La “Maison des Avions”

1797487_590288007728894_196582890_nLes Amis de la Halle Saint Pierre vous invitent à une rencontre avec

l’Association pour la Sauvegarde de la Maison aux Avions – ASMA
et projections de films

samedi 24 mai 2014 de 15h à 16h30

Halle Saint Pierre – auditorium
entrée libre
Réservation conseillée : 01 42 58 72 89

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La maison des Avions

Cette association à fort ancrage régional tente de sauvegarder le site créé par
Arthur VANABELLE dans la ferme familiale à Steenwerck (Nord), le long de
l’autoroute Lille-Dunkerque.
Une pétition a déjà réuni 17 000 signatures

maison Arthurlight1

 

Raw Vision

Willem Van Genk – Parnasky culture (détail)- 1972. Collection de l’Art Brut de Lausanne

RAW VISION
25 ans d’Art Brut

du 18/09/2013 au 22/08/2014

Halle Saint Pierre

La Halle Saint Pierre présente une exposition célébrant le 25e anniversaire de la revue anglo-saxonne Raw Vision fondée en 1989 par John Maizels. Véritable trait d’union entre l’art brut européen et américain, cette revue de référence s’est rapidement ouverte à l’art outsider international. Avec plus de 80 artistes et plus de 400 œuvres, l’exposition Raw Vision est l’occasion de retrouver les grands classiques qui ont marqué l’histoire de l’art populaire contemporain, et également de découvrir des figures majeures exposées pour la première fois en Europe (Tom Duncan, Dalton Ghetti, Alex Grey…).

Des artistes d’Europe, d’Amérique, d’Afrique, d’Inde ou du Japon sont réunis dans cette exposition pour illustrer les formes d’expression profondément enracinées dans l’imaginaire collectif et qui se manifestent à travers des créations héroïques ; une expression qui prend des formes très variées, parfois intimes et secrètes dans ses manifestations, ou extensives, publiques et épiques.
Tous ces artistes ont été découverts ou soutenus par Raw Vision, qu’ils soient les têtes de file de la pop culture (Joe Coleman…), des représentants incontournables de l’art brut (Henry Darger, Aloïse Corbaz, Adolf Wölfli, Johann Hauser, August Walla…), de l’art visionnaire sous ses formes mystiques ou cosmiques (Norbert Kox, William Thomas Thompson, Donald Pass…), du Black Folk Art américain (Sam Doyle, Roy Ferdinand, Herbert Singleton, Bill Traylor, Mose Tolliver…) ou bâtisseurs de l’imaginaire comme l’artiste indien Nek Chand, créateur du Rock Garden, l’un des environnements les plus célèbres au monde.

LES ARTISTES

Eugene Andolsek – J.J. Beegan – Charles Benefiel – Mark Beyer – Nick Blinko – Ilija Bosilj – François Burland – Richard Burnside – Nek Chand – Joe Coleman – Aloise Corbaz – JJ Cromer – John Danczyszak – Henry Darger – Ras Dizzy – José Dos Santos – Sam Doyle – Tom Duncan – Roy Ferdinand – Howard Finster – Dalton Ghetti – Madge Gill – Ted Gordon – Alex Grey – Viljo Gustafsson – Bessie Harvey – Johann Hauser – Chris Hipkiss – Josef Hofer – Mr Imagination – Danielle Jacqui – Peter Kapeller – Andrew Kennedy – Johann Korec – Norbert Kox – Renaldo Kuhler – Pradeep Kumar – Pushpa Kumari – Paul Laffoley – Pavel Leonov – Augustin Lesage – Alexander Lobanov – Albert Louden – Mami Wata – Ray Materson – Malcolm McKesson – RA Miller – François Monchâtre – Edmund Monsiel – Sister Gertrude Morgan – Raymond Morris – Howard Neal – Michel Nedjar – Donald Pass – Philadelphia Wireman – CJ Pyle – Martin Ramirez – André Robillard – Ody Saban – Imppu Salminen – Cheri Samba – Shinichi Sawada – F. Schröder-Sonnenstern – Herbert Singleton – Ionel Talpazan – W.Thomas Thompson – Miroslav Tichy – Mose Tolliver – Oswald Tschirtner – Bill Traylor – Willem Van Genk – Pascal Verbena – E.Von Bruenchenhein – Vonn Stropp – August Walla – George Widener – Ben Wilson – Scottie Wilson – Adolf Wölfli

PARTENAIRES
      

BANDITI DELL’ARTE

Francesco Nardi, Portes. Collection privée © Halle Saint Pierre

 
Après le succès de British outsider art,
Art Brut Japonais,
Hey ! modern art & pop culture
,
La Halle Saint Pierre présente pour la première fois en France une exposition entièrement dédiée à la création hors normes, italienne :

BANDITI DELL’ARTE
23 mars 2012 – 6 janvier 2013

Commissariat : Gustavo Giacosa
et Martine Lusardy


BANDITI DELL’ARTE, dans toute sa force poétique, est la première exposition majeure consacrée à la création hors norme italienne. Elle ouvre une porte sur l’univers particulier d’individus ayant créé en dehors de tout système artistique officiel ou d’instances culturelles reconnues.

Bien que le milieu de l’art soit maintenant familiarisé avec l’art brut, ce concept reste encore relativement étranger au public italien même si des artistes comme Giovanni Podestà et Carlo Zinelli jouissent d’une réputation internationale. Pendant plus d’un siècle, malgré les efforts et le soutien de quelques critiques d’art, en Italie la création “marginale” reste aujourd’hui souvent oubliée l par la culture officielle.

L’exposition BANDITI DELL’ARTE à la Halle Saint Pierre est un pas de plus vers une reconnaissance institutionnelle et critique des pratiques artistiques jusqu’ici pensées comme marginales, l’occasion de découvrir ces formes d’art oubliées par les institutions.

Carlo ZINELLI, "Trois Pinocchio", "Serpents et animaux" © Halle Saint Pierre

Giovanni PODESTÀ, Salle à manger, Collection La Fabuloserie © Halle Saint-Pierre

 

LES BANDITS DE L’ART PAR GUSTAVO GIACOSA

Melina RICCIO, Etoffes brodées © Halle Saint-Pierre

“On nomme bandits les rebelles qui fuient. On les a mis au ban de la société et la marge est leur seule issue. Sans terre ni maître, leur devise : tous pour un, un pour tous. Héros, champions, vengeurs, combattant pour leur idée personnelle de la justice, bien aimés et poursuivis. Sur la poussière de leurs errances, ils ont écrit leur histoire et dessiné leur légende.

Ce ne sont pas les bandits applaudis par les touristes anglais à la fin du XIX° siècle, enfermés dans les prisons du Château Saint-Ange, mais des contemporains en fuite pour échapper à un destin d’enfermement et d’oubli que j’ai rencontrés. Hommes seulement armés de pinceaux bien affutés qui défient les lois et les territoires de l’Etat Majuscule de l’Art. Leurs exactions saccagent les concepts, déchirent les définitions, violentent et tuent les catégorisations.

J’ai rencontré ces bandits de l’art. Ce ne fut pas facile de les approcher. Ni de les convaincre de quitter leurs refuges, de déjouer les résistances et, pour les disparus, le zèle de leurs maîtres. Avec certains, j’ai vécu dans la « marge », bu leurs breuvages, appris leurs chants et les ai transmis. Etre avec ces bandits exceptionnellement réunis lors d’un déplacement à l’étranger a formé une caravane bigarrée de nomades exilés.

Bienvenue, mesdames et messieurs, ici commence le Grand Tour au pays des bandits…de l’art ! »

 Gustavo Giacosa, commissaire

Giovanni BOSCO, Dessin © Halle Saint Pierre

 

LA CREATION EN HOPITAL PSYCHIATRIQUE ET EN ATELIER
D’EXPRESSION LIBRE

Avec l’arrivée des neuroleptiques et la naissance d’un mouvement anti institutionnel qui rejoint la contestation politique, le concept d’asile est fortement remis en question. Les changements opérés dans les hôpitaux psychiatriques sont un des aspects d’une transformation plus large. La société des années 60, avec le développement des transports, des moyens de communication de masse, de la scolarisation obligatoire, et d’une contestation des institutions traditionnelles, favorise une plus grande ouverture, échanges, contacts, mobilité donnant naissance à un flux toujours plus important d’informations, de savoirs et d’images partagés.

En 1957, à l’intérieur de l’hôpital San Giacomo alla Tomba de Vérone, les artistes Michael Noble et Pino Castagna initient une expérience pionnière en proposant un atelier qui se démarque à la fois des écoles traditionnelles de dessin mettant en jeu des pratiques autoritaires et contraignantes dans le cadre de  l’ergothérapie et de celles plus contemporaines de l’art thérapie. Michael Noble, miroir silencieux de l’Autre, ne fixait aucune limites, ne donnait ni objectif ni modèles à suivre, mais savait être à l’écoute et laissait émerger dans la spontanéité les visions enfouies. Il est devenu sans le vouloir une référence pour les ateliers ultérieurs.

A partir de 1978, avec la mise en vigueur de la loi 180 et la transformation des anciens hôpitaux psychiatriques en structures ouvertes, les ateliers de création se développent. Parmi ces laboratoires, tous très  différents dans leurs objectifs et leurs motivations, émergent quelques éléments communs. Ces ateliers, surgis spontanément à partir de l’initiative individuelle d’un artiste ou d’un critique d’art, ont tous en commun d’encourager la liberté d’expression des patients, en leur donnant un lieu adéquat, des outils techniques et conceptuels adaptés et en général, un encouragement en  même temps attentif et distancié.

Fausto BADARI, sans titre, 2011 - Atelier La Manica Lunga - Fondazione Sospiro©Halle Saint-Pierre

Parmi les nombreux créateurs formés dans ces laboratoires, beaucoup ont trouvé un accueil dans le monde hétérogène et vaste de l’art brut / art singulier. Parmi les ateliers présents dans cette exposition, Blu Cammello du Centro Residenziale Franco Basaglia de Livourne, La Manica Lunga, officina creativa de la Fondation Sospiro de Crémone, et enfin le plus récent, Asfodelo de Borgo Taro (région de Parme).

Giovanni GALLI, sans titre, 2005 - Collection la Tinai © Halle Saint Pierre

Francesco BELLUCCI, Assemblage, 2007©Atelier Blu Cammello

 

ART POPULAIRE CONTEMPORAIN ET ENVIRONNEMENTS FANTASTIQUES

Rosario LATTUCA, Grisauro, 1985 © Halle Saint Pierre

Le deuxième étage de la Halle Saint Pierre est ainsi consacré à des représentants de l’art populaire contemporain qui, sans procéder de la rupture mentale radicale des auteurs d’art brut proprement dits, sont assez indépendants du système des beaux-arts pour créer une contestation institutionnelle et culturelle. Les portes détournées de Francesco Nardi, les peintures de Pietro Ghizzardi, les sculptures en bois de Rosario Lattuca et de Luigi Buffo, les bas-reliefs en pierre de Nello Ponzi et Joseph Barbiero en sont les témoignages les plus significatifs. Relevant d’une ethnologie imaginaire, le travail de Luigi Lineri, collectant et classifiant systématiquement  des pierres, vient ébranler le concept d’installation. En dehors de toute orchestration collective, Giovanni Bosco et Melina Riccio créent leur propre art de la rue, inscrivant sur les murs de la ville leur parole intérieure.

Pietro Ghizzardi, Spagnola, 1969 © musée Ghizzardi

Focus sur Pietro Ghizzardi                                 

L’œuvre de Pietro Ghizzardi se réclame de cette fusion totale avec une nature dont la totalité lui échappe. Sa peinture surgit d’un corps à corps douloureux avec « l’ingouvernabilité » des lois de la nature comme possibilité de salut et demande de protection. Ghizzardi commence à peindre sur les murs et des feuilles de carton d’emballage accumulés dans la maison, sous la contrainte de ces forces, à la suite d’une crue du fleuve Po. Il transforme les éléments naturels en alliés techniques : de la suie pour tracer les contours, des herbes broyées pour les couleurs. La fougue créative avec laquelle il crée est une amoureuse possession divine, une katakoké socratique, condition d’une dislocation de soi qui le pousse continuellement à désirer et à attendre. L’attraction vers une grande Mère nourricière et protectrice se fait d’instinct. Actrices, saintes, comtesses, paysannes : mères séductrices et putains saintes réunissent à nouveau la tension médiévale entre la sainteté et le démoniaque.

La création spontanée s’exprime également dans des constructions et environnements   fantastiques, comme L’Ermitage de Vincent Brunetti. Impossible à déplacer ou à dupliquer, ils sont présents dans l’exposition grâce à des témoignages photo ou vidéo, seul moyen pour en rendre compte et conserver la mémoire de ces architectures  en plein air.

Vincent Brunetti© Halle Saint-Pierre

Je ne crois pas que le facteur Ferdinand Cheval ait trébuché sur une pierre, le jour où il distribuait le courrier. Je crois plutôt qu’il aimait le raconter à ses visiteurs lorsqu’il se faisait photographier en uniforme devant le Palais Idéal, et nous aimons l’imaginer tandis qu’il trébuche sur la pierre qui donnera naissance à sa vision. Cependant le moment est venu d’entreprendre d’autres chemins, de trébucher sur d’autres pierres, pour affirmer pleinement l’appartenance à la culture des « inspirés du bord des routes ».

Il s’agit d’artistes autodidactes et marginaux qui ont consacré diverses années de leur vie à une œuvre totale, souvent entourée d’indifférence et d’hostilité. Des maçons et des ouvriers qui, dans leurs petits villages d’origine, sur leur maison ou tout autour, ont donné vie à des architectures et à des microcosmes de l’imaginaire, souvent destinés à la destruction : un jardin sculpté, un recueil de la mémoire ou de la merveille, un château aux étages superposés, en utilisant presque toujours des matériaux recyclés.

Le parallèle avec l’histoire de l’anthropologie est fécond. Les monographies classiques de la matière célèbrent la « découverte » de l’autre à travers une rhétorique précise : le héros-anthropologue qui s’éloigne de l’Occident, surmonte les obstacles, rencontre de façon dramatique – dans une sorte d’épiphanie – une civilisation indemne de contacts, il l’étudie et en cueille les sens les plus profonds. A son retour, il pourra traduire les mots en une monographie et les objets en un musée. Pendant longtemps, on a associé des tribus spécifiques à un anthropologue et à ses disciples : si un autre chercheur s’approchait de la tribu, cela pouvait être considéré comme un manque de respect…

Nous avons appris que ceux que nous croyions « non contaminés » par l’Occident avaient en réalité une longue série de contacts, que la sélection et la censure des informations sont comme toujours utilisées pour les théories énoncées, que les stratégies et les obsessions personnelles de l’anthropologue et des informateurs se mélangent. L’appartenance, la mémoire, l’identité sont des processus créatifs et changeants, composés de différents éléments : il s’agit justement d’une construction babélique.

Ces « maçons de l’imaginaire » qui – loin d’être primitifs, maîtres de vie, naïfs ou autre – apparaissent dans ce dialogue comme des « collègues » qui doivent avoir un rôle actif, dans la lecture tout comme dans la tutelle de leurs œuvres. Il s’agit de chercheurs tourmentés, incapables de s’arrêter, pris par un projet qui ne les fait pas dormir la nuit; ou encore des architectes, des scénographes, des restaurateurs, des historiens et des critiques de leur art à travers des explications toujours semblables. Ce sont les créateurs de leur « egomusée », la mémoire historique et le guide idéal, et nous, visiteurs, l’appareil photo en bandoulière, nous perpétuons ce qu’ils disent, en élaborant les clés de lecture qu’ils nous livrent. Ce sont des anthropologues, parce qu’ils synthétisent dans leur entreprise un monde d’une manière significative. En un mot : de « outsiders à insiders ».

 Gabriele Mina, in Insiders, les constructeurs babéliques et nous

COMMISSARIAT                                                                                                                    

Gustavo Giacosa © DR

Argentin d‘origine, Gustavo Giacosa rencontre en Italie Pippo Delbono et sa compagnie en 1991, avec qui il commence son parcours de formation. Depuis lors, il participe activement à toutes ses productions théâtrales et cinématographiques.

Il fonde en 2005 à Gênes, avec un groupe multidisciplinaire d’artistes, l’Association Culturelle ContemporArt et commence à  développer une recherche sur le rapport art-folie dans les arts visuels. Il est le commissaire de nombreuses expositions sur cette thématique, parmi lesquelles Due ma non due. Ouvertures et rencontres artistiques dans les années post-Basaglia (Loggia della Mercanzia, Gênes, 2008) et  Noi, quelli della parola che sempre cammina (Museoteatro della Commenda di Pré, Gênes, 2010).

Il devient en 2010 directeur artistique de l’espace culturel ContemporArt Ospitale D’Arte (Villa Piaggio).

Martine Lusardy © DR

Martine Lusardy est directrice de la Halle Saint Pierre, initiatrice de son projet culturel et commissaire d’expositions depuis 1995.

 

 

 

 

 

 

 

 

AUTOUR DE L’ EXPOSITION                                                                                               

Catalogue de l’exposition
environ 300 pages/500 illustrations
bilingue français/anglais
Editions Halle Saint-Pierre

Concerts mensuels : Carte blanche aux écrivains fous de piano, une programmation de Catherine David.
Activités jeune public : visites contées
Evénements littéraires : rencontres/lectures
Colloques  mensuels de l’association pour l’étude du  surréalisme, organisés par Françoise Py, maître de conférence à l’université Paris VIII
Séminaires mensuels  : Art-thérapie et changement de paradigme , organisés par les docteurs Jean-Pierre Klein et François Dingremont de l’INECAT (Institut National d’Expression, de Création, d’Art et Thérapie)
Festival du film hors-normes : 1ére édition 23-24 mars ; 2ème édition prévue en décembre 2012 (dates à suivre sur le site)

 

HEY! MODERN ART & POP CULTURE

Titine K-Leu

15 septembre 2011 – 4 mars 2012

66 ARTISTES INTERNATIONAUX
&
3 COLLECTIONS PRIVÉES

 Le musée de la Halle Saint Pierre et la revue HEY! s’associent pour présenter l’exposition HEY! modern art & pop culture. Rencontre inévitable au sein de la scène culturelle alternative entre les courants de la pop culture et les formes populaires de l’art moderne et contemporain que sont l’art brut et l’art singulier. Notre société est une « culture-monde » à laquelle l’art pictural n’échappe pas. Aujourd’hui, l’esprit de la rue et du populaire est partout et gagne les institutions. Dans l’esprit de la revue HEY!, l’exposition se veut le relais et la caisse de résonance de cet art urbain, pop et outsider.

Qu’ils détournent les fondements d’une civilisation technicienne dont ils représentent les ouvertures permises à la création artistique et à la libre invention, ou qu’ils entretiennent les liens les plus ténus possibles avec toute espèce d’environnement culturel ou de médiatisation, la soixantaine d’artistes présentés dans l’exposition ont en commun de contester les frontières hiérarchiques qui séparent le grand Art de la culture populaire. Leurs généalogies culturelles et leurs cousinages donnent à cette exposition l’allure d’un cabinet de curiosités du XXI ème siècle. Représentants emblématiques de la Pop culture ou héritiers de la forme la plus  singulière de l’art, l’art brut, ils sont le pollen libre de la création culturelle.

66 ARTISTES INTERNATIONAUX & 3 COLLECTIONS PRIVÉES

Murielle BELIN (France) – Pierre BETTENCOURT (France) – Stéphane BLANQUET (France) – Karotte & Chris BONOBO (France) – Ray CAESAR (USA) – CHICKEN (France) – Robert COMBAS (France) – Dave COOPER (Canada) – Alfred Eugène COURSON (France) – Robert CRUMB (USA) – Henry DARGER (USA) – David B. (France) – Ludovic DEBEURME (France) – Philippe DEREUX (France) – Daniel Martin DIAZ (USA) – Hervé DIROSA (France) – Alëxone DIZAC (France) – Véronique DOREY (France) – Elzo DURT (Belgique) – ERRÓ (France) – Aj FOSIK (USA) – Vincent GLOWINSKI (France) – Carmen GOMEZ (Suisse) – Mischa GOOD (Suisse) – Michèl GOUÉRY (France) – Alex GROSS (USA) – Horst HAACK (Allemagne) – Jessica HARRISON (Écosse) – Naoto HATTORI (Japon) – Chris HIPKISS (UK) – Scott HOVE (USA) – JONONE (USA) – Titine K-LEU (Suisse) – Kris KUKSI (USA) – Guy LE TATOOER (France) – SHIH-YUNG LIN (Taïwan)   Mia MÄKILÄ (Suède) – Karl MARC (USA) – Chris MARS (USA) – Eudes MENICHETTI (France) – MEZZO (France) – Pierre MOLINIER (France) – Jean-Luc NAVETTE (France) – NEOZOON (Fr / All) – Alexandre NICOLAS(France) – NUVISH (France) – Thomas OTT (Suisse)  -  PAKITO BOLINO / LE DERNIER CRI  (France)   –   RUPPERT & MULOT  (France)  -   SAILOR JERRY  (USA)  -  SAUERKIDS  (Hollande)  -  Ronan-Jim SEVELLEC  (France)   –   Gilbert SHELTON   (USA)   -  Silvia B.  (Hollande)  -  Jeff SOTO  (USA)  -  Vee SPEERS  (Australie)  -  Ehren TOOL   (USA)  -  Jean TOURLONIAS  (France)  -  Clovis TROUILLE  (France)  -  TURF ONE   (France)   -  Amandine URRUTY (France)  -  Anne VAN DER LINDEN  (France)   -   Aurélie WILLIAM LEVAUX  (Belgique) – Martin WITTFOOTH (Canada) – Dan WITZ (USA) – YU JINYOUNG (Corée)

CABINET DE CURIOSITÉ / Pierre Bazalgues
MUSÉE DES ARTS FORAINS
LA POP GALERIE / Pascal Saumade
(Collections privées, France)

Partenaires de l’exposition

 

 

 

SOUS LE VENT DE L’ART BRUT

Sous le vent de l’Art BrutSava SekuliĆ

Collection Charlotte Zander
17 janvier – 26 août 2011

La  Halle Saint Pierre accueillera du 17 janvier au 26 août 2011 une partie de la collection Charlotte Zander.

Abritée au château de Bönnigheim, en Allemagne, cette collection unique et riche de 4 000 œuvres, dédiée à l’art outsider, est historique. En effet, elle rassemble un grand nombre de créateurs fous, naïfs, visionnaires, autodidactes de toute sorte qui se sont imposés sur la scène de l’art moderne et en ont bouleversé l’esthétique. Cette collection est également pionnière dans son esprit, car elle a œuvré à défendre et célébrer, au-delà des catégories de l’art brut, de l’art naïf et de l’art singulier, cette large famille des créateurs marginaux, qui ont inventé des manières révolutionnaires de penser et de peindre.

Parmi les 49 artistes de l’exposition Wölfli, Carlo, Madge Gill, Lesage, Crépin, Walla ou Scottie Wilson sont considérés comme les grands classiques de l’art brut et Rousseau ou Bauchant comme les maîtres incontestés de l’art naïf. A leurs côtés, Bill Traylor, Boix-Vives, Wallis et Séraphine de Senlis viennent rendre contestables de telles frontières en nous offrant des fascinants témoignages de création inspirée et inventive. L’exposition sera également  l’occasion de découvrir trois artistes amplement présents dans la collection Charlotte Zander mais encore méconnus en France : Bosilj et Sekulic et l’énigmatique Schröder-Sonnenstern dont les visions inouïes ont pourtant attiré l’attention des surréalistes.

Richard ANTILHOMME – André Bauchant – Anselme BOIX-VIVES – Ilija BOSILJ – Tim BROWN – Ida BUCHMANN -  Rosie CAMANGA -  CARLO – Fleury-Joseph CREPIN – Préfète Duffaut – Curtis Lee FARLEY – Johann FISCHER – Auguste Forestier – Pietro Ghizzardi – Madge GILL – Thomas GRUNDMANN – Margarethe HELD – Jeffry HILL -  Chris HIPKISS –  Vojislav Jakic – Rosemarie Koczÿ   Augustin LESAGE – Gaston MOULY – Jean-Pierre NADAU – Michel NEDJAR – NIKIFOR – Heinrich Nüsslein –  Prospère PIERRE-LOUIS – Vasilij Romanenkov – Henri ROUSSEAU – Robert Saint-Brice   Louisianne Saint Fleurant – Friedrich SCHRÖDER-SONNENSTERN – Sava SekuliĆ – Zbyněk Semerák – Séraphine DE SENLIS – Matija Skurjeni – Louis SOUTTER – Wolfgang TEUCHER – Bill Traylor – Daniel TROPPY – Oswald TSCHIRTNER – Willem VAN GENK – Germain VAN DER STEEN   Auguste WALLA -   Alfred WALLIS – Scottie WILSON – Josef WITTLICH - Adolf Wölfli.

L’art brut in Zanderland

Il est des collections prisons. Il est des collections volières. Des collections disciplinaires où les œuvres, esclaves d’une doctrine esthétique, défilent sous l’uniforme d’un parti-pris formel. Et des collections buissonnières où chacune n’est là que pour nous inviter à ouvrir la porte étroite de la cage conceptuelle. A la seconde série appartient la Collection Charlotte Zander. C’est à ce volatile programme que souscrit aujourd’hui la Halle Saint-Pierre. C’est à cet élan d’échanges et de liberté qu’elle invite son public. Dans cette pelote prodigieusement colorée, patiemment enroulée par Charlotte Zander, le commissariat de l’exposition de la Halle Saint-Pierre a délibérément tiré un fil et c’est celui de l’art brut.

En puisant quelques pépites dans une collection unique par sa façon de combiner art naïf, art brut et outsider art, l’exposition de la Halle Saint-Pierre s’emploie à affiner les critères qui permettent de se reconnaître dans le maquis de la création autodidacte de qualité. Elle montre combien la notion d’art brut est toujours pour cela un sésame, à condition que son emploi ne soit pas restrictif. A rebours des tentatives qui visent à diluer l’art brut dans le mainstream pour le faire servir de vitamine à un art conceptuel épuisé, elle en renouvelle la validité sur le mode d’une ouverture à des formes d’art voisines et pourtant différentes. Si elle s’attache à illustrer une fois de plus la spécificité de l’art brut, c’est sans en faire un bunker. A son public qui sait qu’on décloisonne d’autant mieux la pensée qu’on dispose de repères souples pour appréhender un domaine complexe, cette exposition propose d’en finir avec l’étanchéité immuable des catégories. Loin de durcir les frontières entre elles, elle veut contribuer, suivant en cela l’exemple de Charlotte Zander, à les rendre sinon poreuses du moins communicantes. Son point de vue étant celui de l’art brut qui se fonde sur l’opposition et les correspondances entre Conscient et Inconscient, elle contribue à en étendre le champ par des incursions exploratoires sur des territoires limitrophes qui réservent plus de surprises que l’on croit.

Aussi ne s’est-on pas contenté de réunir ici quelques unes des vedettes dont sont familiers les amateurs d’art brut : Carlo Zinelli, Fleury Joseph Crépin, Johann Fisher, Auguste Forestier, Augustin Lesage, Gaston Mouly, Michel Nedjar, Bill Traylor, Oswald Tschirtner, August Walla, Scottie Wilson, Josef Wittlich, Adolf Wölfli, pour ne citer que les plus connus qui ne sont pas les moins fameux. Certes, le visiteur ne sera pas frustré de leurs images. Il sera même comblé sur le triple plan des retrouvailles, du méconnu, de l’inédit.

Mais il ira à la découverte (à la redécouverte pour les plus informés) de créateurs trop peu souvent présentés dans notre pays, bien qu’importants : Ilija Bosilj et Sava Sekulic notamment. Surtout, il aura le loisir de considérer d’un œil neuf, c’est à dire d’un œil alternativement porté sur la réalité extérieure des tableaux et sur le contenu latent de ceux-ci, quelques unes de ces œuvres estampillées « naïves » mais où le vent de l’art brut trouve cependant à souffler :  André Bauchant dont on ne peut s’empêcher de soupçonner l’anguille brute sous la roche naïve ; Anselme Boix-Vives, Saint-Brice et Gaston Mouly que l’on pourrait être tenté de traiter de naïfs alors que les signes de prédation archaïque clairement à l’œuvre dans leurs compositions florales exotiques ou farouchement ludiques  font définitivement pencher du côté brut de la force psychique ; Séraphine se laissant hypnotiser jusqu’au délire par sa toile et ses couleurs.

Le rôle de l’art brut et des créations qui lui sont apparentées, c’est de nous donner accès à la chimère, de débusquer son refuge à partir duquel nous construisons, sans le savoir, notre petit for intérieur. Devant les terrifiantes images de Friedrich Schröder-Sonnestern, le frisson qui nous saisit nous persuade combien celui qui les a faites s’est aventuré loin en terrain exposé pour assigner à l’Autre sa place et nous le rendre du même coup moins dangereux. Le profit psychique est d’autant plus évident qu’il s’accompagne de plaisir esthétique. Avec l’art brut, « l’esprit s’achoppe à l’inouï », selon une formule d’ Edmond Jabès.

-    Jean-Louis Lanoux, extrait du texte du catalogue