Merveilleuse utopie

Présentation de presse de l’exposition

Merveilleuse utopie

Dimanche 23 juin à 15 heures – entrée libre

La séance sera animée par les trois commissaires, membres du groupe surréaliste de Paris : Sylwia Chrostowska, Joël Gayraud, Guy Girard et par Laurent Doucet, président de l’association « La Rose Impossible » chargée de l’organisation des expositions et des événements dans la Maison André Breton.

Le 5e numéro de la revue Alcheringa et le catalogue de l’exposition
« Merveilleuse utopie »
seront présentés et disponibles à cette occasion.

Halle Saint Pierre – à l’auditorium (entrée libre)
Réservation conseillée : 01 42 58 72 89

Dossier de presse – Merveilleuse utopie

Du 6 juillet au 7 septembre 2024 le Groupe Surréaliste de Paris organise la XiXe exposition internationale du surréalisme à Saint-Cirq-Lapopie en partenariat avec
l’association La rose impossible, gestionnaire du Centre international du surréalisme et de la Citoyenneté Mondiale. Cette exposition, intitulée Merveilleuse utopie, se tiendra dans les Maisons André Breton et Émile Joseph-Rignault.

Bien qu’entrant dans le cadre du centenaire de la parution du Manifeste du surréalisme, l’exposition n’est en rien commémorative, mais est conçue pour marquer la persistance du surréalisme comme mouvement vivant dans sa continuité après la mort de Breton en 1966, et ce dans l’esprit des expositions de 1938, 1947, 1959, 1965 et 1976. À cette fin, la plus grande partie de l’espace sera consacrée à des œuvres contemporaines d’artistes et groupes européens (France, Espagne, Italie, Pays-Bas, République tchèque, Slovaquie, Royaume-Uni…) et américains (États-Unis, Canada, Mexique, Brésil, Argentine…). Une place sera faite à des œuvres d’art brut ou singulier que leur puissance imaginative fait figurer dans les marges du surréalisme.

Pourquoi Merveilleuse utopie ? Pour rappeler les principes révolutionnaires du surréalisme – transformer le monde, changer la vie, refaire de toutes pièces l’entendement humain (A. Breton) – et la place centrale qu’il accorde aux pouvoirs émancipateurs de l’imagination. Ceci en opposition à l’idée que le surréalisme serait une esthétique ou un simple mouvement artistique.

L’île étant traditionnellement le lieu privilégié de l’utopie, l’exposition est conçue comme
un parcours à travers cinq îles dessinant un archipel utopique :

L’île des songes
L’île de la révolte
L’île des métamorphoses
L’île d’amour
L’île d’abondance

Les thèmes transversaux seront l’attraction passionnée selon Charles Fourier (1772-1837) et le monde à l’envers du pays de Cocagne. Au-delà de l’utopie originelle de Thomas More (1516) et de toutes celles conçues dans son sillage, le surréalisme aujourd’hui vise à réenchanter l’utopie comme lieu du bonheur tant individuel que collectif.


Guy Girard, La canicule des sirènes, 1997, huile sur toile, 92 x 73 cm

CHOMO

RENCONTRE AUTOUR DE CHOMO

A l’occasion de la sortie du livre + CD de poèmes graphiques de Chomo
et clef USB des films de Clovis Prévost sur Chomo (ARIE).

Dimanche 16 juin à 15 heures – entrée libre

Halle Saint Pierre – à l’auditorium
Réservation recommandée : 01 42 58 72 89

Programme
15h-15h30
Clovis Prévost présentera un film inédit qu’il a réalisé sur CHOMO
15h30-16h00
Concert de Madame Patate & Klimperei (avec Tagubu)

Avec l’Association des Amis de Chomo, ARIE et InPolySons

 

Notices biographiques

Roger Chomeaux, dit « Chomo », artiste pluridisciplinaire aujourd’hui disparu, a voué sa vie à la création. Son travail hors des circuits traditionnels de l’art utilisait essentiellement pour ingrédients des matériaux de récupération les plus divers, qu’il allait chercher dans les décharges environnantes ou dans les sous-bois. Pendant la plus grande partie de sa vie, seul sur une parcelle de la forêt de Fontainebleau, vivant en ascète, dans des conditions très rudes et dans le plus grand dénuement, Chomo bâtit ce qu’il nomme le « Village d’Art Préludien », son monde à lui. Ce microcosme est constitué d’un ensemble de bâtisses, composé de « L’Eglise des Pauvres », du « Sanctuaire des Bois brûlés » et du « Refuge », des constructions destinées à abriter ses nombreuses sculptures et peintures. Reclus dans son univers, Chomo a refait le monde à sa manière, un monde parallèle où la création est omniprésente, alimentée d’énergies invisibles. “Je suis gouverné par les forces cosmiques” déclarait-il (extrait de http://www.chomo.fr/)

 

Clovis Prévost est l’ancien directeur du service cinéma de la galerie Maeght. Depuis 1962, ils filment et photographient des artistes reconnus ou à la marge, souvent adeptes d’une forme d’art total. Ils côtoient ces personnalités pendant plusieurs années pour restituer leur pensée le plus fidèlement possible. Leur regard transversal sur la création en a fait des adeptes dans le milieu de l’art singulier. Ils continuent à publier leurs travaux, qui ont déjà contribué à la restauration de monuments devenus célèbres (Le Palais idéal du Facteur Cheval, Le Village d’Art Préludien de Chomo…). Il a notamment beaucoup accompagné Chomo dans ses créations cinématographiques.

 

Madame Patate & Klimperei : musiques et chansons singulières. Ce duo marque par sa singularité et son goût pour les marges. Il a tourné au Japon en 2014 et 2018, a été invité à jouer au FIMAV (Canada 2019), au LUFF (Lausanne 2016), en live pour l’émission Tapage Nocturne au studio 107 de Radio France mais aussi dans des espaces singuliers comme les musées du Jouet de Tokyo ou de Colmar et plus récemment au Village d’Art Préludien de l’artiste CHOMO en forêt de Fontainebleau où ils ont effectué en 2021 une résidence de création in situ, suivie en 2023 d’un concert qui a donné lieu à une publication au format cassette.

(Madame Patate & Klimperei – teaser on Vimeo)

 

 

Pierre Mainard Éditeur

RENCONTRE-DEBAT
 Halle Saint-Pierre accueille Pierre Mainard éditeur pour son 25e anniversaire 
Samedi 1er juin 2024 à 15 heures – entrée libre
Halle Saint Pierre – à l’auditorium
Réservation recommandée : 01 42 58 72 89

Rencontre-causerie en présence de l’éditeur Stéphane Mirambeau
animée par Joël Cornuault.

Vous pourrez découvrir également les œuvres du peintre Viddao, auteur, sous l’hétéronyme d’Amaury Laloué, de Mon tiers poète (Pierre Mainard, 2022)
du 1er au 30 juin 2024
– à la librairie

Depuis 1999, Pierre Mainard Éditeur poursuit une aventure charpentée par l’urgent désir de faire émerger une littérature exigeante et en recherche. Une communauté d’auteurs et un éditeur donnent naissance à des livres dans lesquels s’expriment des voix singulières, sous des formes variées : poèmes, récits, aphorismes, nouvelles, journaux…, qui représentent pour chacun de nous une possible rencontre, prompte à faire vivre notre imaginaire et par là même notre liberté.

Viddao
Exposition du 1er au 30 juin 2024
– à la librairie

Viddao s’est mis à dessiner puis à peindre comme on fait halte sur le chemin, en tombant par hasard sur une source qui renouvelle, redéploye sûrement nos forces, après une longue marche un peu forcée, brûlante de fatigue. Boussole à l’aveugle, une certaine durée, taillée hors-sentier, via correspondances : base affermie pour créer, en ouvrant au fur et à mesure une valse à trois temps [écriture/peinture/sculpture]. Il a vite pris goût à l’écart entre l’intention et le geste, aux ajustements à vif. Depuis lors ses procédés évoluent continuellement, à la croisée des genres : le sel du renouveau le rafraichit, il affecte la matière en trompe-l’œil. Le choix de tableaux proposé va de 2019 à 2020, dans la foulée de son livre de poèmes/dessins/collages [Mon tiers poète, publié en 2022 chez Pierre Mainard éditeur]. Ils ont été faits en plusieurs temps, d’abord tracés aux feutres et aux crayons de couleurs, avec quelques collages, avant de faire le saut dans l’acrylique, puis de commencer à modeler l’épaisseur. Ces histoires peintes ont été bâties pièce par pièce, en collectant au fur et à mesure images & modèles, au tour singulier puisque forgé à aucune école sinon celle de la vie, en laissant s’exprimer ce qui dépasse étrangement de la vie. Ses créations ont été exposées depuis 2021 dans plusieurs salons et galeries à Toulouse, où il vis et travaille depuis 2011.

 

 

Stéphane Blanquet

RENCONTRE / SIGNATURE

A l’occasion de la parution du livre
Blanquet. D’hier à aujourd’hui
de Alla Chernetska
Editions Serious Publishing.

Dimanche 28 avril 2024 de 15h à 16h – entrée libre 

Halle Saint Pierre, à l’auditorium

Réservation recommandée : 01 42 58 72 89

La rencontre-débat sera animée par Xavier-Gilles Néret professeur agrégé de philosophie

 

Editions Le Lampadaire

RENCONTRE 
autour de l’écriture de la folie
à l’occasion de la parution de l’ouvrage
Tous les chiens sont bleus
de Rodrigo de Souza Leão
Traduit du brésilien par Émilie Audigier
Editions Le Lampadaire. Collection Nouveautés

Dimanche 26 mai à 15 heures – entrée libre
Halle Saint Pierre – à l’auditorium
Réservation recommandée : 01 42 58 72 89

En compagnie de Sophie Saulnier, linguiste, autrice,
fondatrice des éditons Le Lampadaire.

Lecture par le comédien Antonio Interlandi

Discussion entre les auteurs
Étienne Ruhaud
, Pierre Gondran dit Remoux, Eric Dussert et
Marc Décimo, docteur en linguistique, professeur des universités
spécialiste « Littérature et folie ».

Modératrice Agnès Jauffrès.

Présentation par Sophie Saulnier

 

LE LIVRE
Tous les chiens sont bleus, Rodrigo de Souza Leão, coll. Nouveautés. Traduction du portugais (Brésil).

Dans ce texte écrit après sa seconde hospitalisation en clinique psychiatrique, l’auteur mélange sa propre expérience de la schizophrénie et la bipolarité de son frère dans une prose poétique qui emporte le lecteur dans un autre monde, celui de l’asile et de la folie. S’y côtoient les hallucinations de Rimbaud et Baudelaire, et divers internés chacun isolé dans son propre
monde. Si le personnage narrateur crée une langue nouvelle que seuls comprennent les adeptes de la nouvelle religion, le Todog, l’auteur travaille un texte qui se donne comme objectif de rapprocher schizophrénie et poésie.

L’AUTEUR

Rodrigo de Souza Leão, né en 1965 à Rio de Janeiro et mort en 2009, est poète, peintre, journaliste et romancier.
Tous les chiens sont bleus a été publié par 7lettras en 2008 (2nd édition, 2010) et traduit en anglais par And Other Stories en 2013

 

LA MAISON D’EDITION
Fondées en 2017, les éditions Le Lampadaire proposent deux collections en parallèle. La collection des Nouveautés publie la littérature contemporaine. La collection des Curiosités publie en écho à chaque Nouveauté son ou ses sous-texte(s) : documents, images, raretés, textes oubliés… Le face-à-face entre les deux collections interroge le fait littéraire.

Sophie Saulnier : agrégée de Lettres Modernes, Docteure en Sciences du Langage
Publications littéraires : Le Massicot (2017)Lectures de prison 1725-2017 (2017) –
« Cabinet de monstruosités lexicales », Animal(s), revue Dissonances n°26 (2014).

LE CATALOGUE collection Nouveautés 

 

 

Editions Maurice Nadeau

A l’occasion de nouvelles parutions

Hommage à Christian DUFOURQUET
Flamboyants au crépuscule  (mai 2023) 
&
Rencontre avec ERVÉ, écrivain en marge pour
Morsures de nuit (septembre 2023)
Prix spécial du jury du Prix du Roman de la Nuit 2024

Organisés par les éditions Maurice NADEAU

Samedi 2 mars 2024 à 15 heures – entrée libre

Halle Saint Pierre – à l’auditorium
Réservation recommandée : 01 42 58 72 89

*
Christian DUFOURQUET
(1947 – 2023)

Christian Dufourquet né en 1947, ingénieur de formation, poète et écrivain, a passé 25 ans de sa vie en Afrique. Il a publié chez Maurice Nadeau quatre ouvrages : Nous ne cessons de dire adieu (2000) ; Mourir dormir tuer peut-être – (2003) ; Franz et Mania (2005) ; Un chapeau dans la neige (2011) et aux éditions Soupirail, À la cave comme au ciel (2015). Il vient de disparaître le 15 juillet 2023.

Flamboyants au crépuscule  (mai 2023)
Le narrateur, au crépuscule de son existence, se souvient des moments de fulgurance de son passé amoureux, de ses voyages lointains en terre d’Afrique, de ses rencontres avec la littérature qui ont pour noms, Artaud, Rilke, Lautréamont, Kafka ou Proust. Il fait le compte et le décompte des grands moments vécus, hantés de visions bouleversantes ou acides. Une langue poétique, remarquable, passionnée et visionnaire, évoque des visages, des bribes de souvenirs et de paysages, esquisse le contour d’un monde qui s’écroule, dedans, dehors. 

Extrait : 
« Tant d’années ont passé et la nuit africaine continue de le hanter, avec ses rares loupiotes éparses, qui, contrairement à celles qui délimitent une piste d’atterrissage, n’éclairent rien au dehors et vacillent en dedans quand la musique et les corps et pourquoi pas les tueries et les meurtres parfois entrent en résonance. C’est comme une voix de poussière qui s’élève sur un arc musical, le tam tam bat un rythme qui rassemble les vivants peu nombreux et les morts innombrables, les corps s’enlacent s’évitent se heurtent, la piste est une aire de terre battue où les hommes les femmes et les enfants secoués dans leur dos dansent la vie les ancêtres la misère constante et la mort, et aussi la douceur de respirer un temps ensemble, même si tout ça ne dure pas. Un jour, rien ne restera, pas même les cases sur les murs desquelles des mains anonymes auront laissé leurs empreintes de kaolin pour dire leur passage en ces villages où les anciens règnent de moins en moins, car les jeunes vont vers les villes, se foutent des vieux des cases et des fétiches. Les villes grossissent en ce continent qui bientôt débordera sur le nôtre, et où sa jeunesse retrouvera dans les zoos d’Europe les animaux que leurs pères auront vu disparaître de leur vivant… »

Un film, Un pas, un mot
Ed. Le Soupirail, 2016
Portrait réalisé par Vanya Chokrollahi – coll. L’Aube des mots dirigée par Mahmoud Chokrollahi.


E R V É

 Ervé a vécu jusqu’à cinquante ans dans la rue. Il a trouvé un toit pour s’abriter et une « maison » pour être édité. Il continue ce qu’il a toujours su faire, écrire. Morsures de nuit est sa deuxième publication. 

Morsures de nuit
Prix spécial du jury du Prix du Roman de la Nuit 2024.

« L’infini des nuits se compte en continents qu’on arpente en songe quand on sommeille à peine ».

Après les « Écritures carnassières » qui narraient par bribes des moments de sa vie, Ervé explore ses errances nocturnes, les nuits kaléidoscopiques qui auraient pu l’emporter ou celles qui l’ont sauvée, cet espace autre où la solitude se fait ouatée, où il peut se cacher et dessiner un destin secret. Ces nuits sont peuplées de leur cortège d’âmes brisées, des femmes fugaces et disparues qui reviennent le hanter, tout comme des silhouettes fantomatiques de toutes sortes qui glissent à ses côtés. Dans ces Morsures de nuit, le regard d’Ervé « toujours un peu au bord du monde », pose un regard singulier à la fois bienveillant et extraordinairement acéré sur notre réalité.

EXTRAIT

« Comme à l’accoutumée, j’ai droit aux questions à la con. Qui je suis. D’où je viens. Pourquoi je suis là. Réponse à la con à questions tout autant : Je suis, je viens de loin, je vis là. Sa moue perplexe me fait sourire. Je la trouve belle cette moue. Je lui explique que je suis SDF, qu’ici c’est mon bout de trottoir et que je n’ai pour horizon que ce qui ne m’empêche à rien. Tout en riant, elle m’avoue qu’elle n’a rien compris à la fin en me proposant le joint. La rue est vide, même les terrasses. Tout autour, les rideaux baissent. Enfin. Quelques murmures des appartements tout au plus viennent à mes oreilles. Elle me tend un gobelet et y sert une très large vodka. Elle tremble un peu. Ses mains tremblent un peu. Et ce n’est pas de froid puisque la nuit est douce. (…) Elle habite non loin et m’y invite. Je refuse. Trop jolie et bien trop éméchée. Je lui explique mon refus par le «?demain, tu regretteras.?» Elle boude. Je la trouve encore plus attirante et tire sur le joint.

Elle veut visiter la cave. Je lui réponds souris et rats. Elle veut comprendre ma détresse, je lui réponds «?morsures?» et «?flottements?». Ses yeux du noir des filles du Maghreb m’envoûtent, aidés par les lueurs sourdes du lampadaire au loin. Dieu que cette femme est divine. Et morsure.

Elle insiste pour que l’on aille au bord du canal «?se finir?». Je flotte.

Elle finit par vomir sa mauvaise boisson et je la raccompagne jusqu’au pas de chez elle. Tu es gentil vampire. Entre. »

 

« Absurde immobilité dans la nuit. Carcasse de pluie. Ses pieds tremblent juste un peu. Son cerveau résonne encore mais ne peut pousser cri. À peine du sanglot. Son cœur cesse. Il sourit. Il veut bien partir enfin. Plus de lourd à porter se dit-il. Ses larmes se mélangent au jaune-gris des réverbérations dans les flaques. Il part de chez nulle-part. Mais…

Une gamine espagnole a posé sa bouche sur la mienne et ses mains sur ma poitrine. Elle m’a réveillé. Quand les pompiers sont arrivés, je ne cherchais qu’elle. Elle était nulle-part. On me croyait fou. J’ai refusé l’hôpital. Je voulais rester là. Pour la recroiser. Palpite en moi, souvent, le souffle d’une autre personne qui me parle…

J’ai fait une troisième alerte cardiaque à ce moment-là. J’étais en état de mort quand une jeune femme a pratiqué les soins en attendant les gyrophares. Je ne sais ni son prénom ni son âge. Elle m’a réinsufflé. Elle était touriste espagnole. »

EN SAVOIR PLUS …

Voici une très belle émission sur « Morsures de nuit » diffusée sur France Bleu RCFM
 « Des livres et délire » : https://www.francebleu.fr/emissions/des-livres-et-delires/rcfm

« Morsures de Nuit » : la littérature sans toit ni loi selon Ervé par Jérôme Garcin dans L’Obs du 12 décembre 2023

A 50 ans et des poussières, Ervé publie la suite d’« Ecritures carnassières » et continue, incisif et tranchant, le récit de sa vie de SDF. Un livre d’une poésie folle, écrit au ras du sol et à ciel ouvert.

Noël approche et, pour Ervé, ça reste une « merde de joyeux Noël » . Car, durant plus de vingt ans, il a passé le glacial 24 décembre dans la rue. « Mes pas sur vos chaussées humides me renvoient les lumières de vos néons de Noël décoratifs et futiles tandis que vous dormez. Le sommeil ne veut pas de moi, alors il faut que je me fatigue » Combien de fois, cette nuit-là, n’a-t-il pas pensé à se « foutre en l’air » ?

La probabilité d’apercevoir au pied du sapin ses deux petites filles, ses deux « poumons » , comme il les appelle, l’en a toujours dissuadé. Et puis écrire l’aide à ne pas abdiquer. Pour chasser ses idées noires, il noircit des pages sous les réverbères. Il les a rassemblées l’an passé dans un premier livre, « Ecritures carnassières ». Avec « Morsures de nuit », voici, incisive et tranchante, la suite. Et la preuve qu’Ervé a désormais un domicile

Juliette Einhorn consacre sa chronique du Monde des livres du 17 novembre 2023 à Morsures de nuit sous le titre Ervé ou la poésie du tombeau des nuits. L’écrivain et SDF ajoute un tome vibrant à son journal de rue.

« Malgré la tristesse et la colère, l’âpreté sans nom de cette existence à ciel ouvert, la poésie fait valoir son urgence. Pour relire Rimbaud, nul besoin pour Ervé d’ouvrir ses livres :il se récite ses poèmes de mémoire. Avec ses propres mots hantés, qu’il dédicace à ses deux filles (ses «deux poumons»), il transforme ce qu’on pensait être un mausolée en un recueil vibrant, où la morsure devient baiser… »

 Filmé par Delphine Chaume, son éditrice, il s’exprime aussi sur notre chaîne Youtube

 

Blandine Ponet

Rencontre / Signature
A l’occasion de la parution du livre de 
Blandine Ponet
Guillaume Pujolle — La peinture, un lieu d’être

Editions L’atelier Contemporain, 19 janvier 2024
François-Marie Deyrolle

Dimanche 24 mars 2024 à 15 heures – entrée libre
Réservation recommandée : 01 42 58 72 89

Le livre

Sur les traces de Guillaume Pujolle, Blandine Ponet nous fait découvrir un singulier personnage, qui fut menuisier, douanier, peintre, et fut interné une partie de sa vie à l’asile de Braqueville, à Toulouse. Ce lieu, devenu l’hôpital Gérard Marchant, où Blandine Ponet elle-même a travaillé comme infirmière, est au commencement du récit. En partant de là, elle déroule la complexe destinée de l’artiste, en convoquant au gré de ses découvertes l’histoire de la psychiatrie, du surréalisme, de l’Art Brut ou des deux guerres mondiales. Manière, dit-elle, de lutter contre « l’oubli, l’immobilisme, l’absence d’histoire, l’ordre et la routine ».

L’histoire de Guillaume Pujolle secoue cette torpeur. Chez lui, une force secrète semble résister étrangement aux logiques de destruction intérieures et extérieures. Face à la violence des combats de la première guerre mondiale, qui « provoque des blessures inconnues jusqu’alors », charnelles et mentales, comme face aux assauts de la maladie, la peinture devient un lieu d’être. « Lieu d’être qu’il s’agit de construire-reconstruire parce qu’on en a été exilé à la fois par la guerre et par la maladie qui s’est déclenchée quelques années plus tard. Un double exil. Pour répondre à cette expulsion de soi-même, cette mise hors de soi – dont il ne faut pas oublier qu’elle est la conséquence de ce qui était exigé des soldats au front sous peine de condamnation à mort –, c’est une réponse concrète qu’il faut fabriquer. Opposer quelque chose à l’effondrement du monde. » Ce quelque chose, ce sera la peinture.

L’artiste

Guillaume Pujolle, né en 1893 à Saint-Gaudens et mort en 1971 à Toulouse, fut menuisier, douanier, mais aussi peintre. Après avoir travaillé comme ébéniste dans l’atelier de son père, il s’engagea comme soldat en 1913, et traversa la Grande Guerre aux premières lignes. À partir de 1926, il fut interné une grande partie de sa vie à l’asile de Braqueville, à Toulouse.

Il commence à peindre en 1935 avec des outils qu’il fabrique lui-même et des couleurs tirées de produits pharmaceutiques : teinture d’iode, bleu de méthylène, mercurochrome. Au sein de l’asile, il troquait parfois ses peintures contre un paquet de tabac. En 1948, Jean Dequeker, alors interne de Gaston Ferdière à l’hôpital de Rodez, consacre une thèse de médecine à son cas, et à ses dessins. À cette époque, sa renommée s’étend aussi dans les milieux du surréalisme et de l’Art Brut. Ses œuvres se trouvent aujourd’hui dans les Collections de l’Art brut à Lausanne, du LaM à Lille et au Musée de l’Hôpital Sainte-Anne à Paris.

L’auteure

Blandine Ponet est infirmière en psychiatrie à Toulouse, titulaire d’un DESS de psychopathologie clinique. Elle anime des ateliers de lecture de poésie, participe au Collectif Rencontres qui organise les Rencontres de Psychothérapie institutionnelle de Saint-Alban, et est membre du comité de rédaction de la revue Empan.

Aux éditions Érès, elle a publié plusieurs livres entremêlant questions thérapeutiques et esthétiques : L’ordinaire de la folie. Une infirmière engagée en psychiatrie (2006) ; puis Folie, leçon de choses. Journal d’une infirmière en psychiatrie (2011) et Les fracassés de vivre. Tentative pour une poétique de la folie (2014). Elle fait partie, comme dirait Emmanuel Venet, de « tous ceux que la folie d’autrui empoigne assez aux tripes pour qu’ils en refusent le scandale ou la fatalité ».

 

Aux frontières de la psychanalyse et de l’art

CONFERENCE
Par trois psychanalystes spécialisées dans la petite enfance
Etty BUZYN
Psychanalyste, écrivaine et artiste dont les œuvres sont montrées dans l’exposition 
AUX FRONTIERES DE L’ART BRUT
à la Halle Saint Pierre jusqu’au 25 février 2024
&
Eva-Marie GOLDER
Psychanalyste et écrivaine

Nicole YVERT
Psychanalyste et écrivaine

Dimanche 4 février 2024 à 15 heures, entrée libre

Halle Saint Pierre – à l’auditorium
Réservation conseillée : 01 42 58 72 86

 

Etty Buzyn, dessins 

 

Notices biographiques

Etty Buzyn

Etty Buzyn est une psychologue clinicienne et psychanalyste, formée  entre autres à la prise en charge des problèmes relationnels mère /bébé, par Françoise Dolto. Elle est également l’autrice de plusieurs livres spécialisés dans la petite enfance. Depuis toujours, elle écrit et prend des notes à chaque séance, puis de temps à autre, dessine quelques traits sur la chemise en carton du dossier de ses patients. Pendant que le patient en analyse déroule le fil de sa pensée, sur laquelle Etty Buzyn se concentre, elle trace sans préméditation des lignes, des formes, une expression graphique que le discours singulier du patient lui inspire. Au fil des séances, la parole circule d’Inconscient à Inconscient pour devenir une « œuvre commune » dont témoigne le dessin.
Elle a travaillé dans les services hospitaliers de Paris, en maternité, néonatalogie, pédiatrie et  a supervisé des services de périnatalité en Province. Elle a donné de nombreuses conférences en France et à l’étranger (Chine, Canada …), sur le thème de la  » La relation précoce mère / bebé » et sur celui de « La  créativité ».

Elle est l’auteur notamment de  Papa, maman, laissez-moi le temps de rêver, Albin Michel, 1999 ; Éduquer à la confiance; en soi, en l’autre, aux autres. À l’école, en famille et dans tout lieu de la vie sociale, avec Denis Gobry, éd. Chronique Sociale, 1999 ; Me débrouiller, oui, mais pas tout seul, Albin Michel, 2001; La Nounou, nos enfants et nous; le guide, Albin Michel, 2005 ; Je t’aime donc je ne céderai pas !, Albin Michel, 2009 ; Quand l’enfant nous délivre du passé, Odile Jacob, 2011.

Eva-Marie Golder

Elle est docteur en psychologie et psychanalyste. Élève de Françoise Dolto et de Marcel Czermak, elle exerce en cabinet libéral à Paris et anime des formations à la psychopathologie infantile à Paris et en province. Elle a enseigné à l’université de Strasbourg, a travaillé en Action Éducative en Milieu Ouvert et en psychiatrie infantile. Elle est notamment l’auteur d’Au seuil de l’inconscient, le premier entretien, Payot et d’Au seuil de la clinique infantile, Erès, Un temps pour apprendre, un espace pour penser, Retz
Elle a travaillé en séminaire avec Etty Buzyn pendant plusieurs années sur la question de cette production picturale insolite au sein des séances d’analyse et continue toujours à explorer la question de la construction de la pensée durant la petite enfance et le destin des psychopathologies précoces.

Nicole Yvert

L’expérience de Nicole Yvert s’est trouvée beaucoup enrichie par sa pratique psychanalytique auprès de bébés traumatisés, mobilisant tous ses sens pour fabriquer de la pensée. Aussi a-t-elle été particulièrement sensible aux productions graphiques d’Etty Buzyn, productions témoignant de son écoute intense, avec tout son corps.

Elle est l’auteure aux éditions des crépuscules de : Accomplir la promesse de l’aube, 2016, Vous qui savez ce qu’est l’amour, 2020, et de Macha dans les pas d’Antigone, 2024.

 

Joseph KURHAJEC

RENCONTRE & SIGNATURE
Joseph KURHAJEC
et ses créations ludiques

DU 14 AU 17 DECEMBRE 2023 DE 11H A 17H, RDC- ENTREE LIBRE

Ses œuvres sont également à découvrir dans l’exposition HEY!CERAMIQUE.S

Joseph Kurhajec / États-Unis (1938)
Joseph Kurhajec a grandi dans un ranch d’élevage de visons dans le Wisconsin, au sein d’une famille catholique pratiquante. Il vit à New York de 1963 à 1971 où il fréquente les mêmes cercles qu’Andy Warhol ou Frank Stella. Lors de cette période, il crée des sculptures enveloppées dans du cuir, de la corde et de la fourrure. Kurhajec utilise le métal, puis élabore des œuvres mêlant divers matériaux tels la céramique, la pierre, la corne, les ossements animaux, et réalise de la gravure, de la peinture et des collages. Le monde animal y est omniscient, et constitue le plus direct transformateur de ses idées. Ses œuvres qu’il a appelées un temps « art momifié » sont chargées, à la manière de fétiches.