UNE APRÈS-MIDI LEONORA CARRINGTON EN TRÈS BONNES COMPAGNIES
Dimanche 31 mai à 15h dans l’auditorium de la Halle Saint Pierre
À l’occasion de la parution des œuvres écrites de Leonora Carrington (Contes, Récits et Théâtre), les éditions Fage vous invitent à la Halle Saint Pierre pour une après-midi théâtrale.
Programme :
15 h, avec Nina de Beauvais, Lucile Duchesne, Melissa Guenand, Olga Jurmand, compagnonnes et Alizée Bingöllü, Nadine Marcovici, Jean-Philippe Salerio
Réalisation : Sylvie Mongin Naigeon par la Compagnie Ici Trois-Huit et le Geiq Compagnonnage Théâtre
La Débutante
La Dame ovale
Le Cheval Tartar
Le Saint Corps Gras
16h15 avec Karla Segura Pantoja, lecture, Marie-Louise Bourgeois Monnet et Wendy Martinez, musique et chant, Le Prince Bleu Coucou (extrait), « opérette pour enfants mutants ».
Cette farce poétique met en scène un prince triste et couard, à la recherche de sa sœur araignée. Leur rencontre mène la pièce à son paroxysme lors d’un banquet surréaliste qui défie les limites de la réalité.
Retrouvez toute la collection des éditions Fage autour de Leonora Carrington à la Librairie de la Halle Saint Pierre.
Réservation au 01.42.58.72.89 ou communication@hallesaintpierre.org
Violences sexuelles faites à enfants et adolescents
Jean- Pierre Klein
Le dimanche 17 mai 2026 à 14h30 dans l’auditorium de la Halle Saint Pierre
Entrée libre
Ce livre traite de ce qu’on peut faire pour l’enfant, l’adolescent.e, ou l’adulte anciennement traumatisé.e. Comment les aider à dépasser le trauma et la hantise grâce à la mise en création artistique accompagnée qui fait processus de transformation de ce qui s’était figé dans la sidération.
On verra l’interview télévisée de Jean-Pierre Klein par Virginie Guillaume SqoolTV.
Stéphanie Lanier, comédienne et art-thérapeute, interprétera deux extraits de L’injure faite à l’enfance, pièce de théâtre (éd. L’échappée Belle) de Jean-Pierre Klein qui met en scène la rencontre d’une femme avec elle-même à cinq ans qui a été victime d’inceste à répétition.
Marlène Noel, comédienne et art-thérapeute, parlera du Théâtre de la Réminiscence, la personne faisant jouer par des acteurs et actrices les traumas passés.
Le Dr Jean-Pierre Klein parlera ensuite des thérapies possibles : exemples commentés.
Échanges avec les spectateurs et dédicaces des livres
Psychiatre et diplômé en psychologie, Jean-Pierre Klein, né en 1939 à Paris XIX°, est chercheur en psychothérapie, pionnier, dès 1973, de l’art-thérapie artistique qu’il enseigne dans l’Institut national d’expression, de création, d’art et thérapie (INECAT) qui délivre des titres professionnels d’art-thérapeute (niveau 6 européen), qui enseigne aussi la médiation artistique en relation d’aide dans le champ social. Il est par ailleurs écrivain de nombreux essais, romans, pièces de théâtre, poèmes, traitant en général de l’emprise de certains sur d’autres, et metteur en scène de théâtre. Comment dépasser les traumatismes de l’enfance, tenter de prévenir leur reproduction et se prendre sur le moment et rétrospectivement dans ses bras grâce à l’art ?
Cet ouvrage de Jean-Pierre Klein, pédopsychiatre, chercheur en psychothérapie, s’appuie sur des exemples de sa pratique d’accompagnements d’enfants, d’adolescents et d’adultes violentés. Dans l’abord indirect des traumas, il leur est demandé de se rouvrir aux capacités enfantines du jeu et à l’imagination, inventions de scènes de marionnettes, d’histoires, de dessins, etc., qui sont imprégnées à leur insu des violences subies. C’est l’évolution d’une production à l’autre qui remet en mouvement la sidération première : création faisant processus indirect de transformation selon les principes de l’art-thérapie dont l’auteur est un pionnier en France dès 1973.
Le livre explore ensuite les effets immédiats des viols et leurs répercussions à distance ainsi que les réactions de l’entourage. Sont abordés les violeurs eux-mêmes, qui agissent au nom de leur domination patriarcale, parentale, hiérarchique, ethnique, cléricale, politique, policière, psychanalytique, les prostituteurs et les pornographes, puis les viols comme armes de guerre, les rituels coutumiers, les mutilations et interventions sur les organes sexuels au nom de normes administratives ou religieuses. Six types de viols sont décrits.
L’auteur réexamine les théories référentielles et expose le revirement de Freud attribuant aux filles les fantasmes d’inceste. Il retrace le rappel historique des idéologies concernant les viols d’enfants et d’adolescents, la défense idéologique de la pédophilie en Occident puis l’examen des étapes politiques qui ont amorcé au XX° siècle un renversement de la culture du viol qui justifiait toutes les emprises. Enfin la promulgation de lois qui marquent un progrès encore imparfait.
Un détour par des artistes qui ont transcendé leurs traumas dans leur œuvre présente une nouvelle pratique de réactivation des forces de vie grâce à une symbolisation implicite. Le livre se clôt avec l’espoir porté par les mobilisations actuelles qui posent la question des violences de façon civilisationnelle.
L’ouvrage est complété par une bibliographie thématique, référencée dans le texte de l’auteur et une liste de plus d’une centaine d’associations intéressées par ces questions.
Réservation au 01.42.58.72.89 ou à communication@hallesaintpierre.org
Samedi 30 mai à partir de 11h jusqu’à 18h, auditorium de la Halle Saint Pierre
Le rôle de Rilke a changé seulement en ceci, que tant qu’il fut vivant, il collabora directement avec les forces supérieures et qu’à présent, il en est une lui-même.
Marina Tsvetaïeva
Nous célèbrerons le 29 décembre 2026 le centenaire de la mort du « dottore Serafico », ainsi que le nommait l’une de ses plus ferventes supportrices, mécènes, amies, la princesse Marie von Thurn und Taxis. C’est chez elle, dans son château de Duino, au-dessus du golfe de Trieste, entre les mois d’octobre 1911 et mai 1912, que “descendirent” ces fameuses Élégies qui le firent admettre aussitôt dans le cénacle des poètes parmi les plus subtiles et les plus délicats qui s’aventurèrent un jour sur la terre.
Pour des raisons que la Grande guerre explique en partie, Rainer Maria Rilke ne pouvait rester plus longtemps en Allemagne lorsqu’il accepta la proposition d’une série de conférences en Suisse sans savoir que le pays, plus exactement le Valais, lequel lui rappelait les paysages tant aimés de la Provence et de l’Espagne, le retiendrait durablement. Allongé contre l’église Saint-Romain à Rarogne, sur un promontoire qui domine toute la vallée du Rhône, endroit choisi par lui et à proprement féérique, son corps continue à aimanter ses lecteurs venus des quatre coins de la terre lui rendre dans toutes les langues leurs hommages.
C’est en compagnie de ce nomade et farouche solitaire qui continue à nous interpeller, à éclairer nos existences cent ans après sa disparition, que la Halle Saint Pierre vous invite à passer la journée du samedi 30 mai. Six conférences émaillées de lectures de 11h à 18h pour questionner l’œuvre et la vie d’un poète.
Conférence autour du livre de Serge Delugeard, Tout ça ce n’est pas de la littérature!
Samedi 16 mai 2026 dès 15h, dans l’auditorium de la Halle Saint Pierre
Tout ça, c’est pas d’la littérature ! de Serge Delugeard, présente l’itinéraire d’un môme, né en 1944, enfant du lumpenprolétariat au regard lucide, et la trajectoire d’un survivant, farouchement décidé à ne jamais renier ses convictions libertaires devant les injustices et les injustesses de notre monde. Oscillant entre mise à nue du Paris populaire des années cinquante et soixante, l’enfermement en asile psychiatrique, l’hommage à la mère et le soutien au peuple algérien dans sa lutte anticoloniale, la révolte de Delugeard, rageuse et permanente, colonne vertébrale de son cheminement, constitue un vibrant fil conducteur tout au long du recueil. Les photographies de Willie Ronis, Tessi Rom ou de Jean Marquis, esquissent des contextes, des époques et surtout les visages du peuple au côté duquel se rangeait et se range toujours Delugeard aujourd’hui, à 82 ans.
Le CCLOPs, Cercle Culturel de Littérature Ouvrière, Paysanne et Sociale, qui publie là le premier volume de ses Cahiers de littérature prolétarienne, travaille à la promotion, la connaissance et la reconnaissance d’écritures reléguées dans les marges, quasiment ignorées, malgré l’inflation éditoriale et la glorification contemporaine de l’épopée individuelle incarnée par les « transfuges de classe ». Son action s’inscrit dans la continuité du travail éditorial de femmes et d’hommes qui ont donné la parole à des ouvrières, des paysans, des employé-es, des précaires et leur ont fait une place dans la littérature, comme Henri Poulaille dès les années 1920, ou encore Edmond Thomas, disparu il y a peu, et sa maison d’édition Plein Chant.
C’est à la découverte de cette littérature prolétarienne et de ses liens avec d’autres formes d’écriture de la marge, que nous vous invitons aux côtés de Serge Delugeard et de Raphaël Romnée, le 16 mai 2026 dès 15h00 dans l’auditorium de la Halle Saint-Pierre.
Dimanche 10 mai 2026 à 15h dans l’auditorium de la Halle Saint Pierre
Roland Sig, proche d’André Breton dès le début des années 50, est resté dans l’ombre, pour diverses raisons. Mais il a laissé une œuvre magnifique, de très nombreux collages et livres uniques pratiquement jamais montrés. L’exposition qui se tient actuellement rue Jacob, à l’initiative de la librairie-galerie Métamorphoses et des librairies J-F. Fourcade et Solstices est l’occasion de lui rendre sa place au sein du mouvement surréaliste dont il est resté partie prenante jusqu’à sa mort en janvier 1985.
Patrick Lepetit
Dimanche 10 mai 2026 à 15h dans l’auditorium de la Halle Saint Pierre, rencontre autour de Roland Sig avec Patrick Lepetit.
Poète et collagiste inscrit dans la mouvance surréaliste, Patrick Lepetit est aussi l’auteur de plusieurs essais, dont Le Surréalisme, parcours souterrain (Éditions Dervy, 2012) et Surréalistes et alchimistes, chemins croisés (Séléna éditions, 2023), qui ont tous deux été traduits en anglais (États-Unis) par Inner Traditions.
Samedi 2 mai à 15h dans l’auditorium de la Halle Saint Pierre
La vie et l’œuvre de Jacques Trovic (1948-2018) continue de nous interpeller par sa luxuriance, la variété de ses sujets, ses techniques, ses compositions rigoureuses, et l’harmonie fastueuse de ses agencements de couleurs. C’est la tapisserie et plus épisodiquement la mosaïque, que Jacques Trovic a choisi de travailler pour s’inscrire dans son temps en tant qu’artiste, témoin d’une culture et d’un savoir-être populaires. Quelles sont donc les racines essentielles qui vont nourrir son art, ses techniques et son regard sur le monde ? Jacques Trovic naît à Anzin dans le valenciennois. C’est la ville du Nord où vont s’implanter 5 mines exploitées pour la première fois industriellement. La sidérurgie lourde va suivre. C’est la culture ouvrière faite de rudesse, de solidarités, de plaisirs simples et réparateurs, qui est le substrat de ce qu’il deviendra en tant qu’artiste. Si son père va concentrer les caractéristiques de ce milieu aux valeurs très masculines, la mère va amener les dimensions nécessaires à la survie psychique et physique de cet enfant. L’autre dimension de la vie de Jacques Trovic sera donc aussi celle de l’intimité du foyer où les femmes accumulent les savoir-faire qui compensent les faibles ressources de la famille : cuisiner, coudre, broder, tricoter., faire de la dentelle. La mère de Jacques Trovic, a travaillé comme ses ancêtres dans les faïenceries de Saint Amand-les-eaux, ville où elle est née tout comme la sœur ainée de Jacques. Elle avait sans aucun doute un sens de la couleur qui fait la beauté de ces faïences. Elle aura un rôle clef dans la survie de cet enfant fragile, obèse et épileptique. La seule échappatoire de cet enfant à la réclusion que son état de santé imposait fut l’apprentissage de la broderie, du canevas qu’il va assimiler et dont il va subvertir la fonction domestique pour l’inscrire, dans un geste de liberté absolue, dans ce qui portera le nom d’œuvre. Il s’inscrira dans la tradition de la tapisserie flamande dont il devait être imprégné à son insu ou de manière consciente. C’est pourquoi, les 300 à 400 tapisseries que Jacques Trovic va créer entre 1964 et 2018, portent en elles tout d’abord ce passage du napperon à la tapisserie, puis tout ce qui a fait la vie collective du monde ouvrier dont il a voulu être le témoin avant ce qu’il pressentait être sa disparition, mais aussi ce projet surprenant de vouloir être par son œuvre « l’ambassadeur » (c‘est le mot qu’il employait) des beautés de la France à l’étranger en brodant sa vie durant « les Régions et les Métiers ». Jacques Trovic aura été le documentariste de sa région, le témoin de la vie quotidienne des hommes qui l’ont entouré, l’esprit espiègle qui inscrira des connivences avec son public à l’intérieur de ses tapisseries. Jacques Trovic a construit sa place dans le monde parce qu’il a pu s’inscrire miraculeusement dans un projet d’artiste. Il est devenu par son œuvre : « passeur de vie ».
Alexandre de Moté (scénariste) et Natacha Sicaud (dessinatrice)
Le samedi 25 avril 2026 à 15h dans l’auditorium de la Halle Saint Pierre
Le samedi 25 avril 2026 à 15h, dans l’auditorium de la Halle Saint-Pierre, venez à la rencontre d’Alexandre de Moté et Natacha Sicaud, qui vous présenteront la BD Le Cocon, parue en février 2026 aux éditions Glénat. La rencontre sera suivie d’une séance de dédicace. La BD sera disponible à la librairie de la Halle Saint-Pierre.
Basée sur une documentation riche, cette biographie retrace le destin exceptionnel de Judith Scott (1943-2005). De l’enfance brisée à l’émergence de son œuvre, elle interroge notre rapport à la différence, à la création et à l’inclusion.
Préfacé par Lucienne Peiry, historienne de l’art et ancienne directrice de la Collection de l’Art Brut à Lausanne, ce roman graphique bouleversant signé Natacha Sicaud et Alexandre de Moté nous invite à regarder autrement l’art et le handicap.
Née en 1943 dans l’Ohio, Judith Scott est atteinte de trisomie 21 et de surdité. Dans l’Amérique des années 1950, son handicap est mal compris : jugée « inapte », elle est séparée de sa famille et surtout de sa sœur jumelle, Joyce, avec qui elle entretenait un lien profond malgré l’absence de langage verbal commun. Commence alors pour Judith une longue période d’institutionnalisation, loin des siens. Trente-cinq ans plus tard, Joyce parvient à obtenir la tutelle de sa sœur et lui offre une nouvelle vie. Installée à Oakland, Judith rejoint le Creative Growth Art Center. C’est là, à 44 ans, qu’elle découvre la sculpture textile : des objets enveloppés de fils, des formes mystérieuses et organiques qui deviennent son mode d’expression privilégié. À travers ces œuvres singulières, Judith tisse un langage propre, intime, presque thérapeutique, et se reconnecte peu à peu au monde. Aujourd’hui, elle est reconnue comme une figure majeure de l’Art Brut.
Diplômé de l’ERG (École de Recherche Graphique, Bruxelles) en 2004, Alexandre De Moté participe ensuite à plusieurs expositions en Belgique (« Par la bande », « Usage externe ») et en France (« Paris province ; Bruxelles capitale », centre Wallonie Bruxelles…).
En 2006, il rejoint le collectif bruxellois Nos Restes. La même année, il reçoit le prix de la Communauté Française lors de l’exposition Médiatine. Entre 2009 et 2013, il a publié 5 bandes dessinées (Employé du moi, 5C, Alter comics) et participe régulièrement à divers collectifs. Il est le scénariste et le dessinateur de nombreuses bandes dessinées. Sacha est sa première série d’albums Jeunesse.
Natacha Sicaud obtient son DNAP, option bande dessinée aux Beaux-Arts d’Angoulême. Elle poursuit ensuite ses études et obtient en 2001 son DNSEP, option illustration aux Arts Décoratifs de Strasbourg. Depuis 1996, elle collabore au fanzine « Lapis-Lazuli ». En 2000, elle participe au « Comix 2000 » chez L’Association, pavé de 2000 pages de bande dessinée. En 2002, elle illustre « Rêve de Chien » chez Nathan. Sa série « Savaneries » pour Glénat compte désormais six albums.
Rencontre autour du livre de Mary Wollstonecraft, Défense des droits de la Femme
Samedi 4 avril à 15h dans l’auditorium de la Halle Saint Pierre Entrée libre
« Fortifiez et élevez l’esprit des femmes, et vous mettrez fin à leur obéissance aveugle. Il est temps d’opérer une révolution dans les mœurs féminines – temps de rendre aux femmes leur dignité perdue et de faire qu’elles travaillent, en tant que membres de l’espèce humaine, à réformer le monde ense réformant elles-mêmes. »
À l’occasion de la parution de la nouvelle traduction de Défense des droits de la Femme de Mary Wollstonecraft chez Champs Flammarion, Héloïse Salelles et Amirpasha Tavakkoli seront à la Halle Saint Pierre pour échanger autour du livre. La rencontre se terminera par une discussion avec le public.
Héloïse Salelles est enseignante en classes préparatoires. Professeure agrégée et titulaire d’un doctorat en philosophie de l’Université de Nanterre, elle a co-traduit pour les éditions Champs Flammarion la Défense des droits de la Femme de Mary Wollstonecraft.
Né en 1988, Amirpasha Tavakkoli est enseignant à Sciences Po Paris et à l’université catholique de Lille. Docteur en science politique, spécialiste des débats anglais autour de la Révolution française, il est notamment l’auteur d’une introduction à la pensée de Mary Wollstonecraft, Le Féminisme des Lumières (Michalon, 2024).
Mary Wollstonecraft, Défense des droits de la femme, accompagnée de remarque sur des sujets politiques et moraux, 2026, Flammarion. Nouvelle traduction : Héloïse Salelles et Douglas Hoare Disponible à la Librairie de la Halle Saint Pierre.
Présentation de la maison d’éditions Vénus d’Ailleurs
Dimanche 22 mars 2026 à 14h dans l’auditorium de la Halle Saint Pierre Entrée libre
Venus d’Ailleurs est une maison d’édition installée dans le sud de la France qui fête, cette année, ses 20 ans d’existence.
Se jouant des frontières des genres, Venus d’Ailleurs est devenu le symbole d’un collectif extensible et hybride, où cohabitent artistes et écrivains, mais également, anthropologues, folkloristes, ‘patascientifiques, ésotéristes, cinéastes, musiciens… Les contributeurs évoluent dans Venus d’Ailleurs sur un mode subtilement anarchique et proposent d’ouvrir un dialogue sans restriction.
Ce qui unit toutes ces personnalités dans Venus d’Ailleurs réside dans un esprit et une esthétique. Une conception du livre comme merveille, musée portatif, utopie libertaire à s’approprier, entreprise sans fin et espace collaboratif d’expérimentation graphique et littéraire. Ils fréquentent les alentours du surréalisme, du dadaïsme, de Fluxus, et les formes liées à l’art de l’illusion, du rêve, du brut et du kitsch. Ils abusent du dissonant, de la circulation entre les arts et de l’exploration sans GPS. Avec le temps, le collectif se forge une identité polymorphe, intrigante, qui se déploie sur les tables de leurs lieux d’expositions, rappelant les cabinets de curiosités du XVIème siècle.
Ce dimanche 22 mars, Yoan Armand Gil présentera les activités de la maison d’édition, avec entre autres, la nouvelle revue HALO, ainsi que les projets artistiques en relation avec les 20 ans de la structure.
Cette présentation se poursuivra avec Dominique Pauvert et son livre « Le prince des Cornes » qui met en correspondance les œuvres de Bosch et Bruegel avec les traditions carnavalesques.
Dominique Pauvert est agrégé d’histoire, préhistorien, Occitaniste, docteur en histoire de l’art, ethno-mythologue et carnavalier, Vice-président de la Société de mythologie française et membre du laboratoire MICA de l’Université Bordeaux Montaigne.
Sa thèse « Jérôme Bosch et Pieter Bruegel l’ancien, peintres de la religioncarnavalesque », publiée sous le titre « La Religion Carnavalesque », a été rééditée en novembre 2025 par Venus d’Ailleurs dans une version augmentée et richement illustrée : « Le Prince des Cornes ».
En compagnie de Christine Escarmant, il est l’un des fondateurs du CRIC (Centre de Recherches Interdisciplinaire sur les Carnavals) et la SOMI (Societat Occitana de MItologia). Depuis des années, ils travaillent sur le paysage mythologique et la recréation de carnavals traditionnels vivants, notamment à Plazac (Dordogne) avec la “maison du Carnaval et des mythologies populaires”.
» Le carnaval, envisagé dans son espace européen, est un ensemble de fêtes antérieures au christianisme, dont les liens avec d’autres fêtes de l’Antiquité grecque, romaine, proche-orientale, celte, germanique, etc., permettent de dégager des caractères communs invariables, qui se retraduisent dans les cultures populaires des pays européens, à l’intérieur et à l’extérieur du christianisme. Dans notre sphère géoculturelle de l’Europe occidentale, carnaval est bien une fête pagano-chrétienne qui se célèbre encore en marge du christianisme, ou en confrontation avec lui, et en marge de l’ordre civil établi. (…) «
La fin d’après-midi se conclura avec un échange avec les auteurs présents (Tristan Felix, Flambermont, Dominique Pauvert, Christine Escarmant, Laurent Segalini, Eric Phalippou…) qui signeront leurs ouvrages.
Lecture de fables vandales par Cordex Urbanus accompagné par Alexis Morel
À l’occasion de l’exposition dédiée à Codex Urbanus sur les murs de la librairie, retrouvez le street artist dans l’auditorium de la Halle Saint-Pierre le samedi 7 février à 15 h.
« Pour les 400 ans de Jean de La Fontaine et de ses Fables choisies, Codex Urbanus avait composé et collé dans la rue des dizaines de Fables Subies, mettant en scène ses chimères urbaines.
Le samedi 7 février, accompagné du musicien Alexis Morel, il propose une lecture d’une sélection de ces fables vandales, pleines de tentacules emplumées et de moralités étranges. »
L’événement se terminera par une séance de dédicace du recueil Fables Subies et d’autres ouvrages de l’artiste, à retrouver à la librairie de la Halle Saint-Pierre.