Émilie Buzyn – Régis R


BAÏKONOUR, LE CIEL EN HÉRITAGE

AVANT LES ETOILES

Du 10 juillet au 30 septembre 2026 dans la galerie de la Halle Saint Pierre

Entrée libre


BAÏKONOUR, LE CIEL EN HÉRITAGE

À l’entrée de la ville de Baïkonour. Plusieurs bas-reliefs illustrent l’histoire du site et mentionnent les différents noms qui ont été donnés à la ville depuis 1958 : Léninsk et Baïkonour, après que Boris Eltsine l’a renommée d’après le nom du cosmodrome le 20 décembre 1995. Aujourd’hui, 60 000 personnes y vivent en permanence.

 » Il y a cinquante ans l’aventure spatiale commençait au cœur de la steppe kazakh. Ce qui devait devenir le premier et le plus grand cosmodrome du monde et permettre à Spoutnik et Gagarine d’atteindre l’espace, fut établi dans une zone isolée et hostile.
Une ville, Leninsk, fut créée à proximité.  Aujourd’hui les projets pharaoniques permis par la guerre froide sont terminés mais l’aventure spatiale continue. Cependant l’avenir du cosmodrome demeure incertain : en 2017, les activités du site seront transférées vers la Russie. J’ai voulu documenter cette civilisation du spatial en péril. « 

Émilie Buzyn


Lors du lancement d’un cargo Progress, conçu pour ravitailler la Station spatiale internationale. Le 24 octobre 1960, lors de son vol inaugural, le missile intercontinental R-16 a explosé sur la rampe de lancement, tuant des dizaines d’ingénieurs et de techniciens soviétiques.
Sur le pas de tir n°1 duquel Youri Gagarine a été envoyé dans l’espace le 12 avril 1961. Les hauts responsables de l’astronautique russe sont réunis, pour le lancement d’un cargo Progress. Sur la façade, les mots : « Au nom de la paix et du progrès » entourent l’image de Spoutnik, le premier satellite.

Émilie Buzyn – Photographe et photojournaliste

Après avoir étudié à l’ESAG et au Central Saint Martins College of Art & Design de Londres, Émilie Buzyn obtient le diplôme de l’École Nationale Supérieure des Arts Décoratifs (ENSAD) de Paris. Elle avait auparavant poursuivi des études de biologie et de géologie, avant de se tourner vers une formation artistique à l’ENSAD où elle expérimente de très nombreuses sections pour finalement choisir la section graphisme/multimédia.

C’est à Londres, au Central Saint Martins, qu’elle découvre la photographie. De retour en France, elle passe son diplôme de l’ENSAD en section photo et obtient la mention spéciale du jury.

Toujours intéressée par le domaine scientifique, elle réalise des reportages en rapport avec le thème spatial : Baïkonour, Star City, Soyouz-Kourou, vol 300 0G avec le CNES, Observatoire de Paris-Meudon-Nançay. 

À partir de 2014, Émilie Buzyn se rend dans le Kurdistan irakien pour couvrir l’avancée de l’État islamique, amorçant un long suivi du conflit. En 2017, elle photographie la chute de Raqqa aux côtés des Forces Démocratiques Syriennes pour Le Point, documentant notamment la détention des djihadistes français dans les prisons du Rojava. En 2018, seule photoreporter sur place, elle témoigne de l’offensive turque sur le canton d’Afrin et du sentiment d’abandon des Kurdes par les Occidentaux. 

En 2003, elle est choisie par la Mairie de Paris et la Maison Européenne de la Photographie comme photographe officielle pour la Nuit Blanche à Paris. Cette même année, elle reçoit une bourse lors du festival « Biarritz Terre d’Images ».

En 2004, son travail sur le thème de l’eau et des hommes réalisé dans les Pyrénées-Atlantiques est exposé lors de la dernière édition du festival. Elle obtient également en 2004 la bourse de la Fondation Jean-Luc Lagardère, qui lui permet de produire un reportage sur le cosmodrome de Baïkonour au Kazakhstan, où elle effectue plusieurs séjours. Elle a par ailleurs été primée au prix SCAM du portfolio.

Son travail a été publié dans de nombreuses revues : Beaux-Arts MagazineImages MagazineTechnikartGQ, et plus récemment XXIM Le Magazine du MondeLa VieMarianne

En 2006, elle participe à l’ouvrage collectif Vivre le Sport pour Lagardère. 

Son reportage sur Baïkonour est publié dans le Revue XXI. 



AVANT LES ETOILES

Avant les observatoires

Avant les fusées

Avant les conquêtes spatiales

L’humanité levait les yeux vers le ciel

Avant d’imaginer quitter la Terre, l’humanité éprouvait la nécessité de s’élever. Depuis les premières civilisations, elle n’a cessé de dresser des formes vers le ciel : menhirs, ziggourats, pyramides, obélisques, stūpas, cathédrales, tours ou gratte-ciel. Toutes procèdent d’un même désir d’élévation. Toutes dessinent ce que les grandes traditions nomment axis mundi, cet axe symbolique reliant la terre au ciel, le visible à l’invisible.

Les œuvres de Régis-R prolongent cette histoire. Elles empruntent les formes de l’aérospatiale mais en déplacent profondément le sens. Assemblées à partir des matériaux emblématiques de notre modernité — plastiques, contenants industriels, objets trouvés et fragments manufacturés — elles ne célèbrent pas la conquête de l’espace. Elles réinventent l’un des plus anciens récits de l’humanité : celui d’une humanité qui n’a jamais cessé de vouloir dépasser les limites apparentes de sa condition.

Chaque civilisation invente ses symboles avec la matière de son époque.

Les grands récits de l’humanité s’écrivent aussi dans la matière.

Hier la pierre, le bois ou le bronze ; aujourd’hui le plastique.

Chaque époque érige ainsi ses propres axis mundi. Entre les mains de Régis-R, cette matière cesse d’être le symptôme d’une époque pour devenir le support d’une nouvelle mythologie. Ce qui relevait du monde de l’usage rejoint celui du symbole.

Les fusées de Régis-R ne cherchent pas à conquérir l’espace ; elles nous rappellent que l’imagination demeure le plus ancien des voyages.

 

Basé à Paris, Régis-R développe depuis plus de trente ans une œuvre de sculpture et d’assemblage fondée sur la collecte d’objets trouvés. Présentée en France comme à l’international, son œuvre compose une mythologie contemporaine où les vestiges de notre quotidien deviennent les matériaux d’un imaginaire en perpétuelle métamorphose.