ART BRUT

 « Le Beau, l’Art Brut et le Marchand »
Jean-Pierre Ritsch-Fisch, le passeur du jamais-vu
Laurent Fassin
Editions L’Atelier Contemporain

Rencontre avec Laurent Fassin et Jean-Pierre Ritsch-Fisch
Lectures par Alain Queneau

Samedi 25 février 2023, à 15 heures – entrée libre
Réservation conseillée : 01 42 58 72 89

Au milieu des années 1990, Jean-Pierre Ritsch-Fisch a abandonné l’entreprise familiale de fourrure, pour fonder à Strasbourg une galerie consacrée à ce que Jean Dubuffet appela l’Art Brut. Un retour à ses amours d’adolescence : le monde de l’art et ses sensations fortes, s’impose à lui. Débutant à la manière d’un conte, s’apparentant ensuite, tantôt à un roman d’aventures, tantôt à une enquête, Le Beau, L’Art Brut et le Marchand relate ce périple singulier.

LE LIVRE

Un océan sépare beauté esthétique et originalité absolue. Surgi des profondeurs, le jamais-vu est associé à des formes troublantes qui ébranlent nos certitudes. De l’ordre de l’appa­rition, cet inconnu traduit une altérité sans égale. 

À mesure que la société industrielle s’étendait en Europe, les productions d’aliénés, de détenus, d’autodidactes isolés ou de spirites retinrent peu à peu l’attention de diplômés de la Faculté, auxquels se joignirent quelques fins traducteurs de l’âme humaine, artistes et poètes. Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, le plasticien Jean Dubuffet ap­pela « Art Brut » ces floraisons détonantes. La collection qu’il constitua visait à les soustraire à un monde culturel mimé­tique, ainsi qu’au marché de l’art. 

Depuis, l’Art Brut a essaimé sur tous les continents. Nombre de pièces remarquables ont intégré collections publiques et privées ; elles sont aussi présentées dans de grands salons in­ternationaux. Plusieurs galeries en Europe et aux États-Unis en ont fait leur spécialité. 

C’est à Strasbourg, à l’intersection des routes, là où La Nef des fous trouva un port d’attache, que l’une d’entre elles a vu le jour. Au milieu des années 1990, Jean-Pierre Ritsch-Fisch, son fon­dateur, a été conduit à fermer l’entreprise familiale de fourrure. Un retour à ses amours d’adolescence : le monde de l’art et ses sensations fortes, s’impose à lui. Commence alors sa quête de l’impossible : dénicher des œuvres d’originaux, de marginaux ou encore de figures historiques de l’Art Brut. 

Débutant à la manière d’un conte, s’apparentant ensuite, tan­tôt à un roman d’aventures, tantôt à une enquête, Le Beau, l’Art Brut et le Marchand relate ce périple singulier.

Disponible à la librairie e la Halle Saint Pierre – Prix 25 €

Date de publication : 21 octobre 2022
Format : 16 x 20 cm
Poids : 620 gr.
Nombre de pages : 400
 
Ouvrage publié avec le concours de la Fondation Antoine de Galbert.

L’AUTEUR

C’est à la fin des années 1970, au contact d’ateliers d’expression pour handicapés mentaux, que Laurent Fassin a découvert l’art brut et autodidacte. Par la suite, Michel Nedjar, dont avec des amis il publie des dessins dans la revue La Vie Exactement (1984-1988), l’oriente vers L’Aracine, le musée d’art brut à Neuilly-sur-Marne. En 2002, à Strasbourg, la galerie Jean-Pierre Ritsch-Fisch qui expose des œuvres récentes de Rosemarie Koczy va favoriser plusieurs échanges avec l’artiste. À compter de 2018, un dialogue régulier et nourri s’engagera avec le galeriste, à l’origine du livre Le Beau, l’Art Brut et le Marchand.
Après avoir donné À l’orée de forêts profondes (récit préfacé par Lionel Bourg, photographies de Serge Lapaz, Cognac, éditions Le Temps qu’il fait, 1987), Laurent Fassin a fondé la revue Légendes (1988-1999). Plusieurs de ses textes ont paru en revues (Théodore BalmoralConférenceCahiers Bernard LazareLa Cause littéraire, etc.). Depuis La Maison l’île, un recueil de poèmes rehaussés d’encres de Chine d’Elisabeth Macé (éditions Conférence, 2017), Laurent Fassin se consacre entièrement à l’écriture et à la peinture.

 

Charles Duits

Performance-conférence
Au pays de l’éclairement de Charles Duits 
avec :
Pablo Cueco, Daniel Mallerin, Christian Le Mellec,
Tristan Rothut , Pacôme Thiellement
.

Projection du film d’Arnaud Baumann : Charles Duits en zone de confusion

Dimanche 12 février 2023, à 15 heures – entrée libre
Réservation conseillée : 01 42 58 72 89
Halle Saint Pierre – à l’auditorium

Une des peintures de Charles Duits retrouvées en 2021. Photo Arnaud Baumann.

Ce pays, c’était le peyotl, une longue initiation pour Charles Duits, une révolution démonique  – rupture radicale ou écart absolu – qui affolait Henri Michaux. Même s’il y a illusion, vous êtes dans le vrai – vous montez à cheval – vous vivez supérieurement.
Le pays de l’éclairement,  un livre par quoi une carrière littéraire attendue avait volé en éclats. C’était l’invention d’une nouvelle langue écrite, une prose poétique protéiforme.  Ce fut une cascade d’ouvrages transgenres, des livres fous. C’était un pays à deux lunes, ou le pays de Vénus. C’était l’immense oui. Cela ne suffisait pas. Pour en finir une fois pour toutes avec le nihilisme il manquait l’expérience spirite au long cours. Cela ne suffisait pas, l’écrivain s’initia à la peinture. En plein vol, le cœur éclata.
Ce retour au pays est une exploration polymorphique, un manifeste poétique, une source surréaliste pure, un ré-enchantement de l’histoire littéraire et artistique.

CHARLES DUITS (1925-1991)
Né en France en 1925, de mère américaine et de père juif hollandais, réfugié aux États-Unis au début de la Seconde Guerre mondiale. En 1942, Charles Duits découvre grâce à VVV, organe du groupe surréaliste en exil, la présence d’André Breton à New York. Poète précoce, épris de Rimbaud et Lautréamont, il lui adresse ses poèmes et bientôt le rencontre.

Charles Duits a 17 ans, André Breton 48ans. Une relation faite d’exaltation s’engage. André Breton : Je ne doute pas un instant que le message essentiel que j’aurai passé ma vraie vie à guetter, à saisir par bribes, que ce message passe actuellement par vous et – j’irai plus loin – peut-être par vous seul. Charles Duits : Tout à coup, je fus jeté dans un espace solaire, auguste, serein, dont le centre était la Rose des vents, la demeure des poètes, ma demeure. Il est impossible d’exprimer la surprise que j’éprouvais, presque la frayeur, lorsque je compris que Breton me considérait spontanément comme son égal et donc comme celui des Olympiens.

Les poésies de Charles Duits seront publiées dans VVV et les principales revues ouverte au surréalisme avant les années 50 ; il participera aux activités du groupe, écrira des textes automatiques avec Breton, se fâchera avec lui, comme tant d’autres, et prendra peu à peu ses distances avec les activités surréalistes. Cependant Breton demeurera pour Charles Duits celui de qui il tient son titre de poète, l’initiateur et le guide ; il ne cessera de se référer à cette figure solaire. (Christian Le Mellec)

La biographie de Charles Duits jusqu’en 1956 est restée plutôt hermétique et mystérieuse, profondément marquée par des crises mystiques. Il écrit beaucoup et publie peu (dans des revues) avant Le Mauvais mari (1954), une chronique acide des mœurs amoureuses. La critique accueille très favorablement ce premier roman, comme elle ne le fera pour aucun autre de ses livres… (Christian Le Mellec). Et pour cause : en 1956, Charles Duits plonge dans le peyotl – un suicide et une renaissance. Maintenant, je sais au moins nommer l’objet de mon ambition. Je sais que je cherche l’illumination.

La vie de Charles Duits, sa conscience, son inspiration, son écriture changent radicalement. Tous les textes qu’il écrira jusqu’au milieu des années 70 portent à un degré ou à un autre la marque de l’expérience répétée des centaines de fois. Et puis, grande affaire mystérieuse et secrète, l’écrivain s’initie à la peinture.

Les années 80 seront funestes, accélérant un processus d’isolement inexorable. Durant dix ans Charles Duits se consacrera, parallèlement à une activité de plus en plus intense de peintre, à l’écriture d’un traité d’érosophie rapportant ses dialogues avec une entité chargée de lui enseigner le sublime : La seule femme vraiment noire. En 1988, l’ouvrage enfin conclu, Charles Duits ne trouvant pas d’éditeur, arrêtera d’écrire et ne se consacrera plus qu’à la peinture.

L’écrivain-peintre meurt d’une crise cardiaque le 4 avril 1991, à 66 ans.

Charles Duits par Kiki Picasso d’après une photo d’Ivan Alechine

Bijouterie Charcuterie

Rencontre / signature
Bijouterie Charcuterie
Bernard BRIANTAIS – dessins en saynètes
Rémy BEURION – Textes
Editions La femme à barbe, Collection L’œuvre contée, 2022
Samedi 11 février 2023, à 15 heures – entrée libre
– à la librairie de la Halle Saint Pierre


Bijouterie Charcuterie

Présentation

Recueil de morceaux de vie à la poésie corrosive et plaidoyer à l’humour grinçant, ce livre est un aveu de tendresse pour l’humanité : invisibles et laissés pour compte, petits commerces comme on n’en voit plus guère, bistrots de quartier, marginaux, poètes, contestataires de tout poil…

La collection L’œuvre contée
Des contes modernes dans lesquels l’œuvre est mise au cœur du récit à l’instar d’un personnage. Le texte quant à lui peut être conçu à plusieurs mains, sur un mode poétique, scientifique, philosophique…

L’artiste
Bernard Briantais dit avoir commencé à dessiner dans le ventre de sa mère. Artisan peintre pour commencer, il se jette dans la peinture artistique et l’art contemporain en 1988, puis à partir de 2010 dans l’art singulier où il peut exprimer une humanité à fleur de peau.

L’auteur
Très tôt, Rémy Beurion sait qu’il veut écrire ; c’est sa mère qui lui a implanté cette graine ! A 19 ans il est pigiste pour un journal de Vierzon ; puis en 1992 journaliste pour la presse locale à
Bourges. Il peut ainsi écrire le jour et surtout la nuit.

L’éditeur
Galerie d’art nomade, maison d’édition et agence artistique, L’œil de la femme à barbe – dédié à l’art singulier et à l’expressionnisme – représente des artistes vivants aux techniques et sensibilités multiples, en grande majorité des femmes.

Le livre
152 pages / 150 photos couleur / 29,7 x 21 cm / Couverture rigide / 1080 gr / 28 € 
Disponible à la librairie de la Halle Saint Pierre


Argumentaire détaillé / Quatrième de couverture


Bijouterie Charcuterie... Une sorte de lapsus lexical, un croche-pied verbal, une chimère linguistique. Pourtant le résultat semble probant : vous avez retourné le livre pour lire cette présentation ! Mais qui est donc cet artiste qui met le monde en boîte et que nous propose-t-il ici ?
Bernard Briantais, qui à ses propres dires dessinait déjà dans le ventre de sa mère, met en scène avec humour (qui est la politesse du désespoir) des personnages anonymes, des « petites gens » comme on dit. Il travaille à partir de scènes de rue, faisant feu de tous supports : papiers, toiles, matériaux de récupération, avec trois fois rien en somme ; il aimerait même passer à quatre fois rien…
Quant à l’auteur Rémy Beurion, c’est sa mère qui lui aurait donné le virus de l’écriture… Journaliste pour la presse régionale, il s’intéresse à l’histoire des tracteurs, au monde ouvrier
et aux bistrots (il a écrit Gueules de zinc).
Le premier est né et vit à Nantes, le second n’a jamais quitté Vierzon. Ils étaient pourtant faits pour collaborer… Et les réseaux sociaux sont là pour raccourcir les distances et favoriser les rencontres !
L’œuvre de Bernard Briantais est comme un bras d’honneur aux pédanteries artistiques, politiques et bancaires […] Ce vulgaire qu’il met au pinacle est un bien qu’il faut chérir et savoir apprécier à sa juste valeur : celui de l’étrangeté de la condition humaine. Carole Launai
Recueil de morceaux de vie à la poésie corrosive et plaidoyer à l’humour grinçant, ce livre est un aveu de tendresse pour l’humanité : invisibles et laissés pour compte, petits commerces comme on n’en voit plus guère, bistrots de quartier, marginaux, poètes, contestataires de tout poil…


Mais dis moi, Camadule, que le monde est heureux ! Plus une voix discordante ne s’élève pour l’agacer. Le dernier des rouspéteurs a été gommé de la surface du globe avec le dernier artisan, le dernier poète, le dernier pêcheur, le dernier paysan, l’ultime homme libre.
Le Beaujolais nouveau est arrivé – René Fallet,1975