OUTSIDER PARIS 2026




Pour la première fois, Outsider’ Paris se déploie entre deux lieux. Au Bastille Design Center, les 18 galeries forment le cœur marchand et professionnel de la foire. À la Halle Saint-Pierre, à Montmartre, une programmation hors-les-murs accompagne la foire pendant toute sa durée : exposition, spectacle, musique et rencontres.

Cette édition élargie ne se contente pas d’ajouter un second lieu. Elle crée une circulation entre foire, exposition, spectacle vivant, édition et rencontres — un véritable parcours autour de l’art brut à Paris, au cœur de la semaine de l’art.

À la Halle Saint-Pierre

En parallèle de la foire, Outsider’ Paris investit l’espace galerie de la Halle Saint-Pierre avec un solo show consacré au sculpteur mozambicain Zefrino Chilaule, présenté par Galerie Pol Lemétais.

À partir de casseroles, couvercles et objets métalliques récupérés, Zefrino Chilaule fait surgir visages, figures et animaux, sans jamais effacer la mémoire des objets qui les composent.

Zefrino Chilaule — Solo Show
1er–31 octobre 2026
Halle Saint-Pierre — espace galerie

VENDREDI 23 OCTOBRE · Auditorium de la HALLE SAINT PIERRE

M. Un amour suprême

Gustavo Giacosa / Fausto Ferraiuolo

https://www.outsiderparis.com

CONTACT PRESSE
Arthur Blanc
+33 (0) 6 21 88 63 90
arthurblanc.communication@gmail.com


ANTOINE PARIS


Ne me suicidez pas SVP Une exposition d’œuvre d’ANTOINE PARIS

Librairie de la Halle Saint Pierre Du 1er au 31 octobre 2026


Octobre 2026, l’IA a pris le contrôle du monde entier. Du monde entier ? Non, car la librairie de la Halle St Pierre résiste encore et toujours en exposant de la peinture bien grasse, faite au cambouis et à l’huile de flaque suspecte du métro. C’est en allant sur la tombe de Vincent à Auvers sur Oise et en constatant qu’on l’avait ornée de tournesols en plastique qu’Antoine Paris a eu l’idée de sauter du haut d’un building.

À la place, il peint en quelques jours ces peintures pleines de vie, testament pornographe à l’acrylique anonyme, qui lui assurent au final une notoriété sans borne à travers l’outre-Atlantique. Il décide donc de rester sur terre, car c’est quand même cool, en laissant ce petit mot à l’attention du room-service « Ne me suicidez pas SVP ».


L’Herbe qui tremble


Rencontre avec Constance CHLORE, Isabelle LÉVESQUE et Béatrice MARCHAL

Samedi 26 septembre à 15h dans l’auditorium de la Halle Saint Pierre


Rien du pire
Isabelle Lévesque

Rien du pire prolonge le précédent recueil d’Isabelle Lévesque à L’herbe qui tremble, Je souffle, et rien. Ici aussi, il est question de fleuve, de vent, de falaises, de craie sur lesquels repose un secret, secret qui n’est pas de glace ni muet, mais au contraire de couleurs, de vibrations, car « tout ce qui tremble m’éblouit » écrit la poète.
Là est peut-être le secret de la poésie d’Isabelle Lévesque,

Lorsqu’une étoile paraît,
l’horizon se multiplie dans l’instant.


C’est son secret et son espoir.

Orphée // Le monde
vibrera comme une immense lyre //
Eurydice
Constance Chlore

Le mythe d’Orphée se déploie dans une succession de poèmes sériels, de galops, de fleurs, de tableaux, de pierres tombales, de ruptures graphiques.
Constance Chlore mêle sources, traces et imaginaire, à sa propre interprétation du mythe. Elle redonne un destin à Eurydice. Orphée la croit morte. Elle est vivante. Remontée des Enfers à son insu, elle a rejoint les Ménades. Contre la doctrine d’Orphée, et son monde d’illusions, Eurydice choisit le réel et la terre. 

Le Possible et l’Inconnu Béatrice Marchal

Comment désensabler la parole, libérer ce qui ne survient qu’à travers les mots du poème et permet de renouer avec soi ? Dans la quête des « terres de l’enfance » se dessine, au cœur d’une vision élargie, par-delà un horizon que Michèle Iznardo déplace à sa guise, de l’extérieur à l’intérieur, un chemin singulier où se conjuguent le possible et l’inconnu.


Rencontre et lectures avec trois poètes récemment publiées à L’herbe qui tremble : Béatrice Marchal (le Possible et l’inconnu), Constance Chlore (Orphée) et Isabelle Lévesque (Rien du pire).

Réservation au 01 42 58 72 89 

Au cœur du surréalisme bruxellois, le petit homme du rien (eds du Sandre)


Eric Van Den Abeele présente

Le petit homme du rien (du Sandre eds)

Dimanche 20 septembre à 15h dans l’auditorium de la Halle Saint Pierre



Comédien, cabaretier, galeriste, poète, Geert van Bruaene (1891-1964) fut l’un des artisans majeurs de l’effervescence artistique bruxelloise au XXe siècle. Précurseur instinctif, celui qui se fait nommer le Petit Gérard, Zérar la Malice ou Gérard l’Absolu incarne toute une époque de créativité débridée et de résistance aux normes.

Entre 1921 et 1964, il fonde à Bruxelles pas moins d’une vingtaine de lieux aux enseignes énigmatiques dont À l’Imaige Nostre-Dame, La Fleur en papier doré, laquelle existe toujours aujourd’hui, ou encore Le Diable par la queue. Aux côtés d’oeuvres d’artistes tels que James Ensor, Joan Miró, Otto Dix, Hans Arp, Max Ernst, Jean Dubuffet et René Magritte avec qui l’amitié fut immédiate, il y expose des croûtes chinées au marché aux puces.

Tour à tour passeur d’avant-gardes et défenseur de ce qu’il appelle l’intuition des humbles et des bricoleurs du quotidien, Geert van Bruaene aura inscrit son action au croisement des scènes belge et internationale et traversé le siècle de la « Belgique sauvage » comme un météore, laissant derrière lui des aphorismes savoureux, imprimés sur de petits papillons distribués à la volée, et le souvenir de fertiles amitiés, notamment avec E. L. T. Mesens, Paul Nougé, Louis Scutenaire, Jane Graverol et Rachel Baes.

Cette enquête vivante suit les traces de ce personnage inclassable et attachant comme on remonte une filière clandestine, à travers galeries disparues, estaminets mythiques et images saisissantes. À l’appui de plus de 200 documents rares, souvent inédits, elle retrace le parcours du « Petit homme du rien » qui n’a cessé de brouiller les pistes pour mieux relier les mondes de l’art, du verbe et de la rue.

 


Dimanche 20 septembre, dans l’auditorium, l’auteur Éric Van den Abeele sera présent pour une présentation de son livre Le petit homme du rien (éditions du Sandre), déjà disponible à la librairie de la Halle Saint Pierre.

Réservation conseillée au 01 42 58 72 89 ou communication@hallesaintpierre.org

L’Art Brut ressourcé – Michel Thévoz


Présentation du dernier ouvrage de Michel Thévoz, L’Art Brut Ressourcé

En présence de l’auteur, Michel Thévoz, historien de l’art, essayiste et ancien directeur de la Collection de l’Art Brut.



L’époque héroïque de l’Art Brut et ses zones d’élection, psychiatriques, carcérales et spirites, sont aujourd’hui révolues. Pour autant, l’Art Brut n’a perdu ni sa vitalité ni sa virulence. Il découle d’autres sources, notamment de ce qu’on pourrait appeler les « ateliers participatifs», qui se démarquent de l’art-thérapie, et engagent au contraire une réciprocité artistiquement fructueuse. Les personnes en déficience physique ou mentale qui les fréquentent, dès lors bénéficiaires d’une assistance personnelle et matérielle, y répondent par des productions qui nous interpellent en contre-champ sur la normalité elle-même.

Dans le même temps – et ce n’est pas une coïncidence – on a vu l’émergence, à l’échelle planétaire, de micro-collectivités et d’auto-organisations du genre ZAD, installations rurales communautaires, squatteurs, graffeurs, etc., qui se signalent par un art du recyclage, par une participation en extension, qui nous tirent de notre sidération platonique et bigote en matière d’art.

Il s’agit ici de rendre compte d’une reconfiguration, d’une transversalité et d’une pratique de l’art coextensive à l’ensemble des activités humaines – reconfiguration si ce n’est préfiguration, tant il est vrai que, par écho inversé, les événements se répercutent dans l’art avant de se produire comme réalité…

 


À l’occasion de la prochaine exposition « Art Brut Ressourcé, La « S » Grand Atelier, la Halle Saint Pierre invite Michel Thévoz à présenter son dernier ouvrage, L’Art Brut Ressourcé (Knock Outsider). La présentation sera suivie d’un échange avec le public.

 

Réservation recommandée au 01 42 58 72 89 ou à communication@hallesaintpierre.org

Mister ZOZO

MISTER ZOZO

Sur les murs de la librairie du 1er juillet au 30 septembre 2026



« L’humour de Mister Zozo s’accompagne d’une vérité crue. Il est impossible de voir un de ses dessins sans savoir qu’il en est l’auteur. Son monde est cohérent, profondément original et complètement unique. »

Emil Ferris



Sylvain Granjon, alias Mister Zozo est un artiste pluridisciplinaire autodidacte (dessins, photomontages, céramiques…) Il vit et travaille aux Lilas.

Après une première carrière de comédien/circassien, il se tourne vers les arts plastiques. Sa pratique, marquée par l’humour noir et la comédie burlesque (héritage de son univers théâtral) donne naissance à une explosion colorée de personnages qui tentent, tant bien que mal, de masquer les dérives de notre société.

Exposé dans de nombreux pays, il collabore régulièrement avec la presse française (Le Monde, Télérama, Libération, La Croix, Philosophie magazine, Causette…)


« Chacune de ses photos maquillées, chacun de ses dessins est un rire énorme et panique, cousin de celui de Topor, qui perce le réel et laisse entrer l’ailleurs. »

Jean Michel Ribes

 


Émilie Buzyn – Régis R


BAÏKONOUR, LE CIEL EN HÉRITAGE

AVANT LES ETOILES

Du 10 juillet au 30 septembre 2026 dans la galerie de la Halle Saint Pierre

Entrée libre


BAÏKONOUR, LE CIEL EN HÉRITAGE

À l’entrée de la ville de Baïkonour. Plusieurs bas-reliefs illustrent l’histoire du site et mentionnent les différents noms qui ont été donnés à la ville depuis 1958 : Léninsk et Baïkonour, après que Boris Eltsine l’a renommée d’après le nom du cosmodrome le 20 décembre 1995. Aujourd’hui, 60 000 personnes y vivent en permanence.

 » Il y a cinquante ans l’aventure spatiale commençait au cœur de la steppe kazakh. Ce qui devait devenir le premier et le plus grand cosmodrome du monde et permettre à Spoutnik et Gagarine d’atteindre l’espace, fut établi dans une zone isolée et hostile.
Une ville, Leninsk, fut créée à proximité.  Aujourd’hui les projets pharaoniques permis par la guerre froide sont terminés mais l’aventure spatiale continue. Cependant l’avenir du cosmodrome demeure incertain : en 2017, les activités du site seront transférées vers la Russie. J’ai voulu documenter cette civilisation du spatial en péril. « 

Émilie Buzyn


Lors du lancement d’un cargo Progress, conçu pour ravitailler la Station spatiale internationale. Le 24 octobre 1960, lors de son vol inaugural, le missile intercontinental R-16 a explosé sur la rampe de lancement, tuant des dizaines d’ingénieurs et de techniciens soviétiques.
Sur le pas de tir n°1 duquel Youri Gagarine a été envoyé dans l’espace le 12 avril 1961. Les hauts responsables de l’astronautique russe sont réunis, pour le lancement d’un cargo Progress. Sur la façade, les mots : « Au nom de la paix et du progrès » entourent l’image de Spoutnik, le premier satellite.

Émilie Buzyn – Photographe et photojournaliste

Après avoir étudié à l’ESAG et au Central Saint Martins College of Art & Design de Londres, Émilie Buzyn obtient le diplôme de l’École Nationale Supérieure des Arts Décoratifs (ENSAD) de Paris. Elle avait auparavant poursuivi des études de biologie et de géologie, avant de se tourner vers une formation artistique à l’ENSAD où elle expérimente de très nombreuses sections pour finalement choisir la section graphisme/multimédia.

C’est à Londres, au Central Saint Martins, qu’elle découvre la photographie. De retour en France, elle passe son diplôme de l’ENSAD en section photo et obtient la mention spéciale du jury.

Toujours intéressée par le domaine scientifique, elle réalise des reportages en rapport avec le thème spatial : Baïkonour, Star City, Soyouz-Kourou, vol 300 0G avec le CNES, Observatoire de Paris-Meudon-Nançay. 

À partir de 2014, Émilie Buzyn se rend dans le Kurdistan irakien pour couvrir l’avancée de l’État islamique, amorçant un long suivi du conflit. En 2017, elle photographie la chute de Raqqa aux côtés des Forces Démocratiques Syriennes pour Le Point, documentant notamment la détention des djihadistes français dans les prisons du Rojava. En 2018, seule photoreporter sur place, elle témoigne de l’offensive turque sur le canton d’Afrin et du sentiment d’abandon des Kurdes par les Occidentaux. 

En 2003, elle est choisie par la Mairie de Paris et la Maison Européenne de la Photographie comme photographe officielle pour la Nuit Blanche à Paris. Cette même année, elle reçoit une bourse lors du festival « Biarritz Terre d’Images ».

En 2004, son travail sur le thème de l’eau et des hommes réalisé dans les Pyrénées-Atlantiques est exposé lors de la dernière édition du festival. Elle obtient également en 2004 la bourse de la Fondation Jean-Luc Lagardère, qui lui permet de produire un reportage sur le cosmodrome de Baïkonour au Kazakhstan, où elle effectue plusieurs séjours. Elle a par ailleurs été primée au prix SCAM du portfolio.

Son travail a été publié dans de nombreuses revues : Beaux-Arts MagazineImages MagazineTechnikartGQ, et plus récemment XXIM Le Magazine du MondeLa VieMarianne

En 2006, elle participe à l’ouvrage collectif Vivre le Sport pour Lagardère. 

Son reportage sur Baïkonour est publié dans le Revue XXI. 



AVANT LES ETOILES

Avant les observatoires

Avant les fusées

Avant les conquêtes spatiales

L’humanité levait les yeux vers le ciel

Avant d’imaginer quitter la Terre, l’humanité éprouvait la nécessité de s’élever. Depuis les premières civilisations, elle n’a cessé de dresser des formes vers le ciel : menhirs, ziggourats, pyramides, obélisques, stūpas, cathédrales, tours ou gratte-ciel. Toutes procèdent d’un même désir d’élévation. Toutes dessinent ce que les grandes traditions nomment axis mundi, cet axe symbolique reliant la terre au ciel, le visible à l’invisible.

Les œuvres de Régis-R prolongent cette histoire. Elles empruntent les formes de l’aérospatiale mais en déplacent profondément le sens. Assemblées à partir des matériaux emblématiques de notre modernité — plastiques, contenants industriels, objets trouvés et fragments manufacturés — elles ne célèbrent pas la conquête de l’espace. Elles réinventent l’un des plus anciens récits de l’humanité : celui d’une humanité qui n’a jamais cessé de vouloir dépasser les limites apparentes de sa condition.

Chaque civilisation invente ses symboles avec la matière de son époque.

Les grands récits de l’humanité s’écrivent aussi dans la matière.

Hier la pierre, le bois ou le bronze ; aujourd’hui le plastique.

Chaque époque érige ainsi ses propres axis mundi. Entre les mains de Régis-R, cette matière cesse d’être le symptôme d’une époque pour devenir le support d’une nouvelle mythologie. Ce qui relevait du monde de l’usage rejoint celui du symbole.

Les fusées de Régis-R ne cherchent pas à conquérir l’espace ; elles nous rappellent que l’imagination demeure le plus ancien des voyages.

 

Basé à Paris, Régis-R développe depuis plus de trente ans une œuvre de sculpture et d’assemblage fondée sur la collecte d’objets trouvés. Présentée en France comme à l’international, son œuvre compose une mythologie contemporaine où les vestiges de notre quotidien deviennent les matériaux d’un imaginaire en perpétuelle métamorphose.

ARAFAT — LE BRUIT DES COULEURS


Arafat

Le Bruit des couleurs

Du 10 juin au 29 juin sur les murs de la librairie de la Halle Saint Pierre



Depuis que je travaille à la Halle Saint-Pierre je m’intéresse à l’art notamment à l’art brut ! Travailler là-bas m’a fait découvrir un art sans filtre, d’une liberté totale C’est cette authenticité qui m’a donné envie de le pratiquer. Par rapport à mon travail en tant qu’artiste je dessine et je peins. Je travaille à l’instant et parfois méticuleusement ! Ce que je vais présenter à la librairie de la Halle saint-Pierre et un ensemble de choses, des mélanges de portrait masquer, des têtes animaux hybride. 

Arafat GBADAMASSI


« Chaque oiseau a la couleur de son cri »
Malcolm de Chazal


Le travail de l’artiste Arafat Gbadamassi, né en 1989, se déploie depuis plusieurs années, entre autres, au travers du dessin et plus particulièrement de séries de pastels secs et fusain sur des formats raisin ou A3.

Il y développe un univers peuplé de figures : masques, portraits, animaux et créatures ou encore formes plus symboliques, à la frontière de l’ésotérisme. Ses sujets, Arafat Gbadamassi ne leur donne, formellement, qu’une identité vague, pas tout à fait définie. Les masques ont autant de l’Afrique que de l’Alaska ou l’Océanie. Les portraits n’ont pas de genre, ils sont universels. Il prend ses sources dans tout type de documents, de l’histoire de l’art aux journaux, s’en détachant rapidement pour s’approprier très vite une forme qui devient elle-même source de transformations et ainsi exister dans un univers sans référence précise. Les dessins d’Arafat Gbadamassi sont sans doute autant réceptacles que projections.

En effet, il y a dans son travail une dimension qu’il qualifie lui-même de « spirituelle ». On pourrait aller jusqu’à évoquer le dessin spirite, Desmoulins et d’autres, ou bien encore les dessins visionnaires de Théophile Bra. On retrouve cette idée de mouvement, de vitesse presque, d’un déplacement de dimension, d’une vibration. Pourtant chez ces merveilleux prédécesseurs, il manque une chose qui remplit les dessins d’Arafat Gbadamassi : la couleur. Il se décrit lui-même comme méticuleux, il l’est particulièrement quant à choisir ses teintes. Il semble presque les écouter, se tenant toujours très près de ses outils. Et il les applique avec beaucoup d’intensité et de soin, alternant des gestes de tracés délicats, de dépôts de pigments plus frénétiques puis de frottements au doigt pour faire de la couleur une masse, un dégradé, une vibration encore. Chacun de ces gestes produisant un son autant qu’un effet visuel. Les deux semblent liés et orchestrés dans une forme de volonté qui laisserait pourtant possible toutes les variations qui s’offrent à cette composition qui tient de l’improvisation autant que du processus bien établi. Arafat Gbadamassi est attentif à son sujet pour ce qui le compose, si c’est un masque, les nuances et le niveau de contraste seront concentrés. Si c’est un tigre, un animal hybride, les mélanges se feront plus aisément. S’il travaille le motif de l’œil, il traversera la couleur, utilisera plus de noir, intensifiera encore le contraste. C’est donc bien la couleur dessinée que nous offre à voir Arafat Gbadamassi et il nous fait même accéder à bien plus que cela. Si l’on regarde, bien attentivement, comme lui, ses dessins, nous les verrons vibrer, au sens sonore autant qu’optique, et nous entendrons le bruit des couleurs.

Alexandre Leger