Jacques ROMAN

RENCONTRE/LECTURE/PROJECTION

autour du livre de Jacques ROMAN
Mille et un visages ou le Je en jeu: Antoine Sevilla
Editons Notari, 2016

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En présence de l’auteur et du peintre Antoine Sevilla

Lecture et projection des dessins autoportraits créés par le peintre Antoine Sevilla

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Dimanche 22 mai 2016 à 15 heures – entrée libre

Halle Saint Pierre – à l’auditorium

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romanJacques ROMAN, né en 1948 à Dieulefit, dans la Drôme. Il estime primordiale, dans sa formation et dans sa vie, la rencontre avec des auteurs qu’il tente de servir avec passion sous des formes d’expression différentes – d’où ses nombreuses activités : théâtre, enseignement, cinéma, lecture et mise en scène, écriture personnelle toujours sur le qui-vive. Parmi les écrivains qu’il explore continuellement : Artaud, Barthes, Kafka, Michaux, Bernard Noël, Perec, Pasolini, Heiner Müller, Schnitzler… C’est aussi un grand découvreur d’œuvres rares, de textes oubliés, d’écrits marginaux qu’il revisite pour en dégager l’urgence et l’actualité.  Il est l’auteur d’une trentaine d’ouvrages.

Le Prix Virgile 2016, remis lors du Marche de la Poésie, vient couronner l’ensemble de son œuvre.

Mille et un visages ou le Je en jeu : Antoine Sevilla

A partir des dessins d’Antoine Sevilla, Jacques Roman propose au lecteur de vivre avec lui une expérience que seul permet l’art de l’autoportrait: se regarder dans celui qui se regarde. Expérience du miroir qui balaie tout narcissisme puisque par un double transfert, du reflet au dessin, les yeux dans les yeux, l’artiste et son destinataire se reconnaissent comme jumeaux dans leur altérité. Ce «Je» qui nous obsède, qui nous colle au visage depuis que nos yeux l’ont vu et notre esprit infiniment revu, n’est-il qu’un mot? Il suffit en tout cas à Sevilla – sans doute grâce à des origines brassées par des mouvements migratoires qui à la fois aiguisent et disloquent la mémoire – de varier les couvre-chef d’un autoportrait à l’autre pour révéler la multiplicité des possibles destins que recouvre cette misérable étiquette: «Moi». La question de l’identité est dès lors posée non en termes d’appartenance (à une nation, à une communauté, à une race…), mais bien plutôt d’invention (au sens musical et poétique) dans la libre composition de l’aventure humaine.
Entre comédie et tragédie, du masque de Zorro au casque de soldat (français, allemand…), du chapeau de Sherlock Holmes à la casquette de Mao, tout le nuancier des genres et des rôles est engagé dans un face-à-face que l’artiste entretient avec humour et humilité (et férocité aussi) d’un bout à l’autre de cette longue galerie de portraits de soi – où la persistance d’un même regard préserve l’énigme de ce «Je en jeu».

+ d’infos (cliquez ici)

  • A la librairie de la Halle Saint Pierre vous trouverez notamment :
    Mille et un visages ou le Je en jeu : Antoine Sevilla, Editions Notari,
    Les voix de Jacques Roman, éditions l’Age d’Homme
    Ecrits dans le regard de Hans Bellmer, Editions Notari,

DADO – Peindre debout

RENCONTRE
autour du livre

Peindre debout
DADO

Préface d’Anne Tronche
Édition établie et annotée par Amarante Szidon,
L’Atelier
contemporain

en présence de
Jean-Claude Volot, collectionneur,
exposition  L’Esprit Singulier en cours à la Halle Saint Pierre
Amarante Szidon, critique d’art et fille du peintre Dado

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Samedi 28 mai à partir de 15h30 – entrée libre

Halle Saint Pierre – à l’auditorium

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Issu d’une famille d’intellectuels, Dado (Miodrag Djuric dit, 1933-2010) naît à Cetinje (Monténégro). Après des études à l’École des beaux-arts d’Herceg-Novi puis à celle de Belgrade, il s’installe en France en 1956, où il est découvert par Jean Dubuffet, qui l’introduit auprès de Daniel Cordier. Tout au long de sa vie, guidé par un souci de réinvention permanente, il s’exercera à développer une œuvre hantée par la rencontre du vivant et de la mort, en marge des courants artistiques, sur de multiples supports – dessin, peinture, sculpture, gravure, décors d’opéra, œuvres in situ, numérique – dans un fertile échange entre la culture de son pays d’origine et celle de son pays d’adoption.

Le Livre

Cet ouvrage réunit pour la première fois 22 entretiens réalisés par Christian Derouet, Pierre Descargues, Jean-Louis Martinoty, Catherine Millet, Michael Peppiatt, Germain Viatte…, au long de quatre décennies avec l’artiste monténégrin Miodrag Djuric, dit DADO (1933-2010), établi en France à partir de 1956, très tôt repéré parJean Dubuffet et Daniel Cordier, son premier marchand.Artiste complet s’il en est, Dado livre ici une parole véritablement plastique, s’emparant de la langue avec une puissance créatrice hors du commun, comme il s’emparait de chaque médium : dessin, peinture, gravure, collages, décors d’opéra, sculpture, installations in situ, oeuvres numériques. Accompagnant cette parole d’un appareil scientifique conséquent, l’ouvrage dresse le portrait d’un homme singulier, qui se présentait volontiers comme un « exilé volontaire » et livre les clés de compréhension indispensables pour appréhender son oeuvre – une oeuvre souvent mal comprise, consacrée au vivant, « creuset d’une palpitation passionnelle jamais lassée ».
(…) Les entretiens auxquels s’est livré Dado, selon un rythme irrégulier, durant une cinquantaine d’années ont ceci d’exceptionnel : ils font apparaître le champ de l’art comme un terrain de lutte. Selon des modalités différentes, ils affirment que la liberté du créateur ne se fonde que dans la transgression des tabous moraux, esthétiques et économiques de son époque. L’audace stylistique, le dévergondage de la pensée, de même que l’émotion ressentie devant un événement minuscule demeurent, de son point de vue, les seules chances pour conduire sans prétention dogmatique une oeuvre
à accomplir. Au cours de ces rencontres, Dado, qui sait jouer de la reconnaissance qu’il a acquise pour déborder toujours davantage les limites dans lesquelles on voudrait l’enfermer, s’affirme plusieurs fois « hérétique » ou « rebelle ». Hérétique, il l’est certainement. Arrivé à Paris en 1956, dans une époque où l’abstraction dominait, il a pu mesurer la résistance qui lui fut nécessaire pour situer son expression hors des modes et des tendances majoritaires. Un affranchissement aussi complet des valeurs culturelles dominantes n’a pas beaucoup d’exemples. Et il faut reconnaître que Dado manifeste avec une évidente intrépidité à quel point lui sont précieux les droits illimités de l’indépendance d’esprit.
En l’écoutant – fréquemment la restitution des entretiens est laissée dans la vérité abrupte des paroles prononcées, si bien que l’on entend quand on l’a connu, ce qui est mon cas, la tessiture de sa voix –, nous ressentons la nervosité aiguë de ses peintures. Comme si les paroles prononcées étaient la caisse de résonance où tracés, couleurs, signes interrompus atteignaient leur plus précise portée. (…)
À la lecture de ces entretiens, on comprend, si on ne l’avait déjà soupçonné, que Dado a fait de sa peinture un lieu de rencontre pour des volontés qui pourraient sembler antagonistes, alors qu’elles sont complémentaires : celle d’écrire son propre corps,
sa propre angoisse corporelle devant la mort, et celle d’agrandir son propre champ de vision pour dire les rapports de force qu’entretient la pensée avec des visions venues d’ailleurs. […]

  • Anne Tronche

L’Atelier contemporain
4, boulevard de Nancy / F-67000 Strasbourg
francois-marie.deyrolle@orange.fr / +33 (0)3 88 25 75 41 / +33 (0)6 83 56 99 91
www.editionslateliercontemporain.net

Gilbert Lascault, Denis Pouppeville, Nicole Caligaris

LECTURE / DEDICACE
autour des ouvrages :

  • Les fumeuses fatales
    de Gilbert Lascault, illustré par Denis Pouppeville.
    Editions Fata Morgana (2015)
  • Scie Patriotique 
    de Nicole Caligaris, roman illustré par Denis Pouppeville.
    Éditions du Nouvel Attila (avril 2016)

En présence de Nicole Caligaris, Gilbert Lascault les auteurs, Denis Pouppeville, artiste et Benoît Virot, éditeur.

Dimanche 8 mai 2016 à 15 heures – entrée libre
Halle Saint Pierre – à la Librairie

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Gilbert LascaultLes fumeuses fatales, Gilbert Lascault / Denis Pouppeville

En ce temps-là, Viviane et Morgane avaient dix-huit ans. Elles étaient simultanément amoureuses du seul amant qui les désirait. Nous n’avons jamais connu le nom de l’homme, comment ils s’étaient rencontrés. Dans un vaste lit, tous trois, ils étaient nus et tendres. Sans cesse, dans les nuits et sous le soleil, ils se caressaient ; ils se câlinaient ; ils se léchaient ; ils se patinaient ; ils gémissaient ; ils criaient ; ils prononçaient des phrases lascives et suaves ; ils dansaient les sarabandes ; ils entraient en joute ; ils fretin-fretillaient ; ils entraient en lice : ils jouissaient ; ils rayonnaient. Parfois, ils dormaient ; puis ils se réveillaient ; ils mangeaient du caviar, des truffes, des darioles, des mokas, des madeleines, des mille-feuilles.

Oeil3 copieLes dessins satiriques de Denis Pouppeville ont inspiré à Gilbert Lascault «un conte de fées désenchanté, une légende désordonnée, une épopée travestie, une fable sans morale ni merveille». Les fées arthuriennes Viviane et Morgane se retrouvent ici sœurs jumelles inséparables, Les fumeuses fatales, partageant leurs amants et leurs désirs insatiables, leur goût de la poésie et des chansons populaires. Tour à tour lascives et sanguinaires, les deux sœurs empruntent tous les éléments constitutifs de l’œuvre de Pouppeville – cigarettes, roues, couteaux, chariots, baguettes et tambours – pour se créer leur histoire, leur mythe.

  • 19 exemplaires accompagnés d’un dessin de Denis Pouppeville. 180 euros.
  • 781 exemplaires sur vélin ivoire. 12 euros.
  • 2015 ‒ 56 pages

+ d’infos


Nicole CaligarisLa Scie patriotique, de Nicole Caligaris et 20 dessins de Denis Pouppeville

« Les hommes étaient hagards. Constamment au bord du vertige. Constamment pleins de rêves. Pas des meilleurs. Le jour perdait toute épaisseur. La nuit depuis longtemps n’était qu’un cauchemar bref. La guerre était devant. »

Une escouade en déroute, sans repères, sans ennemi, abandonnée à elle-même au milieu de nulle part, se met à violer, à viser et à moquer tout ce qu’elle croise. Poule, rôdeur, petite fille ou curé, pas grand chose n’échappe à la bêtise et la vindicte de cette compagnie et de son chef, qui coupe tout ce qui dépasse avec sa scie patriotique.

Dans un style épuré et d’un grand classicisme, qui rappelle les pages de Casse-Pipe ou du Voyage au bout de la nuit, de Céline, voire une sorte de Désert des Tartares en déliquescence, Nicole Caligaris dépeint une danse macabre, disant l’absurdité colossale de la guerre.

Tirage spécial imprimé à l’encre rouge et augmenté d’un dessin original : 150 €
112 pages – 15€

+ d’infos

La banalyse

Une aventure collective critique et poétique autour du banal et de l’ennui !

RENCONTRE
autour de
Éléments de banalyse,
édition de documents conçue et établie par
Marie-Liesse Clavreul et Thierry Kerserho,
avec une préface de Pierre Bazantay et Yves Hélias,
cofondateurs du Congrès ordinaire de banalyse

éditions Le jeu de la règle,
juin 2015

Dimanche 26 juin de 14h30 à 17h30 – entrée libre
Réservation conseillée : 01 42 58 72 89

Halle Saint Pierre – auditorium

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PRESENTATION

par Jean Lebrun,
historien, journaliste à Radio France, président de la Halle Saint Pierre
en présence de Marie-Liesse Clavreul ,Thierry Kerserho, Yves Hélias,
Pierre Bazantay et Patrick Viret, réalisateur d’un film sur la banalyse sorti en 2012  : Échangeriez-vous votre voiture contre deux Traban ?

PROJECTION
Échangeriez-vous votre voiture contre deux Traban ? film de Patrick Viret (extrait )

Banalyse_photo_1Les Fades vue générale

Présentation

Il y a eu Dada, le futurisme, le surréalisme, le situationnisme, la ‘pataphysique et l’oulipisme et il y eut la banalyse. On nomme parfois aussi cela le Mouvement banalytique (…). La banalyse est, cela se conçoit et se suffit, et elle existe parce que le banal et le capitalisme coexistent.
Eric Dussert –  Matricule des Anges (nov 2015)

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Le Congrès ordinaire de banalyse fut fondé en 1982. Il s’est tenu aux Fades, une halte ferroviaire facultative d’une localité du Puy-de-Dôme (France). La seule activité inscrite au programme officiel était, pour l’assemblée générale des congressistes déjà présents, d’attendre et d’accueillir les autres éventuels congressistes à chacun des trains. Le Congrès fut obstinément reconduit pendant dix ans, chaque troisième week-end de juin.

Tenant lieu de manifeste, le Congrès des Fades inspira d’autres propositions en France, en Belgique, aux Açores, en République socialiste tchécoslovaque, au Québec, etc.

Un ensemble de documents témoignant de ce que firent et inventèrent les banalystes entre 1982 et 1991 est ici publié pour la première fois. Durant cette décennie, ce sont une trentaine de manifestations et expériences, ponctuelles ou périodiques, qui auront été organisées et menées sous le nom de banalyse, et ce sont plusieurs centaines de personnes provenant d’horizons les plus divers qui s’y seront associées.

La présente édition vise également à rendre compte d’un état d’esprit, ironique autant que sérieux, qui invitait à déjouer collectivement les pesanteurs du réel. Encore fallait-il, pour répondre à l’invitation, accepter de prendre certains risques, comme celui de l’ennui ou celui de perdre son temps.

S’il n’était pas de définition de la banalyse, était présumé banalyste quiconque, ayant eu vent du Congrès des Fades, avait été fortement tenté de s’y rendre.

+ d’infos sur le site des éditions Le Jeu de la règle (cliquez ici)

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la-banalyse-un-jeu-de-lesprit-de-1re-classeVle Congrès ordinaire de banalyse, le 20 juin 1987, cérémonies du train officiel : le Toast

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France Culture, « Les Carnets de la création », 14 janvier 2016
Interview de Pierre Bazantay par Aude Lavigne (5 min)

À la cave comme au ciel de Christian Dufourquet

De la poésie au roman : une migration dans l’espace et le temps
avec
Christian Dufourquet
autour de À la cave comme au ciel
éditions Le Soupirail

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Dimanche 12 juin 2016 à 15 heures – entrée libre

Halle Saint Pierre – auditorium

Ce n’est pas ici le lieu de discourir sur l’apparition et le développement de ces deux formes d’écriture par le biais d’auteurs divers et à travers les époques … Il s’agit de resserrer au maximum le champ et faire part d’une expérience vécue, presque aveuglément, dans le corps d’un auteur qui, dans un premier temps, n’aura pu ou su écrire que de la poésie, jusqu’à ce que cette forme d’expression l’abandonne d’un coup, aux alentours de ses quarante ans, et soit supplantée quelques années plus tard, et presque aussi brutalement, par l’irruption d’une autre forme que l’on peut appeler récit ou roman, sans pour autant, et contrairement à ce que cet auteur a pu croire de prime abord, qu’il y ait rupture totale, qu’il n’y ait pas irrigation de cette forme par une sorte de courant sous-jacent unissant ces deux âges de l’écriture, ces deux temps d’une expérience qui ne peut être dissociée du corps de son auteur, lequel fait barrage dans l’espace et le temps, se dégrade inexorablement, sans que cela affecte, du moins l’espère-t-il, les quelques mots qui filtrent encore, de l’obscure paroi que son souffle creuse, à son corps presque défendant.

– Christian Dufourquet

Christian Dufourquet est né à Oloron-Sainte-Marie (Pyrénées- Atlantiques) et vit actuellement à Chinon. Il a publié de courts romans aux éditions Maurice Nadeau, dont le remarqué Franz et Mania (2005), ainsi que de la poésie aux éditions Guy Chambelland et aux éditions L’arachnoïde.

 Portrait de Christian Dufourquet. Un pas, un mot

À propos de À la cave comme au ciel

Un vieux lettré somnole et rêvasse dans une pièce envahie de livres, un fusil rouillé à la main. Une femme de ménage enchaîne les petits boulots. Un marginal sillonne la campagne. Ces trois personnages se croisent, se heurtent, parfois mortellement, dans une petite ville située au cœur d’un pays dévasté. La présence des livres, obsédante, invite à s’interroger sur leur pouvoir, ou le peu qu’il en reste…

À travers ces destins meurtris, et au gré d’une phrase qui enlace le pur et l’impur, l’auteur nous propulse dans un voyage cruel et mélancolique autour des grands textes de la littérature, et de ses miroirs.

Bibliographie

Prose
Aux éditions Maurice Nadeau
Nous ne cessons de dire adieu, 2000.
Mourir dormir tuer peut-être, 2003.
Franz et Mania,2005.
Un chapeau dans la neige, 2010.

Aux éditions Le Soupirail
À la cave comme au ciel, 2016.

 Poésie
Aux éditions Guy Chambelland
Les Yeux Paralysés ; collection du Pont de l’Épée, 1981.
Poème de l’entre-deux ; collection du Pont de l’Épée, 1985.
Je la nuit ; collection du Pont sous l’Eau, 1989.

Aux éditions L’arachnoïde
Je la nuit (suivi du Pic du Midi d’Ossau), 2009.
Les Yeux Paralysés (suivi du Journal 1983), 2013.

Contributeur occasionnel à la Quinzaine Littéraire (articles sur Stanislas Rodanski et Roberto Arlt).

 Invité à l’émission d’Alain Veinstein sur France Culture pour Franz et Mania et Le chapeau dans la neige.

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+ d’infos sur Les éditions Le Soupirail