Séminaire Art &Thérapie 2021

Art et Thérapie/Institut National d’Expression, de Création, d’Art et Transformation
(Revue, et établissement d’enseignement supérieur de médiation artistique et d’art-thérapie)

Séminaire mensuel à la Halle Saint Pierre – 12ème année
Sous la direction de Jean-Pierre Klein et de François Dingremont

 Chaque 3ème samedi de 14H30 à 16H30 de janvier à mai et en juin 2021, une journée entière
avec des médiateurs artistiques et des art-thérapeutes

 

LES CONFERENCES SONT REPORTEES 
jusqu’à l’ouverture des centres d’art et musées

Thème du séminaire 2021
Chaos pour finir et pour recommencer

Dominique Bertrand,
musicien voyageur et écrivain, mythologue,
Le chaos comme source de tous les possibles
Dominique Bertrand, développera les points essentiels de « L’art du Chaos », orienté sur le rapport au double, au langage, à la fonction poétique.

Auteur de L’art du chaos, éditions Signatura,

Halle Saint Pierre – à l’auditorium
Sur réservation par téléphone uniquement au 01 42 58 72 89
Entrée 12 € (6 € pour les élèves INECAT carte d’adhérent de l’année)

Prochaine séance :
20/02 Alexandre Labruffe, romancier, auteur de  Chroniques d’une station-service, de Un hiver à Wuhan, Gallimard et de Chroniques d’un virus annoncé (AOC), Sympathy for the chaos.

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Chaos pour finir et pour recommencer

La destinée de l’être humain est de frôler sans cesse le chaos dès la “catastrophe” de la naissance. Notre existence, ce mouvement vers l’avant-de-soi, sera-t-elle bâtie sur cette tentative renouvelée de construction contre et sur le chaos ? L’art-thérapie et la médiation artistique ont l’expérience de ceux qui sont habités de chaos : troubles extrêmes de la personnalité, néantisation par des atteintes de l’intégrité corporelle, mentale, sensorielle, exclusions et persécutions, suicides, handicaps, violences graves…  Elle propose une réponse au chaos, sans le méconnaître, ni le nier, ni tenter illusoirement de le combler. Son action est de le border, le contenir, le délimiter, le maintenir pour le transmuer en créativité.

« C’est une vitesse infinie de naissance et d’évanouissement », « Cest chacun de nous qui se trouve sans cesse en pourparlers et en guérilla avec lui-même, grâce à la philosophie » Deleuze.

Peut-on en dire  autant de l’art qui se mêle de thérapie ? « L’art me paraît un moyen de vaincre la mort » dit Hans Hartung “interrogé“ par la Gestapo puis en Espagne franquiste, ces deux chaos érigés en absolu.

Ce n’est plus le chaos-néant, mais le chaos qui ouvre au désordre facteur de créations.

Cette dissolution intime de l’univers ordonné, c’est aussi, au-delà des individus, ce qui se fait jour dans un monde en proie au chaos et dans la recherche hésitante de nouveaux paradigmes. Les situations de blocage, d’inertie, de régression, de violence auxquelles nous assistons actuellement révèlent crûment une faille majeure de l’action politique : la créativité. L’expérience de créateurs qui ont su transmuer le chaos en œuvre peut-elle nous aider à réfléchir sur de possibles mutations inventives actuelles ?

– J.P. Klein 
 

PROGRAMME 2021

16/01 Dominique Bertrand, musicien voyageur et écrivain, mythologue, auteur de L’art du chaos, éditions Signatura, Le chaos comme source de tous les possibles

20/02 Alexandre Labruffe, romancier, auteur de  Chroniques d’une station-service, de Un hiver à Wuhan, Gallimard et de Chroniques d’un virus annoncé (AOC), Sympathy for the chaos

20/03 Pascal Champvert, président de l’Association des directeurs au service des personnes âgées, Les Ehpad  face aux chaos, Le chaos de la maladie d’Alzheimer, le chaos du confinement, le chaos des morts solitaires

17/04 Pablo Gershanik, artiste, comédien, metteur en scène, pédagogue théâtral et Jean-Michel Vives, professeur de psychopathologie, Les maquettes intimes, du chaos cauchemardesque à la mise en maquette onirique

15/05 Nicolas Poirier, philosophe, auteur de Cornelius Castoriadis, du chaos naît la création, éditions Le bord de l’eau, Du chaos naît la création. Une perspective philosophique (Cornelius Castoriadis) et littéraire (Elias Canetti, Witold Gombrowicz, Doris Lessing).

19/06 Toute la journée de 11H à 18H intervenants (ateliers, performances, études de cas) : art-thérapeutes et médiateurs artistiques issus de l’Inecat

 

Programme détaillé de l’année : klein.jpkev@gmail.com
INECAT/Art et Thérapie, 27, rue Boyer, 75020 Paris, www.inecat.org

Simone Découpe

 

Simone Découpe

EXPOSITION A VENIR A LA GALERIE

 

Simone Découpe est une artiste pluridisciplinaire née en 1986 à Besançon.

Tout a commencé avec le théâtre puis Simone s’est tournée vers les arts de la marionnette qui lui ont permis de réunir le spectacle et les arts plastiques.
Pendant ses études à l’école supérieur nationale de la marionnette de Charleville Mézières elle réalise des spectacles de théâtre d’ombre, le travail commençant par le découpage de papier noir pour réaliser décors et silhouettes.
Elle travaille pour plusieurs compagnies et se met en scène dans plusieurs spectacles sur le thème de la chasse.
Rattrapée par la frénésie du découpage, elle crée au début des petits motifs puis des grands formats. Les découpages sortent alors du castelet pour s’exposer, tels quels, immobiles.
Son travail consiste à ajourer une matière, le papier, pour le rendre encore plus fragile qu’il ne l’est.
Toutes les découpes sont réalisées à la main, traditionnellement, travail d’orfèvre ou d’artiste obsessionnelle ? Inspirée par les sciences naturelles, Simone découpe des animaux, des poils, des plumes, des écailles…
Grand bestiaire disséqué au scalpel. Ses dentelles de papier, comme son théâtre, sont doucement cruels, elles prennent des formes minutieuses et structurées, pleines de détails, inspirées des ouvrages d’aiguilles.
Cependant la représentation figurative est plus crue et directe. Le travail du papier découpé l’emmène dans d’autres directions, comme le pochoir grâce auquel elle réalise des fresques. Simone découpe explore aussi la linogravure, la sérigraphie, et le film d’animation…

 

Tranchée Racine

 

TRANCHéE RACINE
13 JANVIER – 27 AOÛT 2021

Dossier de Presse ici

TRANCHÉE RACINE est un manifeste artistique initié par Stéphane Blanquet. A l’origine édition d’images graphiques fédérant une internationale de dessinateurs, elle se transforme en deux expositions du 13 janvier au 27 août 2021 pour accompagner la monographie DANS LES TÊTES DE STÉPHANE BLANQUET.

Artistes viscéraux, généreux, hypnotiques, obsessionnels, ils viennent de tous les courants et contre-courants. Agitateurs rebelles, bruyants, cruels, généreux, non-conformistes, ils incarnent l’archétype du fripon divin, que Michel Maffesoli évoque dans La Part du Diable : « Il favorise la rébellion ponctuelle, il suscite l’hérésie libératrice, il dynamise la création artistique, il permet la marginalité fondatrice… L’excès, le démonisme, les multiples effervescences de divers ordres, sont là, qui affirment que Dionysos est bien le « roi clandestin » de l’époque. [1]».

            Cet esprit rebelle et libertaire est le lien entre tous ces artistes, une racine démultipliée, qui interroge notre rapport à la sexualité, à la mort, à la nature, à l’animal, au végétal, à la politique, à l’image ….  Leurs créations sont autant de possibles, de devenirs qui tissent leur relation dans un imaginaire ouvert.

             La Tranchée Racine, publication, présente, au fil de ses 42 numéros, plus de 500 œuvres et artistes venus du monde entier dont des personnalités bien connues du grand public comme Sophie Calle, Raymond Pettibon, Tanaami Keiichi, Andres Serrano ou les frères Jake et Dinos Chapman.

[1] Michel Maffesoli, La Part du Diable, précis de subversion postmoderne, Flammarion, 2002

– Martine Lusardy

 

TranchéE Racine I
13 janvier – 2 mai 2021

 

Noviadi Angkasapura / Indonésie – Marcelo Bordese / Argentine – Joseph Callioni / France Matthew Couper / Nouvelle-Zélande – Yukinori Dehara / Japon – Francis Deschodt / France Luca Desienna / Italie – Jesper Fabricius / Danemark – Takayuki Futakuchi / Japon / Michel Gouéry / France – Didier Hamey / France – Antwan Horfee / France – Joël Hubaut / France Hasanul Isyraf Idris / Malaisie – Seb Jarnot / France – Doktor Karayom / Philippines – Wataru Kasahara / Japon – Kyota Kawai / Japon – Kid Xanthrax / Canada Hope Kroll / USA – Jaky La  Brune / France – Tereza Lochmann / République Tchèque / Arnaud Loumeau / France Eva Maceková / Slovaquie – Jacques Pyon / France – Pablo Querea / Mexique – Samplerman / France – SI ON / Corée – Y5/P5 / France.

Et l’atelier LA « S » / Belgique avec Gabriel Evrard, Piet du Congo, Irène Gérard, Jean Leclercq, Pascal Leyder, Barbara Massart, Marcel Schmitz, Dominique Théate. 

 

Tranchée Racine II
11 mai – 27 août 2021

 

Pascal Doury / France – Henrik Drescher / Danemark – Giovanni Galli / Italie – Blalla W. Hallmann / Allemagne – Bertrand Mandico / France – Abu Bakarr Mansaray / Sierra Leone Bruno Richard / Ile Maurice – David Sandlin / Irlande du Nord – Sergeï Serp / Russie – Eva Švankmajer / République Tchèque / Jan Švankmajer / République Tchèque – Keiichi Tanaami / Japon – Miron Zownir / Allemagne.

 

 

 

 

Éternels FMR

LES Éternels FMR
librairie éphémère
du mardi 1er décembre 2020 au dimanche 3 janvier 2021
Halle Saint Pierre – à la galerie (rdc)
Entrée libre
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« Si pour cause de crise sanitaire nous ne faisons ni vernissage ni conférence, les Éternels FMR se tiendront bien – masqués tel Zorro ? – du mardi 1er décembre au dimanche 3 janvier. 
Plus de 70 éditeurs seront alors représentés sur les tables de notre librairie éphémère, près de 800 références allant de la littérature aux sciences humaines, de la photographie aux arts plastiques, de la botanique à l’astrophysique, interrogeant politique, genre, identité et histoire…
Soixante-dix éditeurs indépendants et alternatifs, furieux et décalés, irrévérencieux et poétiques. Soyez les bienvenus ! » 

 

 

 

 

Les livres conseillés par Laurence et Pascal, les libraires

Mis en avant

Laurence et Pascal, les libraires de la Halle Saint Pierre, vous recommandent ces livres.

Deux livres labyrinthiques et abracadabrantesques.
Deux livres avec des points communs : l’exploration de l’imaginaire et de la quatrième dimension, celle du temps, et un humour métaphysique :

“Solénoïde”, de Mircea Cărtărescu.
Traduction Laure Hinckel
Editions Noir sur blanc.

Solénoïde, dont on pourrait dire que c’est Kafka revisité par la ‘pataphysique, dans la sensibilité des contes d’Hoffman et de Bruno Schultz.

&

“Jérusalem”, d’Alan Moore
Traduction de Christophe Claro.
Editions Babel /Actes Sud

“Jérusalem” dans la tradition des auteurs anglais (Alice au pays des merveilles, Peter Pan mais également Swift, avec une critique acerbe de la société capitaliste anglaise), un hymne à la culture populaire.

 

Stéphane Blanquet

 

 

 

FRANCE CULTURE
Immersion totale pour l’équipe de “Mauvais Genres”, dans l’univers de Stéphane Blanquet 

 


LIBERATION – le 8 septembre 2020

STÉPHANE BLANQUET, VISCÈRES ET VERSA

Figure de l’underground français, l’auteur de BD investit la Halle Saint-Pierre avec ses visions grouillantes déclinées en sculpture, peinture et tapisserie.
Par Marius Chapuis— 
NEXT-LIBERATION.FR
 
 
 

TELERAMA SORTIR – du 02 au 08 septembre 2020


« Dans les têtes de Blanquet », une exposition-choc à la Halle Saint Pierre”

“Le beau est toujours bizarre” affirmait Baudelaire : avec Stéphane Blanquet, plasticien et artiste de bande dessinée, on ne peut qu’en attester. Son travail mêle sensualité et viscères, onirisme et viscosité, spiritualité et corps bouffis, et donne naissance depuis quarante ans à un univers sans pareil. Une grand expo sur son travail s’ouvre ce soir à la Halle saint-Pierre à Paris, jusqu’au 30 juillet 2021, et dans le cadre de ce voyage dans ses têtes, nous l’avons rencontré. “Si ça ne coule pas, que ça ne dégouline pas, ça ne m’intéresse pas” nous dit-il : âmes sensibles s’abstenir. […] Lire la suite 

 

STÉPHANE BLANQUET

“DANS LES TÊTES DE STÉPHANE BLANQUET”
Exposition du 5 septembre 2020 – 30 juillet 2021
PROLONGATION JUSQU’au 27 août 2021
Halle Saint Pierre



Une exposition en 2 temps  :

  • du 5 septembre 2020 au 27 août 2021, au rez de chaussée, une exposition évolutive : tous les quatre mois, Stéphane Blanquet présente de nouvelles œuvres – installations, œuvres peu montrées, tapisseries, totems, de nouvelles têtes -.

  • à partir de 13 janvier 2021, exposition TRANCHEE RACINE, Stéphane Blanquet investit l’espace à l’étage avec une cinquantaine d’artistes du monde entier – peintres, collagistes, dessinateurs … -. 

  • Durant cette année entière d’exposition, Stéphane Blanquet éditera un hebdomadaire, La Tranchée Racine, excroissance graphique, en couleurs, de exposition, présentant les œuvres de près de 500 artistes du monde entier.


    LE CATALOGUE Dans les têtes de Stéphane Blanquet


    Textes de Martine Lusardy, Vincent Ravalec, Gilbert Lascault.
    édition bilingue (français / anglais)

    20 x 26 cm (relié, couv. toilée)
    360 pages (ill. coul. et n&b)
    Disponible à la librairie de la Halle Saint Pierre : 25.00 €

     

    L’HEBDOMADAIRE

    La Tranchée Racine, numéro 1 spécial Stéphane Blanquet
    12 pages – 47,5 x 66 cm- 5€
    (disponible à la librairie de la Halle Saint Pierre)

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DANS LES TÊTES DE STÉPHANE BLANQUET

Par Martine Lusardy, directrice de la Halle Saint Pierre

Présenté à la Halle Saint Pierre en 2011/2012 dans le cadre de l’exposition HEY! modern art & pop culture par Anne et Julien, Stéphane Blanquet y conçut spécialement une installation. Celle-ci portait très haut l’enjeu de l’exposition : affirmer la vitalité de ces expressions artistiques individuelles et autonomes qui rompent avec les conventions et les codes dominants et renversent les valeurs établies du “beau” et du “laid”, du bon” et du “mauvais” goût. L’artiste revient aujourd’hui en nos murs déployer son imaginaire tentaculaire : une carte blanche qui sera également pour lui l’occasion d’inviter des artistes avec qui il partage le même goût pour notre humanité souterraine.

Dessinateur, plasticien, metteur en scène, réalisateur, Stéphane Blanquet a derrière lui un long parcours dans le milieu de l’édition où il a fondé en 1990 le mythique Chacal Puant, primé au festival de la BD d’Angoulême en 1996 pour le graphzine La Monstrueuse puis les United Dead Artists. Considéré comme l’une des figures majeures de la scène artistique underground, son univers tourmenté déborde largement du cadre de sa production graphique. Installations, spectacle vivant, scénographie, cinéma d’animation, costumes et décors de théâtre, jouets, poupées et autres objets atypiques et subversifs, ombres chinoises, sont autant d’espace de création où Stéphane Blanquet signifie son parti pris : « La sous-culture est plus pernicieuse, plus virulente, plus vicieuse que l’art. L’art on sait où le trouver, il est au chaud, même s’il se dit violent ou anarchiste, il restera bien au chaud sous ses dorures. La sous-culture, elle, ne fait pas semblant, ne se donne pas de médailles, ou alors en chocolat. La sous-culture est toujours en danger, cachée dans la jungle, entre un paquet de lessive et des jouets en plastique bon marché. Même si parfois je flirte avec le milieu chaud et confortable, même si j’y glisse un doigt ou bien même un bras, le reste de mon corps est dans les intempéries des sous-sols ».
Les sous-sols seraient donc l’univers matriciel de Blanquet, un underground culturel réel où naissent ses images abrasives, mais aussi le lieu symbolique d’où provient la voix qui les anime. Ses influences seraient à chercher du côté de la bande dessinée érotique bon marché des années 70 à 90, notamment celle du sulfureux éditeur français Elvifrance. Cette littérature de gare licencieuse, au sexe explicite et à l’horreur débridée, aura été une inspiration directe.

L’exploration artistique de nos mondes psychiques et mythiques selon Stéphane Blanquet met à découvert ce que nous pensions connaître : le monde des pulsions, du sexe et de l’organique « Si on regarde bien, je dessine une brindille comme si c’était un organe, de l’herbe comme des poils, c’est une vision organique de tout, tout transpire plus ou moins, et tout est vivant… Et puis, il est bien plus passionnant de dessiner, de faire vivre des morceaux, cela devient comme des paysages, falaises de gorges, forêt de vulves, ça devient plus intéressant qu’une petite balade dans la campagne ». Ce langage issu des profondeurs du corps humain est à même de rendre accessibles l’indicible, l’impensable, l’inavoué.  Mais si Éros est ici généreux, s’il sécrète dans une joyeuse abondance, sa force vitale et créatrice n’en est pas moins inquiétante dans son engendrement jusqu’à l’obscène, dans sa prolifération jusqu’à la monstruosité. « Vomir sa propre œuvre, face au vide, face à l’encre épaisse, face à son propre dégoût, soi- même, c’est là qu’est l’impact. Face à face. Être seul et vomir sa propre mélasse, son propre jus, noir ou rouge, pourvu qu’il ne soit pas transparent ». Le corps, pour Blanquet, est instauré en une réserve de vitalité inépuisable, une véritable usine où chaque organe ne s’arrête pas à une fonction biologique mais prend alors un statut expressif, dévidant sur le monde environnant ses sécrétions symboliques. Le désir s’impose-t-il avec trop de force ?  Il doit alors faire exploser les têtes, les sexes, les faire cascades de liquides.

Le monde selon Stéphane Blanquet est un monde réduit à ses soubassements pulsionnels et organiques.  Mais l’artiste en établit sa propre topographie, créant dans un style exubérant, presque effrayant, de nouvelles relations entre les mots, les images et les corps. Il les dévoile autant qu’il les recouvre par leur étrangeté cruelle, grotesque, excessive.  Un extrême que l’on retrouve déjà dans nombre de ses titres : Goudron Pressage – Sillon Tympan, Vide point . rose trou, Mâchoires noires, Blanquet gangrène Tokyo, Blanquet s’ouvre la panse, Labyrinthique intestin, Chambre avec vue sur mes cauchemars, Rendez-vous Moi en Toi, La Vénéneuse aux deux éperons,  Chocottes au sous-sol !, La nouvelle aux pis, Viande froide et Cie, Le Fantôme des autres, Mon méchant moi, Monographie lacrymale.

Blanquet choque, provoque, trouble, aime créer le malaise en manipulant nos frustrations et ses propres obsessions. Son univers torturé, angoissé est peuplé d’hommes, de femmes et d’enfants que nous voyons habités par le démon de la perversité. Mais cette tension entre innocence et cruauté, entre jubilation sexuelle et pulsion de mort n’est pas désespérance sans issue. Blanquet fait la peau au refoulé, ressuscite la chair, les corps délivrés de la culpabilité et de la peur de mourir.  
« S’user jusqu’à la corde, raide, raide et rouge. La radicalité d’une œuvre n’est pas collective, elle ne peut l’être, elle est avec soi-même, sans posture, à poil devant la mort ».


Présentation de l’exposition par Stéphane BLANQUET

Il est très rare que l’on vous donne les clefs d’un lieu pour l’investir entièrement, sur une longue période, en vous laissant libre de s’y déployer de bas en haut, sur tous les murs, dans tous les espaces, de l’investir avec des images, des dessins, des sculptures, des expérimentations visuelles, des couleurs et lumières rouges vives, des nouvelles pièces rêvées pour le lieu. Il faut l’investir, se répandre, s’ouvrir soi-même et aller chercher sa propre matière. C’est à l’intérieur de soi que ça se passe, à l’intérieur de moi que sont mes images, mon univers, mes univers. Une tête ne suffit pas à contenir toutes mes envies, il m’en faut toujours plus, comme à mon habitude, plus de tout, plus de couleurs, plus d’espace, et évidemment plus de têtes. Plus d’univers nécessite / appelle / exige / signifie plus de têtes.

Dans les têtes de Stéphane Blanquet – dans mes têtes.
Une exposition d’un an ne peut pas rester statique, je suis trop agité pour la laisser dormir confortablement. Il me faut de l’inconfort et mon inconfort sera généreux. Diviser un an en trois temps, exposition évolutive en trois moments, tous les quatre mois réinvestir l’espace, le faire évoluer avec de nouvelles images, de nouvelles installations, des œuvres peu vues, des nouvelles tapisseries, des nouveaux totems, de nouvelles têtes. Pourquoi s’arrêter là ? Ce n’est pas suffisant, ce n’est jamais assez, alors déployons. Au-dessus de moi, à l’étage, au-dessus de mes têtes, je veux montrer d’autres univers, des univers frères, des univers sœurs. Des invités du monde entier. Des peintres, des collagistes, des dessinateurs, des artistes du monde entier, en deux expositions successives, une cinquantaine d’artistes. Il faut se déployer dans la générosité. Donc, en même temps que les murs, lancer un journal, un hebdomadaire, La Tranchée Racine. Chaque semaine, sur toute la durée de l’exposition, une excroissance graphique, en couleurs, imprimée sur un beau papier. 40 numéros, 500 artistes du monde entier. Il faut au moins ça, c’est un minimum. Il faut le maximum. Dans mes têtes, c’est comme ça.

STEPHANE BLANQUET

Artiste plasticien, dessinateur, créateur multimédia… Stéphane Blanquet (1973) développe un foisonnement d’images, de formes et de sons depuis la fin des années 1980 : œuvres d’art, installations, spectacle vivant et scénographie, édition indépendante, art urbain, cinéma d’animation, musique… Il enrichit son travail en explorant avec passion les technologies et techniques les plus variées, des plus traditionnelles aux plus avant-gardistes : dessin à la plume, lithographie, tapisserie numérique, outils informatiques…
En 1993, Blanquet, invité par Jacques Noël pour une première exposition solo, présente « Exposition Posthume » au Regard Moderne à Paris. Depuis, son travail est régulièrement montré: MAC Lyon, Singapore Art Museum, Musée des Arts Décoratifs (Paris), Hayward Gallery (Londres), Halle Saint-Pierre (Paris), Museum of Fine Arts Boston (USA)… Récemment, il a présenté des expositions personnelles au Centre Georges Pompidou à Paris en 2016, au Fürstenfeldbruck Kunsthaus (Allemagne) en 2017 et à l’Abbaye d’Auberive en 2018.

Quelques œuvres emblématiques de Blanquet :

  • la grande fresque murale au Museumsquartier de Vienne (Autriche)
  • l’installation immersive « le train fantôme », présentée pour la première fois au MAC Lyon en 2009. Pour la parcourir, les visiteurs doivent prendre place dans des wagonnets et pédaler.
  • la pièce de théâtre « Comment ai-je pu tenir là-dedans ? », co-créée avec Jean Lambert-wild, nominée aux Molières 2010
  • l’installation sonore exposée au Centre Georges Pompidou en 2016 avec la participation de The Residents, Mike Patton, John Zorn, Ikue Mori, Lydia Lunch, Pierre Bastien…
  • la création, en 2018, d’une tapisserie à 4 mains avec l’artiste japonais Tanaami Keiichi, « Unexpected Incident », présentée pour la première fois à l’Abbaye d’Auberive.

    Blanquet met au cœur de sa démarche artistique les échanges avec artistes et créateurs du monde entier : réalisation d’œuvres en collaboration, édition et organisation d’expositions. « United Dead Artists », sa maison d’édition, c’est plus de 140 publications, largement diffusées, présentant le travail de 350 artistes dont Tanaami Keiichi, Manuel Ocampo, David Lynch, Jérôme Zonder…

Focus :

En 2015, Blanquet attaque un projet ambitieux : une série de 40 tapisseries appelée « Les Drames Satyriques » librement inspirée par « Les Désastres de la Guerre » de Goya. Ces tapisseries traitent de la violence des civilisations humaines et de ses corolaires dont la mort. Elles sont réalisées avec des fils de coton, de soie, synthétiques, de lin et d’autres plus surprenants, toujours dans des couleurs soutenues. Les tapisseries ont une taille similaire, environ 170 x 250 cm et un bord rouge. Chacune fait l’objet d’une édition limitée à 8 exemplaires.

Principales expositions :

  • Halle Saint Pierre, Paris (France), « Dans les têtes de Stéphane Blanquet », solo, septembre 2020 à juillet 2021
  • Abbaye d’Auberive (France), « Par les masques écornés », solo, 2018
  • Fürstenfeldbruck Kunsthaus (Allemagne), « New Lung Seeded Inside », solo, 2017
  • LAAC Dunkerque (France), « Musique à voir », collective, 2017
  • Centre Georges Pompidou, Paris (France), « Goudron Pressage . Sillon Tympan », solo, 2016
  • Ferme du Buisson, Noisiel (France), « La Colonne d’Appendices », solo, 2016
  • Halle Saint-Pierre, Paris (France), « L’Esprit Singulier », collective, 2016
  • Singapore Art Museum (Singapour), « Glossy Dreams in Depths », solo, 2013
  • Night Lights Festival (Singapour), « Distorted Forest », collective, 2012
  • Wharf, Centre d’art contemporain de Basse-Normandie, Caen (France), « Le boyau Noir », solo, 2012
  • Musée d’art contemporain de Lyon (France), « Quintet », collective, 2009

Principales publications :

  • « Carnet d’hiver 2017 », United Dead Artists, 2018
  • « Rose trou », Les Crocs Electriques, #101, 2017
  • « Par au dessus dessous », Les Crocs Electriques, #30, 2017
  • « Rendez-vous Moi en Toi », United Dead Artists, 2014
  • « Le Boyau Noir », Editions du Wharf (Centre d’art contemporain de Basse-Normandie), 2011
  • « Monographie lacrymale », Edition de l’An 02/Actes Sud, 2005 (préface Gaspar Noé)
  • « Rétrographie », Maison de la culture de Tournai, 2001

Articles récents :

  • Les Nouvelles de l’Estampe, N°257, hiver 2016/2017, article de Lise Fauchereau
  • Soixante-Quinze, N°5, septembre 2016, article de Philippe Schaller
  • Raw vision, #90, Summer 2016, article de Alla Chernetska



LA LIBRAIRIE AGRANDIE

La librairie se déploie au rez-de-chaussée de la Halle Saint Pierre.

 

 

 

 

Solénoïde

Mircea Cartarescu

Editions noir sur blanc

Chef-d’œuvre de Mircea Cãrtãrescu, Solénoïde est un roman monumental où résonnent des échos de Borges, Swift et Kafka. Il s’agit du long journal halluciné d’un homme ayant renoncé à devenir écrivain, mais non à percer le mystère de l’existence.

Dernière sélection Prix Médicis 2019
Prix Transfuge 2019 du meilleur roman européen
Prix Millepages 2019 (catégorie roman étranger)
Palmarès 2019 des 100 livres de l’année du magazine Lire
 

Date de parution : 22/08/2019
27,00  €
Disponible à la librairie de la Halle Saint Pierre

Après avoir grandi dans la banlieue d’une ville communiste – Bucarest, qui est à ses yeux le « musée de la mélancolie et de la ruine de toute chose », mais aussi un organisme vivant, coloré, pulsatile –, il est devenu professeur de roumain dans une école de quartier. Si le métier le rebute, c’est pourtant dans cette école terrifiante qu’il fera trois rencontres capitales : celle d’Irina, dont il tombe amoureux, celle d’un mathématicien qui l’initie aux arcanes les plus singuliers de sa discipline, et celle d’une secte mystique, les piquetistes, qui organise des manifestations contre la mort dans les cimetières de la ville.

À ses yeux, chaque signe, chaque souvenir et chaque rêve est un élément du casse-tête dont la résolution lui fournira un « plan d’évasion », car il ne s’agit que de pouvoir échapper à la « conspiration de la normalité ».

Mircea Cărtărescu est né en Roumanie en 1956. Docteur en Lettres, il enseigne aujourd’hui la littérature roumaine à l’université de Bucarest. Poète, romancier, critique littéraire, journaliste, il est aussi membre de l’Union des écrivains roumains ainsi que du Parlement culturel européen.
Il a publié près de 30 livres et de nombreux articles ; son travail a été traduit dans 20 langues. Lauréat de dizaines de distinctions littéraires parmi les plus importantes, il a été couronné en 2018 par les prestigieux prix Thomas-Mann (Allemagne) et Formentor de las Letras (Espagne).

Parus en français, entre autres : Orbitor (Denoël, 1999, puis Folio Science-Fiction nº 90) ; L’Œil en feu (Orbitor II, Denoël, 2005) ; Pourquoi nous aimons les femmes (Denoël, 2008) ; L’Aile tatouée (Orbitor III, Denoël, 2009) ; Le Levant (P.O.L, 2014) et La Nostalgie (P.O.L, 2017).

ILS EN PARLENT…

 

« Après avoir lu Solénoïde, d’une certaine manière, votre vie est divisée en deux, vous cessez de devenir un lecteur ordinaire, comme après avoir lu Homère, Kant ou Heidegger. » Gabriel Liiceanu, écrivain et philosophe roumain.

« Quelle expérience extraordinaire, si bouleversante, d’être les contemporains d’un génie ! Parce que les grands génies de la littérature, de la musique, de la science, semblent toujours être nés dans des temps lointains et déjà tous morts. Mon éblouissement avec Solénoïde est tellement formidable que je recommande ce livre à tous mes amis avec le plus grand enthousiasme.

Solénoïde
 est la littérature la plus moderne et la plus originale que je connaisse. C’est la réponse à toutes les tendances du nouveau siècle qui visent à mettre fin à la littérature au nom du reportage, de ‘‘la non-fiction’’ et des ‘‘histoires vraies’’. […] Une littérature qui cesse d’être une simple ‘‘littérature’’ et devient une aventure de la vie. »
Andrés Ibáñez, Revista de Libros (Espagne)

« Mircea Cărtărescu crée des mondes aux frontières perméables. Avec lui, nous sommes loin de la sinistrose, du déclin et des états d’âme. C’est un écrivain qui se mérite. Une lecture qui ne prédispose ni à l’évasion ni au divertissement. Mais qui apporte l’extase et la joie. » Edgard Reichman, Le Monde, 2005

« (…) l’immense Mircea Cartarescu dont le phénoménal roman Solénoïde carbonise toutes les prétentions littéraires de cette rentrée. » Mauvais Genres, France Culture

« L’événement littéraire non francophone de cette rentrée, un roman de plus de 800 pages, absolument phénoménal ! » François Angelier, France Culture, Mauvais Genres

« Mircea Cartarescu a publié trente livres, il est traduit dans le monde entier – en français, ici, par Laure Hinckel, et nous proposons que de chaque page de Solénoïde surgissent des mains pour l’applaudir. » Claire Devarrieux, Libération

« Solénoïde n’est pas seulement le roman du jour. C’est un livre majeur, qui accède par sa maîtrise (et l’époustouflant travail de Laure Hinckel à la traduction) au rang de classique instantané. (…) L’œuvre de Cartarescu est taillée dans la même roche que celles de Borges et Kafka : granitique, inexpugnable, universelle. » Didier Jacob, L’Obs