Nadja Berruyer

Exposition du 2 au 30 décembre 2019
&
PROJECTION
“Nadja Berruyer Brodeuse, les monstres et babayaga”
Un film d’Aurélie Martin (62′)
Editions Les mutins de Pangée
Dimanche 22 décembre à 15h00 – entrée libre

Halle Saint Pierre – à la librairie et auditorium

Ouvert tous les jours

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Nadja Berruyer

Les perles, comme des fils glissent au bout de mes doigts et racontent le cheminement de mon imagination. 

Leurs couleurs et leurs matières me fascinent. Les matières sont le reflet de l’homme dans le sens où elles sont représentatives de notre capacité à créer, à fabriquer de l’inutile indispensable. «Notre part de liberté.»

 

Je me sens « Babayaga » à leur sujet, toujours de nouvelles acquisitions me transportent d’espoir ! L’idée de les capturer et de les organiser selon ma propre volonté… Pour que la lumière qu’elle reflète s’assemble avec celle de mes rêves.

 

Mon travail artistique s’inscrit au croisement du tableau, de la sculpture et de la broderie. Du geste traditionnel des travaux d’aiguilles, réservés aux femmes, naissent des formes et des dessins résolument contemporains qui s’émancipent du simple ornement. Je me reconnais dans cette appellation chère à Louise Bourgeois « Les Nouvelles Pénélope », qui à l’heure du numérique, font l’éloge de la lenteur.

Remplir les surfaces, recouvrir les volumes, j’envahis, avec la répétition minutieuse du travail de la main, et c’est alors que prend vie un univers proche du conte.

– Nadja Berruyer

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LA BANDE ANNONCE DU FILM, DVD disponible à la librairie de la Halle Saint Pierre

LA PROJECTION

 

Maurice Fourré

LECTURE / PROJECTION

Le caméléon mystique
de Maurice Fourré
Un auteur et un livre rares

Parution novembre 2019, éditions Ginkgo
Collection L’Ange du Bizarre, dirigée par Pierre Laurendeau

Samedi 23 novembre à 15 heures – entrée libre

Une présentation générale de Maurice Fourré et de son œuvre sera suivie d’une lecture « chorale », par trois comédiens, des passages les plus marquants du Caméléon, puis par la projection d’extraits de Chez Fourré l’Ange vint, le film biographique réalisé sur l’auteur par Bruno Duval.

Halle Saint Pierre – à l’auditorium
Réservation conseillée : 01 42 58 72 8

 « La confiserie que nous tend Maurice Fourré est semblable à celles que fabriquent les Mexicains pour leur carnaval, tout entières de sucre scintillant, mais ayant la forme d’un crâne. »

Michel Butor,
Une œuvre solitaire, 1956

Maurice Fourré, né (en 1876) et mort (en 1959) à Angers, peut être vu comme un homme d’un « Autre Temps », égaré dans une époque qui n’est plus la sienne – et pourtant, c’est notre perpétuel contemporain.
Il représente un cas particulier dans le monde des lettres, car il est venu très tard à l’écriture : son premier roman, La Nuit du Rose-Hôtel, a été publié en 1950, par les soins d’un André Breton si émerveillé par  cette découverte qu’il a créé pour l’occasion, chez Gallimard, la collection « Révélation », dont ce fut d’ailleurs le seul ouvrage publié.  Fourré avait alors près de 75 ans.
Saisi par le virus de l’écriture, Fourré poursuivra avec La Marraine du sel (1955), Tête-de-Nègre (1960), tous deux édités chez Gallimard, le deuxième à titre posthume ; et ce Caméléon mystique demeuré quasi inédit, et qui sort enfin aujourd’hui.

Errance ferroviaire et enchantements crépusculaires
Le Caméléon mystique, écrit à l’âge de 82 ans, est à la fois un roman d’apprentissage, une dérive initiatique, un pèlerinage aux confins des rivages occidentaux, et une exploration ésotérique de la ville de Bourges, point central et crucial du territoire français.
Les énigmes soulevées ne seront pas toutes résolues, mais nous invitons le lecteur à suivre pas à pas les tribulations du jeune héros, Pol Hélie, dans les traces de son père Dominique, et de son grand-père Oraison, en se laissant porter par la musique si singulière de la prose fourréenne – qu’on en juge :

– Ma petite amie d’avant minuit mouillé de drames était baptisée Philogène. Peut-être ne la reverrai-je plus sous les nuages de son horizon que je n’ai jamais découvert à l’heure du soleil. Ce n’est pas sur la terre ou sur la pente des grèves, parmi les rochers que je la recherche. Elle me suit, et je ne la trouve nulle part. Son ombre s’est envolée au-delà de nos îles … Mon songe la poursuivra sans la trouver. Si elle était debout devant moi, elle serait encore absente, même si mon doigt enivré d’espérance s’approchait d’elle à la toucher … Tendre amie celtique, es-tu vivante ? Es-tu ton propre rêve ou le mien ? Ton ombre est-elle indestructible ? Ton âme reviendra-t-elle toujours ? Le souvenir de ma vie s’est-il en toi dissous ? As-tu suspendu un disque de verroteries funéraires autour du gouffre où s’est anéanti le mirage de mon visage et de ma vie ?…  L’eau passe, donne son miroir, le brise, et la nuit vient.

Pierre Laurendeau
“Du Caméléon mystique, achevé quelques jours avant la mort de Maurice Fourré, j’eus la chance de tenir le manuscrit entre mes mains en 1980. Alors très jeune éditeur, je rêvais de le publier à l’enseigne de Deleatur, que je venais de fonder. Mais l’entreprise dépassait de loin mes capacités de financement. Ce fut Calligrammes, à Quimper, qui édita l’ultime roman de Fourré, avec la complicité méticuleuse de Jean-Pierre Guillon. Cette réédition à l’Ange du Bizarre constitue donc pour moi un retour aux sources vives.”