Punto e basta

LE LIVRE ici

Les éditions punto e basta continuent de montrer l’œuvre protéiforme de Romain Denis en publiant un deuxième livre « HAÏKUROUCOUCOU » à paraître prochainement dans lequel il tord l’haïku dans tous les sens sur des plaques de verre ou sur de grandes tentures multicolores pour en détourner le sens et moquer au passage sa banalisation.
Nous souhaiterions accompagner cette présentation d’une exposition de ses œuvres : les plaques de verre et les tentures
ainsi que les rébus en lien avec le premier livre, RAIE BUS, ARTISTE MOTS-DITS, publié en 2021, 56 rébus photographiés. Les rébus sont réalisés avec des objets chinés. Il faut deviner des mots, des expressions, des noms propres.

 

Merveilleuse utopie

Présentation de presse de l’exposition

Merveilleuse utopie

Dimanche 23 juin à 15 heures – entrée libre

La séance sera animée par les trois commissaires, membres du groupe surréaliste de Paris : Sylwia Chrostowska, Joël Gayraud, Guy Girard et par Laurent Doucet, président de l’association « La Rose Impossible » chargée de l’organisation des expositions et des événements dans la Maison André Breton.

Le 5e numéro de la revue Alcheringa et le catalogue de l’exposition
« Merveilleuse utopie »
seront présentés et disponibles à cette occasion.

Halle Saint Pierre – à l’auditorium (entrée libre)
Réservation conseillée : 01 42 58 72 89

Dossier de presse – Merveilleuse utopie

Du 6 juillet au 7 septembre 2024 le Groupe Surréaliste de Paris organise la XiXe exposition internationale du surréalisme à Saint-Cirq-Lapopie en partenariat avec
l’association La rose impossible, gestionnaire du Centre international du surréalisme et de la Citoyenneté Mondiale. Cette exposition, intitulée Merveilleuse utopie, se tiendra dans les Maisons André Breton et Émile Joseph-Rignault.

Bien qu’entrant dans le cadre du centenaire de la parution du Manifeste du surréalisme, l’exposition n’est en rien commémorative, mais est conçue pour marquer la persistance du surréalisme comme mouvement vivant dans sa continuité après la mort de Breton en 1966, et ce dans l’esprit des expositions de 1938, 1947, 1959, 1965 et 1976. À cette fin, la plus grande partie de l’espace sera consacrée à des œuvres contemporaines d’artistes et groupes européens (France, Espagne, Italie, Pays-Bas, République tchèque, Slovaquie, Royaume-Uni…) et américains (États-Unis, Canada, Mexique, Brésil, Argentine…). Une place sera faite à des œuvres d’art brut ou singulier que leur puissance imaginative fait figurer dans les marges du surréalisme.

Pourquoi Merveilleuse utopie ? Pour rappeler les principes révolutionnaires du surréalisme – transformer le monde, changer la vie, refaire de toutes pièces l’entendement humain (A. Breton) – et la place centrale qu’il accorde aux pouvoirs émancipateurs de l’imagination. Ceci en opposition à l’idée que le surréalisme serait une esthétique ou un simple mouvement artistique.

L’île étant traditionnellement le lieu privilégié de l’utopie, l’exposition est conçue comme
un parcours à travers cinq îles dessinant un archipel utopique :

L’île des songes
L’île de la révolte
L’île des métamorphoses
L’île d’amour
L’île d’abondance

Les thèmes transversaux seront l’attraction passionnée selon Charles Fourier (1772-1837) et le monde à l’envers du pays de Cocagne. Au-delà de l’utopie originelle de Thomas More (1516) et de toutes celles conçues dans son sillage, le surréalisme aujourd’hui vise à réenchanter l’utopie comme lieu du bonheur tant individuel que collectif.


Guy Girard, La canicule des sirènes, 1997, huile sur toile, 92 x 73 cm

CHOMO

RENCONTRE AUTOUR DE CHOMO

A l’occasion de la sortie du livre + CD de poèmes graphiques de Chomo
et clef USB des films de Clovis Prévost sur Chomo (ARIE).

Dimanche 16 juin à 15 heures – entrée libre

Halle Saint Pierre – à l’auditorium
Réservation recommandée : 01 42 58 72 89

Programme
15h-15h30
Clovis Prévost présentera un film inédit qu’il a réalisé sur CHOMO
15h30-16h00
Concert de Madame Patate & Klimperei (avec Tagubu)

Avec l’Association des Amis de Chomo, ARIE et InPolySons

 

Notices biographiques

Roger Chomeaux, dit « Chomo », artiste pluridisciplinaire aujourd’hui disparu, a voué sa vie à la création. Son travail hors des circuits traditionnels de l’art utilisait essentiellement pour ingrédients des matériaux de récupération les plus divers, qu’il allait chercher dans les décharges environnantes ou dans les sous-bois. Pendant la plus grande partie de sa vie, seul sur une parcelle de la forêt de Fontainebleau, vivant en ascète, dans des conditions très rudes et dans le plus grand dénuement, Chomo bâtit ce qu’il nomme le « Village d’Art Préludien », son monde à lui. Ce microcosme est constitué d’un ensemble de bâtisses, composé de « L’Eglise des Pauvres », du « Sanctuaire des Bois brûlés » et du « Refuge », des constructions destinées à abriter ses nombreuses sculptures et peintures. Reclus dans son univers, Chomo a refait le monde à sa manière, un monde parallèle où la création est omniprésente, alimentée d’énergies invisibles. “Je suis gouverné par les forces cosmiques” déclarait-il (extrait de http://www.chomo.fr/)

 

Clovis Prévost est l’ancien directeur du service cinéma de la galerie Maeght. Depuis 1962, ils filment et photographient des artistes reconnus ou à la marge, souvent adeptes d’une forme d’art total. Ils côtoient ces personnalités pendant plusieurs années pour restituer leur pensée le plus fidèlement possible. Leur regard transversal sur la création en a fait des adeptes dans le milieu de l’art singulier. Ils continuent à publier leurs travaux, qui ont déjà contribué à la restauration de monuments devenus célèbres (Le Palais idéal du Facteur Cheval, Le Village d’Art Préludien de Chomo…). Il a notamment beaucoup accompagné Chomo dans ses créations cinématographiques.

 

Madame Patate & Klimperei : musiques et chansons singulières. Ce duo marque par sa singularité et son goût pour les marges. Il a tourné au Japon en 2014 et 2018, a été invité à jouer au FIMAV (Canada 2019), au LUFF (Lausanne 2016), en live pour l’émission Tapage Nocturne au studio 107 de Radio France mais aussi dans des espaces singuliers comme les musées du Jouet de Tokyo ou de Colmar et plus récemment au Village d’Art Préludien de l’artiste CHOMO en forêt de Fontainebleau où ils ont effectué en 2021 une résidence de création in situ, suivie en 2023 d’un concert qui a donné lieu à une publication au format cassette.

(Madame Patate & Klimperei – teaser on Vimeo)

 

 

Jean-Jacques Sarfati

CONFERENCE

Le pervers narcissique
Un phénomène de société

Par Jean-Jacques Sarfati
Agrégé, Docteur en philosophie

Dimanche 2 juin 2024, à 15 heures – entrée libre
Halle Saint Pierre – à l’auditorium
Réservation recommandée : 01 42 58 72 89

ActuaLitté

On parle aujourd’hui beaucoup de harcèlement et de perversion narcissique. Certains sociologues – et non des moindres – font du narcissisme le mal du siècle. Des psychologues nous indiquent que ceux qui se sentent « harcelés » sont de plus en plus nombreux. Or nous savons que la notion de harcèlement a été « introduite » en France par MF Hirigoyen, qui s’inspirant des travaux de Racamier, a transformé le pervers narcissique en harceleur. Sous un angle clinique le harceleur et le pervers ne sont qu’une même personne. Que dissimule le succès de cette notion au point de justifier, tout récemment une intervention officielle du président de la république française à son sujet ? Pourquoi voyons-nous partout des « harceleurs » et des pervers ? Pour l’auteur du texte, nous sommes ici en présence d’un phénomène de société en ce qu’il révèle quelque chose de profond sur notre monde. Le harcèlement et la perversion ne sont pas que des maux sociologiques et psychologiques, ce sont des maux politiques et donc philosophiques. Mais que sont ces maux ? Dans le Politique, Aristote assimilait le pervers à celui qui était dominé par son corps et qui avait l’âme fragile. Pour lui, la cité mal gouvernée était précisément celle qui était gouvernée par son corps ? En sommes-nous là ? La thèse qui est soutenue ici est que ces pathologies sont en lien avec nos fantômes et le mythe du vampire et que ces fantômes sont eux-mêmes la marque de nos fragmentations internes et externes. Que sont ces fragmentations ? Elles sont des failles ou des tensions entre des vérités contradictoires qui paraissent également vraies et qui ne trouvent pas de médiation et de médiateurs pour les accorder. L’accroissement de la perversion narcissique et du harcèlement sont donc bien des réalités de notre monde qui révèle que celui-ci est en guerre contre lui-même et à l’intérieur de lui-même. C’est cette guerre que nous cherchons à explorer et que nous cherchons à mettre en évidence avant d’éviter qu’elle ne conduise à notre implosion comme cité et comme société.

Notice biographique


Après avoir exercé le métier d’avocat pendant dix-huit ans et enseigné le droit à l’université Paris X Nanterre, Jean Jacques Sarfati a repris des études de philosophie. Il est actuellement Agrégé et Docteur en philosophie. Il est auteur de neuf livres de philosophie. Son dernier livre est le Pervers Narcissique, un phénomène de société, paru aux Editions Entremise. Il interroge la question de la perversion narcissique de manière philosophique en se questionnant sur ce qui ressemble véritablement à une forme d’épidémie. Que révèle-t-elle sur notre société ? Que dit-elle de nous-mêmes ?

Cafés philosophiques et conférences philosophiques :

Depuis la rentrée, Jean Jacques Sarfati, organise des cafés et restophilo sur les thèmes de l’amour et sur des questions de société.

Enseignement : 
Jean-Jacques Sarfati, enseigne la philosophie dans l’Académie de Versailles. Il a été formateur d’enseignants à l’Université Paris Est Créteil et a enseigné pendant huit ans les Grands enjeux contemporains à l’Université Paris Dauphine et dans plusieurs autres universités parisiennes.

Médias : 
Jean Jacques Sarfati a animé pendant un an l’émission Phénomènes de société. https://podcasts.audiomeans.fr/phenomenes-de-societe-f7fa1c0c

Il est intervenu sur France Culture avec O. Gesbert pour l’émission La dictée. https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/la-dictee-geante/entre-les-murs-avec-jean-jacques-sarfati-1027746

Il est également intervenu le 20 juillet 2020, dans l’émission, Avoir Raison avec John Rawls, sur une émission animée par Brice Couturier.

Livres :

Le pervers Narcissique, Phénomène de société. Entremise. 2023
A la recherche des sens perdus des épreuves de philosophie à la française. Connaissances et savoirs. 2020
Le droit : un espace pour l’un et pour l’autre. Connaissances et savoirs.2017
Honte et éducation, ouvrage collectif sous la direction d’André Lacroix et Jean-Jacques Sarfati. MJW Fedition. 2017
Norme, limite, et approche juste, Connaissances et savoirs. 2017
Redonner sens au mot droit, Connaissances et savoirs. 2017
Le rôle créateur de l’exception en droit, Connaissances et savoirs. 2016
Le neveu de Diderot, Théâtre, éditions Edilivre 2016
La honte, philosophie, éthique et psychanalyse, Editions du cercle herméneutique, Décembre 2014 sous la direction d’André Lacroix et Jean-Jacques Sarfati
Sortir de la torture, la logique des cercles vicieux, in « La torture de quels droits ? » sous la direction de N. Campagna, L. Delia et B.Garnot, Ed Imago. 2014
Droit dénaturé, droit au sens propre Edition du Web pédagogique. 2014
L’étude du droit positif chez les post-socratiques et les raisons d’être d’un possible déclin de la pensée sur le droit. Edité dans un ouvrage collectif codirigé par Ion Copoeru et Nicoleta Szabo. Ed. Cas Carjii de Stunja. Cluj. 2008
Le pervers narcissique. Un phénomène de société – Jean-Jacques Sarfati

Pierre Mainard Éditeur

RENCONTRE-DEBAT
 Halle Saint-Pierre accueille Pierre Mainard éditeur pour son 25e anniversaire 
Samedi 1er juin 2024 à 15 heures – entrée libre
Halle Saint Pierre – à l’auditorium
Réservation recommandée : 01 42 58 72 89

Rencontre-causerie en présence de l’éditeur Stéphane Mirambeau
animée par Joël Cornuault.

Vous pourrez découvrir également les œuvres du peintre Viddao, auteur, sous l’hétéronyme d’Amaury Laloué, de Mon tiers poète (Pierre Mainard, 2022)
du 1er au 30 juin 2024
– à la librairie

Depuis 1999, Pierre Mainard Éditeur poursuit une aventure charpentée par l’urgent désir de faire émerger une littérature exigeante et en recherche. Une communauté d’auteurs et un éditeur donnent naissance à des livres dans lesquels s’expriment des voix singulières, sous des formes variées : poèmes, récits, aphorismes, nouvelles, journaux…, qui représentent pour chacun de nous une possible rencontre, prompte à faire vivre notre imaginaire et par là même notre liberté.

Viddao
Exposition du 1er au 30 juin 2024
– à la librairie

Viddao s’est mis à dessiner puis à peindre comme on fait halte sur le chemin, en tombant par hasard sur une source qui renouvelle, redéploye sûrement nos forces, après une longue marche un peu forcée, brûlante de fatigue. Boussole à l’aveugle, une certaine durée, taillée hors-sentier, via correspondances : base affermie pour créer, en ouvrant au fur et à mesure une valse à trois temps [écriture/peinture/sculpture]. Il a vite pris goût à l’écart entre l’intention et le geste, aux ajustements à vif. Depuis lors ses procédés évoluent continuellement, à la croisée des genres : le sel du renouveau le rafraichit, il affecte la matière en trompe-l’œil. Le choix de tableaux proposé va de 2019 à 2020, dans la foulée de son livre de poèmes/dessins/collages [Mon tiers poète, publié en 2022 chez Pierre Mainard éditeur]. Ils ont été faits en plusieurs temps, d’abord tracés aux feutres et aux crayons de couleurs, avec quelques collages, avant de faire le saut dans l’acrylique, puis de commencer à modeler l’épaisseur. Ces histoires peintes ont été bâties pièce par pièce, en collectant au fur et à mesure images & modèles, au tour singulier puisque forgé à aucune école sinon celle de la vie, en laissant s’exprimer ce qui dépasse étrangement de la vie. Ses créations ont été exposées depuis 2021 dans plusieurs salons et galeries à Toulouse, où il vis et travaille depuis 2011.

 

 

Malcolm de CHAZAL

Malcolm de CHAZAL
11 septembre 2024 – 19 janvier 2025

Célébré par André Breton et Jean Dubuffet, Malcom de Chazal a produit une œuvre littéraire et plastique nourrie d’un éternel besoin de poésie, de regard neuf et enchanté.

L’homme des cosmogonies

Le poète est souverainement intelligent, il est l’intelligence par excellence – et l’imagination est la plus scientifique des facultés, parce que seule elle comprend l’analogie universelle, ou ce qu’une religion mystique appelle la correspondance … [1]
– Baudelaire

Malcolm de Chazal se fait connaître en France par le biais de son ouvrage Sens-Plastique, qu’il fait parvenir en 1947 aux intellectuels français qu’il estime dignes de le recevoir. Ce recueil d’aphorismes saisissants, publié l’année suivante chez Gallimard, est accueilli avec enthousiasme aussi bien par le groupe surréaliste que par Georges Bataille, Francis Ponge ou Jean Dubuffet. André Breton prétend ne rien avoir « entendu de si fort depuis Lautréamont » et Jean Paulhan ose même le mot de « génie, ce nom et aucun autre ». Cette irruption dans le milieu des lettres parisiennes fut aussi fracassante que brève. Paulhan lui-même se méfia des considérations mystiques dans les écrits ultérieurs de ce phénomène littéraire inclassable qui savait rester à distance du paysage intellectuel parisien : « Ce n’est pas ma faute qu’il a mal tourné. Il a découvert une montagne mystique à l’île Maurice et a écrit son éloge. Ce n’est pas très bon ». Si c’est donc à Paris que ce génie insulaire connut la consécration, celle-ci fut éphémère et c’est dans son île natale qu’il enracinera sa pensée et son œuvre à l’ambition prophétique, affrontant dans une solitude assumée l’incompréhension plus que la reconnaissance.

Malcolm de Chazal est lié à Maurice par sa naissance, son histoire familiale et son éducation mais c’est surtout un lien charnel, sensoriel et fusionnel qui unit pour toujours le poète à ce petit morceau de volcan jailli de l’océan il y a dix millions d’années. « Le corps de ce pays et le corps de mon esprit font un ». Maurice, cette île où l’on « cultive la canne à sucre et les préjugés », selon le mot de Chazal, ne s’en révèle pas moins être un monde-fée à la nature vibrante de couleurs et de sensations, le lieu magique absolu où, en turbulent démiurge, il va donner libre cours à sa frénésie créatrice.

Né à Vacoas en 1902, Malcolm de Chazal quitte Maurice à l’âge de 16 ans pour la Louisiane où il obtient un diplôme d’ingénieur agronome en technologie sucrière à l’université de Bâton Rouge. Il voyage en Amérique du Nord, en Europe, travaille quelques mois à Cuba, mais hormis ses séjours de vacances en Pennsylvanie avec des coreligionnaires swedenborgiens il n’aura pas été enthousiaste : « Mon esprit se meublait. Mais ce n’était que décor. La vie intérieure attendait.  Pour cela il faudra l’île Maurice, le lieu de ma naissance ». De retour à Maurice en 1924, Malcolm de Chazal travaille pour une industrie du sucre puis une filature d’aloès. Ces expériences s’avérant infructueuses faute de s’entendre avec l’oligarchie agricole dont la vision économique le révolte, il lâche tout pour devenir simple fonctionnaire pendant vingt ans (1937-1957) dans un obscur et ennuyeux département chargé de l’électricité et du téléphone. Un ennui qui le rend libre d’entreprendre sa quête poétique à la recherche de la vraie réalité. Son collègue et également poète, Emmanuel Juste, l’évoque « discourant longuement du merveilleux du quotidien, des fleurs qui vivent en amitié avec les hommes, des montagnes-hiéroglyphes, du rituel des couleurs et de la lumière, des arcanes de l’alchimie ou passant à toute allure dans une sorte de transe, le visage préoccupé, le menton en défi, parce que pris au sortilège d’une idée ». Ce sera d’abord l’écriture qu’il aborde comme un don de soi qui enrichit, une libération. Pensées, aphorismes, textes métaphysiques, théâtre, contes, chroniques de presse, essais d’économie politique mettent en œuvre ce qu’il définit comme le but ultime de tous les grands penseurs et philosophes : créer une cosmogonie, en découvrir et codifier les lois.

Dans le monde de Malcolm de Chazal, les fleurs nous regardent et les pierres parlent de civilisation engloutie, révélations fondamentales qui ont illuminé sa vie intérieure. Ce sera d’abord celle de « la vision retournée », le jour où dans le jardin botanique de Curepipe il vit une fleur d’azalée le regarder. « La fleur devenait subitement un être. La fleur devenait une fleur-fée. Cet évènement correspond à la pomme de Newton, c’est-à-dire au moment où toute la vie d’un homme, toute sa pensée est retournée dans une expérience. » Vivre la nature et la laisser vivre en soi, y vivre et en être vécu est le secret qui mène à l’union absolue entre deux aspects antinomiques de notre nature : esprit et sensibilité, conscient et inconscient, raison et intuition, intellect et perception. C’est l’avènement de l’Homme universel qui est dans tout, du monde pensé comme unité fondamentale de l’Homme, du Cosmos et de la Nature.  Cette vision totalisante du monde où chaque élément entre en relation avec une multitude d’autres dans une harmonie cosmique des sensations, est portée par une science poétique des correspondances et de l’analogie universelle. 

Cette forme de pensée qui relie tout, et à laquelle Malcolm de Chazal donne le nom de Poésie Métaphysique, s’épanouit dans Sens-Plastique (1945) « cosmogonie de l’Invisible » qui contient « le souffle de l’universel ». Puis La Vie Filtrée, va mettre cette vérité encore en plus grand relief. « … j’ai voulu toucher à certaines formes d’intelligence considérées jusque-là imperméables à l’esprit de l’homme – palais très lointains où peuvent seules nous conduire certaines formes supra-directes de Perceptions. J’ai voulu, par cette œuvre, appréhender les choses du Divin par les seules antennes des sens, abolissant totalement la Raison en moi, autant qu’il est humainement possible de le faire – afin de voir dans le nu des choses le filigrane de l’Universel et l’empreinte du Toujours. J’ai voulu abolir le monde extérieur pour le reconstruire ensuite à ma façon, et en faire une lunette d’approche à rayon X de l’humain pour voir Dieu ». C’est avec Petrusmok, roman mythique publié en 1951, que Malcolm de Chazal va appréhender la question de Dieu et du Divin. A travers un syncrétisme religieux qu’il définit comme une « pâte mêlée de christianisme et de naturisme spirituel » chargée de souvenirs swedenborgiens, il livre une histoire onirique et mystique de la création de l’univers en revivifiant le mythe de la Lémurie. Il voit dans les montagnes de son île les vestiges d’un continent englouti jadis habité par des géants et déchiffre dans la pierre qu’ils auraient taillée des enseignements essentiels. L’île Maurice, devenue berceau de l’humanité trouve dans la Lémurie, son origine mythique.  Œuvre de transe et de voyance, ce livre des révélations et des divinations éloigne définitivement Chazal des rivages du surréalisme.

« Je suis un être revenu aux origines. A mon sens, il est stupide de croire que l’on peut connaître l’homme si l’on ne connait pas la fleur. Que l’on peut connaître Dieu si l’on ne connaît pas le sens occulte de la pierre. La connaissance est indivisible et cette connaissance a été perdue ». Toute l’œuvre de Malcolm de Chazal ne cessera de chercher la clé magique qui permettrait de recouvrer cette connaissance perdue. Sur cette voie, les portes de la perception sont grandes ouvertes et les cinq sens, unifiés, génèrent cette vision neuve proche de la voyance qu’est le « sixième sens ».  Chargée de toute l’expérience sensible du monde, l’image sens-plasticienne établit des ponts de sensations pour enfin réconcilier le physique et le mental. L’invisible, insaisissable, impalpable se mue alors en substance psychique et livre ses secrets aux mots : « La fraise auprès de la fraise, en attendant son tour d’être mangée, dévorait le sucre parmi les fraises du fraisier. Et lorsqu’elle fut dans la bouche de la femme, elle eût le goût sucré des lèvres et se sentit imbibée dans une extase ». L’expérience de la réalité n’est plus sens unique mais cheminement à rebours, invitation à être sujet et objet à la fois : « L’agneau voyant le loup n’eut pas peur du loup. Au-delà de la peur, il se voyait loup. Et quand le loup fut sur lui, le loup eut peur du loup dans le corps de l’agneau ». Bien incomparable, la volupté réalise le point sublime d’unisson où la mort et la naissance sont vécues comme une même expérience spirituelle de l’unité ultime.  « La volupté est païenne au départ et sacrée vers la fin. Le spasme tient de l’autre monde ».

Poète des origines, Malcolm de Chazal aura mis la poésie à la hauteur de sa fascination pour la cosmogonie. Poésie du fond et non de la forme, façon d’être et non d’écrire, elle célèbre par la magie du verbe, des images et des correspondances, le rapport intrinsèque qui lie le visible et l’invisible.  Le langage, qui depuis toujours nous relie au monde, est sommé de se défaire de toute instrumentalisation, de redonner aux mots leur âme et leur pouvoir d’illumination. « Comme tous les mystiques de la langue, je fais de tous les mots des personnages. En faisant vivre l’invisible, je fais de chaque carré de lettres un pays de fées … Quand j’écris astres, avec ces six lettres, je ne trace pas des signes morts. Ils contiennent une substance réelle et organique. La parole est une magie de vie ». Et à écrire des silences et saisir l’inexprimable, Chazal « fixe des vertiges » en redonnant aux mots leur valeur émotionnelle. La langue prend alors une coloration nouvelle, marquée par un goût pour les néologismes qui froissent ou distendent les mots : couleurs « carrousselant les unes dans les autres », liane qui « turgescentera longuement dans le vide ». L’exercice de l’aphorisme, non pas de style mais de vibration cosmique, met en scène par pénétrations successives une parole qui entre en résonance avec la plasticité de l’univers. La métaphore y abonde : puisant son pouvoir dans la pensée analogique elle établit un rapport spontané, extra-lucide, insolent entre deux réalités que la raison avait séparées. Elle ramène le corps dans le langage et humanise l’univers. « Quand l’eau / Cessa de pleurer / Je vis la rosée / Le soleil se moquait d’eux ». Sans cette continuelle plongée dans le corps universel, il n’y a pas de pensée et que pour tout dire il faut pouvoir être tout. Redevenant parole qui parle, la langue est ici une infinie passion.

Malcolm de Chazal voyait en Sens-Plastique un livre de sensations, un album d’images, une peinture et un verbe poétique tout à la fois. C’est donc naturellement que la peinture, révélée grâce à une fillette de 8 ans, vient rejoindre en 1958 la poésie et lui permet de traduire en une forme épurée, loin de toute recherche esthétique, une métaphysique que les mots ne lui suffisent plus à exprimer. Par la couleur, universelle, spontanée et éternelle, il a le verbe immédiat et s’affranchit du dessin qui, inventé de toutes pièces par l’homme, a mis la couleur en cage. Il « ôte, de ce fait, à la couleur le licou » pour poser un regard daltonien de la forme sur la Nature, là où les formes sont couleurs et les couleurs sont formes.  « Et voici ce moment du temps / Incarcéré dans une couleur / Voici l’espace de voir / Intégré à une forme / Deux images : visible et invisible / Et c’est la fleur ».   Les couleurs solaires dominent et prennent le pas sur l’architecture du dessin à l’image de l’enfant explorant sans aucune contrainte les infinies possibilités sonores des mots. De même qu’il avait dépouillé la parole du masque de la grammaire pour voir le verbe au-delà des mots, il dépasse la coloration, cette couleur masquée, pour atteindre en larges aplats la couleur nue, qu’il humanise : « Si la personne du bleu ne vous va pas, donc prenez la personne du jaune. Pour tout dire, « devenez » le jaune. Nous touchons ici à l’acte magique en soi : l’identification ». Chazal s’allie donc aux couleurs pour fixer dans la peinture non pas les fleurs, les arbres ou les oiseaux mais l’âme de tout ce qui appartient à son île.   Car dans cette île Fée « le soleil est un vertige, l’arbre un chemin qui descend de la mer à la terre avec un seul carrefour pour tous les chemins à venir : une astérie rouge du sang conjugué de l’océan et du sable, avec mille branches comme autant de preuves d’héritages. Les maisons dans leur riche misère sont des boîtes à surprise posées sur la table moins surprenante de la terre. Et les pierres bâtissent dans leur ascension cette colline invincible sur laquelle on va dire bonjour au vent et à la pluie, dans la couleur de leur naissance ». La fleur y règne en fée qui, dans la chaleur, utilise ses couleurs comme éventail et nous entendons son désir « Prends-moi / Nue / Dit la fleur / Au soleil, / Avant / Que la nuit / Ne me ferme / Les cuisses ».  Symbole du regard, vue et voyante, métaphore d’elle-même dans cette advenue voyante, la fleur affirme sa présence, nous retient captifs et soumis à toutes les possibilités sensuelles dont elle est chargée. Nature, Volupté et Sens sont les constantes qui jalonnent la peinture de Chazal, elles mettent en œuvre l’expérience sensible de Sens-Plastique en ce qu’elle restitue dans la vision, un sentir au monde.

Phénoménologique, philosophique, théologique, cosmogonique, poétique, mystique, visionnaire, l’œuvre de Malcolm de Chazal demeure largement une énigme que la spiritualité ésotérique la parcourant ne fait qu’entretenir. La plupart des tentatives pour classer son œuvre dans un genre littéraire, une école picturale ou pour lui trouver des apparentements n’aboutissent qu’à l’impasse.  Certes sa volonté de réinventer la grande herméneutique de l’homme-nature l’affirme dans la lignée de Novalis, son libre jeu des correspondances et des analogies sensorielles dans celle de Baudelaire ou Rimbaud, ses visions prophétiques dans celle de William Blake, sa fascination pour la transe dans celle d’Antonin Artaud. Et son adhésion au surréalisme fut une sorte d’impasse tant « l’ivresse divinatoire sans lendemain » contre laquelle André Breton le mettait en garde, l’éloigna définitivement du hasard objectif au cœur d’un mouvement qu’il estimait  avoir dépassé :  « Le subconscient, point d’autres routes vers l’invisible,  Mais le subconscient dans mon cas,  je ne le subis pas (comme le font les surréalistes), je l’utilise pleinement en l’asservissant […] Le Subconscient est l’Autel de Dieu où le Divin pose ses pas en premier dans le monde fini ». Quant à sa peinture, malencontreusement associée à l’art naïf parce qu’elle conservait l’esprit de l’enfance, elle s’en écarte totalement tant elle est le prolongement de sa vision élaborée et maîtrisée du monde qu’il nomme Unisme. Cette unité ontologique à la fois précède, engendre et justifie toute son œuvre dont il revendique l’originalité absolue : « j’ai tout puisé en moi-même pour créer ma cosmogonie », convaincu qu’elle « porte au monde autre chose » où retentit la Parole dans sa puissance à réveiller l’humanité : « Je suis l’homme des nouveaux temps. Je suis l’homme créé pour lier l’homme, l’univers et dieu ». Œuvre inclassable donc, un au-delà de l’art qui ne se réduit pas à une envolée de l’imagination, mais qui emporte avec lui toutes les libertés de l’art pour réactiver la présence éruptive du sensible et du sacré. Cette quête ne pouvait être portée que par un homme lui-même hors du commun dont le cheminement personnel et artistique ne pouvait supporter ni entrave, ni compromis.

Malcolm de Chazal ne vivait, ne pensait, ne parlait, n’écrivait pas comme tout le monde. Confronté autant aux insultes qu’aux louanges, aux moqueries qu’aux encouragements, il avait développé un mécanisme de défense qu’il avait lui-même défini : « la circoncision du cœur » qui l’amenait à s’isoler socialement. Mais sa pensée, soucieuse de ne pas se soumettre, était dévorante et se mesurait à la science, la politique, l’économie, l’art pour s’arrêter sur les maux de son île : l’argent des sucreries et des banques, les préjugés de race, le matérialisme et le conformisme étriqué de la vieille société coloniale. Dans le même temps, il savait rendre hommage à la langue qui l’avait nourri, cette « adorable langue créole » qui le sépare à jamais du parler classique de France parce qu’elle est un « langage nu »« les images ruissellent de poésie qui est l’humour ». Chazal, qui éprouvait une joie subversive à se sentir « nègre-blanc » devançait ainsi de quelques décennies la créolisation d’Edouard Glissant comme remplacement de la postcoloniale francophonie.

Tout concourrait donc pour que Malcolm de Chazal fût considéré comme un fou ou un génie. Lui-même s’enferma dans la certitude mégalomaniaque d’être un génie : « Je suis l’homme le plus équilibré de ce pays, parce que je suis totalement fou et totalement sage. J’ai en moi ce paradoxe, cette dialectique vivante. Et mon génie est équilibre. Je suis poète ».

Pour la Halle Saint Pierre qui s’est installée à la croisée des marges et particulièrement de celle de l’art brut, consacrer une exposition à l’œuvre de Malcolm de Chazal est l’occasion de libérer le poète des figures tutélaires qui ont fait sa gloire, aussi éphémère fût-elle, et de susciter de nouveaux regards qui prendront la place de la révélation enthousiaste de Sens-Plastique. Les créateurs de l’art brut nous fascinent, nous touchent, nous éprouvent parce qu’ils élargissent notre vision du réel en suivant les voies magiques, surnaturelles, irrationnelles que nos univers familiers ont occultées et nous voyons en eux l’homme accompli et victorieux. Cet « Autre » de la culture ne réalise-t-il pas les possibilités les plus hautes de l’homme, l’héroïque construction de soi, son humanisation, la quête de l’Absolu de Malcolm de Chazal ?  En leur compagnie nous ne pouvons que célébrer la folie de Malcolm de Chazal comme un bienfait pour l’humanité.

  • Martine Lusardy

 

[1] Cité par André Breton, Arcane 17, Paris, J.-J. Pauvert, coll. « 10/18 », 1965 [1944], p. 158-159. (Charles Baudelaire, lettre à Alphonse Toussenel, 21janvier1856, Lettres, Mercure, 1908, p. 83.)

 

 

Paul TOUPET

HEY! présente 
PAUL TOUPET  
« Retour de Naples » 
Sculptures
Exposition personnelle du 13 mai au 13 juillet 2024

Inauguration en présence de l’artiste
SAMEDI 1er JUIN 
de 11h à 18h – entrée libre
Halle Saint Pierre – Galerie du Bas

« Toutes les sculptures de cette exposition sont le reflet de mes voyages successifs à Naples, toujours accompagné de Mina. Dernièrement, à la Basilique Santa Maria della Sanità, j’ai été stupéfié à la vue d’un incroyable Christ en Croix réalisé par un anonyme et daté de la fin du XVIIIe siècle. Je suis rentré à Paris obsédé par son image, et j’ai cherché à revivre l’impression indescriptible de cette découverte. Curieusement, à côté de mes recherches de couleurs, c’est aussi le travail de la dentelle qui s’est imposé. »
Paul Toupet

 

Paul Toupet n’a pas suivi de formation académique. Son œuvre relève d’une triple pulsion, autobiographique, autofictionnelle, et mystique. Dans la maison familiale de son enfance sont éparpillées les œuvres de la collection de ses parents, grands amateurs d’art premier. Impulsé par cette création libre, particulièrement fasciné par l’ethnie Soudanaise des Noubas de Kau, le petit garçon se prend d’assembler des objets de récupération, dans des boîtes. Adolescent, il fait évoluer sa pratique en sculptant de petits personnages qu’il associe à divers objets trouvés. À l’aube des années 2000, ses sculptures sont désormais conçues à échelle humaine. Représentation d’une civilisation imaginaire, unifiée et tournée vers un même idéal, elle est augmentée d’un complexe travail de recouvrement et de matières – cire d’abeille, cendres de bois, tissus et cordes usagés, cuirs, plumes, terre et divers enduits.Cet enjeu est remis en question en 2015 avec ce qu’il appelle « mon effet céramique », c’est la naissance de sa série Blanche – cette nouvelle expression favorisera par ailleurs sa pratique du dessin délaissée au fil des années. Depuis, une forte modulation des couleurs a fait apparaître la série Flamboyance.
L’ exposition « Retour de Naples » signe la naissance d’une période nouvelle.

Paul Toupet vit et travaille à Paris, il expose en Europe et au Japon, en galerie, musée, centre et foire d’art. Son œuvre a intégré de nombreuses collections particulières, et fait l’objet de commande publique. Il est lauréat 2022 de La Fondation Taylor, catégorie sculpture. Paul Toupet est représenté par HEY! modern art & pop culture.

Stéphane Blanquet

RENCONTRE / SIGNATURE

A l’occasion de la parution du livre
Blanquet. D’hier à aujourd’hui
de Alla Chernetska
Editions Serious Publishing.

Dimanche 28 avril 2024 de 15h à 16h – entrée libre 

Halle Saint Pierre, à l’auditorium

Réservation recommandée : 01 42 58 72 89

La rencontre-débat sera animée par Xavier-Gilles Néret professeur agrégé de philosophie

 

Editions Le Lampadaire

RENCONTRE 
autour de l’écriture de la folie
à l’occasion de la parution de l’ouvrage
Tous les chiens sont bleus
de Rodrigo de Souza Leão
Traduit du brésilien par Émilie Audigier
Editions Le Lampadaire. Collection Nouveautés

Dimanche 26 mai à 15 heures – entrée libre
Halle Saint Pierre – à l’auditorium
Réservation recommandée : 01 42 58 72 89

En compagnie de Sophie Saulnier, linguiste, autrice,
fondatrice des éditons Le Lampadaire.

Lecture par le comédien Antonio Interlandi

Discussion entre les auteurs
Étienne Ruhaud
, Pierre Gondran dit Remoux, Eric Dussert et
Marc Décimo, docteur en linguistique, professeur des universités
spécialiste « Littérature et folie ».

Modératrice Agnès Jauffrès.

Présentation par Sophie Saulnier

 

LE LIVRE
Tous les chiens sont bleus, Rodrigo de Souza Leão, coll. Nouveautés. Traduction du portugais (Brésil).

Dans ce texte écrit après sa seconde hospitalisation en clinique psychiatrique, l’auteur mélange sa propre expérience de la schizophrénie et la bipolarité de son frère dans une prose poétique qui emporte le lecteur dans un autre monde, celui de l’asile et de la folie. S’y côtoient les hallucinations de Rimbaud et Baudelaire, et divers internés chacun isolé dans son propre
monde. Si le personnage narrateur crée une langue nouvelle que seuls comprennent les adeptes de la nouvelle religion, le Todog, l’auteur travaille un texte qui se donne comme objectif de rapprocher schizophrénie et poésie.

L’AUTEUR

Rodrigo de Souza Leão, né en 1965 à Rio de Janeiro et mort en 2009, est poète, peintre, journaliste et romancier.
Tous les chiens sont bleus a été publié par 7lettras en 2008 (2nd édition, 2010) et traduit en anglais par And Other Stories en 2013

 

LA MAISON D’EDITION
Fondées en 2017, les éditions Le Lampadaire proposent deux collections en parallèle. La collection des Nouveautés publie la littérature contemporaine. La collection des Curiosités publie en écho à chaque Nouveauté son ou ses sous-texte(s) : documents, images, raretés, textes oubliés… Le face-à-face entre les deux collections interroge le fait littéraire.

Sophie Saulnier : agrégée de Lettres Modernes, Docteure en Sciences du Langage
Publications littéraires : Le Massicot (2017)Lectures de prison 1725-2017 (2017) –
« Cabinet de monstruosités lexicales », Animal(s), revue Dissonances n°26 (2014).

LE CATALOGUE collection Nouveautés