ARAFAT — LE BRUIT DES COULEURS


Arafat

Le Bruit des couleurs

Du 10 juin au 29 juin sur les murs de la librairie de la Halle Saint Pierre



Depuis que je travaille à la Halle Saint-Pierre je m’intéresse à l’art notamment à l’art brut ! Travailler là-bas m’a fait découvrir un art sans filtre, d’une liberté totale C’est cette authenticité qui m’a donné envie de le pratiquer. Par rapport à mon travail en tant qu’artiste je dessine et je peins. Je travaille à l’instant et parfois méticuleusement ! Ce que je vais présenter à la librairie de la Halle saint-Pierre et un ensemble de choses, des mélanges de portrait masquer, des têtes animaux hybride. 

Arafat GBADAMASSI


« Chaque oiseau a la couleur de son cri »
Malcolm de Chazal


Le travail de l’artiste Arafat Gbadamassi, né en 1989, se déploie depuis plusieurs années, entre autres, au travers du dessin et plus particulièrement de séries de pastels secs et fusain sur des formats raisin ou A3.

Il y développe un univers peuplé de figures : masques, portraits, animaux et créatures ou encore formes plus symboliques, à la frontière de l’ésotérisme. Ses sujets, Arafat Gbadamassi ne leur donne, formellement, qu’une identité vague, pas tout à fait définie. Les masques ont autant de l’Afrique que de l’Alaska ou l’Océanie. Les portraits n’ont pas de genre, ils sont universels. Il prend ses sources dans tout type de documents, de l’histoire de l’art aux journaux, s’en détachant rapidement pour s’approprier très vite une forme qui devient elle-même source de transformations et ainsi exister dans un univers sans référence précise. Les dessins d’Arafat Gbadamassi sont sans doute autant réceptacles que projections.

En effet, il y a dans son travail une dimension qu’il qualifie lui-même de « spirituelle ». On pourrait aller jusqu’à évoquer le dessin spirite, Desmoulins et d’autres, ou bien encore les dessins visionnaires de Théophile Bra. On retrouve cette idée de mouvement, de vitesse presque, d’un déplacement de dimension, d’une vibration. Pourtant chez ces merveilleux prédécesseurs, il manque une chose qui remplit les dessins d’Arafat Gbadamassi : la couleur. Il se décrit lui-même comme méticuleux, il l’est particulièrement quant à choisir ses teintes. Il semble presque les écouter, se tenant toujours très près de ses outils. Et il les applique avec beaucoup d’intensité et de soin, alternant des gestes de tracés délicats, de dépôts de pigments plus frénétiques puis de frottements au doigt pour faire de la couleur une masse, un dégradé, une vibration encore. Chacun de ces gestes produisant un son autant qu’un effet visuel. Les deux semblent liés et orchestrés dans une forme de volonté qui laisserait pourtant possible toutes les variations qui s’offrent à cette composition qui tient de l’improvisation autant que du processus bien établi. Arafat Gbadamassi est attentif à son sujet pour ce qui le compose, si c’est un masque, les nuances et le niveau de contraste seront concentrés. Si c’est un tigre, un animal hybride, les mélanges se feront plus aisément. S’il travaille le motif de l’œil, il traversera la couleur, utilisera plus de noir, intensifiera encore le contraste. C’est donc bien la couleur dessinée que nous offre à voir Arafat Gbadamassi et il nous fait même accéder à bien plus que cela. Si l’on regarde, bien attentivement, comme lui, ses dessins, nous les verrons vibrer, au sens sonore autant qu’optique, et nous entendrons le bruit des couleurs.

Alexandre Leger


Rencontre autour de Roland Sig


Rencontre autour de Roland Sig

Dimanche 10 mai 2026 à 15h dans l’auditorium de la Halle Saint Pierre

Roland Sig, proche d’André Breton dès le début des années 50, est resté dans l’ombre, pour diverses raisons. Mais il a laissé une œuvre magnifique, de très nombreux collages et livres uniques pratiquement jamais montrés. L’exposition qui se tient actuellement rue Jacob, à l’initiative de la librairie-galerie Métamorphoses et des librairies J-F. Fourcade et Solstices est l’occasion de lui rendre sa place au sein du mouvement surréaliste dont il est resté partie prenante jusqu’à sa mort en janvier 1985.

Patrick Lepetit


Dimanche 10 mai 2026 à 15h dans l’auditorium de la Halle Saint Pierre, rencontre autour de Roland Sig avec Patrick Lepetit.

Poète et collagiste inscrit dans la mouvance surréaliste, Patrick Lepetit est aussi l’auteur de plusieurs essais, dont Le Surréalisme, parcours souterrain (Éditions Dervy, 2012) et Surréalistes et alchimistes, chemins croisés (Séléna éditions, 2023), qui ont tous deux été traduits en anglais (États-Unis) par Inner Traditions.

 

Richard Laillier


Richard Laillier à la Librairie de la Halle Saint Pierre

Du 5 au 31 mai 2026


« Autodidacte né en 1961, je commence à peindre en 1982 et réalise ma première exposition personnelle de peintures et gravures sur lino en 1986 au Théâtre du Ranelagh à Paris. Depuis 1991, je travaille principalement la mine de pierre noire, en élaborant une technique particulière d’effacement après recouvrement intégral du support. Parallèlement aux arts-plastiques, je me suis formé « sur le tas » à la machinerie de théâtre et j’ai intégré en 1995 celle de l’Opéra National de Paris que j’ai quittée en 2009 afin de me consacrer à mes créations, c’est également en 1995 que j’ai intégré ma première galerie d’art. J’expose régulièrement en galerie et participe aussi régulièrement à des expositions collectives thématiques en galerie, musée et structures associatives. « 

Richard Laillier


Découvrez une partie de l’univers de Richard Laillier du 5 au 31 mai 2026, sur les murs de la librairie – entrée libre – 

Le Cocon – Le parcours hors du commun de Judith Scott

Rencontre autour de la BD Le cocon

Alexandre de Moté (scénariste) et Natacha Sicaud (dessinatrice)

Le samedi 25 avril 2026 à 15h, dans l’auditorium de la Halle Saint-Pierre, venez à la rencontre d’Alexandre de Moté et Natacha Sicaud, qui vous présenteront la BD Le Cocon, parue en février 2026 aux éditions Glénat. La rencontre sera suivie d’une séance de dédicace. La BD sera disponible à la librairie de la Halle Saint-Pierre.


Basée sur une documentation riche, cette biographie retrace le destin exceptionnel de Judith Scott (1943-2005). De l’enfance brisée à l’émergence de son œuvre, elle interroge notre rapport à la différence, à la création et à l’inclusion.

Préfacé par Lucienne Peiry, historienne de l’art et ancienne directrice de la Collection de l’Art Brut à Lausanne, ce roman graphique bouleversant signé Natacha Sicaud et Alexandre de Moté nous invite à regarder autrement l’art et le handicap.

Née en 1943 dans l’Ohio, Judith Scott est atteinte de trisomie 21 et de surdité. Dans l’Amérique des années 1950, son handicap est mal compris : jugée « inapte », elle est séparée de sa famille et surtout de sa sœur jumelle, Joyce, avec qui elle entretenait un lien profond malgré l’absence de langage verbal commun. Commence alors pour Judith une longue période d’institutionnalisation, loin des siens.
Trente-cinq ans plus tard, Joyce parvient à obtenir la tutelle de sa sœur et lui offre une nouvelle vie. Installée à Oakland, Judith rejoint le Creative Growth Art Center. C’est là, à 44 ans, qu’elle découvre la sculpture textile : des objets enveloppés de fils, des formes mystérieuses et organiques qui deviennent son mode d’expression privilégié. À travers ces œuvres singulières, Judith tisse un langage propre, intime, presque thérapeutique, et se reconnecte peu à peu au monde. Aujourd’hui, elle est reconnue comme une figure majeure de l’Art Brut.


Diplômé de l’ERG (École de Recherche Graphique, Bruxelles) en 2004, Alexandre De Moté participe ensuite à plusieurs expositions en Belgique (« Par la bande », « Usage externe ») et en France (« Paris province ; Bruxelles capitale », centre Wallonie Bruxelles…).

En 2006, il rejoint le collectif bruxellois Nos Restes. La même année, il reçoit le prix de la Communauté Française lors de l’exposition Médiatine. Entre 2009 et 2013, il a publié 5 bandes dessinées (Employé du moi, 5C, Alter comics) et participe régulièrement à divers collectifs. Il est le scénariste et le dessinateur de nombreuses bandes dessinées. Sacha est sa première série d’albums Jeunesse. 


Natacha Sicaud obtient son DNAP, option bande dessinée aux Beaux-Arts d’Angoulême. Elle poursuit ensuite ses études et obtient en 2001 son DNSEP, option illustration aux Arts Décoratifs de Strasbourg. Depuis 1996, elle collabore au fanzine « Lapis-Lazuli ». En 2000, elle participe au « Comix 2000 » chez L’Association, pavé de 2000 pages de bande dessinée. En 2002, elle illustre « Rêve de Chien » chez Nathan. Sa série « Savaneries » pour Glénat compte désormais six albums.


Shuto

Shuto Todoroki

Exposition Librairie du 13 avril au 4 mai 2026


Shuto se voit diagnostiquer à l’age de 3 ans un trouble du développement proche
de l’autisme. Jusqu’à ses 10 ans, il lui est impossible de tenir un stylo et d’écrire correctement. Ses parents cherchent des solutions, tentent de le motiver, rien n’y fait. Ils tentent alors un apprentissage utilisant les ekaki uta (chansons japonaises pour apprendre à dessiner). Cela marque le point de départ de son évolution jusqu’à aujourd’hui. Il commence avec enthousiasme à dessiner tout en chantant, se met à griffonner partout, sur du papier, mais également sur le mur de sa chambre, même sur ses draps. Il passe ses journées à dessiner sur des feuilles format A4, qu’il jette régulièrement pour recommencer son travail jusqu’à en être satisfait. La proportion est d’environ 2000 feuilles pour une œuvre achevée. Ses peintures imprégnées de joie et
colorées constituent une écriture unique faite de hiragana, katakana, lettre
d’alphabet, kanji etc. En 2016 il débute l’art-thérapie qui lui permet d’aborder de nouvelles formes d’expression. Cependant le style qui le caractérise, développé dès son enfance, perdure encore aujourd’hui. Shuto, qui a toujours eu du mal à s’exprimer
verbalement, représente sa propre vision du monde à travers ses peintures, avec
lesquelles il communique durant tout le processus de création.



Du 20 novembre au 18 décembre 2024, l’exposition Possibles infinis a été présentée au public dans le cadre du festival IMAGO. Grâce aux échanges avec les membres du festival, nous avons pu découvrir le travail de Shuto Todoroki.


Festival IMAGO

Pour une société plus humaine et généreuse

Tous les deux ans, le Festival IMAGO présente son lot de découvertes et d’inventivités où le handicap se saisit de la création contemporaine.

Plus d’une cinquantaine de lieux ont choisi de rejoindre un réseau de partenaires engagés qui partagent les valeurs du Festival IMAGO:  artistes et publics, en situation de handicap, ont toute leur place dans l’espace culturel et artistique.

 


Vénus d’Ailleurs

Présentation de la maison d’éditions Vénus d’Ailleurs

Venus d’Ailleurs est une maison d’édition installée dans le sud de la France qui fête, cette année, ses 20 ans d’existence.

Se jouant des frontières des genres, Venus d’Ailleurs est devenu le symbole d’un collectif extensible et hybride, où cohabitent artistes et écrivains, mais également, anthropologues, folkloristes, ‘patascientifiques, ésotéristes, cinéastes, musiciens… Les contributeurs évoluent dans Venus d’Ailleurs sur un mode subtilement anarchique et proposent d’ouvrir un dialogue sans restriction.

Ce qui unit toutes ces personnalités dans Venus d’Ailleurs réside dans un esprit et une esthétique. Une conception du livre comme merveille, musée portatif, utopie libertaire à s’approprier, entreprise sans fin et espace collaboratif d’expérimentation graphique et littéraire. Ils fréquentent les alentours du surréalisme, du dadaïsme, de Fluxus, et les formes liées à l’art de l’illusion, du rêve, du brut et du kitsch. Ils abusent du dissonant, de la circulation entre les arts et de l’exploration sans GPS.
Avec le temps, le collectif se forge une identité polymorphe, intrigante, qui se déploie sur les tables de leurs lieux d’expositions, rappelant les cabinets de curiosités du XVIème siècle.


Ce dimanche 22 mars, Yoan Armand Gil présentera les activités de la maison d’édition, avec entre autres, la nouvelle revue HALO, ainsi que les projets artistiques en relation avec les 20 ans de la structure.


Cette présentation se poursuivra avec Dominique Pauvert et son livre « Le prince des Cornes » qui met en correspondance les œuvres de Bosch et Bruegel avec les traditions carnavalesques.

Dominique Pauvert est agrégé d’histoire, préhistorien, Occitaniste, docteur en histoire de l’art, ethno-mythologue et carnavalier, Vice-président de la Société de mythologie française et membre du laboratoire MICA de l’Université Bordeaux Montaigne.

Sa thèse « Jérôme Bosch et Pieter Bruegel l’ancien, peintres de la religion carnavalesque », publiée sous le titre « La Religion Carnavalesque », a été rééditée en novembre 2025 par Venus d’Ailleurs dans une version augmentée et richement illustrée : « Le Prince des Cornes ».

En compagnie de Christine Escarmant, il est l’un des fondateurs du CRIC (Centre de Recherches Interdisciplinaire sur les Carnavals) et la SOMI (Societat Occitana de MItologia). Depuis des années, ils travaillent sur le paysage mythologique et la recréation de carnavals traditionnels vivants, notamment à Plazac (Dordogne) avec la “maison du Carnaval et des mythologies populaires”.

 » Le carnaval, envisagé dans son espace européen, est un ensemble de fêtes antérieures au christianisme, dont les liens avec d’autres fêtes de l’Antiquité grecque, romaine, proche-orientale, celte, germanique, etc., permettent de dégager des caractères communs invariables, qui se retraduisent dans les cultures populaires des pays européens, à l’intérieur et à l’extérieur du christianisme. Dans notre sphère géoculturelle de l’Europe occidentale, carnaval est bien une fête pagano-chrétienne qui se célèbre encore en marge du christianisme, ou en confrontation avec lui, et en marge de l’ordre civil établi. (…) « 


La fin d’après-midi se conclura avec un échange avec les auteurs présents (Tristan Felix, Flambermont, Dominique Pauvert, Christine Escarmant, Laurent Segalini, Eric Phalippou…) qui signeront leurs ouvrages.

Exposition Librairie – Codex Urbanus

Codex Urbanus

Du 4 février au 4 mars 2026 sur les murs de la Librairie


Codex Urbanus est un street artist parisien qui trace depuis plus de 15 ans, à la faveur de la nuit, un bestiaire d’animaux fantastiques en dessin direct sur les murs de la ville, et plus particulièrement à Montmartre ou beaucoup de ses chimères sont visibles.

Aujourd’hui, ce sont plus de 800 créatures hybrides qui ont défilé dans les rues, arborant toujours leur nom latin, pour offrir une collection chimérique de naturaliste que de nombreux passants et passionnés chassent et inventorient.

Il est également l’auteur de plusieurs livres, dont un essai sur l’existence même du street art

Pourquoi l’Art est dans la Rue ? », Critères Éditions, 2018

Fables Subies, Critères Éditions, 2021

Ou encore un guide pour reconnaître 150 artistes travaillant sans autorisation dans les rues de Paris 

Petit Atlas de Poche du Street Art de Paris et sa Banlieue, Omniscience, 2024 

Tous disponibles à la Librairie de la Halle Saint Pierre.

Codex Urbanus exposera à la librairie de la Halle Saint Pierre (4 février au 4 mars 2026) en parallèle de son exposition au Musée de Minéralogie de l’école des Mines de Paris (du 29 janvier au 27 juin 2026) pour un dialogue inattendu entre ses créatures et l’une des plus grandes collections de minéraux du monde. 


Alice Massénat

Alice Massénat expose sur les murs de la Libraire de la Halle Saint Pierre du 4 au 31 décembre

Poétesse habitée et radicale, Alice Massénat trace dans ses textes le sillon d’une langue sauvage, qui lacère et s’ouvre sur un gouffre où la langue se défait pour mieux renaître.

Sa poésie mêle le rythme, le son et l’âpreté pour laisser surgir la voix des rêves ou celle des traumas.
L’univers de ses mots flirtant avec l’image il était donc naturel de découvrir l’autre versant de son œuvre : le dessin.

Exposés à la librairie pour la première fois, ces dessins sont autant de territoires révélés par le trait et la couleur.
Des gestes spontanés d’où émergent des images, des zones mouvantes où l’inconscient affleure, des mondes à l’écoute de la voix intérieure de chacun.

Victoria Rose

L’artiste Victoria Rose expose son Paper Art sur les murs de la Librairie Du 7 au 30 novembre 2025


Victoria Rose est une artiste plasticienne autodidacte dont l’univers visuel explore la joie, la couleur et l’imaginaire. Elle dessine et peint des œuvres composées de milliers de points de tailles et de rythmes différents, formant des paysages poétiques où le rêve occupe une place centrale. Son travail s’inscrit dans une approche multidisciplinaire mêlant peinture, dessin, collage, papier et création d’objets.

Inspirée par la nature, les textures et les matières, elle développe une recherche autour du papier à travers : le tissage sous diverses formes, la réalisation de labyrinthes, d’entrelacs et de parcours visuels, le collage et la conception de lettrage, la création de bols en papier et d’objets uniques à partir de matériaux naturels ou recyclés.

Chaque œuvre est entièrement façonnée à la main, conférant à chaque pièce son  caractère singulier, unique et artisanal.

Engagée dans la transmission, Victoria Rose anime régulièrement des ateliers d’art plastique au sein d’établissement scolaire et culturels, et participe à la conception de décors ainsi qu’à la réalisation de scénographies de vitrines.

Son compte Instagram présente un aperçu de son univers artistique et photographique et constitue un espace privilégié de contact et d’échanges autour de son travail. 


Editons L’Herbe qui tremble – Rencontre en poésie

Les éditions L’herbe qui tremble présentent Une rencontre en poésie autour de trois ouvrages

Samedi 22 novembre à partir de 14h30 dans l’auditorium de la Halle Saint Pierre


 

 

Elle dit : « Connaissez-vous la mer je vous y mènerai, nous la prendrons ensemble, on prend comme ça la main de nos enfants, oui quand ils pleurent dans la nuit jaune, qu’ils se salissent et se retournent […] Connaissez-vous la mer, fermez les bras sur elle, dans nos silences elle est là tout entière, elle roule dans les moulins du désir qui tournent dans nos reins ».

Toute la mer de Claudine Bohi, ce sont tous les désirs, toutes les enfances, tous les rêves et toutes les chutes, le flux et le reflux de la musique du monde, « le retour en nous de l’espérance », la recherche de soi-même en prenant les sentiers de la poésie.


Au jour le jour est un grand et beau livre de poèmes empreints de mélancolie. « Ces pays perdus / autant que les mots, / ils sont derrière toi. » Le futur, le poète s’en préoccupe : « Te faudra-t-il quitter tes pas sur des chemins sans issue, maintenant que tu as pris note de ton absence future sans trop y croire pourtant ? » Certes sans trop y croire. La vie, le sentiment de vivre toujours, s’imposent irrésistiblement. « Le fleuve n’a pas changé de cours, / même si la nuit s’est épaissie / l’aube ne faillira pas. »
Nous retrouvons dans ce dernier recueil les poèmes courts dont Max Alhau maîtrise si bien l’écriture. Le poème, qu’on lit vite, ouvre d’infinis chemins de pensées.

 

 


 

 

Le 12 mai 2008 à 2 h 28, un tremblement de terre de magnitude 8 a ravagé la province du Sichuan occidental en Chine, jetant des millions de personnes sur les routes et tuant des dizaines de milliers d’autres. Ce fut l’un des séismes les plus meurtriers de l’histoire de l’humanité. Il devint rapidement patent qu’il y avait parmi les victimes un nombre effarant d’écoliers, ensevelis sous les décombres de leurs écoles construites par le gouvernement. Ian Boyden, plasticien, sinologue et poète américain né en 1971, s’est inspiré du travail de l’artiste chinois Ai Weiwei pour évoquer à son tour la mémoire de 108 des enfants disparus lors du séisme de 2008. Chaque poème est un hommage.