Séminaire art & thérapie

Chaos pour finir et pour recommencer
Séminaire mensuel à la Halle Saint Pierre – 2022

Sous la direction de Jean-Pierre Klein, psychiatre honoraire des Hôpitaux,
et de François Dingremont, Dr Esthétique et anthropologie
 
Chaque 3ème samedi de 14H30 à 16H30 de janvier à mai et en juin 2022,

une journée entière avec des médiateurs artistiques et des art-thérapeutes

Halle Saint Pierre – à l’auditorium
Réservation indispensable : 01 42 58 72 89
Entrée 12 € (6 € pour les élèves INECAT carte d’adhérent de l’année)

SAMEDI 18 JUIN DE 11H à 18H

Les Ehpad  face aux chaos

Avec Pascal Champvert,
président de l’Association des directeurs au service des personnes âgées,
et des médiateurs artistiques et des art-thérapeutes
(ateliers, performances, études de cas)

 


Thème du séminaire 2022
Chaos pour finir et pour recommencer

La destinée de l’être humain est de frôler sans cesse le chaos dès la “catastrophe” de la naissance. Notre existence, ce mouvement vers l’avant-de-soi, serait – elle bâtie sur cette tentative renouvelée de construction contre et sur le chaos ? L’art-thérapie et la médiation artistique ont l’expérience de ceux qui sont habités de chaos : troubles extrêmes de la personnalité, néantisation par des atteintes de l’intégrité corporelle, mentale, sensorielle, exclusions et persécutions, suicides, handicaps, violences graves…  Elle propose une réponse au chaos, sans le méconnaître, ni le nier, ni tenter illusoirement de le combler. Son action est de le border, le contenir, le délimiter, le maintenir pour le transmuer.

« C’est une vitesse infinie de naissance et d’évanouissement » ; « C’est chacun de nous qui se trouve sans cesse en pourparlers et en guérilla avec lui-même, grâce à la philosophie » Deleuze. Peut-on en dire  autant de l’art qui se mêle de thérapie ? « L’art me paraît un moyen de vaincre la mort » dit Hans Hartung “interrogé“ par la Gestapo puis en Espagne franquiste, ces deux chaos érigés en absolu.Ce n’est plus le chaos-néant, mais le chaos qui ouvre au désordre facteur de créations.

Cette dissolution intime de l’univers ordonné, c’est aussi, au-delà des individus, ce qui se fait jour dans un monde en proie au chaos et dans la recherche hésitante de nouveaux paradigmes. Les situations de blocage, d’inertie, de régression, de violence auxquelles nous assistons actuellement révèlent crûment une faille majeure de l’action politique : la créativité. L’expérience de créateurs qui ont su transmuer le chaos en œuvre peut-elle nous aider à réfléchir sur de possibles mutations inventives actuelles ?

PROGRAMME 2022

15/01 reporté Pablo Gershanik, artiste, comédien, metteur en scène, pédagogue théâtral, 
Jean-Michel Vives, professeur de psychopathologie, Les maquettes intimes, du chaos cauchemardesque à la mise en maquette onirique.

19/02 Florian Gaité, docteur en philosophie, chercheur associé à l’institut ACTE, Chaos cérébral et création artistique

19/03 Dominique Bertrand, musicien voyageur et écrivain, mythologue, auteur de L’art du chaos, éditions Signatura, Le chaos comme source de tous les possibles

16/04 : Nicolas Poirier, philosophe, Du chaos naît la création, une perspective philosophique (Cornelius Castoriadis) et littéraire (Elias Canetti, Witold Gombrowicz, Doris Lessing).

21/05 : Kati Basset, artiste du spectacle vivant, spécialiste de Bali et d’Antonin Artaud, « Rajeunir », défragmenter, réarticuler, réinitialiser, le choeur Kecak balinais et le retour à l’unitotalité.

18/06 Toute la journée de 11H à 18H
Les Ehpad  face aux chaos, avec Pascal Champvert, président de l’Association des directeurs au service des personnes âgées, et des médiateurs artistiques et des art-thérapeutes (ateliers, performances, études de cas)

Programme détaillé de l’année : klein.jpkev@gmail.com
Entrée 12 € (6 € pour les élèves INECAT carte d’adhérent de l’année)
Tel : 01 42 58 72 89 INECAT/Art et Thérapie, 27, rue Boyer, 75020 Paris,
www.inecat.org

Un paradis artificiel

S E M I N A I R E  M E N S U E L
Critique de la société cybernétique

u n   s a m e d i   p a r   m o i s  :

9 octobre | 27 novembre | 18 décembre 
26 février | 26 mars | 23 avril | 28 mai | 25 juin
DE 15H A 17H

ENTREE LIBRE, réservation conseillée  : 01 42 58 72 89
Halle Saint Pierre – à l’auditorium
*
Septième séance :
Critique artistique de l’hypothèse cybernétique

Samedi 28 mai à 15 heures – entrée libre
Réservation conseillée : 01 42 58 72 89
 
Cette septième séance présentera les Structures Narratives de Mark Lombardi (1951-2000) . Cette série de diagrammes, commencée en 94 et achevés en 2000, est une suite de cartographies-œuvres d’art qui ont pour ambition de décrire précisément la structure de pouvoir de son temps.
Tant par la forme que par l’analyse historique, Lombardi nous semble proposer une vision cybernétique de l’histoire, et nous aide à lire le soubassement politique de celle-ci.
 
 

P r é s e n t a t i o n   D U    S E M I N A I R E

D e p u i s une trentaine d’années, les dispositifs informatiques ont profondément restructuré l’espace social et la vie quotidienne. Mais, à la faveur de la pandémie, ceux-ci ont pris une importance sans précédent: nombre de pratiques sociales essentielles (travail dans le secteur tertiaire, loisirs, etc.) auraient été impossibles sans y avoir recours. Au travers d’une myriade d’applications, de programmes informatiques en tous genres, s’esquisse une vie assistée par Internet, faite de communication à distance — dont l’usage est encore étendu par les mesures étatiques liées à la circulation du virus. L’épidémie de COVID-19 a révélé, même aux plus réticents, que la métamorphose informatique du capitalisme n’est pas une simple suite d’innovations chaotiques et isolées, mais une direction que prend la société tout entière. Ce bouleversement, qui s’intensifie à la faveur de la destruction du milieu vivant, s’appuie sur la logique cybernétique.
A l’opposé de conceptions comme le « numérique » ou les « nouvelles technologies », qui ne désignent que la dimension technique de ce processus de transformation, la notion de cybernétique, telle qu’énoncée par Norbert Wiener pour définir une école de pensée aussi bien qu’un champ de recherches pratiques, contient le projet d’une société révolutionnée par le transfert et le traitement de l’information. C’est cette notion qui sera reprise et déconstruite par la théorie critique (Henri Lefebvre, Paul Mattick, Guy Debord, Tiqqun), et qui fait depuis une quinzaine d’années l’objet d’une mise en perspective historique (Céline Lafontaine, Mathieu Triclot, Jérome Segal, Ronan Le Roux).
À l’heure du crédit social chinois et dans un contexte pandémique, la poursuite de ce travail critique nous paraît urgente. Il s’agira pour nous de penser cette transformation non comme l’extension de l’espace communicationnel, mais comme une nouvelle modalité de production, étendue à la société dans son ensemble.
L’objectif de ce séminaire mensuel est donc de proposer une analyse critique de cette transformation cybernétique. Chaque séance portera sur un thème différent : le travail, les loisirs, l’État, la communication, la ville, la représentation, etc. Chacune d’elle débutera par l’intervention d’un chercheur invité, portant sur un sujet ou une enquête précise, suivie d’une présentation d’un membre de l’équipe et d’une discussion.

M e m b r e s  d u  s é m i n a i r e

Julien Allavena — Doctorant en Sciences Politiques, Paris 8, Cresppa-LabToP
Jérémie Elalouf — MCF Université Toulouse Jean Jaurès en design, Labo Lara-Seppia
David Hoare — Docteur en Esthétique de l’EDESTA, Paris 8, Labo AIAC
Douglas Hoare — Docteur en Esthétique de l’EDESTA, Paris 8, Labo AIAC

B i b l i o g r a p h i e

Caroline Bassett, Sarah Kember, Kate O’Riordan, Furious. Technological Feminism and Digital Futures, Pluto Press, 2019.
James R. Beniger, 1986, The Control Revolution, Technological and Economic Origins of the Information Society, Cambridge-Londres, Harvard University Press.
Jonathan Bourguinon, 2021, Internet, année zéro, Paris, DivergencesCatherine D’Ignazio,
Lauren F. Klein, Data Feminism, MIT Press, 2020.
Alexander R. Galloway, The Interface Effect, Polity, 2012.
Alexander R. Galloway. The Exploit: A Theory of Networks, The University of Minnesota Press, 2007.
Friedrich Kittler, Optical Media: Berlin Lectures 1999, Polity, 2009.
Céline Lafontaine, L’empire cybernétique : Des machines à penser à la pensée machine, Paris, Seuil, 2004
Henri Lefebvre, Vers le cybernanthrope, Paris, Gallimard, 1971.
Janina Loh, MarkCoeckelbergh, Feminist Philosophy of Technology, J.B. Metzler, 2019.
Lev Manovich, Le langage des nouveaux médias, Paris, Les Presses du réel, 2010.
Lev Manovich, Software takes command, New-York, Bloomsbury Academic, 2013.
Armand Mattelart, 2001, Histoire de la société de l’information, Paris, La Découverte
Paul Mattick, Marx et Keynes, Paris, Gallimard, 1972.
Marshall McLuhan, Pour comprendre les médias, Paris, Seuil, 2015.
Internationale Situationniste, Internationale Situationniste, Paris, Arthème Fayard, 1997.
Ronan Le Roux (dir. Éric Brian), La cybernétique en France (1948-1970) : Contribution à l’étude de la circulation interdisciplinaire des modèles et des instruments conceptuels et cognitifs, École des hautes études en sciences sociales (thèse de doctorat en histoire et civilisations), 2010.
Thomas Rid, 2016, Rise of the machines, a cybernetic history, New York, W.W. Norton & Company.
Jérôme Segal, Le Zéro et le Un : Histoire de la notion scientifique d’information au XXe siècle, Paris, Syllepse, 2003.
Mathieu Triclot, Le moment cybernétique : La constitution de la notion d’information, Seyssel, Champ Vallon, coll. « Milieux », 2008.
Fred Turner, 2012, Aux sources de l’utopie numérique, Caen, C&F éditions.
Judy Wajcman, Feminism Confronts Technology, Wiley, 2013.
McKenzie Wark, Capital Is Dead: Is This Something Worse?, Verso, 2019.
Norbert Wiener, La cybernétique : Information et régulation dans le vivant et la machine, Seuil, 2014.
Norbert Wiener, Cybernétique et société, l’usage humain des êtres humains, Paris, Éditions du Seuil, coll. « Points / Sciences », 2014.