L’Ensaignement

RENCONTRE / SIGNATURE

JEAN-PHILIPPE DE TONNAC
À l’occasion de la parution de son roman
L’Ensaignement
Guy Trédaniel, 2021

avec NANOUK, praticienne chamanique,
elle transmet en France les enseignements de Sandra Ingerman

Dimanche 20 mars à 15 heures – entrée libre
Réservation indispensable au : 01 42 58 72 89
Halle Saint Pierre, à l’auditorium

 

  • LE LIVRE
    Le roman commence par une rencontre au musée d’Orsay et une discussion devant L’Origine du monde. Qu’aurait été l’ampleur du scandale si Gustave Courbet avait peint une femme qui saigne ? C’est le début d’un périple qui conduit le narrateur à rencontrer les membres d’une communauté qui cherchent à quitter le temps linéaire du progrès, pour réinvestir le temps de l’éternel retour, temps des saisons, des semailles et des moissons, de la vie et de la mort – temps du cycle féminin.

  • Quand on lui demande pourquoi il a décidé d’écrire sur le sang, ce sang qui revient tous les mois, l’auteur répond : « Ai-je été femme dans une autre vie ? Je sais simplement que le fait qu’on exhibe de manière ostentatoire le sang qui coule de la blessure et annonce la mort et qu’on cache le sang de la vie m’apparaît toujours comme un scandale. Dans cette histoire d’une espèce qui cherche à s’émanciper du vivant et de ses lois, je perçois intuitivement que l’occultation du sang menstruel marque une étape funeste. »

  • Cette question du sang, Nanouk l’éclaire en rappelant la place qu’il occupe dans la vie spirituelle des femmes chez les peuples racines. Le cycle féminin rythme la marche de la communauté. Lorsqu’elles saignent, les femmes se retirent toutes ensemble puisqu’elles saignent en même temps. Dans ce temps de leur menstruation, elles partagent leurs expériences sensorielles et extra-sensorielles. Leur sensibilité exacerbée les met en lien. Toute la diplomatie des mondes passe par elles, par ce sang qui coule entre leurs jambes, ce sang sacré. Avec le sang cesse l’exil.

  • Sacralisé autrefois, objet d’opprobre aujourd’hui, le sang exclut les femmes le temps de leur menstruation. Le roman est une occasion d’aborder un sujet tabou, de nous réunir pour nous demander qu’est-ce qu’on a de la femme fait disparaître en faisant disparaître le sang.


  • Jean-Philippe de Tonnac est écrivain et éditeur. Auteur d’une trentaine d’ouvrages, il a privilégié un temps les livres d’entretiens avec des personnalités de premier plan sur des thématiques touchant à la philosophie, aux sciences, à la spiritualité : Révérence à la vie – conversations avec Théodore Monod (Grasset, 1999) ; N’espérez pas vous débarrasser des livres, avec Umberto Eco et Jean-Claude Carrière (Grasset, 2009), etc. Le Cercle des guérisseuses (Guy Trédaniel) a reçu le prix ALEF 2020. Comme romancier, il a publié Père des brouillards (Fayard, 2002) et Azyme (Actes Sud, 2016, prix « Ecritures et spiritualités »).