Alex Less

Alex Less aka A4 putevie

Peintures acryliques et fanzines
Exposition du 2 au 30 mai 2018
Halle Saint Pierre – à la librairie 
Entrée libre

Portraitiste d’une civilisation crépusculaire, Alex Less fait le pont entre anthropologie et autopsie. Avec lui, la fantaisie le dispute au grotesque : trait affûté et couleurs stridentes, scrutant les collapsologies du quotidien, il fait office de dessinateur-légiste de la vanité humaine .
Une expression viscérale, souvent crue, qui rejoint la fulgurance du dessin de presse.  Avec une énergie frénétique, il produit donc inlassablement de véritables images iconiques, collisions poétiques, assaisonnées de salves de mots, jetées comme autant de haïkus tragiques . (David P.)

blog : putevie.over-blog.com
http://putevie.over-blog.com/page/81

 

Alexis Gallissaires

Alexis Gallissaires
Jour Blanc
Editions Allia, mars 2018

Samedi 26 mai à 15 heures – entrée libre

Halle Saint Pierre – à l’auditorium
Réservation conseillée : 01 42 58 72 89


Leporello — Dessins au crayon. 70 pages — 30 €

‘‘Il y a près de 4 ans, je songeais à un nouveau projet mêlant mes dessins à mes écrits. Depuis Jimmy, mon travail avait beaucoup évolué. Mes envies aussi avaient changé. À l’époque, mes dessins étaient représentés en galerie. Pourtant, je me sentais encore incomplet. J’ai commencé à rassembler mes idées et les images affluaient naturellement. Cependant, ces visions étaient martelées par le tambour des pages. Je voulais dessiner une rivière mais toutes mes intentions étaient conditionnées par la structure du cahier et les coups de poignards de ses pages. Je cherchais en vain, ma foi en mon travail s’épuisait. J’ai souvent pensé abandonner, m’avouer vaincu. Une nuit j’ai décidé d’arrêter et d’enterrer ce rêve de fleuve.

  

J’étais presque heureux. Mon livre était mort, mon avenir aussi. Parfois l’inconfort a ce talent de changer notre regard sur ce qui nous entoure. Quand j’ai vu cette longue table, je ne sais ce qui m’a fait l’envisager autrement, mais elle est apparue comme ma solution. Mon livre est devenu possible. Immédiatement, son hérédité fut révélée. J’ai revu la tapisserie de Bayeux, la colonne Trajan. J’ai repensé aux rouleaux de la Torah, aux codex mayas, aux fresques et bas-reliefs antiques. Je devais revenir à l’origine de la narration, aux bêtes noires et rouges sur les parois des cavernes. Je devais désapprendre le livre. Il me fallait être inculte.

 

J’ai commencé à dessiner et à écrire en même temps. C’était évident. J’étais heureux, au milieu de nulle part, à ma place. Je n’avais pas peur. Je savais que le papier savait tout, qu’entre les irrégularités du grain s’allongeaient déjà tous les dénouements.

Je voulais que les dessins soient l’inconscient du texte. Le seul bégaiement qu’il m’importait de montrer était celui de l’obsession. J’imaginais cet ‘éternel retour’. Dans ses répétitions seulement, l’avenir et le passé pourraient enfin mourir et ne plus jamais montrer que la paisible certitude du jour blanc. Je voulais dire combien la liberté est une
épreuve, combien la contrainte peut être un refuge.

Du deuil de cet ouvrage est né ce livre. Aujourd’hui, je ne m’en étonne plus. La mort est le berceau de chaque vie. La matière est en permanence recyclée comme dans un jeu de construction. Je voulais témoigner de ces métamorphoses et j’ai construit cet ouvrage comme une boucle. Dans ses rondeurs tournent les miracles de la réincarnation.

Jour blanc est un objet unique que nous voulions pourtant rendre accessible au plus grand nombre. Chaque instant de sa production fut un défi technique. Il est d’ailleurs intéressant de remarquer que le format du livre traditionnel a complètement découragé toutes les autres formes primitives de narration. Elles ont dû s’expatrier et tenter d’exister malgré tout dans la marginalité. Le ‘livre’ est un objet sacré. C’est un lieu de savoir, de liberté et d’émancipation. Il affranchit. Mais paradoxalement, l’intelligence et l’évidence de sa structure ont aussi invalidé toutes les autres possibilités. Ce faisant, ce classicisme formate aussi la pensée et la création. Une des lois fondamentales de la théorie de l’évolution veut que la contrainte engendre l’invention de réponses adaptatives. Jour blanc est le fruit de cet instinct.’’

Alexis Gallissaires

Jour blanc est une expérience sensuelle. Un voyage vertigineux de 16,10 mètres à dérouler, à déplier… Sa forme fut décidée par sa seule fonction, celle du métissage. Son format s’est imposé naturellement, il a même rendu ce projet possible. Dans cette frise organisée comme une boucle, les dessins n’ont pas pour vocation d’illustrer ou de répéter les mots. Non, ils sont davantage leurs rêves ou leurs cauchemars. Idéalement, il faudrait appréhender l’image comme ‘‘l’inconscient’’ de l’histoire, non comme son miroir. D’ailleurs, il n’y a pas des images mais une seule image qui mime tantôt le récit quand elle s’en souvient, tantôt le prédit.

‘‘Dans la chambre de Paul, tout est parfait. Tout est ordonné. Rien n’est inattendu et rien ne jure. Chaque relief a été effacé, même ceux qui ailleurs séparent encore les jours des nuits. Dans cette chambre, le temps bégaye, la symétrie d’un seul et unique moment. Cette monotonie, Paul l’entretient scrupuleusement car rien ne doit la briser. Alors il doit rester vigilant, il sait que la perfection exige des sacrifices. Après tout, chaque utopie est aussi une aliénation. Oui, entre ces murs, Paul a fondé une société idéale, entièrement dévouée à un seul objectif, un territoire où l’unique loi est celle de la perpétuelle égalité. C’est certain, Paul a créé un monde parfait, à ceci près, peut-être, que, dans ce monde, tout est faux. Mais, après tout, chaque rêve n’est-il pas aussi une hallucination ?’’

 

Alexis Gallissaires est né en l’an de grâce 1980 à Perpignan, une charmante bourgade nichée entre les Pyrénées et la Méditerranée.
En 2005, il a illustré le deuxième roman d’Oliver Rohe, Terrain Vague (Allia).
Son premier livre, Jimmy, est paru en 2006 (Allia). Par la suite, son travail a été présenté
par la galerie Alfa (Drawing Now, Armory Show et Art Paris).
Il a aussi collaboré à plusieurs revues et magazines (Inculte, Feuilleton, Technikart ou encore Transfuge).

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Éditions Allia – 16, rue Charlemagne 75004 Paris – 01 42 72 77 25 –
allia@editions-allia.com – contact : Benoit Bidoret

Joël Gayraud

RENCONTRE / DEDICACE

Joël Gayraud
La Paupière auriculaire
Éditions Corti

Samedi 12 mai à partir de 12 heures 30 – entrée libre

Halle Saint Pierre – à la librairie
Réservation conseillée : 01 42 58 72 89

LE LIVRE

Harcelé par le brouillage et la cacophonie médiatiques, l’homme contemporain est menacé de surdité mentale et émotionnelle. Il a le plus grand besoin d’interposer une paupière protectrice entre son oreille et le déluge d’informations qui l’assaille. C’est seulement ainsi qu’il pourra filtrer ce qui a du sens et mérite d’être pensé. Pratiquant cette écoute sélective, l’auteur interroge, sous forme de fragments allant de l’aphorisme au petit essai, tout ce qui, au fil des jours, sollicite sa vigilance ou sa rêverie : entre autres thèmes sont abordés ici le sens du mythe, la projection utopique, les passions de l’amour, notre rapport à l’animal et à la nature, le statut de l’objet, du langage et du livre, l’expression artistique, de Corot au Street art, de Kafka à Rimbaud, non sans quelques excursus philologiques et philosophiques du côté de Spinoza, Leopardi et Levinas. Une dérive ironique et critique qui cible les impostures toujours plus nombreuses sur le marché et exalte les occasions d’émerveillement qui se dévoilent dans les interstices d’une vie menée sous le signe de la poésie.

 

L’AUTEUR

Joël Gayraud.

Né en 1953 à Paris.
Essayiste (La Peau de l’ombre, Éditions Corti, 2004), poète (Clairière du rêve, Passage public, Ocelles), traducteur (Ovide, Érasme, Machiavel, Straparole, Leopardi, Pavese, Agamben). Publie des articles critiques et des textes poétiques dans de nombreuses revues françaises ou étrangères (Europe, Critique, L’Œuf sauvage, L’Or aux treize îles, Nomades, Analogon, Phosphor, A Phala etc.).

 

Extraits de presse

« Joël Gayraud cisèle aphorismes et réflexions variées comme autant de filtres contre le boucan extérieur »
(Frédéric Pagès, Le Canard enchaîné, 3 janvier 2018).

« Ce remarquable livre est l’héritier d’une noble tradition de fragments poético-philosophiques, qui va des moralistes du Grand Siècle jusqu’aux Minima Moralia de Theodor W. Adorno,  en passant par Novalis et Leopardi.  Joël Gayraud est quelqu’un dont l’idéal est de  “rêver au fil des jours,  aimer au fil de la nuit, écrire au fil de l’épée et vivre au fil du rasoir” […] Les aphorismes et fragments ici rassemblés […] constituent une dérive – au sens situationniste et surréaliste du mot – ironique et critique qui cible les impostures modernes sans renoncer à la quête du merveilleux.  »
(Michael Löwy, Blog Médiapart, 5 février 2018).

« Ces sujets s’entrelacent à des réflexions sur l’oubli, la représentation graphique de l’infini, le style de Céline. S’y mêlent aussi des appels à la “contamination généralisée des âmes” face à “l’hygiène mentale” et même des mises en garde : “La barbarie ne s’annonce pas toujours sous une forme barbare. Elle peut n’apparaître d’abord que comme une régression mineure de la civilisation.” Un roboratif bonheur de penser, tant, pour Joël Gayraud, la poursuite de la vérité et de la volupté sont inséparables »
(Richard Blin, Le Matricule des anges, n°191 mars 2018).

 

Joseph Kurhajec

Masques

Exposition du 2 au 30 avril 2018
Vernissage samedi 7 avril à partir de 15 heures
Halle Saint Pierre
– à la librairie

 

Joseph Kurhajec (né en 1938 à la frontière du Canada, dans le Wisconsin) est un artiste américain remarquable, dont la réputation serait établie depuis long temps si le triomphe de l’art “contemporain” international et l’hégémonie de l’approche conceptuelle de l’art n’avaient pas marginalisé les créateurs de son acabit. Après une enfance dans un ranch où ses grande parents, originaires de Tchécoslovaquie, étaient à la tête d’un élevage de visons, il choisit d’abord d’étudier la sculpture sur métal à l’Université du Wisconsin, mais c’est une exposition de fétiches du Congo à l’Art Institute de Chicago qui, en 1961, va décider de son orientation artistique: une sorte de néo-tribalisme où la céramique, la pierre, la corne, les cordes, la fourrure ou les ossements, se mêlent pour former d’étranges objets “chargés”, masques ou fétiches d’une civilisation primitive imaginaire. Ayant vécu et travaillé successivement à New York, à Rome et en Angleterre, Joseph Kurhajec s’est installé à Paris en 1987 et son art momifié (mummified art), plus tourné vers les sociétés archaïques, voire la préhistoire, que vers le futur, a été présenté dans de nombreuses expositions, personnelles ou collectives, aux Etats-Unis, au Canada et en Europe, ainsi qu’au Chili et en Inde. Il figurait déjà dans l’exposition Young America 1965 du Whitney Museum of American Art, à New York, à l’époque où l’art dominant prenait une direction opposée autour d’Andy Warhol. Aujourd’hui Joseph Kurhajec partage son temps entre son atelier parisien, sa maison-musée de Treadwell, au Nord de New York, et sa demeure mexicaine de Mérida, au Yucatan, où il avait étudié la culture maya dans sa jeunesse et pratique aujourd’hui la sculpture sur pierre. Ses collages d’éléments reptiliens sur fonds apocalyptiques ou antédiluviens semblent la métaphore inquiétante des régressions cosmiques qui se préparent.

Laurent Danchin

HEY

RENCONTRE / DÉDICACE

HEY !
REVIENT À LA HALLE SAINT PIERRE

HEY! Modern Art & Pop Culture fête sa nouvelle formule
DELUXE #1

SAMEDI 7 AVRIL de 16H30  à 17H30 – entrée libre

À l’occasion de la nouvelle formule de la revue d’art HEY! modern art & pop culture, Laurent Martin et Pascal Ory (historiens spécialistes de la culture contemporaine) seront aux côtés de Anne & Julien, commissaires d’exposition et fondateurs de la revue d’art HEY! modern art & pop culture. Ensemble, ils commenteront l’action de HEY!, et son impact.

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NOTICES BIOGRAPHIQUES

Pascal Ory
Pascal Ory est professeur émérite à la Sorbonne-Paris 1. Ses travaux portent sur l’histoire culturelle et sur l’histoire politique des sociétés modernes. Il enseigne également à l’INA. Il est aussi critique de bande dessinée et Régent du Collège de ‘Pataphysique.

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Laurent Martin
Professeur d’histoire à l’université Paris 3 Sorbonne-Nouvelle, ses travaux portent sur l’histoire culturelle contemporaine en Occident.
Dernier ouvrage paru : Les Censures dans le monde, XIX-XXIe siècles, Presses universitaires de Rennes, 2016.

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Anne & Julien
Co-fondateurs de la revue d’art internationale HEY! modern art & pop culture, auteurs, commissaires d’exposition indépendants (expositions HEY!,“Tatoueurs, Tatoués”) ou encore auteurs / performeurs / metteurs en scène au sein de leur troupe HEY! La Cie, ils œuvrent dans le milieu de l’art et les sphères musicales depuis 1986, analysant et transmettant les subcultures qui les passionnent. Anne De HEY! dirige la conception éditoriale et les textes des catalogues d’expositions. Julien De HEY! est « Djubaka », programmateur musical sur l’antenne de France Inter depuis 2000, en charge d’une quinzaine d’émissions quotidiennes et hebdomadaires.

+ d’infos sur HEY

Remo Guidieri

Rencontre avec Remo Guidieri
pour la publication de son livre
Intérieur avec ruines
aux Éditions Carnets-Livres

Samedi 7 avril 2018 de 14h15 à 15h30 – entrée libre

Halle saint Pierre – à l’auditorium


Photographie : D. Besace

LE LIVRE

Intérieur avec ruines de Remo Guidieri

L’ouvrage rassemble six essais composés entre 1979 et 2015 :
Après Bougainville
Le primitivisme aujourd’hui
Post-scriptum
Paganismes
L’adieu aux armes
De petites illusions

Ce sont des réflexions sur notre manière d’observer et d’évaluer le monde présent, à penser l’altérité sans y déverser ces besoins qui la neutralisent et l’aplatissent. Une réflexion sur notre propension à établir des barrières qui dénaturent toute innocence, tout regard enthousiaste sur la différence, qui repoussent vers un passé effacé et altéré l’origine du sens, celui même qui nous fait Modernes. Une réflexion précise qui établit un réseau de pensées, entre le passé et le présent, l’oubli et le mensonge, l’invisible et le caché, dans le but de rester en éveil, de solliciter la critique aux fausses évidences, à garder une indépendance d’esprit qui ne se laisse pas bercer par les séductions du monde actuel.

Ce ne sont pas seulement des témoignages d’indépendance de jugement. Par leur écriture et leur liberté, leur volonté de décrypter les « écho-systèmes », ce sont aussi des compagnons de vie.

Extraits 1
Les choses du musée sont aussi des marchandises. En quoi elle le sont aussi c’est toute la question. Et si elles le sont c’est contradictoirement, car elles ne circulent plus ou circulent autrement, et surtout par des « prêts » parasités par les « assurances » dont le coût  pèse d’un poids exorbitant sur le budget général de toute exposition.

Le grand mystère de l’accumulation muséale : on s’arrête à la surface des choses accumulées qui recouvre le grouillement des interrogations sur les raisons de ce cumul, comme sur son utilité ( « éducative » ), ce qui revient presque au même. Mais leur symbologie et leur efficacité se veulent post-utilitaires, ce qui ajoute à la mystification la banalisation des choses.

Extrait 2
Je soutiens que si le paganisme connaît les interdits et les transgressions, il ne connaît pas la culpabilité. Elle apparaît avec l’Alliance. Dans le paganisme occidental c’est le tragique et non la culpabilité qui « donne le sens ». La seule « rédemption » qu’il proposait était le sacrifice, mimesis du crime. L’épilogue du tragique donne rendez-vous avec un autre recommencement. Cycle répétitif qui ne se brise pas. On peut se demander quand serait possible dans ces circonstances la « purification » proposée par Aristote à travers la scène, ou si au contraire nous sommes dans le dépassement de la Faute, puisque l’Esprit doit évoluer et devenir Progrès, « s’émanciper ». Le progrès en gagnant gagnerait aussi sur la Faute.

Extrait  3
Ce qu’on peut apprendre des cultures d’Océanie ( pour se limiter à celles que je connais le mieux ), peut se résumer ainsi : l’Interdit n’est pas le Sacré.  L’interdit est un nom ( celui de l’entité ancestrale ), ou un surnom ( ainsi le « Tout Puissant », ou « Lui » ) et un adjectif caractérisant son, ses, effet[s]. Il désigne une entité et nomme, pour celle-ci et pour une autre qui est différente de lui ( avec laquelle il constitue une sorte d’ontologie complémentaire ), en l’occurrence la femme, l’évitement à respecter. La relation d’implication se change en homonymie entre la substance et la règle, l’essence et l’action.

Extrait 4
La concentration de la vitesse, de l’ubiquité, et de l’uniformisation, produit des effets déjà aperçus par les artistes des avant-gardes du siècle dernier : spectralité, irréalité, prostitution et marchandisation — une seule et même chose — sans limites.

Promiscuité, prosaïsme, erreur spirite, dynamique de la dette, usure planétaire, anxiété boulimique, mimésis devenue plagiat, et gaspillages qu’aucune « part maudite » à neutraliser ne peut plus justifier.

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NOTICE BIOGRAPHIQUE

Remo Guidieri, professeur d’anthropologie et d’esthétique à l’Université Paris Ouest Nanterre – La Défense ( de 1970 à 2007 ) et Permanent Visiting Professor, depuis 1986, à la Cooper Union School of Architecture, New York.

Venu de Turin pour étudier l’anthropologie, Remo Guidieri fut élève de Claude Lévi-Strauss au sein du laboratoire d’anthropologie sociale du Collège de France alors nouvellement créé. Rapidement, il se détourna du structuralisme de son maître pour poursuivre son approche de l’altérité humaine qui devait le conduire dans les îles Salomon, à Mailaita chez les Fataleka.

Il se verra confier aux éditions du Seuil la collection « Recherches anthropologiques », une collection qui permettra de faire connaître au public français des penseurs phares de l’anthropologie comme Gregory Bateson (Vers une écologie de l’esprit ; La nature et la pensée), Arthur Maurice Hocart (Rois et courtisans), Rodney Needham (La parenté en question), Bronislaw Malinowski (Journal d’ethnographe) ou encore Miguel León Portilla (La pensée aztèque).

Remo Guidieri sera aussi le premier anthropologue en France à s’interroger en profondeur sur l’esthétique des populations non occidentales. Il inaugura ainsi, au sein du département d’ethnologie et de sociologie comparative de l’Université Paris Ouest Nanterre – La Défense, un enseignement régulier sur l’étude des formes non occidentales qui donnera lieu à la création d’un certificat « d’anthropologie esthétique », repris à la Cooper Union (New York).

Auteur prolifique, publiant aussi en Italie, en Espagne ou aux États-Unis, il confie depuis plusieurs années ses nouveaux livres à l’éditeur Daniel Besace des éditions Carnets-Livres : Trois essais sur les pièges et les outils (2007), Miroir du Vestibule(2009), Après Bougainville (2010), Géométrie sauvage (2012), La mort avant, après (Carnets-Livres, 2015).

(extrait du site de la BnF)

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Les éditions Carnets Livres
ont été créées en 2005 par Daniel Besace & Francine Chatelain.

Notre désir est de publier de beaux livres fabriqués à la main,

édités à peu d’exemplaires et diffusés par des libraires amis.

Chaque livre est imprimé, façonné et relié par nos soins,
il faut compter à peu près 1 heure par livre.

Nous fabriquons environs 100 livres par mois.
Nous diffusons et fabriquons donc lentement.

livres fabriqués
chez nous
petite imprimante
temps extensible
pas trop pressé
limiter le nombre

tous sont imparfaits

avec souvent le choix de ne pas fignoler
le plaisir de l’infini
un peu de pressionet des exigences
chaque matin se lever et fabriquer quelques livres
qui seront diffusés par nos soins
vendus ou offerts
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Dominique Baur

EXPOSITION

Dominique Baur
AnimOSmen
sculptures
Exposition du 2 au 31 mars 2018
Halle Saint Pierre – à la librairie

Je trouve aujourd’hui avec mes « onimosmen » l’aboutissement de 40 années à transformer ce qui me passe à portée de mains et parfois tombe … sous la dent.
+ d’infos

LECTURE / PROJECTION

Le grand poème par Werner Lambersy
Livre d’artiste
Texte Wener Lambersy & sérigraphies Dominique Baur

Collodion éditeur, mars 2018

Samedi 31 mars 2018 à 15 heures, entrée libre
Halle Saint Pierre – à la librairie et auditorium

Exposition Dominique Baur, AnimOSmen à la libraire de la Halle Saint Pierre

Sérigraphies de Dominique Baur pour Le grand poème de Wener Lambersy

Dominique Baur par Wener Lambersy

Effets du facteur éolien de l’art sur l’érosion des choses

Werner Lambersy
Auteur de près de soixante-dix ouvrages, surtout des recueils de poésie, mais également des essais et pièces de théâtre, il est considéré comme une voix majeure de la littérature francophone.
Diverses collaborations et livres d’artistes.

Il a reçu de très nombreux prix, dont le prix Mallarmé, le prix Théophile-Gautier, le prix Maïse Ploquin-Caunx et le prix international de poésie francophone Yvan-Goll.
Chevalier Arts et Lettres en 2000.

Né à Anvers, le 16 novembre 1941, vit à Paris depuis 1982.

Dominique Baur
Artiste protéiforme qui explore tant la peinture que la céramique et le récup-art, est aussi l’initiateur de l’association « La Voie ferrée »

Mon travail est fait de pratiques empiriques, d’expériences irrationnelles. Les boues, les déchets et scories autant que les matières nobles, je les mélange pour satisfaire une curiosité cynique. 

Jean-Luc Johannet

RENCONTRE / DEDICACE

L’association Patrimoines irréguliers de France
invite à découvrir l’œuvre de

Jean-Luc Johannet

Présentation de l’ouvrage
Jean-Luc Johannet : dessins, maquettes, sculptures cinétiques
en présence de l’artiste,
à l’occasion de l’exposition à la galerie de la Halle Saint Pierre du 1er au 25 février 2018 

Attention rencontre du 11/02 reportée au 25/02

Dimanche 25 février 2018 à 15h, entrée libre
Réservation conseillée au 01 42 58 72 89

Halle Saint Pierre  – à l’auditorium

Interviendront :
Chiara Scordato, Danilo Proietti et Roberta Trapani
du collectif PiF (Patrimoines irréguliers de France), auteurs de l’ouvrage.
L’artiste Jean-Luc Johannet sera présent pour discuter avec le public.

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Jean-Luc Johannet (Blois, 1951)
Ancien élève de l’École d’Architecture de Normandie, Jean-Luc Johannet est animé par le désir de concilier l’art de l’architecte à celui du plasticien. Il s’écarte très tôt du fonctionnalisme, pour se tourner vers une architecture irrégulière, organique. De son « combat pour la liberté de la forme » naît son travail visionnaire, où les limites entre la sculpture et l’architecture, la réalité et l’utopie, se brouillent. Cette œuvre regroupe une multitude de dessins, maquettes et sculptures cinétiques représentant des architectures imaginaires. Constructions d’un univers à la fois ludique et lyrique, ces créations allient l’art, la science et la technique et appartiennent au domaine du merveilleux. Elles mêlent le souvenir d’architectures lointaines, dans le temps et dans l’espace, à un imaginaire de science-fiction.

Jean-Luc Johannet : dessins, maquettes, sculptures cinétiques
L’exposition « Jean-Luc Johannet : dessins, maquettes, sculptures cinétiques » (été 2017) à la Cathédrale de Jean Linard et la Tour de Vesvre (Neuvy-Deux-Clochers), a permis de découvrir cette œuvre magistrale, qui n’a presque jamais été montrée. Les pièces exposées ont été récupérées dans les ateliers et dans la maison de l’artiste, à Blois, par les membres de l’association Patrimoines irréguliers de France, partenaire de l’exposition. Certaines se trouvant dans un état de conservation alarmante, un travail de nettoyage et de restauration a été assuré.

C’est dans la perspective de conserver une trace de cette exposition, considérée par l’artiste comme un moment essentiel de son parcours, que les associations partenaires ont choisi d’autoéditer l’ouvrage Jean-Luc Johannet : dessins, maquettes, sculptures cinétiques, rassemblant 70 pages de photographies sur l’ensemble des œuvres présentées lors de l’exposition, des textes critiques sur le travail de l’artiste, ainsi qu’une partie de ses écrits et de ses archives.

Concernant l’avenir de l’œuvre de Johannet, l’artiste souhaiterait la préserver dans son intégralité, à travers l’acquisition par une collection, afin qu’elle puisse être conservée dans des bonnes conditions et régulièrement montrée au public.

Les bénéfices de la vente de l’ouvrage sont recueillis par l’association Patrimoines Irréguliers de France afin de poursuivre le travail de mise en valeur de l’œuvre de cet artiste visionnaire, dans l’espoir de trouver une solution à sa sauvegarde.

Patrimoines Irréguliers de France

Le PIF (Patrimoines Irréguliers de France) est une association ayant pour objectif la protection et la mise en valeur d’univers inventés par des irréguliers de l’art. Bâtis, sculptés et/ou dessinés, ces patrimoines fleurissent dans les banlieues du système culturel, qu’ils court-circuitent pour leur résistance à être saisis, à être catégorisés. Ils associent plusieurs techniques, médiums et disciplines et évoluent avec les auteurs qui les créent, suivant le flux de leurs rêveries. Réels et irréels à la fois, ils sont donc évolutifs, éphémères, interdisciplinaires, inclassables. Ils demeurent souvent dans la clandestinité, risquant l’oubli. A travers des rencontres, des expositions et des publications, Patrimoines irréguliers de France vise à faire sortir de l’ombre ces lieux autres, qui ouvrent une brèche dans le réel, en suggérant que la vie est rêve.

Renaldo Kuhler

The Secret World of Renaldo Kuhler
de Brett Ingram

Le livre

Une monographie présentant pour la première fois l’œuvre extraordinairement imaginative de l’artiste visionnaire Renaldo Kuhler (américain, 1931-2013).

Bientôt disponible à la librairie de la Halle Saint Pierre.

Vous avez pu découvrir « Rocaterrania », le monde secret de Renaldo Kuhler dans l’exposition « Raw Vision », en 2014 à la Halle Saint Pierre.
Renaldo Kuhler à l’instar de Henry Darger, Howard Finster, George Widener, et Adolf Wölfli, Renaldo Kuhler était un artiste autodidacte exceptionnellement doué, doté d’une extraordinaire imagination.

Renaldo Kuhler a été illustrateur scientifique autodidacte au Musée des Sciences Naturelles de Caroline du Nord pendant trente ans.
À l’insu de sa famille, de ses amis et de ses collègues, Kuhler a créée un monde imaginaire qu’il a appelé Rocaterrania et qu’il a secrètement illustré pendant plus de soixante ans.

 

Le DVD
La vie et l’œuvre de Kuhler a également donné lieu à un film documentaire, Rocaterrania (74 minutes, 2009), réalisé par Brett Ingram, directeur des archives Renaldo Kuhler, propriétaire et gardien de la collection Kuhler,