en Europe ainsi qu’en Asie et en foires internationales d’art.

Le musée de la Halle Saint Pierre et la revue d’art HEY! modern art & pop culture poursuivent leur association. Initiée en 2011 une série d’expositions venait donner corps à un désir commun d’explorer, d’expérimenter des voies autres que celles de la culture officielle, c’est-à-dire adopter, comme le fit Dubuffet, « un autre regard sur le monde, une autre interprétation de celui-ci, un autre vocabulaire et, par suite, une autre forme de manipulation de ce vocabulaire, donc une autre pensée”.

Ce partage a déjà son histoire. Dès 1995,  lors de l’exposition Art Brut et Cie, la face cachée de l’art contemporain, Anne & Julien se firent la caisse de résonance de cet événement fondateur, le répercutant dans les zones bouillonnantes de la contre-culture. Si aujourd’hui l’art brut et les formes hors-normes de la création sont sortis de la confidentialité sous l’effet d’une triple reconnaissance – de l’institution, de l’université et du marché –, c’est aussi grâce à la curiosité et l’engagement de ces deux agitateurs. Dans le même temps, face à sa confrontation confuse avec l’histoire de l’art contemporain et à la spéculation offensive du marché, ce sont de tels défenseurs avertis, inquiets des dérives et amalgames, qui ont permis à l’art brut de conserver sa spécificité.

La création de la revue d’art HEY! en 2010 fut l’occasion pour la Halle Saint Pierre d’élargir son projet artistique en accueillant dans une série d’expositions les « outsiders pop », cette  myriade de mouvements figuratifs contemporains révélés au public français par Anne (Richard) & Julien (Deflisques). Nul autre lieu ne  pouvait imaginer et mettre en œuvre la synthèse audacieuse de la scène artistique alternative. Des figures séditieuses du lowbrow art nourries de l’iconographie des médias populaires aux fantasmagories du pop surréalisme redécouvrant l’héritage des grandes traditions picturales, des activistes du street art au tatouage, des échappées individuelles et solitaires de l’art brut aux expressions raffinées et libertaires d’un «œil à l’état sauvage», les marges artistiques y étaient présentées dans leur diversité et leur complexité.

Martine Lusardy – Directrice de La Halle Saint-Pierre

JANVIER 2020

La première manifestation débute le 10 janvier 2020 avec les artistes :

Alëxone Dizac (France), Dana Wyse (Canada), Tom Huck (Etats-Unis),
Titine K-Leu (Suisse), Mark et Vaughn Bodé (Etats-Unis), Easy Sacha (France), Fabrice Lavollay (Belgique), Sabine Gaffron (Suisse), Zolton (Etats-Unis).

La Scène 

« Lecture-conversation » & Signature
par Catherine Pont-Humbert
Samedi 25 janvier à 15 heures – entrée libre
Halle Saint Pierre
– à l’auditorium
Réservation conseillée au : 01 42 58 72 89

 

La Scène, récit de Catherine Pont-Humbert 
Editions Unicité

Récit d’une enfance « trouée » par une « scène » fondatrice, ce livre sensible et gourmand fouille les émotions, les sensations.
Il explore les facettes de la force vitale qui permet d’advenir à soi en dépit du traumatisme de la scène.
Son écriture, qui alterne l’évocation d’épisodes d’enfance et le récit de la scène approchée par petites touches, est au cœur de cette énergie de vie, elle qui relie au monde et permet de garder vive l’espérance.

La scène est la face sombre de mon enfance, son recoin caché, obscur dont les ondes ravageuses se sont insidieusement propagées dans mon corps, mon âme jusqu’à entamer mon insouciance, ma vitalité et le profond sentiment d’espérance qui m’habitait. Elle a cohabité avec la face lumineuse de cette même enfance, ardente et joyeuse, de l’autre côté du miroir. Je vivais entre ces deux lieux que j’occupais tour à tour.

La scène appartient à ma mère autant qu’à moi.

Quand le cœur se relie aux émotions d’hier, quand le corps cherche les gestes d’autrefois. Est-il trop tard ? Il est peut-être trop tard pour le premier cri. Mais pour le reste ?

 

Catherine Pont-Humbert est auteur, journaliste littéraire, lectrice et conceptrice de lectures musicales. Productrice à France Culture de 1990 à 2010, elle est aujourd’hui programmatrice et modératrice de débats littéraires. Elle est notamment l’auteur de Carnets de Montréal, éditions du Passage (2016). Elle donne pour la scène des lectures d’Henry Bauchau, Andrée Chedid et Edouard Glissant. Elle a notamment adapté et dirigé la lecture musicale d’Œdipe sur la route d’Henry Bauchau, et conçu la lecture musicale Ecrire c’est dire le monde.

 

Pierre Richard (1802-1879)

 Grimoires illuminés
Inédits d’un outsider

Editions Artulis Pierrette Turlais, déc.2019

PRÉSENTATION / SIGNATURE

Samedi 25 janvier de 16h30 à 18h30
avec
François Pétry

Historien, archéologue, conservateur en chef honoraire du patrimoine
Lise Maurer
Psychanalyste
Christophe Boulanger
Attaché de conservation, en charge de l’art brut, LaM, Lille Métropole, Musée d’art moderne, d’art contemporain et d’art brut
Pierrette Turlais
Éditrice

Halle Saint Pierre – à l’auditorium (entrée libre)
Réservation conseillée : 01 42 58 72 89

   
Le livre et son étui 

L’ouvrage Pierre Richard (1802-1879). Grimoires illuminés présente une œuvre inconnue à ce jour, celle d’un paysan lorrain qui, au milieu du xixe s., conjura ses terreurs et ses illuminations par une création magistrale, en partie réalisée en Moselle dans la réclusion asilaire.

Il s’agit de 3 « grimoires », ou livres de magie, acquis dans les années 1990 par un libraire de Metz, puis vendus à des collectionneurs en 2010. Ces grimoires, riches d’environ 750 planches, sont constitués de dessins, monogrammes, cercles ornés, mises en scène de la Passion, alphabets et autres écritures cabalistiques que la publication des éditions Artulis met à l’honneur avec plus de 500 illustrations de l’artiste, en partie fac-similées.

La précocité des travaux de Pierre Richard, largement antérieurs à ceux d’Adolf Wölfli et Aloïse Corbaz, fait d’eux des incunables de l’Art Brut. Huit auteurs – artiste, historiens, linguiste, psychanalyste et historien de l’art – tentent de les décrypter et les interrogent tour à tour : Annette Messager, François et Mireille Pétry, Nicolas Weill-Parot, Jean-Pierre Brach, Marc Décimo, Lise Maurer et Christophe Boulanger.

Cette édition, qui ouvre pour la toute première fois un ensemble encore clos, montre qu’il existe désormais une œuvre et un style Pierre Richard.

 

 

 

 



Caractéristiques
Tirage limité à 250 exemplaires numérotés. 40 cm × 25 cm, 280 pages, 500 images. Parution : décembre 2019. 
Prix : 230 €. 

Ouvrage publié avec le concours de la Drac Grand-Est et de la Fondation Michalski.

Les éditions Artulis ont élu les écritures nécessaires, de résistance, de survie, au nombre de leurs voies de recherches. Plusieurs publications sont nées de cette réflexion, notamment les Cahiers de l’île du Diable d’Alfred Dreyfus ; Le Second Enfer, autodafé d’un choix, d’Étienne Dolet et les Tracts et papillons clandestins de la Résistance, papiers de l’urgence. Chacun de ces livres donne à voir sous forme de fac-similés les écritures, dessins ou traces éphémères de ces archives précieuses et les soumet à la pensée d’auteurs contemporains. Ces publications à caractère bibliophilique sont accompagnées d’une version numérique mettant à la disposition des internautes, en libre accès, l’ensemble des contenus.

ROGER BALLEN

L’œil de la photographie

https://loeildelaphotographie.com/en/the-world-according-to-roger-ballen-gg/

Roger Ballen, photographe du “freak”
FRANCECULTURE.FR

Dans l’esprit de Roger Ballen | Artiste Interview | Wladimir Autain

Roger Ballen dans le temple des outsiders.
– Beaux Arts Magazine -Janvier 2020

IN THE CITY-Decembre – janvier 2019 – intégralité du dossier ici 


Paris Photo 2019 : 20 photographes à voir

Ils enchantent, dérangent ou questionnent… Florilège de talents à admirer sous la nef du Grand Palais et partout en ville lors de la 23e édition de Paris Photo, du 7 au 10 novembre.

Roger BALLEN
Le photographe sud-africain est le grand invité de Paris cette année. À la Halle Saint Pierre où il fait l’objet d’une grande exposition… (Le Figaro.fr)



Lire la suite ici


Roger Ballen, l’esprit frappeur

Il y a chez lui des grimaces et des battements d’ailes, des grincements de dents et des rats, des squelettes et des bébés. Le photographe Roger Ballen fait dialoguer toutes sortes d’obsessions dans des compositions cauchemardesques, quoique étrangement familières. À Paris, la Halle Saint-Pierre l’expose pour une année entière, le temps peut-être de déchiffrer une œuvre puissamment énigmatique. Rencontre.

Lire la suite : Beaux-Arts Magazine


Les 5 expos à ne pas rater en septembre en France

Le théâtre de la cruauté exposé.

Lorsqu’il se rend à Paris, Roger Ballen visite la Halle Saint-Pierre, dans le XVIIIe arrondissement. Pour sa série d’expositions en Europe qui reviendront sur son travail, il a donc tout naturellement fait le choix d’y exposer à son tour. Dans ce lieu dédié à l’art brut, le photographe, Américain d’origine mais Sud-Africain d’adoption, revient sur cinquante années de carrière.

Lire la suite : Les Inrocks


Le monde selon Roger Ballen

L’exposition « Le monde selon Roger Ballen », plus grande rétrospective à ce jour de l’œuvre du photographe sud-africain, revient à la Halle Saint Pierre, à Paris, sur les cinquante ans de carrière de cet artiste hors-norme. Photographies et installations dont certaines, inédites, ont été produites in situ, composent un univers sombre et cruel, métaphore de l’absurdité existentielle.

L’exposition « Le monde selon Roger Ballen » à la Halle Saint Pierre, à Paris, constitue, pour la première fois en France, une véritable rétrospective de l’œuvre d’un des photographes majeurs de sa génération. Le style unique de cet artiste sud-africain, qu’il définit lui-même comme « ballenesque » renvoie de façon crue le versant le plus sombre de la condition humaine : l’absurdité de l’existence et du monde et la confusion voire la folie qui en résultent.

Lire la suite : PARIS ART


A la Halle Saint-Pierre, bienvenue à Ballenland, “Le Monde selon Roger Ballen”, un monde angoissant, horrifique, drolatique et/ou macabre décliné sur le mode du paysage mental, dont l’artiste photographe et plasticien indique qu’il ressort non à la représentation de sa psyché mais à la sollicitation de celle du regardeur en charge de l’élaboration de sa propre autofiction.


Le curieux des arts.fr

” Chaque fois que je visite Paris année après année, j’ai hâte de visiter la Halle Saint Pierre […]. L’art qu’on peut voir à la Halle Saint Pierre est authentique, essentiel, implicitement compréhensible ” souligne Roger Ballen (1950, New York). Après des études de psychologie et un doctorat en économie minière il part, en 1982, en Afrique du Sud. Il y exerce son métier de géologue, découvre banlieues et campagnes, pratique la photographie. Ce médium, il le connaît depuis son enfance, sa mère travaillait à l’agence Magnum avant d’ouvrir une galerie de photographies à New York.


Lire la suite : Froggy’s Delight.com


The everlasting enigma of Roger Ballen

To encounter the South Africa-based American photographer Roger Ballen means to experience the uncanny nature of his photographs. The artist enjoys showing them to you in an easygoing, straightforward manner over lunch, which he barely touches, choosing instead to reveal some of the secrets of his art…

Read more : BLIND – PHOTOGRAPHY AT FIRST SIGHT


Complètement dada

De géologue, ce docteur en économie minière est devenu photographe ; du documentaire, il est passé à la mise en scène, aux dessins, installations, vidéos, projections, peintures, sans jamais abandonner la photographie. Témoin : cette image prise sur une vitre selon un procédé qu’il a lui-même mis au point. Comment qualifier le travail de Roger Ballen ? Absurde, surréaliste, creepy ? L’artiste réfute l’idée de mettre des mots pour le décrire et nous déconseille de le faire ! Précision de sa part : « Ce n’est pas l’ordre qui commande, c’est le chaos ». Tout est dit : ballenesque reste sans doute le terme le plus approprié tant l’œuvre de cet Américain vivant en Afrique du Sud depuis près de quarante ans est atypique. Elle fait l’objet d’une rétrospective à la Halle Saint-Pierre à Paris (jusqu’au 31 juillet 2020), où sont présentées pour la première fois des photos couleur.

Lire la suite : Le Quotidien de l’Art


Exposition Roger Ballen commentée par Bruno Dubreuil, blog ViensVoir


Article dans Charlie Hebdo sur l’exposition Roger Ballen à la Halle Saint Pierre.


Théâtre de l’absurde et de la cruauté, le monde de Roger Ballen hante la Halle
Saint Pierre.

A l’étage, son travail photographique qui est la base de sa création. Au rez-de-chaussée, ses dessins et installations dont certaines conçues expressément pour cette exposition. L’univers sombre et pénétrant de Roger Ballen s’expose en cette rentrée à la Halle Saint-Pierre et c’est un sacré choc de s’y confronter pour la première fois.

Lire la suite : PARISCOPE.FR



TELERAMA

En images : l’univers cauchemardesque du photographe Roger Ballen
Par Frédérique Chapuis

Ses clichés ont fait le tour du monde. Le photographe sud-africain s’expose dans un lieu consacré à l’art brut. A la marge.

Roger Ballen, regard clair et perçant, semble très à l’aise au milieu des caisses remplies de têtes de poupées, d’animaux empaillés, de fils de fer, de cheveux, d’os…, qui serviront à composer les décors de l’une de ses plus importantes expositions. Il ne manque que les souris et les rats blancs vivants qui hantent habituellement ses images et dont il aurait aimé qu’ils soient aussi de la fête (mais que Martine Lusardy, directrice de la Halle Saint-Pierre, a refusé d’accueillir). A 69 ans, le photographe est soucieux de faire comprendre son univers, qu’il qualifie de « ballenesque » et qu’il décrit comme énigmatique, mystérieux, psychologique, primaire et, surtout (insiste-t-il), profondément instinctif. Un univers cauchemardesque qui fera le tour du monde grâce à la diffusion du clip de I Fink U Frieky (2012), que Ballen réalise avec le duo déjanté de hip-hop hardcore Die Antwoord.

Au cœur de ses ténèbres

On découvrira ici des œuvres réalisées entre 1995 et 2018 avec plusieurs médiums : de la photographie (ce par quoi il a débuté) au dessin, en passant par l’installation et la vidéo. Pourquoi les déshérités, les êtres marqués par la consanguinité et les troubles psychologiques, croisés à travers l’Afrique du Sud lorsqu’il exerçait le métier de géologue, ont-ils déserté ces images crues qui ont fait connaître, et parfois détester, Roger Ballen ? « Lorsqu’il y a des humains dans les photos, répond-il, le public se demande : pourquoi sont-ils là, qui sont-ils, sont-ils d’accord ? Leurs visages prennent ainsi le dessus sur le reste du travail et un tas d’aspects sont oubliés. Alors que devant un oiseau, un dessin, on est sans jugement, et cela reste bien plus mystérieux»


Roger Ballen : « L’essence de la vie est au-delà des mots »
Lire la suite: DIACRITIK

Roger Ballen : photographier des énigmes



“Le monde selon Roger Ballen” à la Halle Saint Pierre, Paris

Que se passe-t-il dans la tête de Roger Ballen ? Son monde plein de symboles se montre complexe, labyrinthique, plein de sombres métaphores, et pourtant simple et enfantin, délibéré et organique, laissant un doute sur l’interprétation qu’on peut en faire, donc nous laissant libres. Des objets accumulés sont mis en scène, photographiés, ou filmés pour une vidéo avec les musiciens et graphistes sud-africain déjantés Die Antwoord ; l’image carrée imprimée est un récit, un film entier. Sa photographie est documentaire, elle explore les marges de la société, y cherche le beau, la grâce édentée et grimaçante. Ensuite, elle rentre dans une intimité presque obscène, documentant cette fois l’imaginaire de Roger Ballen, les méandres de sa mémoire et de son expérience.

Lire la suite : Francefineart.com

 


Les Eternels FMR

Les Éternels FMR s’installent à la Halle Saint-Pierre

du lundi 2 décembre 2019 au dimanche 5 janvier 2020

Et vous présentent la production de plus de 70 éditeurs indépendants, décalés, alternatifs, furieux, irrévérencieux…

Halle Saint Pierre – à la librairie (entrée libre)
Ouvert tous les jours sauf le 25 décembre et 1er janvier, ferme à 16h le 24 et 31déc

ÉVÉNEMENTS

La librairie FMR s’entoure d’une exposition d’œuvres de Pascale Rompteau et de Samuel Hoppe (Zone sensible), et de sérigraphies et objets graphiques des éditions Relief.

Samedi 7, 15 h : débat* et dédicace autour de Une culture du viol à la française (Libertalia) de Valérie Rey-Robert (auditorium – entrée libre)

Du « troussage de domestique » à la « liberté d’importuner ». Dans cet essai documenté et novateur, l’autrice analyse et définit les violences sexuelles, déboulonne toutes nos idées reçues et bat en brèche l’argumentaire déresponsabilisant les violeurs. Elle insiste sur les spécificités hexagonales du concept de « culture du viol », démythifie le patrimoine littéraire et artistique, et démontre, point par point, qu’il est possible de déconstruire les stéréotypes de genre et d’éduquer les hommes à ne pas violer.

Dimanche 8, 15 h : Dareka & Gaspard dédicacent leur roman graphique Tourbillons (Xérographes)

Samedi 14, 14 h : les auteur.e.s des Forges de Vulcain débarquent en force pour dédicacer leurs ouvrages
« Les éditions Aux forges de Vulcain publient depuis 2010 des essais et des romans, qui sont comme des moyens de regarde le monde, mais avec un sourire en coin. »
http://www.auxforgesdevulcain.fr/

Dimanche 15, 15 h : présentation* et dédicace de Arpenter le paysage (Anamosa) de l’ethnologue Martin de La Soudière (auditorium )

Martin de La Soudière est ethnologue au CNRS et à l’EHESS et intervient à l’École nationale supérieure du paysage de Versailles-Marseille. Il travaille depuis de nombreuses années sur des dimensions sensibles du monde rural, avec une prédilection pour la moyenne montagne (Massif central, Lozère, Pyrénées). Ses ouvrages principaux sont : Lignes secondaires (Créaphis, 2008), Poétique du village. Rencontre en Margeride (Stock, collection « Un ordre d’idée », 2010), Au bonheur des saisons. Voyage au pays de la météo (Grasset, 1999), L’hiver. À la recherche d’une morte saison (Maison des sciences de l’homme, 1987).

Samedi 21, 15 h 00 : présentation* et dédicace de autour de la trilogie Points de non-retour (L’Arche) d’Alexandra Badea (auditorium)

Deuxième partie de la trilogie sur les récits manquants de l’Histoire française récente, Points de non-retour [Quais de Seine] est une plongée dans l’intériorité de Nora. Déjà présente dans le premier volet Points de non-retour [Thiaroye], la jeune femme, réalisatrice de documentaires pour la radio, nous conduit de l’autre côté de la Méditerranée sur les traces de ses ancêtres. Elle découvre, à travers des rêves, des souvenirs enfouis et des fragments de récits documentaires, des morceaux de l’histoire de son père. Présent et passé se confondent. Quelle est la responsabilité de l’Histoire dans les déchirements d’une famille mixte, comme il en existe tant ?

Présentation complète du livre https://www.arche-editeur.com/livre/points-de-non-retour-quais-de-seine-678

Bio auteure  https://www.arche-editeur.com/auteur/alexandra-badea-136

* présentations et débats seront animés par Anaïs Merckhoffer

entrée libre

La puissance de la fiction

Séminaire Art et Thérapie
(Institut National d’Expression, de Création,d’Art et Transformation & revue – INECAT)
Sous la direction de Jean-Pierre Klein
Chaque 3ème samedi de janvier à juin 2020
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Samedi 15 février de 14h30 à 16h30
Marc Petit, Éloge de la fiction
romancier, essayiste, auteur d’Éloge de la fiction, Fayard

Halle Saint Pierre – à l’auditorium
Réservation conseillée : 01 42 58 72 89
Entrée 12 € (6 € pour les élèves INECAT carte d’adhérent de l’année)

Éloge de la fiction

Sommée, voici trente ans, de prendre le pouvoir, l’imagination n’est plus très en faveur par les temps qui courent. Les arts et les lettres portent la marque de la glaciation ambiante. Confondant réalité et vérité, le vécu et le sens, la sainte alliance du minimalisme, du misérabilisme et nombrilisme menace de réduire le paysage du roman français à un champs de ruines. 
Repenser la fiction littéraire, redéfinir son sens et sa vocation, dans un monde fasciné par le vide d’une réalité transformée en spectacle ou le louche simulacre du virtuel, voilà qui est devenu, pour tous ceux qui ne séparent pas le plaisir de la lecture du vertigineux frisson de l’inconnu, une tâche des plus urgentes. 
Dans cet essai plein d’humeur et d’humour, de passion et d’ironie, Marc Petit, le conteur du Nain géant, d’Achitecte des glaces, du Troisième Faust, d’Histoires à n’en plus finir et de La Compagnie des Indes, donne quelques-unes des clefs permettant de comprendre l’enjeu du débat ouvert entre les gestionnaires du nihilisme esthétique et les écrivains qui œuvrent au renouveau de la Fiction.

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A venir : 21/03 Luc Lang, romancier, essayiste, auteur de Délit de fiction : la littérature, pourquoi ?  Gallimard

*

Thème du séminaire 2020

La puissance de la fiction

 

Nous avons scandé naguère : « L’imagination au pouvoir ». Plutôt que la notion de «pouvoir» qui signifie pour beaucoup « Pouvoir sur autrui », nous préférons dire maintenant : « L’imagination à la puissance ». Nos rêveries, nos fictions prises pour du réel ou reconnues comme telles participent-elles de notre puissance de vie ? Nos songes au sens large sont-ils plus vrais que nos mensonges que nous croyions la vérité même quand nous ne lui adjoignons pas la majuscule de la Vérité universelle qui n’est au fond que notre propre construction, voire une construction externe qu’on nous inculque.

Le « Peu de réalité » dont parlent les surréalistes se prolonge dans cette formule de Philip K. Dick : « La réalité objective n’est que le produit d’un raisonnement destiné à formuler l’universalisation hypothétique d’une multitude de réalités subjectives ». L’art, l’écriture, le conte et bien sûr l’art-thérapie ont prouvé que la fiction était une façon de dire le monde, de se dire, de transformer le monde et de se transformer. Nous avons décliné dans ces séminaires l’avènement de la métaphore non dévoilée, comme figuration de l’intime, intime dont nous prétendons au contraire de la doxa psy qu’il ne nous regarde pas car c’est lui qui nous regarde sans que nous discernions bien son éclairante obscurité. Cette année, nous avons pour ambition d’ouvrir à la fiction comme avenir structurant et anticipatoire d’un univers en mutation.

Vidéo 1 : Jean-Pierre Klein présente le séminaire 2020 au sein de l’exposition Le monde selon Roger Ballen à la Halle Saint Pierre.

Vidéo 2 suite : Jean-Pierre Klein présente les intervenants 2020.

CONFÉRENCES 2020

18/01 Robin Renucci, metteur en scène, comédien, directeur des Tréteaux de France

15/02 Marc Petit, romancier, essayiste, auteur d’Éloge de la fiction, Fayard

21/03 Bernard Rigaud, philosophe, docteur EHESS, directeur d’un centre d’addictologie, Parole poétique et fiction à partir d’Henri Maldiney et de Giorgio Agamben

 18/04 François Dingremont, anthropologue de l’art, Plaisir de la fiction et fiction du plaisir, réflexions à partir du livre l’Odyssée

16/05  Bernard Chouvier, Pr de Psychopathologie clinque, psychanalyste, auteur de Le pouvoir des contes, Dunod, Conte, imaginaire et magie

20/06 11H15-17H45 Art-thérapeutes et Médiateurs artistiques : performances, ateliers, études de cas, conférences

+ d’infos 

(INECAT)
Art et Thérapie/Institut National d’Expression, de Création, d’Art et Transformation
(Revue, et établissement d’enseignement supérieur de médiation artistique et
d’art-thérapie)

Programme détaillé de l’année :
klein.jpkev@gmail.com

INECAT/Art et Thérapie, 27, rue Boyer, 75020 Paris,
www.inecat.org

Outsider Art Fair

La Librairie de la Halle Saint Pierre
hors-les-murs à la 
Outsider Art Fair – Paris

17 – 20 octobre, 2019
Atelier Richelieu
60, rue de Richelieu – 75002 Paris

Métros:
Bourse – Palais Royal – Pyramide Horaires:
Jeudi 17 octobre : avant-première VIP : 14h00 – 18h00  / Vernissage: 18h00 – 21h30
Vendredi 18 octobre : 11h00 – 22h00  / 
samedi 19 octobre : 11h00 – 20h00
Dimanche 20 octobre : 11h00 – 18h00
*
Librairie de la Halle Saint Pierre – hors les murs

La Libraire est présente, comme chaque année, à la Outsider Art Fair à Paris avec
une sélection d’ouvrages sur l’art brut, l’art outsider, l’art singulier et la culture populaire.
Elle organise à cette occasion des rencontres et signatures avec des auteurs les :
Vendredi 18, samedi 19 et dimanche 20 octobre


R E N C O N T R E S  /  S I G N A T U R E S 

V E N D R E D I  1 8  O C T O B R E 

18 HEURES
Raphaël KOENIG
Cérès Franco
Pour un art sans frontières,
éditions lelivredart


S A M E D I  1 9  O C T O B R E 

14H -15 HEURES
Baptiste BRUN
Jean Dubuffet : un barbare en Europe,
écrit avec Isabelle Marquette, éditions Hazan – Mucem, 2019

Jean Dubuffet et la besogne de l’art brut : critique du primitivisme,
Editions les Presses du Réel, 2019

15H -16 HEURES
Celine DELAVAUXArt Brut. Le guide
Editions Flammarion, 2019

16H – 17 HEURES
Bruno DECHARME, Photo-Brut 
Editions ABCD / Flammarion, 2019


D I M A N C H E  2 0  O C T O B R E

15 HEURES
Bruno MONTPIED,
pour son texte
« Un autre Art brut »
dans les actes du colloque « L’Art Brut existe-t-il? »
aux éditions Lienart (collectif), 2019
&
son étude sur l’origine et l’auteur des
« Barbus Müller »
dans le n°17 de la revue Viridis Candela du Collège de ‘Pataphysique, septembre 2018.

 

16 HEURES
Lorraine Palardy, fondatrice des Impatients
Frédéric Palardy, directeur général des Impatients
Simon ZAGARI, responsable de la collection et des expositions
pour
Les Impatients : un art à la marge
Éditions Somme toute, 2019 (Canada)

Quinze auteurs réunis pour apporter leur réflexion sur la santé mentale, l’art et la créativité. À travers leurs textes, on explore le travail fait aux Impatients, et on ouvre aussi sur d’autres pratiques artistiques de non-professionnels.

Préfacé par l’artiste Rober Racine, ce livre réunit les textes de Jean-François BélislePierre BellemareLouise BlaisAnne-Marie BouchardJean BrassardEllen CorinPauline GoutainAnnie JaimesFrédéric PalardyLorraine PalardyCécile RousseauMichel RoyMélissa SokoloffEmmanuel Stip et Ginette Vallée.

Les Impatients collectionnent, depuis leur fondation en 1992, des œuvres d’art hors norme. Certaines proviennent de collectionneurs, mais pour la plupart, elles ont été créées dans les ateliers d’art que l’organisme offre aux personnes ayant des problèmes de santé mentale. À ce jour, la Collection Les Impatients compte près de 15 000 œuvres. Pionnière au Canada dans son champ, elle se distingue par son potentiel scientifique et artistique.

 

L’art brut

sous la direction de Martine Lusardy
Préface de Michel Thévoz
Editions Citadelles & Mazenod

PRIX BERNIER de l’Académie des Beaux-Arts 2019,
( 6 novembre 2019)

Les auteurs :
Maria Azzola, Émilie Champenois, Déborah Couette, Laurent Danchin,
Marc Décimo, Gustavo Giacosa, Marcel Katuchevski, Jean-Pierre Klein,
John Maizels, Claire Margat, Randall Morris, Lucienne Peiry, Thomas Röske.

Disponible à la librairie de la Halle Saint Pierre

CONFÉRENCES ANNUELLES 
Penser l’art brut.Penser avec l’art brut
par Martine Lusardy
Les mardi 19 novembre et 17 décembre 2019 à 15 heures – entrée libre
Réservation conseillée : 01 42 58 72 89

TÉLÉCHARGER Brochure L’Art brut

Cette synthèse originale menée par une équipe pluridisciplinaire internationale (historiens d’art, critiques, psychologue, psychiatre, artiste), réunit un corpus foisonnant de quelques  550 œuvres de plus de 250 artistes. À la fois étranges, inquiétantes et familières, elles sont les métaphores d’un « voyage-aventure » au tréfonds de notre sensibilité, qui donne à saisir la mesure de l’être humain.

Martine Lusardy, spécialisée dans l’étude de l’art brut et de ses apparentés, elle est directrice de la Halle Saint-Pierre depuis 1994. Elle y a organisé de nombreuses expositions sur le sujet.

Préface rédigée par Michel Thévoz, historien de l’art et initiateur de la Collection de l’Art Brut à Lausanne, aux côtés de Jean Dubuffet.

Les auteurs : Maria Azzola, Émilie Champenois, Déborah Couette, Laurent Danchin, Marc Décimo, Gustavo Giacosa, Marcel Katuchevski, Jean-Pierre Klein, John Maizels, Claire Margat, Randall Morris, Lucienne Peiry, Thomas Röske.

  • Une étude pluridisciplinaire internationale
    (historiens d’art, critiques, psychologues, psychiatres, artistes)
  • Un ouvrage de référence nouveau et original sur l’art brut
  • Plus de 250 artistes et 550 illustrations couleur
Prix : 205,00 €
Disponible à la librairie de la Halle Saint Pierre
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LE LIVRE

Hier méconnu du grand public, l’art brut est aujourd’hui institutionnalisé et médiatisé. Loin de se cantonner à “l’art des fous”, il recouvre une variété infinie de créations. Au-delà des œuvres associées aux asiles psychiatriques, des réalisations médiumniques, cet ouvrage met en lumière les réalisations protéiformes de “l’homme du commun” (Jean Dubuffet) – celles qui sont en dehors des circuits artistiques. D’autres appellations ont vu peu à peu le jour : hors normes, singuliers, outsider, habitant-paysagiste …

SOMMAIRE

  • Introduction : la naissance d’une notion
  1. L’irruption des exclus sur la scène de l’art
  2. L’art brut : le manifeste artistique de Jean Dubuffet
  3. Sous le vent de l’art brut
  4. L’ouvrage du commun
  5. L’art brut et l’esprit contemporain
  • Conclusion : devenirs de l’art brut

LA PRESSE EN PARLE

Savant, séduisant et international, l’ouvrage est aussi une impressionnante somme visuelle, secouée par une énergie débridée“.
Connaissance des arts – Décembre 2018

Belle maquette, iconographie impressionnante, articles des meilleurs spécialistes, ce pavé concrétise ce que Jean Dubuffet a inventé dans les années 1950, donner à voir “la naissance d’une notion“.
Télérama (n° 3593) – du 24 au 30 novembre 2018

Ébouriffant, l’ouvrage des éditions Citadelles & Mazenod est une odyssée sémantique, esthétique et politique vers ces œuvres de la marge et de l’ailleurs (…) Reliée, la présente publication souscrit à l’élégance et au luxe qui distinguent les éditions Citadelles & Mazenod : sa couverture rouge feutrée est recouverte par une jaquette dont le bariolage chromatique et la profusion formelle, empruntés à une oeuvre majeure d’Aloïse Corbaz, sont emblématiques du corpus hébergé par ces quelques six cent pages”.
Le Journal des Arts – Décembre 2018

Un collectif international d’historiens d’art, de critiques, de psychologues, psychiatres et artistes fait aujourd’hui le point dans un ouvrage monumental, richement illustré“.
Le Figaro – 3 décembre 2018

“S’il devait y avoir une bible de l’art brut, ce serait ce splendide livre (…). Sous la direction de Martine Lusardy, l’ouvrage donne une dimension internationale à cet art multiple fort heureusement indéfinissable’.
Le Matin Dimanche – 9 décembre 2018

Ce superbe ouvrage fait le tour du monde de ces productions qui ne répondent à aucun critère“.
Femme Actuelle Senior – Janvier 2019

“Un somptueux panorama de l’oeuvre d’artistes longtemps ignoré, aujourd’hui recherchés (…). Comme tous les ouvrages de Citadelles & Mazenod, il est très gros et superbement illustré de reproductions de grande qualité”.
Le Monde – 14 décembre 2018

“Des oeuvres novatrices signées Aloïse, Darger, Walla, Zinelli, Traylor ou Sawada qui bouleversent et modifient notre regard sur la peinture, sont réunies dans cette magnifique anthologie”.
Le Figaro Magazine – Du 14 au 15 décembre 2018

Ce magnifique ouvrage, auquel ont contribué une quinzaine de spécialistes lève le voile sur les ateliers et entreprises qui ont vu le jour aux quatre coins du monde, depuis la Chine jusqu’à la Californie en passant par la Bretagne ou l’Afrique du Sud. Visions mystiques, peinture vagabonde, dessins méticuleux, constructions folles et ce que Dubuffet appelait une “invention sans frein, haute ivresse, liberté totale”. Liberté, l’autre nom de l’art“.
L’Obs – 20 décembre 2018

À la fois savant et humble, le pavé se lit, généreux, avec des vitesses différenciées. Offrant aussi la possibilité de ne vivre que l’aventure en immersion dans ce trouble créateur et son infinitude“.
Tribune de Genève – 20 décembre 2018

Les belles éditions Citadelles & Mazenod viennent de faire paraître un nouvel opus dans leur célèbre collection « L’Art et les grandes civilisations », cette fois-ci sous la direction éclairée de Martine Lusardy, et préfacé par Michel Thévoz : « L’art brut ». Un titre d’où crépitent les bruits d’un bouillon de culture ! Car la notion d’ « art brut » est tout autant question à une interrogation non formulée sur l’art comme méditation, que réponse sans point final dans un effort de médiation entre connu et inconnu. La magie absolue de ce livre opère quelque part entre les deux. De quoi brosser un large panorama non exhaustif d’un continent artistique rétif à la logique, et qui résiste encore et toujours aux mornes sangles de la norme…
Le Mot & La Chose – Décembre 2018
http://www.lemotlachose.com/lart-brut-citadelles-mazenod/

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Art Brut

 

Conférence du 17 décembre annulée, en raison des grèves dans les transports.

L’art brut n’est donc pas « l’art des fous ». À côté des créations associées aux asiles psychiatriques – étudiées dès les années 1920 par le docteur Hans Prinzhorn – et de l’art médiumnique, se rangent celles de « l’homme du commun » selon Dubuffet – celui qui est en dehors des circuits artistiques. Hier confidentiel, aujourd’hui consacré, institutionnalisé et médiatisé, l’art brut a une histoire et la réalité qu’il recouvre échappe à son inventeur et théoricien. D’autres appellations ont vu peu à peu le jour, correspondant à la démarche de nouveaux amateurs et à leur souci de baliser le territoire (hors normes, singulier, outsider, habitant-paysagiste…). Outre l’ouverture à de nouveaux champs de prospection, l’interaction avec l’art contemporain, dans une perspective de décloisonnement et d’élargissement, est une mise à l’épreuve de la notion d’art brut.

Les créations de l’« art brut », sont davantage des énigmes que des productions qui se laisseraient facilement appréhender par notre conceptualité. Aloïse, Wölfli, Darger, Walla, Zinelli, Traylor, Sawada… nous fascinent, nous touchent, nous éprouvent sans que nous puissions établir un rapport formel entre eux. L’enjeu est ailleurs. C’est dans le grand créateur d’art brut, le hors norme, le marginal, que nous voyons l’homme accompli et victorieux. Cet « Autre » de la culture ne réalise-t-il pas les possibilités les plus hautes de l’homme, l’héroïque construction de soi, son humanisation, finalement la fin véritable qu’est la culture ?


Martine Lusardy, spécialisée dans l’étude de l’art brut et de ses apparentés, elle est directrice de la Halle Saint-Pierre depuis 1994. Elle y a organisé de nombreuses expositions sur le sujet.
Elle a dirigé l’ouvrage de référence « L’art brut » aux éditions Citadelles & Mazenod. Une synthèse originale menée par une équipe pluridisciplinaire internationale (historiens d’art, critiques, psychologue, psychiatre, artiste), réunissant un corpus foisonnant de quelques 550 œuvres de plus de 250 artistes. À la fois étranges, inquiétantes et familières, elles sont les métaphores d’un « voyage-aventure » au tréfonds de notre sensibilité, qui donne à saisir la mesure de l’être humain.