BAÏKONOUR, LE CIEL EN HÉRITAGE
AVANT LES ETOILES
Du 10 juillet au 30 septembre 2026 dans la galerie de la Halle Saint Pierre
Entrée libre
BAÏKONOUR, LE CIEL EN HÉRITAGE

» Il y a cinquante ans l’aventure spatiale commençait au cœur de la steppe kazakh. Ce qui devait devenir le premier et le plus grand cosmodrome du monde et permettre à Spoutnik et Gagarine d’atteindre l’espace, fut établi dans une zone isolée et hostile.
Une ville, Leninsk, fut créée à proximité. Aujourd’hui les projets pharaoniques permis par la guerre froide sont terminés mais l’aventure spatiale continue. Cependant l’avenir du cosmodrome demeure incertain : en 2017, les activités du site seront transférées vers la Russie. J’ai voulu documenter cette civilisation du spatial en péril. «
Émilie Buzyn


Émilie Buzyn – Photographe et photojournaliste
Après avoir étudié à l’ESAG et au Central Saint Martins College of Art & Design de Londres, Émilie Buzyn obtient le diplôme de l’École Nationale Supérieure des Arts Décoratifs (ENSAD) de Paris. Elle avait auparavant poursuivi des études de biologie et de géologie, avant de se tourner vers une formation artistique à l’ENSAD où elle expérimente de très nombreuses sections pour finalement choisir la section graphisme/multimédia.
C’est à Londres, au Central Saint Martins, qu’elle découvre la photographie. De retour en France, elle passe son diplôme de l’ENSAD en section photo et obtient la mention spéciale du jury.
Toujours intéressée par le domaine scientifique, elle réalise des reportages en rapport avec le thème spatial : Baïkonour, Star City, Soyouz-Kourou, vol 300 0G avec le CNES, Observatoire de Paris-Meudon-Nançay.
À partir de 2014, Émilie Buzyn se rend dans le Kurdistan irakien pour couvrir l’avancée de l’État islamique, amorçant un long suivi du conflit. En 2017, elle photographie la chute de Raqqa aux côtés des Forces Démocratiques Syriennes pour Le Point, documentant notamment la détention des djihadistes français dans les prisons du Rojava. En 2018, seule photoreporter sur place, elle témoigne de l’offensive turque sur le canton d’Afrin et du sentiment d’abandon des Kurdes par les Occidentaux.
En 2003, elle est choisie par la Mairie de Paris et la Maison Européenne de la Photographie comme photographe officielle pour la Nuit Blanche à Paris. Cette même année, elle reçoit une bourse lors du festival « Biarritz Terre d’Images ».
En 2004, son travail sur le thème de l’eau et des hommes réalisé dans les Pyrénées-Atlantiques est exposé lors de la dernière édition du festival. Elle obtient également en 2004 la bourse de la Fondation Jean-Luc Lagardère, qui lui permet de produire un reportage sur le cosmodrome de Baïkonour au Kazakhstan, où elle effectue plusieurs séjours. Elle a par ailleurs été primée au prix SCAM du portfolio.
Son travail a été publié dans de nombreuses revues : Beaux-Arts Magazine, Images Magazine, Technikart, GQ, et plus récemment XXI, M Le Magazine du Monde, La Vie, Marianne…
En 2006, elle participe à l’ouvrage collectif Vivre le Sport pour Lagardère.
Son reportage sur Baïkonour est publié dans le Revue XXI.

AVANT LES ETOILES
Avant les observatoires
Avant les fusées
Avant les conquêtes spatiales
L’humanité levait les yeux vers le ciel
Avant d’imaginer quitter la Terre, l’humanité éprouvait la nécessité de s’élever. Depuis les premières civilisations, elle n’a cessé de dresser des formes vers le ciel : menhirs, ziggourats, pyramides, obélisques, stūpas, cathédrales, tours ou gratte-ciel. Toutes procèdent d’un même désir d’élévation. Toutes dessinent ce que les grandes traditions nomment axis mundi, cet axe symbolique reliant la terre au ciel, le visible à l’invisible.
Les œuvres de Régis-R prolongent cette histoire. Elles empruntent les formes de l’aérospatiale mais en déplacent profondément le sens. Assemblées à partir des matériaux emblématiques de notre modernité — plastiques, contenants industriels, objets trouvés et fragments manufacturés — elles ne célèbrent pas la conquête de l’espace. Elles réinventent l’un des plus anciens récits de l’humanité : celui d’une humanité qui n’a jamais cessé de vouloir dépasser les limites apparentes de sa condition.
Chaque civilisation invente ses symboles avec la matière de son époque.
Les grands récits de l’humanité s’écrivent aussi dans la matière.
Hier la pierre, le bois ou le bronze ; aujourd’hui le plastique.
Chaque époque érige ainsi ses propres axis mundi. Entre les mains de Régis-R, cette matière cesse d’être le symptôme d’une époque pour devenir le support d’une nouvelle mythologie. Ce qui relevait du monde de l’usage rejoint celui du symbole.
Les fusées de Régis-R ne cherchent pas à conquérir l’espace ; elles nous rappellent que l’imagination demeure le plus ancien des voyages.

Basé à Paris, Régis-R développe depuis plus de trente ans une œuvre de sculpture et d’assemblage fondée sur la collecte d’objets trouvés. Présentée en France comme à l’international, son œuvre compose une mythologie contemporaine où les vestiges de notre quotidien deviennent les matériaux d’un imaginaire en perpétuelle métamorphose.