Rencontres en Surréalisme – Art et Politique

Surréalisme, art et politique

Victor Serge, Benjamin Péret, Remedios Varo et André Breton @associationLesAmisdeBenjaminPéret


Quand et comment le Surréalisme s’est-il engagé dans le combat révolutionnaire sur le terrain de l’action politique, alors qu’il apparaît d’abord comme un mouvement littéraire et artistique issu de la Première Guerre mondiale, en révolte contre ses ravages et son absurdité, contre les nationalismes et la pensée rationaliste ?

Défini par André Breton en 1924 tel un :

automatisme psychique pur par lequel on se propose d’exprimer, soit verbalement, soit par écrit, soit de toute autre manière, le fonctionnement réel de la pensée. Dictée de la pensée, en l’absence de tout contrôle exercé par la raison, en dehors de toute préoccupation esthétique ou morale.

Le surréalisme ne laisse entrevoir aucune intervention sur le plan éthique et politique.

Les intervenants de la séance organisée par l’Association pour la recherche et l’étude du surréalisme (APRES), le samedi 10 janvier à 15h à la halle Saint-Pierre, montreront comment tout au long de son histoire se sont déroulées les différentes étapes qui ont conduit le groupe surréaliste à suivre à la lettre, non sans de rudes adversités, la fameuse formule de Breton :

Transformer le monde, a dit Marx ; changer la vie, a dit Rimbaud » ces deux mots d’ordre pour nous n’en font qu’un.

Gérard Roche, président de l’Association des amis de Benjamin Péret et directeur de publication des Cahiers Benjamin Péret – 14 numéros parus à ce jour sur ce poète qui incarne sans doute l’engagement révolutionnaire surréaliste le plus lumineux –, expliquera de quelle manière, dans la période de l’entre-deux-guerres, le groupe surréaliste est passé de la révolte à la révolution, en particulier sur les empreintes de la révolution d’Octobre 1917, mais aussi contre les idéologies totalitaires du fascisme et nazisme ainsi que du stalinisme.
Les menaces de guerre, et les désastres certains qui en découleront, poussent les intellectuels, écrivains, artistes et universitaires, à s’engager pleinement dans le combat idéologique. Les surréalistes, Breton, Péret, Crevel…, s’y livreront corps et biens, sans jamais mettre leur art et poésie au service d’une quelconque propagande.


Philomène Troullier, jeune autrice du mémoire de master Défendre un art politique dans la France des années 30, l’expérience de la section française de la Fédération indépendante pour un art révolutionnaire indépendant (Fiari), lèvera le voile sur cet épisode trop méconnu, dans lequel le surréalisme a joué un rôle majeur.
Alors qu’en Allemagne le régime nazi traitait de « dégénéré » l’art des avant-gardes, la Fiari a cherché à regrouper et entraîner les artistes et intellectuels révolutionnaires, au sein d’un mouvement antifasciste et antistalinien, dans le combat politique et existentiel pour l’art indépendant.
Après-guerre, deux ans après son retour d’exil américain, Breton dit à un meeting parisien :

«Ouvrez les prisons… licenciez l’armée ; je tiens cette injonction pour aussi valable en 1948 qu’en 1925 »

Le surréalisme continue à soutenir l’internationalisme et à revendiquer la libération de l’esprit, contre les oppressions, le colonialisme, la bureaucratie stalinienne…, mais il n’apparaît plus guère sur les devants de la scène culturelle anticapitaliste, occupée par les écrivains et intellectuels du parti communiste, avec lesquels Breton, Péret et les nouveaux poètes et artistes venus les rejoindre ne renoueront aucun lien. Découvrant l’œuvre de Charles Fourier, à « transformer le monde, changer la vie », Breton ajoute « et refaire de toutes pièces l’entendement humain ».


La guerre d’Algérie remettra le surréalisme plus en lumière. Jérôme Duwa, docteur en histoire
de l’art contemporain et auteur de nombreux ouvrages sur le surréalisme et les avant-gardes, se saisira des revues publiées par les surréalistes ou auxquelles ils participent, en montrant les instruments qu’ils mettent en œuvre pour peser dans les luttes émancipatrices. Il partira de la revue antigaulliste et anticolonialiste Le 14 juillet publiée en 1958, dirigée par Jean Schuster et Dionys Mascolo, pour nous mener jusqu’à la Déclaration sur le droit à l’insoumission dans la guerre d’Algérie, le 6 septembre 1960, plus connue sous le nom de Manifeste des 121 intellectuels, universitaires et artistes, dont bien sûr des surréalistes.
Deux ans après la mort d’André Breton en 1966, avec la révolte des étudiants et lycéens, les
manifestations déclenchant les occupations de leurs établissements, puis celles des usines par les ouvriers et une grève générale paralysant le pays plusieurs semaines, avec aussi ses slogans poétiques, Mai 68 sautera aux yeux de beaucoup d’acteurs et témoins comme une démonstration de l’esprit surréaliste.

Anne Foucault, docteure en histoire de l’art contemporain, autrice de l’ouvrage Histoire du surréalisme ignoré, portera son regard sur les différentes formes militantes adoptées par les surréalistes pendant l’effervescence de Mai 68. En miroir, elle analysera la façon dont le surréalisme a pu inspirer des groupes militants politiques d’extrême-gauche dans les années
qui suivent Mai 68.


En conclusion, un débat avec la salle trouvera peut-être la bonne formule pour indiquer la route à suivre avec le surréalisme, et entreprendre la profonde transformation sociale et humaine qu’il a si ardemment tracée, comme le suggère Jean-Pierre Plisson dans son beau livre André Breton, le fil rouge des enchantements.


Maurice Coton


Entrée libre – Réservation conseillée au 01 42 58 72 89 ou communication@hallesaintpierre.org

Lecture Musicale / éditions Chèvre-Feuille étoilées

Les éditions Chèvre-Feuille étoilée fêtent leur 25 ans autour d’une lecture musicale

Le dimanche 7 décembre à 15H dans l’auditorium de la Halle Saint Pierre Entrée Libre

Après une présentation des éditions par Marie-Noël Letellier Arras, éditrice, et du Parlement des Écrivaines Francophones, partenaire, par Fawzia Zouari, présidente, laissez-vous emporter par une littérature sensible, diversifiée, pluri-culturelle, sororale !

Lecture musicale qui parcourra les textes de deux recueils :

Radieuses, chœur poétique à deux voix, écrit par Rachel Rita Cohen & Patricia Ryckewaert.

Enfance de filles, du collectif de 22 écrivaines du Parlement des Écrivaines Francophones.
 
Le violon de la musicienne Édith Payeux accompagnera ce moment littéraire.
 
En présence des écrivaines : Rachel Rita Cohen, Georgia Makhlouf, Annie Richard, et Édith Payeux.
 
 
 

Diane Victor

Du 6 au 22 décembre Diane Victor expose dans la galerie de la Halle Saint Pierre

Née en 1964 à Witbank en Afrique du Sud, Diane Victor s’est imposée comme une figure majeure de la scène artistique contemporaine internationale. Diplômée de l’Université du Witwatersrand à Johannesburg en 1986, elle séjourne entre 1988 et 1989 à la Cité internationale des Arts à Paris et représente en 2015 l’Afrique du Sud à la Biennale de Venise. À travers une œuvre intensément engagée, elle explore les réalités sociales et politiques de son pays natal, marquées par les séquelles de l’apartheid, les violences systémiques, l’injustice et les tensions identitaires. Son travail
se caractérise par une grande maîtrise du trait, nourrie par une tradition figurative classique, qu’elle confronte à des matériaux contemporains et éphémères tels que la suie et la fumée.

Diane Victor sera présente à la Halle Saint Pierre le 6 décembre 2025 à partir de 14h pour une séance de dédicace de l’ouvrage Diane Victor, Estampes, Dessins, Suie.

L’Académie des beaux-arts a décerné, ce mercredi 3 octobre, le 10ème Prix de Gravure Mario Avati – Académie des beaux-arts à l’artiste sud-africaine Diane Victor. 

Les œuvres de Diane Victor sont représentées par la Galerie Larock- Granoff,13 Quai de Conti 75006 Paris. 

Communiqué de presse – Diane Victor, lauréate du Prix de Gravure Mario Avati

Démonstration de Tricotin par Jean-Noël Wintergerst

Jean-Noël Wintergerst présente le tricotin

Samedi 08 novembre de 14h à 15h, devant le Le Grand Tricotin, dans l’exposition L’étoffe des rêves.

À l’occasion de l’exposition L’étoffe des rêves, Jean-Noël Wintergerst présente son Grand Tricotin.
Son œuvre avait été exposée l’année dernière, en janvier 2025, à la librairie de la Halle Saint-Pierre.

 


« Un tricotin, c’est un petit tube en laine qu’on faisait à la petite école avec une bobine en bois plantée de 4 clous. »

Jean-Noël Wintergerst


Jean-Noël Wintergerst sera présent à la Halle Saint-Pierre ce samedi 8 novembre de 14h à 15h, devant son tricotin, pour vous expliquer et vous montrer le fonctionnement de cet outil fascinant.

 

 

Collection Dilaceratio Corporis par les éditions FAGE

La collection Dilaceratio Corporis (éditons FAGE) présente : Jolies Momies de Marine Degli, Et la mort fut de Jean-Loïc Le Quellec, en présence de la responsable de la collection Laurence Loutre-Barbier


Il fut un temps où la mort ne revêtait pas un caractère définitif et les récits nous disent même le plus souvent que la mort n’existait pas… jusqu’à ce que survienne un incident ayant eu pour conséquence de l’introduire.

Jolies momies met l’accent sur les momies égyptiennes féminines et la littérature. Attractions autant pour les savants, les amateurs de cabinets de curiosités que pour les artistes, les momies sont aussi des figures du fantasme érotique. Elles génèrent une prodigieuse théâtralisation de la mort et enflamment l’imagination des écrivains qui tentent d’en explorer les contours en multipliant les approches.


Dimanche 9 novembre 2025 à 14h30 dans la salle de l’auditorium de la Halle Saint Pierre.

Présentation et échanges avec Marine Degli à 14h30,                                              avec Jean-Loïc Le Quellec à 15h30

Entrée libre réservation conseillée au 01.42.58.72.89 ou par communication@hallesaintpierre.org

Aux frontières de la sociologie

Journée d’étude : Aux Frontières de la sociologies

Organisées par Alexander Neumann, professeur à l’Université Paris 8

Le jeudi 16 octobre à 15h30 dans l’auditorium de la Halle Saint Pierre 

Présentations-discussions de trois livres avec Eric Fassin, Fabien Grajon,  et Caroline Ibos et Alexander Neumann (membre du SOPHIAPOL).

  • La savante et le le politique,
    de Caroline Ibos et Eric Fassin (professeurs à Paris 8)
  • L’Université en porte à faux,
    de Fabien Granjon (professeur à Paris 8)
  • La philosophie des professeurs de François Châtelet,
    ré-edition et préface par Alexander Neumann (professeur à Paris 8)

Suivi d’un verre de l’amitié
En association avec Martine Lusardy, directrice de la Halle Saint Pierre

La scène ouverte du Chat Noir

La scène ouverte du Chat Noir de retour à la Halle Saint Pierre

Entrée libre – réservation 01 42 58 72 89

Scène Ouverte : L’heure où tout peut arriver. Que vous soyez poète aguerri ou pour la première fois sur scène, venez prendre le micro et partagez vos mots.

Julien Barret, slamo-linguiste et Romain Nouat, directeur de publication du Chat Noir, vous invitent à cet évènement poétique et oratoire unique. Ils vous présenteront l’histoire du cabaret historique du Chat noir, leur rencontre 130 ans après, et la naissance de la Nouvelle scène de poésie du Chat noir qui se réunit à Montmartre depuis le début de l’année 2020. Chaque mois, ils accueillent toutes celles et ceux qui souhaitent déclamer leur texte en direct, quelle que soit la forme de leur art poétique – vers compté, vers libre ou prose poétique, chanson, rap ou conte.

HEY ! CERAMIQUE.S

 

RM

RM