Rencontres en surréalisme

Organisées par Françoise Py
Chaque deuxième samedi du mois dans le cadre de
l’Association Pour la Recherche et l’Etude du Surréalisme

SAMEDI 11 JUIN  2022, 15h – entrée libre

CONFERENCE 
Joies et désarrois de Simone Kahn
Par Monique Sebbag
Professeur agrégée de philosophie

Halle Saint Pierre – à l’auditorium
Réservation conseillée : 01 42 58 72 89

Simone Breton, (dite aussi Simone Collinet) née Simone Rachel Kahn le 3 mai 1897 à Iquitos au Pérou et morte le  dans le 14e arrondissement de Paris.
Première épouse d’André Breton (1921 et 1931), elle est une personnalité du groupe surréaliste parisien de 1921 à 1929, et une militante marxiste.
Femme de lettres et amie des artistes, collectionneuse passionnée et galeriste indépendante, restée dans l’ombre au sein de l’historiographie du surréalisme.

Photo Ateliers Jérome

Halle Saint Pierre – à l’auditorium
Réservation indispensable au : 01 42 58 72 89

Simone Kahn

La trajectoire singulière de Simone Kahn (1897–1980) mérite un surcroît d’attention à l’heure où les musées s’attachent à rendre hommage à la place des femmes dans le surréalisme. La publication des lettres adressées à sa cousine Denise Lévy (Gallimard, 2005), puis de celles qu’elle reçoit d’André Breton (Gallimard, 2016) dont elle partage la vie entre 1921 et 1931 sont à l’origine de l’intérêt croissant qu’on lui porte. Ces correspondances constituent un témoignage précieux d’une personnalité qui s’impose comme collaboratrice et interlocutrice privilégiée des artistes tout au long de la décennie de formation du surréalisme. Simone Kahn écrit, dessine, contribue aux activités collectives, aux publications et à l’organisation des expositions du groupe. Elle noue des amitiés durables avec les peintres et les poètes qu’elle y rencontre, comme Francis Picabia, Man Ray, André Masson et beaucoup d’autres. Elle commence aussi sa propre collection d’œuvres de l’avant-garde parisienne et d’objets extra-occidentaux dans l’atelier qu’elle partage avec Breton au 42, rue Fontaine, et qu’elle continuera d’enrichir sa vie durant.
De fait, l’engagement de Simone Kahn en faveur de l’art de son temps et son lien avec les surréalistes ne se défont pas après son divorce du poète. Après la Seconde Guerre mondiale, elle soutient avec ferveur les artistes en ouvrant deux galeries à Paris, « Artiste et Artisan » en 1948, puis la galerie Furstenberg, qui accueille plus d’une cinquantaine d’événements entre 1954 et 1965. Elle y expose « Le Surréalisme » en 1962 ; les œuvres des surréalistes des premières générations comme E.L.T. Mesens, Dorothea Tanning, Toyen ou Max Ernst ; ainsi que celles des plus jeunes talents, dont Jean-Jacques Lebel, Avigdor Arikha ou William Nelson Copley. 

Centre allemand d’histoire de l’art 

 



 Samedi 14 mai 2022, 11h-18h

Les femmes artistes surréalistes :
Journée en hommage à Georgiana Colvile

organisée par Françoise Py, Annie Richard et Gabriel du Rivau.

11h-12h30 : interventions des organisateurs et de Dawn Ades et Bernard Mc Guirk.

14h-15h45 : Interventions de Mimi Mortimer, Jean-François Rabain, Jelena Novakovitcj, Valentine Favre et Chantal Grimm

16h : Dames de Chœur et de Piques, spectacle pour huit chanteuses, conçu et réalisé par Chantal Grimm autour des auteures-compositrices du XIXe siècle et de la première moitié du XXe siècle.

Georgiana Colvile, universitaire. La majorité de ses travaux de recherche porte sur le surréalisme, et tout particulièrement sur les femmes surréalistes dans les domaines littéraires et artistiques. Ils comprennent une édition des écrits de Valentine Penrose, Ecrits d’une femme surréaliste (2001), l’anthologie Scandaleusement d’elles, trente-quatre femmes surréalistes (1999), et la femme s’entête (1998), actes du colloque de Cerisy ta part du féminin dans le surréalisme.

DAMES DE CHŒURS ET DE PIQUES
Ou les chansonnières d’avant l’époque du disque.

Spectacle pour 8 chanteuses conçu par Chantal Grimm, et réalisé avec l’association des Ecrivants Chanteurs

Dans le métier de la chanson, les femmes ont toujours eu le rôle d’interprètes. Or, des compositrices, il y en a eu depuis la naissance de cet art populaire dans toutes les classes de la société, mais elles sont la plupart du temps restées anonymes. C’est sous le Consulat puis le premier Empire que l’on voit apparaître les premiers succès de femmes signataires, avec Constance de Salm auteure, et la reine Hortense compositrice. Dans les salons privés, seules étaient admises les voix lyriques, aussi la poésie se noyait-elle trop souvent dans une romance de convention jusqu’à l’apparition d’une grande poétesse – encore mise en musique aujourd’hui -, Marcelline Desbordes-Valmore. Or, on trouve son nom dans les anthologies poétiques, sans savoir qu’elle a passé sa vie sur les planches! L’artisanat de la chanteuse créatrice était né. Loïsa Puget, mariée à un auteur, a pu elle-même mener une carrière originale qui a servi de modèle aux jeunes filles de sa génération. Mais dans les cabarets littéraires appelés Caveaux (nés juste avant la Révolution) les femmes restaient interdites. Dans les goguettes ouvrières du début du XIXème elles purent pousser la porte et y faire parfois une carrière modeste comme Elisa Fleury. Quant aux théâtres et aux cafés-concert, seules la grivoiserie ou la romance étaient admises au féminin : Céleste Mogador, prostituée, puis comtesse, joua sur les deux tableaux. Térésa, puis Yvette Guilbert, à vingt ans de distance, y créeront par leur interprétation l’une le style comique, l’autre le style «diseuse», qui devaient l’un et l’autre révolutionner le genre et se perpétuer jusqu’à aujourd’hui, mais elles n’écrivaient pas elles-même leurs chansons (et ne figurent donc pas dans ce spectacle). Dans les cabarets de Montmartre de la fin du siècle, on ne comptait encore que des hommes sur scène, à l’exception de Marie Krysinska, créatrice du vers libre, qui composait au piano pour les chansonniers. A l’opéra, Augusta Holmès, trop tôt comparée à Wagner, vit sa carrière bloquée par une misogynie sans appel, mais ses Noëls ont quand même survécu. Parolière et en liberté comme en prison, Louise Michel a laissé des traces dans les chorales anarchistes. Enfin, très loin du monde et ses fureurs, Marie Noël, plus reconnue dans ses œuvres mystiques, aligne ses chants sauvages de poétesse et musicienne avec un demi-siècle d’avance sur la «Rive Gauche». Chacune de ces figures, grand’ mères méconnues d’une Barbara ou d’une Anne Sylvestre, viendra sur scène livrer un court moment de sa biographie et chanter un ou deux titres, d’une voix naturelle qui permettra de prendre en compte sa poésie.

CONSTANCE DE SALM (1767-1845) : Chantal Grimm et Catherine Merle
MARCELINE DESBORDES-VALMORE (1786-1859) : Fabienne Moachon
ELISA FLEURY (1795-1862) : Evelyne Neuvelt
LOÏSA PUGET (1810-1889): Catherine Merle
CÉLESTE MOGADOR (1824-1909): Hélène Deligny
LOUISE MICHEL (1830-1905): Marie-Laure Gasnier
AUGUSTAHOLMÈS (1847-1903): Rosely Graff
MARIE KRYSINSKA (1845-1908): Chantal Grimm
MARIE NOËL (1883-1967): Christiane Oriol

Au piano: Rosely Graff
Au violon: Catherine Merle
A la régie: Eric Denis

Contact:
ecrivantschanteurs@free.fr
chantal.grimm@free.fr
Tél. 06 87 61 85 75
www.ecrivantschanteurs.com
www.chantalgrimm.com

SPECTACLE PRÉSENTÉ SAMEDI 14 MAI A 16H
A L’AUDITORIUM DE LA HALLE ST PIERRE
SUR L’INVITATION DE L’ASSOCIATION APRÈS ET DE L‘ASSOCIATION FEMMES-MONDE
Au cours de la journée consacrée à la mémoire de Georgiana Colvile

 


Dimanche 15 mai , 15h à 18h – entrée libre

Gisèle Prassinos
ou la révolution surréaliste du genre

par Annie Richard de l’association Femmes Monde.


Performance par Jackie Constant

Halle Saint Pierre – à l’auditorium
Réservation conseillée : 01 42 58 72 89

Photographie de l’écrivain Gisèle Prassinos récitant ses poèmes au groupe surréaliste en 1934, par Man Ray

Les textes spontanés écrits par Gisèle Prassinos, fillette de 14 ans, en 1934, écrit pour s’amuser, furent aussitôt admirés par les surréalistes.
Breton est visiblement médusé : voici la femme-enfant, ‘ l’écolière ambiguë ‘ en personne, l’incarnation de l’écriture automatique.  Ils voient dans ses écrits « la véritable illustration du langage automatique par excellence ». Man Ray la photographie lisant ses poèmes au Café Dynamo. Ses premiers poèmes paraissent en 1934 dans les revues Minotaure et      Document 34.

Gisèle Prassinos (1920-2015) par Annie Richard 


 

 


PROGRAMME 2021 / 2022

Rencontres en surréalisme
organisées par Françoise Py à la Halle Saint-Pierre
chaque deuxième samedi du mois
dans le cadre de l’Association Pour la Recherche et l’Etude du Surréalisme (L’APRES)
accueil par Martine Lusardy

Samedi 11 septembre 2021, 14h30

Projection du film consacré à Virginia Tentindo : Minimes innocences (version intégrale jamais montrée), réalisateur Fabrice Maze, sur un scénario de Jean-François Rabain, 100’, 2011. Introduction par Fabrice Maze et Jean-François Rabain. Présentation de l’ouvrage collectif dirigé par Christophe Dauphin et Odile Cohen-Abbas : Virginia Tentindo, les mains du feu sous la cendre (ed. Les Hommes sans Épaules et Rafael de Surtis, 2021).

Samedi 16 octobre 2021 (14h-18h15) : Journée d’étude sur Charles Fourier
dirigée par Henri Béhar et Françoise Py

14h-14h10 : Ouverture par les organisateurs
14h10-14h40 : Henri Béhar : Charles Fourier dans l’œuvre d’André Breton
14h40-15h30 : Michel Maffesoli : Charles Fourier, de l’Utopie aux utopies interstitielles
Pause

15h45-16h15 : Charles Gonzales : Lecture de l’Ode à Charles Fourier d’André Breton
16h15-16h55 : Joël Gayraud : Au miroir des analogies, le surréalisme et Charles Fourier
16h55-17h35 : Patrick Tacussel : La Révolution française selon Charles Fourier

Pause
17h45-18h15 : Hélène Strohl et Patrick Tacussel, directeurs de la revue Les Cahiers Européens de l’Imaginaire, CNRS Editions, Aurélien Fouillet (anthropologue) présenteront le dernier numéro sur La Nuit ainsi que divers contributeurs de ce numéro. http://www.lescahiers.eu/

Samedi 13 novembre 2021, 11h-18h

Journée d’étude sur Louis Janover, dirigée par Henri Béhar, Michel Carassou et Françoise Py.
11h-12h30 : Introduction par Henri Béhar.
Louis Janover : Pourquoi j’ai accepté de venir entendre parler de moi.
Maxime Morel : Front Noir et surréalisme.
14h-16h30 :
Georges Rubel : Oser faire de l’art dans Front Noir.
Florian Langlais : Perception de Front Noir par un jeune d’aujourd’hui.
Michel Carassou : Benjamin Fondane et Louis Janover : un même combat.
Table ronde avec tous les intervenants et les organisateurs.
16h45-17h45 : Lecture performance par Charles Gonzales du texte d’Antonin Artaud, Van Gogh le suicidé de la société.

Samedi 11 décembre 2021, 15h

Projection du film Victor Brauner, le grand illuminateur totémique, réalisateur Fabrice Maze (52′, DVD coproduit par Aube Breton-Élléouët et Seven Doc, collection Phares) précédé par une conférence sur Victor Brauner par Fabrice Pascaud puis une présentation du film par le réalisateur et Fabrice Pascaud. Débat avec la salle.

Samedi 12 février 2022, 15h

Où suis-je, dans cette foule ?
Lecture musicale par Bernard Ascal de textes de Pierre Mac Orlan et de Bernard Ascal.
Avec Loïc Roignant (batterie) et Gaël Ascal (lutherie électronique et basse).

Samedi 12 mars 2022, 15h

Séance en hommage à Fernando Arrabal en sa présence : Les Arrabalesques, dans le cadre du Printemps des Poètes 2022, sur le thème de l’Éphémère.
Conférence d’Alejandra Chulia Jordan : Arrabal et le Théâtre Panique en France.
Participation de François Naudin, du Collège de Pataphysique.
Performance collective sur le texte d’Arrabal, Les Neuf fiancées de Roland Topor, par Lucienne Deschamps, Gwénaelle L.
Livres d’artiste réalisés en collaboration avec Fernando Arrabal par Dorothée Bouchard, Jean-Marc Brunet et Isabel Etchari présentés par Caroline Corre.
Wanda Mihuleac, coorganisatrice de la séance, en assurera la modération.

Samedi 9 avril 2022, 15h

Conférence de Goerges Sebbag sur Les Dix Cahiers surréalistes d’avril 1924, dont il a établi l’édition et assuré la présentation, Domaine Jean-Michel Place DILECTA, 2021.

Samedi 14 mai 2022, 11h-18h

Les femmes artistes surréalistes : Journée en hommage à Georgiana Colvile organisée par Françoise Py, Annie Richard et Gabriel du Rivau.
11h-12h30 : interventions des organisateurs et de Dawn Ades et Bernard Mc Guirk.
14h-15h45 : Interventions de Mimi Mortimer, Jean-François Rabain, Jelena Novakovitcj, Valentine Favre et Chantal Grimm
16h : Dames de Chœur et de Piques, spectacle pour huit chanteuses, conçu et réalisé par Chantal Grimm autour des auteures-compositrices du XIXe siècle et de la première moitié du XXe siècle.

Dimanche 15 mai, 15h-18h

Après-midi consacrée à l’œuvre de Gisèle Prassinos par Françoise Py et Annie Richard de l’Association Femmes Monde.

15h : Intermèdes musicaux à la cithare par Yvan Navaï.
15h15 : Présentation de l’artiste par Annie Richard.
15h45 : Projection du film de Fabrice Maze : Le Monde suspendu de Gisèle Prassinos (30’).
16h15 : Intervention video de Masao Susuki.
16h30 : Intermèdes musicaux à la cithare par Yvan Navaï.
16h45 : Performance J’march’ pas avec Antigone par Constance Hélivérac accompagnée par Yvan Navaï.
17h : Débat avec le réalisateur et Annie Richard.

Samedi 4 juin, 15h

Qui êtes-vous Nadja ? Nous chercherons à savoir qui fut Nadja, l’héroïne d’André Breton. Léona Delcourt s’était donnée ce pseudonyme « parce qu’en russe, c’est le commencement du mot espérance, et parce que ce n’en est que le commencement ». Avec la participation de Henri Béhar, Françoise Py, Jean-François Rabain et Georges Sebbag. Lectures par Sarah Froidurot et Charles Gonzales.

Samedi 11 juin 2022, 15h

Conférence de Monique Sebbag : Joies et désarrois de Simone Kahn. Simone Kahn (dite aussi Simone Collinet) est la première épouse d’André Breton.

Les Journées d’étude sont organisées avec le concours de l’université Paris 8, Laboratoire Arts des Images et Art Contemporain (AIAC), équipe de recherche Esthétique, Pratique et Histoire des Arts (EPHA). Halle Saint-Pierre, auditorium, 2 rue Ronsard, 75018, Paris, métro Anvers. Entrée libre. Renseignements : Françoise Py : 06 99 08 02 63 et francoise.py@univ-paris8.fr

 

Séminaire art & thérapie

Chaos pour finir et pour recommencer
Séminaire mensuel à la Halle Saint Pierre – 2022

Sous la direction de Jean-Pierre Klein, psychiatre honoraire des Hôpitaux,
et de François Dingremont, Dr Esthétique et anthropologie
 
Chaque 3ème samedi de 14H30 à 16H30 de janvier à mai et en juin 2022,

une journée entière avec des médiateurs artistiques et des art-thérapeutes

Halle Saint Pierre – à l’auditorium
Réservation indispensable : 01 42 58 72 89
Entrée 12 € (6 € pour les élèves INECAT carte d’adhérent de l’année)

SAMEDI 18 JUIN DE 11H à 18H

Les Ehpad  face aux chaos

Avec Pascal Champvert,
président de l’Association des directeurs au service des personnes âgées,
et des médiateurs artistiques et des art-thérapeutes
(ateliers, performances, études de cas)

 


Thème du séminaire 2022
Chaos pour finir et pour recommencer

La destinée de l’être humain est de frôler sans cesse le chaos dès la “catastrophe” de la naissance. Notre existence, ce mouvement vers l’avant-de-soi, serait – elle bâtie sur cette tentative renouvelée de construction contre et sur le chaos ? L’art-thérapie et la médiation artistique ont l’expérience de ceux qui sont habités de chaos : troubles extrêmes de la personnalité, néantisation par des atteintes de l’intégrité corporelle, mentale, sensorielle, exclusions et persécutions, suicides, handicaps, violences graves…  Elle propose une réponse au chaos, sans le méconnaître, ni le nier, ni tenter illusoirement de le combler. Son action est de le border, le contenir, le délimiter, le maintenir pour le transmuer.

« C’est une vitesse infinie de naissance et d’évanouissement » ; « C’est chacun de nous qui se trouve sans cesse en pourparlers et en guérilla avec lui-même, grâce à la philosophie » Deleuze. Peut-on en dire  autant de l’art qui se mêle de thérapie ? « L’art me paraît un moyen de vaincre la mort » dit Hans Hartung “interrogé“ par la Gestapo puis en Espagne franquiste, ces deux chaos érigés en absolu.Ce n’est plus le chaos-néant, mais le chaos qui ouvre au désordre facteur de créations.

Cette dissolution intime de l’univers ordonné, c’est aussi, au-delà des individus, ce qui se fait jour dans un monde en proie au chaos et dans la recherche hésitante de nouveaux paradigmes. Les situations de blocage, d’inertie, de régression, de violence auxquelles nous assistons actuellement révèlent crûment une faille majeure de l’action politique : la créativité. L’expérience de créateurs qui ont su transmuer le chaos en œuvre peut-elle nous aider à réfléchir sur de possibles mutations inventives actuelles ?

PROGRAMME 2022

15/01 reporté Pablo Gershanik, artiste, comédien, metteur en scène, pédagogue théâtral, 
Jean-Michel Vives, professeur de psychopathologie, Les maquettes intimes, du chaos cauchemardesque à la mise en maquette onirique.

19/02 Florian Gaité, docteur en philosophie, chercheur associé à l’institut ACTE, Chaos cérébral et création artistique

19/03 Dominique Bertrand, musicien voyageur et écrivain, mythologue, auteur de L’art du chaos, éditions Signatura, Le chaos comme source de tous les possibles

16/04 : Nicolas Poirier, philosophe, Du chaos naît la création, une perspective philosophique (Cornelius Castoriadis) et littéraire (Elias Canetti, Witold Gombrowicz, Doris Lessing).

21/05 : Kati Basset, artiste du spectacle vivant, spécialiste de Bali et d’Antonin Artaud, « Rajeunir », défragmenter, réarticuler, réinitialiser, le choeur Kecak balinais et le retour à l’unitotalité.

18/06 Toute la journée de 11H à 18H
Les Ehpad  face aux chaos, avec Pascal Champvert, président de l’Association des directeurs au service des personnes âgées, et des médiateurs artistiques et des art-thérapeutes (ateliers, performances, études de cas)

Programme détaillé de l’année : klein.jpkev@gmail.com
Entrée 12 € (6 € pour les élèves INECAT carte d’adhérent de l’année)
Tel : 01 42 58 72 89 INECAT/Art et Thérapie, 27, rue Boyer, 75020 Paris,
www.inecat.org

Un paradis artificiel

S E M I N A I R E  M E N S U E L
Critique de la société cybernétique

u n   s a m e d i   p a r   m o i s  :

9 octobre | 27 novembre | 18 décembre 
26 février | 26 mars | 23 avril | 28 mai | 25 juin
DE 15H A 17H

ENTREE LIBRE, réservation conseillée  : 01 42 58 72 89
Halle Saint Pierre – à l’auditorium
*
Septième séance :
Critique artistique de l’hypothèse cybernétique

Samedi 28 mai à 15 heures – entrée libre
Réservation conseillée : 01 42 58 72 89
 
Cette septième séance présentera les Structures Narratives de Mark Lombardi (1951-2000) . Cette série de diagrammes, commencée en 94 et achevés en 2000, est une suite de cartographies-œuvres d’art qui ont pour ambition de décrire précisément la structure de pouvoir de son temps.
Tant par la forme que par l’analyse historique, Lombardi nous semble proposer une vision cybernétique de l’histoire, et nous aide à lire le soubassement politique de celle-ci.
 
 

P r é s e n t a t i o n   D U    S E M I N A I R E

D e p u i s une trentaine d’années, les dispositifs informatiques ont profondément restructuré l’espace social et la vie quotidienne. Mais, à la faveur de la pandémie, ceux-ci ont pris une importance sans précédent: nombre de pratiques sociales essentielles (travail dans le secteur tertiaire, loisirs, etc.) auraient été impossibles sans y avoir recours. Au travers d’une myriade d’applications, de programmes informatiques en tous genres, s’esquisse une vie assistée par Internet, faite de communication à distance — dont l’usage est encore étendu par les mesures étatiques liées à la circulation du virus. L’épidémie de COVID-19 a révélé, même aux plus réticents, que la métamorphose informatique du capitalisme n’est pas une simple suite d’innovations chaotiques et isolées, mais une direction que prend la société tout entière. Ce bouleversement, qui s’intensifie à la faveur de la destruction du milieu vivant, s’appuie sur la logique cybernétique.
A l’opposé de conceptions comme le « numérique » ou les « nouvelles technologies », qui ne désignent que la dimension technique de ce processus de transformation, la notion de cybernétique, telle qu’énoncée par Norbert Wiener pour définir une école de pensée aussi bien qu’un champ de recherches pratiques, contient le projet d’une société révolutionnée par le transfert et le traitement de l’information. C’est cette notion qui sera reprise et déconstruite par la théorie critique (Henri Lefebvre, Paul Mattick, Guy Debord, Tiqqun), et qui fait depuis une quinzaine d’années l’objet d’une mise en perspective historique (Céline Lafontaine, Mathieu Triclot, Jérome Segal, Ronan Le Roux).
À l’heure du crédit social chinois et dans un contexte pandémique, la poursuite de ce travail critique nous paraît urgente. Il s’agira pour nous de penser cette transformation non comme l’extension de l’espace communicationnel, mais comme une nouvelle modalité de production, étendue à la société dans son ensemble.
L’objectif de ce séminaire mensuel est donc de proposer une analyse critique de cette transformation cybernétique. Chaque séance portera sur un thème différent : le travail, les loisirs, l’État, la communication, la ville, la représentation, etc. Chacune d’elle débutera par l’intervention d’un chercheur invité, portant sur un sujet ou une enquête précise, suivie d’une présentation d’un membre de l’équipe et d’une discussion.

M e m b r e s  d u  s é m i n a i r e

Julien Allavena — Doctorant en Sciences Politiques, Paris 8, Cresppa-LabToP
Jérémie Elalouf — MCF Université Toulouse Jean Jaurès en design, Labo Lara-Seppia
David Hoare — Docteur en Esthétique de l’EDESTA, Paris 8, Labo AIAC
Douglas Hoare — Docteur en Esthétique de l’EDESTA, Paris 8, Labo AIAC

B i b l i o g r a p h i e

Caroline Bassett, Sarah Kember, Kate O’Riordan, Furious. Technological Feminism and Digital Futures, Pluto Press, 2019.
James R. Beniger, 1986, The Control Revolution, Technological and Economic Origins of the Information Society, Cambridge-Londres, Harvard University Press.
Jonathan Bourguinon, 2021, Internet, année zéro, Paris, DivergencesCatherine D’Ignazio,
Lauren F. Klein, Data Feminism, MIT Press, 2020.
Alexander R. Galloway, The Interface Effect, Polity, 2012.
Alexander R. Galloway. The Exploit: A Theory of Networks, The University of Minnesota Press, 2007.
Friedrich Kittler, Optical Media: Berlin Lectures 1999, Polity, 2009.
Céline Lafontaine, L’empire cybernétique : Des machines à penser à la pensée machine, Paris, Seuil, 2004
Henri Lefebvre, Vers le cybernanthrope, Paris, Gallimard, 1971.
Janina Loh, MarkCoeckelbergh, Feminist Philosophy of Technology, J.B. Metzler, 2019.
Lev Manovich, Le langage des nouveaux médias, Paris, Les Presses du réel, 2010.
Lev Manovich, Software takes command, New-York, Bloomsbury Academic, 2013.
Armand Mattelart, 2001, Histoire de la société de l’information, Paris, La Découverte
Paul Mattick, Marx et Keynes, Paris, Gallimard, 1972.
Marshall McLuhan, Pour comprendre les médias, Paris, Seuil, 2015.
Internationale Situationniste, Internationale Situationniste, Paris, Arthème Fayard, 1997.
Ronan Le Roux (dir. Éric Brian), La cybernétique en France (1948-1970) : Contribution à l’étude de la circulation interdisciplinaire des modèles et des instruments conceptuels et cognitifs, École des hautes études en sciences sociales (thèse de doctorat en histoire et civilisations), 2010.
Thomas Rid, 2016, Rise of the machines, a cybernetic history, New York, W.W. Norton & Company.
Jérôme Segal, Le Zéro et le Un : Histoire de la notion scientifique d’information au XXe siècle, Paris, Syllepse, 2003.
Mathieu Triclot, Le moment cybernétique : La constitution de la notion d’information, Seyssel, Champ Vallon, coll. « Milieux », 2008.
Fred Turner, 2012, Aux sources de l’utopie numérique, Caen, C&F éditions.
Judy Wajcman, Feminism Confronts Technology, Wiley, 2013.
McKenzie Wark, Capital Is Dead: Is This Something Worse?, Verso, 2019.
Norbert Wiener, La cybernétique : Information et régulation dans le vivant et la machine, Seuil, 2014.
Norbert Wiener, Cybernétique et société, l’usage humain des êtres humains, Paris, Éditions du Seuil, coll. « Points / Sciences », 2014.