Lecture croisée

Véronique Daine invite Christophe Manon pour une lecture croisée

organisée par Thierry Chaveau, éditions L’Herbe qui tremble 

Samedi 29 février, à 15 heures – entrée libre

Halle Saint-Pierre, à l’auditorium
Réservation conseillée : 01 42 58 72 89

Amoureusement la gueule, éditions L’Herbe qui tremble
Véronique Daine

Une suite de poèmes en prose qui tentent d’observer ce qui se passe dans le corps quand on écrit ; le conflit sans merci entre le visage (cette figure composée qu’on propose à autrui, sans quoi l’existence serait invivable) et la gueule (cette « bouche d’ombre » qui parle en soi). Écrire, ce qui s’appelle écrire, suppose un état de disponibilité auquel on ne s’abandonne pas volontiers parce qu’il implique un ébranlement, une dépossession dont on ne sort pas indemne.



Tout est vanité et pâture de vent, dit l’Ecclésiaste. Rien de nouveau sous le soleil, toujours la même histoire, la même rengaine, le même drame qui se joue. Toujours la stupeur de vivre, la mort, l’amour, la toute-puissance du désir, la fulgurance de l’instant, l’immanence des présences, la joie et le désarroi, la grandeur et les faiblesses du cœur humain, la folle sarabande des terreurs enfantines, la présence des fantômes, la détresse et l’espoir, la rage et la fureur toujours tenaces malgré l’écoulement irrépressible du temps, la conviction quasi inébranlable enfin que la lecture et l’écriture sont les seuls recours qui vaillent (pour le narrateur du moins).

Pâture de vent est un chant d’amour halluciné, une sorte de danse macabre fiévreuse et envoûtante ponctuée d’éclats lumineux et de moments de grâce. On y croisera les figures du grand-père, de la mère, du petit frère mort-né, d’un ancêtre rital exilé devenu président, et bien d’autres encore. On y entendra aussi, nécessairement, la voix des morts, faisant chœur avec
celle des vivants, pour tenter modestement de rendre justice à l’intensité
des événements et, peut-être, d’attester de frêles épiphanies.

 

 

 

La Scène 

« Lecture-conversation » & Signature
par Catherine Pont-Humbert
Samedi 25 janvier à 15 heures – entrée libre
Halle Saint Pierre
– à l’auditorium
Réservation conseillée au : 01 42 58 72 89

 

La Scène, récit de Catherine Pont-Humbert 
Editions Unicité

Récit d’une enfance « trouée » par une « scène » fondatrice, ce livre sensible et gourmand fouille les émotions, les sensations.
Il explore les facettes de la force vitale qui permet d’advenir à soi en dépit du traumatisme de la scène.
Son écriture, qui alterne l’évocation d’épisodes d’enfance et le récit de la scène approchée par petites touches, est au cœur de cette énergie de vie, elle qui relie au monde et permet de garder vive l’espérance.

La scène est la face sombre de mon enfance, son recoin caché, obscur dont les ondes ravageuses se sont insidieusement propagées dans mon corps, mon âme jusqu’à entamer mon insouciance, ma vitalité et le profond sentiment d’espérance qui m’habitait. Elle a cohabité avec la face lumineuse de cette même enfance, ardente et joyeuse, de l’autre côté du miroir. Je vivais entre ces deux lieux que j’occupais tour à tour.

La scène appartient à ma mère autant qu’à moi.

Quand le cœur se relie aux émotions d’hier, quand le corps cherche les gestes d’autrefois. Est-il trop tard ? Il est peut-être trop tard pour le premier cri. Mais pour le reste ?

 

Catherine Pont-Humbert est auteur, journaliste littéraire, lectrice et conceptrice de lectures musicales. Productrice à France Culture de 1990 à 2010, elle est aujourd’hui programmatrice et modératrice de débats littéraires. Elle est notamment l’auteur de Carnets de Montréal, éditions du Passage (2016). Elle donne pour la scène des lectures d’Henry Bauchau, Andrée Chedid et Edouard Glissant. Elle a notamment adapté et dirigé la lecture musicale d’Œdipe sur la route d’Henry Bauchau, et conçu la lecture musicale Ecrire c’est dire le monde.