Jean-Jacques Sarfati

CONFERENCE

Le pervers narcissique
Un phénomène de société

Par Jean-Jacques Sarfati
Agrégé, Docteur en philosophie

Dimanche 2 juin 2024, à 15 heures – entrée libre
Halle Saint Pierre – à l’auditorium
Réservation recommandée : 01 42 58 72 89

ActuaLitté

On parle aujourd’hui beaucoup de harcèlement et de perversion narcissique. Certains sociologues – et non des moindres – font du narcissisme le mal du siècle. Des psychologues nous indiquent que ceux qui se sentent « harcelés » sont de plus en plus nombreux. Or nous savons que la notion de harcèlement a été « introduite » en France par MF Hirigoyen, qui s’inspirant des travaux de Racamier, a transformé le pervers narcissique en harceleur. Sous un angle clinique le harceleur et le pervers ne sont qu’une même personne. Que dissimule le succès de cette notion au point de justifier, tout récemment une intervention officielle du président de la république française à son sujet ? Pourquoi voyons-nous partout des « harceleurs » et des pervers ? Pour l’auteur du texte, nous sommes ici en présence d’un phénomène de société en ce qu’il révèle quelque chose de profond sur notre monde. Le harcèlement et la perversion ne sont pas que des maux sociologiques et psychologiques, ce sont des maux politiques et donc philosophiques. Mais que sont ces maux ? Dans le Politique, Aristote assimilait le pervers à celui qui était dominé par son corps et qui avait l’âme fragile. Pour lui, la cité mal gouvernée était précisément celle qui était gouvernée par son corps ? En sommes-nous là ? La thèse qui est soutenue ici est que ces pathologies sont en lien avec nos fantômes et le mythe du vampire et que ces fantômes sont eux-mêmes la marque de nos fragmentations internes et externes. Que sont ces fragmentations ? Elles sont des failles ou des tensions entre des vérités contradictoires qui paraissent également vraies et qui ne trouvent pas de médiation et de médiateurs pour les accorder. L’accroissement de la perversion narcissique et du harcèlement sont donc bien des réalités de notre monde qui révèle que celui-ci est en guerre contre lui-même et à l’intérieur de lui-même. C’est cette guerre que nous cherchons à explorer et que nous cherchons à mettre en évidence avant d’éviter qu’elle ne conduise à notre implosion comme cité et comme société.

Notice biographique


Après avoir exercé le métier d’avocat pendant dix-huit ans et enseigné le droit à l’université Paris X Nanterre, Jean Jacques Sarfati a repris des études de philosophie. Il est actuellement Agrégé et Docteur en philosophie. Il est auteur de neuf livres de philosophie. Son dernier livre est le Pervers Narcissique, un phénomène de société, paru aux Editions Entremise. Il interroge la question de la perversion narcissique de manière philosophique en se questionnant sur ce qui ressemble véritablement à une forme d’épidémie. Que révèle-t-elle sur notre société ? Que dit-elle de nous-mêmes ?

Cafés philosophiques et conférences philosophiques :

Depuis la rentrée, Jean Jacques Sarfati, organise des cafés et restophilo sur les thèmes de l’amour et sur des questions de société.

Enseignement : 
Jean-Jacques Sarfati, enseigne la philosophie dans l’Académie de Versailles. Il a été formateur d’enseignants à l’Université Paris Est Créteil et a enseigné pendant huit ans les Grands enjeux contemporains à l’Université Paris Dauphine et dans plusieurs autres universités parisiennes.

Médias : 
Jean Jacques Sarfati a animé pendant un an l’émission Phénomènes de société. https://podcasts.audiomeans.fr/phenomenes-de-societe-f7fa1c0c

Il est intervenu sur France Culture avec O. Gesbert pour l’émission La dictée. https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/la-dictee-geante/entre-les-murs-avec-jean-jacques-sarfati-1027746

Il est également intervenu le 20 juillet 2020, dans l’émission, Avoir Raison avec John Rawls, sur une émission animée par Brice Couturier.

Livres :

Le pervers Narcissique, Phénomène de société. Entremise. 2023
A la recherche des sens perdus des épreuves de philosophie à la française. Connaissances et savoirs. 2020
Le droit : un espace pour l’un et pour l’autre. Connaissances et savoirs.2017
Honte et éducation, ouvrage collectif sous la direction d’André Lacroix et Jean-Jacques Sarfati. MJW Fedition. 2017
Norme, limite, et approche juste, Connaissances et savoirs. 2017
Redonner sens au mot droit, Connaissances et savoirs. 2017
Le rôle créateur de l’exception en droit, Connaissances et savoirs. 2016
Le neveu de Diderot, Théâtre, éditions Edilivre 2016
La honte, philosophie, éthique et psychanalyse, Editions du cercle herméneutique, Décembre 2014 sous la direction d’André Lacroix et Jean-Jacques Sarfati
Sortir de la torture, la logique des cercles vicieux, in « La torture de quels droits ? » sous la direction de N. Campagna, L. Delia et B.Garnot, Ed Imago. 2014
Droit dénaturé, droit au sens propre Edition du Web pédagogique. 2014
L’étude du droit positif chez les post-socratiques et les raisons d’être d’un possible déclin de la pensée sur le droit. Edité dans un ouvrage collectif codirigé par Ion Copoeru et Nicoleta Szabo. Ed. Cas Carjii de Stunja. Cluj. 2008
Le pervers narcissique. Un phénomène de société – Jean-Jacques Sarfati

Aux frontières de la psychanalyse et de l’art

CONFERENCE
Par trois psychanalystes spécialisées dans la petite enfance
Etty BUZYN
Psychanalyste, écrivaine et artiste dont les œuvres sont montrées dans l’exposition 
AUX FRONTIERES DE L’ART BRUT
à la Halle Saint Pierre jusqu’au 25 février 2024
&
Eva-Marie GOLDER
Psychanalyste et écrivaine

Nicole YVERT
Psychanalyste et écrivaine

Dimanche 4 février 2024 à 15 heures, entrée libre

Halle Saint Pierre – à l’auditorium
Réservation conseillée : 01 42 58 72 86

 

Etty Buzyn, dessins 

 

Notices biographiques

Etty Buzyn

Etty Buzyn est une psychologue clinicienne et psychanalyste, formée  entre autres à la prise en charge des problèmes relationnels mère /bébé, par Françoise Dolto. Elle est également l’autrice de plusieurs livres spécialisés dans la petite enfance. Depuis toujours, elle écrit et prend des notes à chaque séance, puis de temps à autre, dessine quelques traits sur la chemise en carton du dossier de ses patients. Pendant que le patient en analyse déroule le fil de sa pensée, sur laquelle Etty Buzyn se concentre, elle trace sans préméditation des lignes, des formes, une expression graphique que le discours singulier du patient lui inspire. Au fil des séances, la parole circule d’Inconscient à Inconscient pour devenir une « œuvre commune » dont témoigne le dessin.
Elle a travaillé dans les services hospitaliers de Paris, en maternité, néonatalogie, pédiatrie et  a supervisé des services de périnatalité en Province. Elle a donné de nombreuses conférences en France et à l’étranger (Chine, Canada …), sur le thème de la  » La relation précoce mère / bebé » et sur celui de « La  créativité ».

Elle est l’auteur notamment de  Papa, maman, laissez-moi le temps de rêver, Albin Michel, 1999 ; Éduquer à la confiance; en soi, en l’autre, aux autres. À l’école, en famille et dans tout lieu de la vie sociale, avec Denis Gobry, éd. Chronique Sociale, 1999 ; Me débrouiller, oui, mais pas tout seul, Albin Michel, 2001; La Nounou, nos enfants et nous; le guide, Albin Michel, 2005 ; Je t’aime donc je ne céderai pas !, Albin Michel, 2009 ; Quand l’enfant nous délivre du passé, Odile Jacob, 2011.

Eva-Marie Golder

Elle est docteur en psychologie et psychanalyste. Élève de Françoise Dolto et de Marcel Czermak, elle exerce en cabinet libéral à Paris et anime des formations à la psychopathologie infantile à Paris et en province. Elle a enseigné à l’université de Strasbourg, a travaillé en Action Éducative en Milieu Ouvert et en psychiatrie infantile. Elle est notamment l’auteur d’Au seuil de l’inconscient, le premier entretien, Payot et d’Au seuil de la clinique infantile, Erès, Un temps pour apprendre, un espace pour penser, Retz
Elle a travaillé en séminaire avec Etty Buzyn pendant plusieurs années sur la question de cette production picturale insolite au sein des séances d’analyse et continue toujours à explorer la question de la construction de la pensée durant la petite enfance et le destin des psychopathologies précoces.

Nicole Yvert

L’expérience de Nicole Yvert s’est trouvée beaucoup enrichie par sa pratique psychanalytique auprès de bébés traumatisés, mobilisant tous ses sens pour fabriquer de la pensée. Aussi a-t-elle été particulièrement sensible aux productions graphiques d’Etty Buzyn, productions témoignant de son écoute intense, avec tout son corps.

Elle est l’auteure aux éditions des crépuscules de : Accomplir la promesse de l’aube, 2016, Vous qui savez ce qu’est l’amour, 2020, et de Macha dans les pas d’Antigone, 2024.

 

Georges Bataille

RENCONTRE / DEBAT

Georges BATAILLE
et la société d’aujourd’hui

Un regard critique sur la gestion avec l’œil de
Georges Bataille
: une composition d’art brut ?

Avec
François De March, Jean-Paul Dumond, Catherine Millet,
Christine Noël-Lemaitre, François L’Yvonnet, Andreu Solé, Eric Gautier,
Eleonora Montagner et Jean-François Chanlat. 

Les auteurs et contributeurs viendront vous présenter l’ouvrage et parler
avec vous de ce qu’ils ont cherché à faire.

Dimanche 3 décembre de 14h à 17h – entrée libre

Halle Saint Pierre – à l’auditorium
Réservation indispensable : 01 42 58 72 89


LA RENCONTRE
 

GEORGES BATAILLE (1897-1962) s’est engagé dans les années 30 dans des mouvements révolutionnaires, puis dans une critique sociale et anthropologique, parfois radicale, de la société industrielle. Quelle est la portée de sa voix dans un  monde, dit post-industriel ?

Georges Bataille permet de revisiter les fondements marchands de la société contemporaine (et de l’érotisme), les responsabilités que se donnent et que peuvent avoir les entreprises, les rapports de travail dont les suicides ne sont pas absents et les utopies qu’il est possible de fonder. Bataille retourne les lieux communs et ouvre à de nouvelles lectures.

Après une mise en perspective de Georges Bataille avec Kojève, Simone Weil et Baudrillard (François L’Yvonnet) il sera souligné la contribution de Bataille à une anthropologie élargie éclairant le monde contemporain (Jean-François Chanlat). Dans un second temps, il sera proposé plusieurs perspectives sociétales sur l’art et l’érotisme (Catherine Millet ; Christine Noël-Lemaitre), sur le fonctionnement des entreprises (Eleonora Montagner ; Eric Gautier) et sur l’organisation économique et politique de la société (Andreu Solé).

Les débats seront introduits et animés par les auteurs-coordinateurs du livre “Un regard sur la critique avec l’oeil de Georges Bataille” (François De March ; Jean-Paul Dumond). Un temps à la fin permettra à celles et ceux qui le souhaitent d’avoir une dédicace de l’ouvrage et/ou de dialoguer avec les auteurs présents.

Il est demandé de vous inscrire à la manifestation au : 01 42 58 72 89 (inscription gratuite).

LE LIVRE

Cet ouvrage fait suite au premier colloque interdisciplinaire consacré à la pensée de Georges Bataille comme fondement d’une critique des sciences de gestion. 60 ans après sa mort, alors que beaucoup d’auteurs de la « French Theory » qu’il a influencés sont sollicités dans cette discipline pour la critiquer, du moins dans plusieurs pays anglophones, Bataille y est peu mobilisé et en France jamais.

Ce livre ne vise pas qu’à répondre à ce paradoxe. En illustrant la «valeur d’usage» du regard de Bataille sur de nombreuses situations vécues par nos contemporains, il est un appel à recourir plus largement à sa pensée dans l’ensemble des sciences humaines et sociales. Après un rappel de Bataille écrivain, familier de la psychanalyse, son œuvre est positionnée au regard de plusieurs auteurs dont Alexandre Kojève, Jean Baudrillard et Simone Weil. Sa portée critique est, ensuite, déclinée en trois grands thèmes. Le premier est la critique anthropologique et épistémologique que peut nourrir Bataille. Le deuxième porte sur le travail, ses conditions d’effectuation et certaines activités sociales, comme la rencontre sexuelle ou amoureuse. La dernière critique s’adresse aux outils de gestion et à leur emprise sur la vie quotidienne des salariés. 

Se nourrissant de philosophie, d’histoire, d’anthropologie, d’économie, d’analyses gestionnaires, mais aussi de critiques artistiques et littéraires, cet ouvrage invite chacun, universitaire ou citoyen, à porter un regard bataillien, c’est-à-dire décalé, transperçant, ironique et vivant sur la réalité qui est la nôtre.

Dirigé par François De March, chercheur associé à l’Institut de Recherche en Gestion de l’Université Paris-Est Créteil et Jean-Paul Dumond, Professeur des Universités, Institut de Recherche en Gestion de l’Université Paris-Est Créteil. Cet ouvrage comprend les contributions de Laurent Bibard, Jean-François Chanlat, François De March, Jean-Paul Dumond, Ilaria Fornacciari, Emmanuel Gabellieri, Marina Galletti, Eric Gautier, François L’Yvonnet, Catherine Millet, Cédric Mong-Hy, Eleonora Montagner, Christine Noël-Lemaitre, Frédéric Porcher, Alf Rehn, Michèle Richman, Elisabeth Roudinesco, Andreu Solé et Christian Walter.

Un regard critique sur la gestion avec l’œil de Georges Bataille :
une composition d’art brut ?

En août 2016, la revue Artpress publiait un trimestriel sous le titre « Valeur d’usage de Georges Bataille ». Jacques Henric s’interrogeait dans l’introduction sur l’«Usage de Bataille pour comprendre le tragique de notre époque».

Notre ouvrage ne prétend pas répondre à l’entièreté de cette interrogation mais il ne vise pas non plus à renouveler ce qui a été déjà fait cent fois, à savoir commémorer, commenter, voire idolâtrer Bataille.

Plus modestement, mais aussi de façon plus novatrice, il essaye de penser des situations contemporaines relevant des sciences de gestion et plus largement des sciences sociales en prenant le parti de l’envers de la normalité et en recourant aux notions batailliennes : la référence à « acéphale » pour conjurer la malédiction du travail et appeler au retour des pirates,  le sacrifice et la souveraineté pour rendre compte des suicides au travail, l’érotisme pour critiquer les sites de rencontre, la dépense improductive pour remettre en cause la comptabilité, l’ « économie générale » pour la critique des théories dominantes de l’innovation, le jeu bataillien contre les théories mathématiques du jeu, le « capitalisme mûr » pour éclairer les zones d’ombres de la « responsabilité sociale des entreprises », le non-savoir comme contrepoint des épistémologies à l’œuvre en gestion et en sciences sociales. La portée anthropologique de la pensée de Bataille est mise en évidence à travers la notion d’interruption d’un côté et celle de pluridisciplinarité de l’autre sans oublier l’exigence d’une libération de la « cage » économique. Et bien sûr, Bataille est confronté à certains de ses contemporains (Kojève, Simone Weil) et à ses critiques (Baudrillard) après avoir rappelé ses liens avec l’art et la psychanalyse.

L’ouvrage, tout en étant très unifié, apparaît aussi comme un fourre-tout fait de bric et de broc d’où surgissent l’originel, l’impossible, l’hétérologie, le disloqué, le gouffre …et qui ressemble à une composition d’art brut. Il n’est pas sans rappeler les articles iconoclastes de Bataille dans la revue Documents.

 

Le monde de Tim

Présentation du Monde de TIM :
la vie d’un artiste et paysan haut-marnais

avec Tim
Le réalisation, François-Marie Lapchine
et
Maryvonne Rincent, Jean-Michel Douche, les découvreurs, partageront le fruit de leurs recherches lors d’une conférence et projection à la Halle Saint Pierre le :

Samedi 18 novembre 2023, à 15 heures
Réservation conseillée : 0 14 25 872 89

Halle Saint Pierre – à l’auditorium, entrée libre

Jean-Michel Douche a découvert par hasard le travail de Tim, un artiste et paysan haut-marnais anonyme du XXe siècle. Pendant 10 ans, il a épluché 35 ans de dessins.

« Je n’ai jamais rencontré Tim. » Pourtant, Le Monde de Tim a marqué les dix dernières années de Jean-Michel Douche. Les chemins des deux hommes se sont croisés par hasard. Alors que Jean-Michel Douche passait son temps libre à arpenter les vide-greniers de la région, il tombe sur deux caisses de moteurs de locomotives à Nogent. Quelques mois plus tard, pendant son rangement hivernal, il découvre les œuvres de Tim.

Dès lors, une passion nait. Jean-Michel Douche et sa femme se mettent à retracer l’histoire de Tim en parcourant 35 ans de dessins. « La vie de Tim transpire par ses dessins », dit Jean-Michel Douche.

 

CLUB BIZARRE

CONFERENCE PERFORMATIVE
A l’occasion de la parution du livre
CLUB BIZARRE
de Nathalie Quintane et Stéphane Bérard
Editions PLI, septembre 2023
Nous présenterons leur ouvrage singulier aux confluences du dadaïsme
et l’après-littérature, au cours d’une conférence performative.

Samedi 4 novembre de 14h à 16h – entrée libre
Halle Saint Pierre – à l’auditorium
Réservation recommandée : 01 42 58 72 89

« Cabinet curieux de l’expérimentation écrite, ce qui à première vue semble être un livre est en fait un jeu de piste, ayant pour but l’esquive systématique des attentes du lecteur. À chaque fois que ce dernier croit tenir un angle, il se trouve immédiatement face à une courbe et ainsi de suite. Une lecture assurément déroutante pour les gardiens du sens et de la signification, mais c’est précisément la prouesse du texte. » – David Hoare – Club Bizarre ou le calembours retrouvé.

Plus d’infos sur le blog DIACRITIK

 

 

Conférence

Conférence du Collège international de philosophie
organisée en coopération avec l’Université Paris 8 – Vincennes – Saint-Denis (LLCP),
avec les laboratoires CAPHI, CREN et CRINI de Nantes-Université
et avec le soutien de la Halle Saint-Pierre.

Vendredi 20 octobre, 13 heures – entrée libre  
Halle Saint Pierre – à l’auditorium
Réservation indispensable : 01 42 58 72 89

Où en est l’École de Francfort ?

Nommé directeur de l’Institut de recherches en sciences sociales, en 2021, Stephan Lessenich interroge le devenir de la critique en sciences humaines aujourd’hui à partir d’une réflexion sur la sociologie, sur la Théorie critique dans l’état du monde existant. Cent ans après la fondation, il revient sur le mythe de l’Institut de Francfort, sur son aura et sur sa réalité ; sur l’idée même de succéder à Theodor W. Adorno. Cela afin de répondre une nouvelle fois à Georg Lukács, lequel voyait dans le projet francfortois le Grand Hôtel de l’Abîme.
Stephan Lessenich rend compte des renversements qu’il entend opérer dans la sociologie, et de sa façon singulière de la pratiquer, non sans se référer à la conception bourdieusienne de la sociologie comme sport de combat.
Le titre de la conférence et le contenu s’appuient sur le texte publié en allemand sur le site de l’Institut de recherches en sciences sociales et traduit en français par Alexander Neumann dans la revue Variations, n.26 à paraitre. https://journals.openedition.org/variations/

Stephan Lessenich est professeur de théorie sociale à l’Université Goethe de Francfort-sur-le-Main et directeur de l’Institut für Sozialforschung (IfS).

Stifter

RENCONTRE / TABLE RONDE 

L’ ATELIER DU ROMAN
à l’occasion de ses 30 ans organise une table ronde sur 

STIFTER AUJOURD’HUI

Adalbert Stifter (1805 – 1868). Lu et aimé à son époque, admiré plus tard par des grands écrivains comme Nietzsche, Walser, Kafka et Kundera, l’auteur de L’Arrière-Saison est probablement l’écrivain le plus actuel de nos jours : personne autant que Stifter, qui a aussi été un excellent paysagiste, n’a réussi à lier l’humaine condition à la beauté (et non à l’utilité) de la nature.

Samedi 28 octobre 2023 à 15 heures – entrée libre
Halle Saint Pierre – à l’auditorium
Réservation conseillée : 01 42 58 72 89

TABLE RONDE

Lakis Proguidis animera une discussion autour de quatre lectures différentes
de l’œuvre stiftérienne :

1- un monde qui valorise la lenteur par Eryck de Rubercy,
2 – un monde idyllique, par Denis Grozdanovitch,
3 – un univers d’inquiétante étrangeté par Pascal Hecker,
 4 – une exploration de l’humain considéré comme un monde particulier par
Jean-Yves Masson.

 

Adalbert Stifter (1805 – 1868), natif de Bohême, peintre, pédagogue, romancier et nouvelliste, est resté à l’écart des grands bouleversements artistiques et culturels qui ont commencé à secouer l’Europe au milieu du XIXe siècle. Ce qui ne signifie pas que son œuvre n’a pas été, et n’est toujours, appréciée et aimée. Cependant Stifter n’a jamais été considéré comme faisant partie des écrivains qui ont marqué durablement l’imaginaire des Européens. Peut-être alors le temps est venu de le découvrir. Peut-être son « écart » du canon moderniste traduit l’œuvre d’un écrivain qui avait pris ses distances par rapport au monde qui à son époque se dessinait à l’horizon et qui est aujourd’hui le nôtre.

  1. Pourquoi un numéro de L’Atelier du roman sur Stifter ?

Pourquoi relire Stifter aujourd’hui ? Pourquoi revenir à ce peintre et écrivain de langue allemande de la première moitié du XIXe siècle ? Natif de Bohême, qui faisait alors partie de l’Empire autrichien, Stifter a beaucoup été apprécié de ses contemporains. Depuis, son œuvre n’a cessé de séduire des grands écrivains de tous bords, de Nietzsche à Kafka et de Walser à Kundera. En France son œuvre est traduite abondamment et continue à être éditée et rééditée.
Mais ce n’est pas seulement pour ses qualités littéraires déjà reconnues que nous proposons ce retour à Stifter. Nous sommes absolument convaincus que Stifter, par son humanisme et par ses rapports d’amitié avec la nature, est plus que jamais actuel.
Qui sait ? Peut-être, à moins cinq, le temps est-il venu d’entendre la voix qui émane des profondeurs de cette œuvre : la nature n’a pas besoin tant de notre protection que de notre affectivité.

  1. Et pourquoi une table ronde sur Stifter ?

L’Atelier du roman ne se contente pas de la simple publication d’articles sur tel ou tel sujet. Il fait tout pour lancer la discussion. De préférence dans un endroit où peuvent se rassembler écrivains et public. L’essentiel est d’ouvrir le dialogue vers d’autres points de vue, de croiser nos lectures. Plus on parle en commun d’une grande œuvre artistique, plus la sensibilité de chacun en est imprégnée. Et plus nous sommes capables de lire le Livre du monde. De cette disponibilité d’écouter les autres, on ne trouvera de meilleur exemple que Stifter lui-même. On peut dire que la beauté exceptionnelle de son œuvre résulte de son dialogue avec les hommes et avec la nature. Et de sa foi en la valeur unique et irremplaçable de tout ce qui vit.

Une table ronde n’est pas un débat. Dans un débat il y a forcément des perdants et des gagnants. Dans un dialogue tout le monde gagne. En priorité l’œuvre.

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Notices biographiques des intervenants

Jean-Yves Masson, né en 1962, a étudié la littérature et la philosophie. Il publie ses premiers poèmes en 1986 et, à partir de 1989, se fait connaître comme traducteur d’italien, d’allemand et d’anglais. Ancien élève de l’Ecole Normale Supérieure, il commence une carrière universitaire puis s’en détourne pendant près d’une dizaine d’années pour vivre de ses activités de traducteur littéraire, d’éditeur (directeur du domaine allemand des éditions Verdier), et de critique littéraire, collaborant régulièrement au Panorama de France Culture dans les années 1990. Il publie ses premiers livres de poésie en 1995 : Offrandes (éd. Voix d’Encre), Onzains de la nuit et du désir (Cheyne éditeur), et son premier roman en 1996 (L’isolement, éd. Verdier). Il soutient une thèse de littérature comparée en 1998 et enseigne à l’université, d’abord à Nanterre, puis à la Sorbonne à partir de 2004, tout en continuant à collaborer au Magazine littéraire où il tient pendant dix ans une chronique sur la poésie. Il a publié à ce jour trois livres de poèmes (dont Neuvains du sommeil et de la sagesse, prix Max Jacob 2008), deux romans, des aphorismes, des essais et un livre de nouvelles, Ultimes vérités sur la mort du nageur (éd. Verdier, 2007) qui lui vaut le Prix Goncourt de la nouvelle. En 2015, il fonde avec Philippe Giraudon une maison d’édition artisanale diffusée par Les Belles Lettres, les éditions de la Coopérative, dont le catalogue atteint 80 titres fin 2023. Dans le cadre universitaire, il a notamment co-dirigé avec Yves Chevrel une Histoire des traductions en langue française en quatre volumes publiée aux éditions Verdier de 2012 à 2018, fruit du travail de près de 200 collaborateurs, qui décrit et évalue pour la première fois de façon précise la place du travail des traducteurs dans la constitution du patrimoine intellectuel de la langue française. Ses travaux portent sur la théorie de la traduction, la poétique et les relations entre musique et littérature. Pour son œuvre de traducteur d’allemand, il a reçu en 2015 le Prix lémanique de la traduction, et pour ses traductions de l’italien, le Prix du ministre italien de la culture en 2016. Il est membre étranger de l’Académie bavaroise des Beaux-Arts (section littérature) depuis juillet 2023.
Jean-Yves Masson a traduit et édité de très nombreux auteurs allemands, italiens et irlandais classiques aussi bien que contemporains. Il a traduit Descendances d’Adalbert Stifter chez Jacqueline Chambon en 1996 (rééd. Cambourakis, 2018). Sa traduction du dernier récit de Stifter, Dans la forêt de Bavière, est à paraître en 2024 aux éditions de la Coopérative avec une préface de Wolfgang Matz.

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Eryck de Rubercy, essayiste, auteur notamment des Douze questions à Jean Beaufret à propos de Martin Heidegger (Aubier, 1983, réédition Univers-Poche, coll. Agora, 2011 avec une lettre-préface de Marguerite Yourcenar) et de Parfums (Fata morgana, 2009), critique littéraire, membre du comité de rédaction de la Revue des Deux Mondes, est aussi traducteur d’écrivains et de poètes allemands (Prix Nelly-Sachs, 2004), notamment des Lettres sur Cézanne de R. M. Rilke (Cahiers de l’Énergumène, 1983), des essais sur Hölderlin de Max Kommerell (Aubier, 1989), de poèmes de Stefan George (Maximin, 1981 et Effigies, 2004, Fata morgana.), ainsi que de cinq volumes de l’œuvre d’August von Platen (La Différence, 1993-2002) et de Grèce de Hugo von Hofmannsthal (Isolato, 2012).
On lui doit également l’ouvrage Brancusi (Cercle d’art, 1995) et l’édition des Trois variations sur Claude Monet de Louis Gillet (Klincksieck, 2010) ainsi que celle de ses essais et conférences De Giotto à Matisse (2012, Klincksieck, 2012) mais aussi de la monographie d’Eugène Plon consacrée à Bertel Thorvaldsen (2020, Klincksieck).
On lui doit par ailleurs la présentation d’œuvres d’Ernst Meister (Éditions du Rocher, 2005), de Gottfried Benn, de Peter Handke (La Différence, 2006), de Friedrich Gundolf traduit par Alexandre Vialatte sur Heinrich von Kleist (Éditions du Félin, 2011), d’articles de la Revue des Deux Mondes sur Les totalitarismes : communisme et nazisme dans les années trente avec une préface de Michel Crépu (Christian Bourgois éditeur, 2010), de textes sur La controverse Wagner à propos de Tannhäuser à Paris en 1861(Univers-Poche, coll. Agora, 2012) et des Pensées de Jean Paul Richter (Univers-Poche, coll. Agora, 2016).
C’est sa relation familière avec la nature dans l’activité de sauvegarde d’un parc paysager qui est à l’origine de son anthologie Des poètes et des arbres (La Différence, 2005) et de la traduction en 1998 des Aperçus sur l’art du jardin paysager du prince parcomane Hermann von Pückler-Muskau, dont il a traduit également la Petite revue de parcs anglais (Klincksieck, 2014).
Il est aussi l’auteur de l’Esthétique du jardin paysager allemand XVIIIe-XIXe siècle (Klincksieck, 2014), ouvrage mené en collaboration avec Stéphanie de Courtois et Marie-Ange Maillet et dernièrement de La matière des arbres (Klincksieck, 2018). À paraître en 2024 : L’univers des arbres (Bouquins).

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Denis Grozdanovitch, Curriculum vitae quasi exhaustif
1946  Naissance à Paris, par un jour de pluie tenace…
1950  Ma grand-mère Madeleine m’offre ma première raquette de tennis.
1952  Je passe beaucoup de temps dans le fond du jardin en compagnie du chat et du chien. J’observe passionnément les insectes et je fais connaissance avec la solitude – à qui je tenterai par la suite et aussitôt que j’en aurai l’occasion, de fausser compagnie.
1958 Après la visitation d’une pensée fugitive, qui m’apparait comme merveilleuse, je  commence à rédiger des carnets.
1963  Je remporte le Championnat de France junior de tennis.
1964  Je découvre Blaise Cendrars et je réalise que je suis  un contemplatif contrarié.
1965   Je voyage beaucoup avec l’Équipe de France de Tennis ; je remporte un certain nombre de tournois et je deviens très vaniteux.
1966  Le jury d’examen décide, ému par mon éloquence brouillonne, de m’allouer le baccalauréat Philo bien que je n’ai répondu correctement à aucune question.
1967 J’intègre l’IDHEC (Institut des Hautes Etudes Cinématographiques) et je filme inlassablement mes voisins, les nuages et les canards du Parc Montsouris. On me reproche un défaut de casting.
1968   Depuis le balcon de mon appartement, j’observe avec beaucoup d’intérêt ce que je peux apercevoir des événements de Mai, cependant, à cette époque, je m’intéresse nettement plus à la botanique.
1972  Je découvre le Squash et je joue tous les jours. Je fréquente assidûment la cinémathèque de Chaillot et l’aquarium juste en face où je donne la plupart de mes rendez-vous galants.
1975 Je remporte le Championnat de France de Squash. Naissance de ma fille Emilie. Je lis Proust. Je voyage aux Etats-Unis.
1976  Je découvre La Courte Paume, qui deviendra mon sport de prédilection. Je n’ai toujours pas lu un livre de Marguerite Duras.
1978 Coup de foudre pour ma future épouse Judith, sans qui je n’aurais sans doute jamais eu le courage de publier un seul livre.
1980  Je perds mon titre de champion de France de Squash conservé cinq ans.
1981 Je deviens membre actif de l’Ecole du Chat, association bénévole qui nourrit les nombreux chats errants (vraisemblablement alléchés par les relents tenaces des poissons exotiques) qui se sont réfugiés dans les décombres de L’aquarium du Trocadéro désormais détruit et où je ne peux plus donner mes rendez-vous galants.
1982  Après la troisième tentative, je ne parviens toujours pas à terminer l’Ulysse de James Joyce. Je n’ai toujours pas lu un livre de Marguerite Duras.
Je publie divers textes dans diverses revues dont la NRF de Gallimard, sous la houlette de Jacques Réda.
1992   Beaucoup plus affecté par la mort de mon chat que par l’écroulement de l’empire soviétique.
1994     Rien de particulier.
1995    J’écris un recueil de poèmes « secs » intitulés : « La Faculté des Choses » –  Publié au Casrtor Astral avec une préface « divinatoire » de Francis Dannemark.
1997 Très désorienté par la mort de mon père qui fut un merveilleux mentor dans toutes les disciplines artistiques, existentielles et sportives.
1999  Mort de ma sœur Isabelle dans un chambre impersonnelle de l’hôpital Villejuif, tandis qu’en contrebas, au cœur d’un terrain vague, des enfants font voler dans le vent un cerf-volant rouge.
2001  Durant l’été, je rédige, presque sans y penser et comme guidé par une sorte de fil onirique, le « Petit Traité de Désinvolture ».
2002   23 août : parution du « Petit Traité » aux éditions José Corti qui devient un best-seller grâce au bouche à oreille.
Septembre : beaucoup d’articles élogieux dans la presse, je reçois de nombreuses lettres de lecteurs.
Octobre : le livre est nominé pour le prix Renaudot Essais, pour le prix Décembre, Fondation Wepler, Cultures et Dépendances, Cazes, Grand-Gousier à Saumur, France Télévision. Le Livre n’obtient aucun de ces prix.
Novembre : le livre reçoit le prix de La Société des Gens de Lettres. Classé N°7 dans la sélection des Vingt meilleurs livres de l’année par le Journal Lire.
2003  Je tente de me remettre de toutes ces émotions, qui ont bousculé le train paisible de mes habitudes, en me consacrant à mon élevage d’escargots de Bourgogne. J’observe attentivement la manière qu’ont ces sages petites bêtes de rentrer dans leur coquille à la moindre alerte ! J’envisage d’abandonner définitivement le projet de lire un jour Marguerite Duras… Je commence à correspondre régulièrement avec Simon Leys en Australie, il approuve mon renoncement.
2005 Mon recueil Rêveurs et nageurs (José Corti) reçoit le Prix des Librairies initiales.
Je prends la décision irrévocable de ne plus me déplacer qu’à vélo dans Paris.
2006  Parution chez Robert Laffont, de « Brefs aperçus sur l’éternel féminin» qui me valent ce que j’escomptais : un certain nombre de nouveaux contacts féminins…  et accessoirement le Prix Alexandre Vialatte,
2008 Août : ma mère meurt à l’hôpital en me recommandant de bien remettre les clefs du garage à leur place, parce que sans ça on ne s’y retrouve plus ! Avril. Parution de Le petit Grozda, les merveilles oubliées du Littré. (Points -Seuil) avec une préface de Philippe Delerm ; Durant tout l’hiver, grosses crises d’extra-systoles que j’attribue au contrecoup de la disparition de ma mère. Juillet. Parution aux éditions du Castor Astral de mon recueil de poèmes La Faculté des choses qui enthousiasme une de mes voisines de palier d’ordinaire très péjorative sur ma production littéraire..
2009 Avril : parution de L’art difficile de ne presque rien faire aux éditions Denoël, avec une préface de Simon Leys et un dessin de couverture de Jean-Jacques Sempé. Ce livre me vaut dans le Figaro Littéraire un article élogieux de Yann Moix (! ?) intitulé Bréviaire anti-moderne.
En octobre paraissent mes Minuscules Extases – chronique élogieuse de Bernard Pivot dans Le Journal du Dimanche,
2011  Publication de mon seul Roman – La secrète mélancolie des marionnettes – aux éditions de L’Olivier. Excellent article de Pivot qui me nomine pour le prix Goncourt du premier roman.
Je publie un recueil de mes photos intitulé L’exactitude des songes aux Editions du Rouergue.
La Puissance discrète du hasard aux éditions Denoël – je passe un certain temps avec Sempé pour discuter du dessin de couverture..
Petit éloge du temps comme il va – Folio-Gallimard.
Le génie de la bêtise chez Grasset – succès de librairie.
2019  Dandys et excentriques, les vertiges da la singularité–  Grasset – Prix Saint-Simon remis à la Ferté-Vidame sur les terres du duc.
2021  La vie rêvée du joueur d’échecs – Grasset. Je reçois un abondant courrier de fervents des échecs qui me pointent mes inexactitudes quant à mes note biographiques sur les champions d’échecs.
2021  La gloire des petites choses – Grasset. L’Académie Française décerne le prix Roland de Jouvenel à ce livre qui traite de la poésie moderne minimaliste et de la question (cruciale pour notre époque éprise de gigantisme) du small is beautiful.
Je me tâte pour savoir si je vais tenter la lecture d’un livre d’Annie Ernaux, sans parvenir à me décider…

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Lakis Proguidis, essayiste et critique littéraire.
Ses études universitaires de génie civil à l’Université de Thessalonique (Grèce) sont interrompues par son emprisonnement de cinq ans dû à son activité contre la dictature des colonels (1967-1974) et terminées après la chute de la dictature. Il exerce dans son pays natal le métier d’ingénieur des travaux publics.
Il s’installe à Paris en 1980 avec la décision de se consacrer à la littérature, but qui correspond mieux à ses aspirations et lectures de jeunesse. Dès le début de ce nouveau départ, il se sent attiré plus par les questions d’esthétique et d’ontologie du roman que par l’écriture d’œuvres romanesques. Il commence alors à étudier très systématiquement l’œuvre de Rabelais et, parallèlement, commence des études littéraires. Il s’inscrit à deux séminaires à l’École des Hautes Etudes en Sciences Sociales ; à celui de Milan Kundera, pendant toute sa durée (1981-1994), sur les grands romanciers de l’Europe centrale et, pendant dix ans (1982-1992), à celui d’Yves Hersant sur la Renaissance. Il devient l’assistant de Kundera en 1987. Par ailleurs, Kundera accepte de diriger sa thèse (la seule qu’il a dirigée en France). La Conquête du roman  – De Papadiamantis à Boccace, 1994. Le livre paraît aux Belles Lettres en 1997 avec une préface de Kundera. Kundera souligne l’importance de cet essai pour la compréhension du roman comme un art autonome, à l’instar de la musique, de la danse, etc.
En 1993, Lakis Proguidis fonde et dirige depuis la revue littéraire trimestrielle L’Atelier du roman (Buchet/Chastel). Le but de la revue est le dialogue esthétique transnational sur l’art du roman à partir des œuvres romanesques de tous les temps et non à partir de théories. Jusqu’aujourd’hui ont participé à L’Atelier du roman plus de sept cents écrivains d’une trentaine de pays.
L’Atelier du roman organise chaque année depuis 1999 une Rencontre d’écrivains sur des thèmes ayant un rapport avec l’art du roman. À partir de 2014 ces Rencontres, appelées Rencontres de Thélème, ont lieu à Chinon. En 2022 un nouveau cycle a été inauguré : « Lire et relire Rabelais ».
De 2005 à 2010 il enseigne comme professeur invité aux Universités McGill, Laval et Montréal. Il participe à plusieurs colloques internationaux dans différents pays, contribue à une dizaine d’ouvrages collectifs et publie des articles aussi bien dans d’autres revues que L’Atelier du roman.

Œuvres :
Un écrivain malgré la critique – Essai sur l’œuvre de Witold Gombrowicz (Gallimard, 1989).
La Conquête du roman – De Papadiamantis à Boccace (Les Belles Lettres, 1997, préface de Milan Kundera).
De l’autre côté du brouillard – Essai sur le roman français contemporain (Nota bene, 2001, Canada).
L’Âme numérique – À propos de L’Homme sans qualités de Robert Musil, Pesaro (Italie), Metauro edizioni, 2005, Italie.
Rabelais – Que le roman commence ! (éditions Pierre-Guillaume de Roux, 2017).
Principaux prix et distinctions
2020 Bourse Cioran 2020
2019 Grand Prix de l’essai littéraire du PEN Club français pour Rabelais – Que le roman commence !
2011 Prix de la Fondation Prince Louis de Polignac.
2003 Prix de l’Association des Amis de Valery Larbaud.
2002 Grand Prix littéraire de la Ville d’Antibes Jacques Audiberti.
2001 Prix de l’Académie française – soutien à la création littéraire.
1999 Prix Michel Dard pour Un écrivain malgré la critique, essai sur l’œuvre de Witold Gombrowicz.
1991 Lauréat en « Lettres et sciences humaines » de la Chancellerie des Universités de Paris.