Nathalie Méfano

Les œuvres de Nathalie Méfano seront visible à la Galerie de la Halle Saint Pierre du 6 au 31 janvier 2026

Le samedi 31 janvier 2026 à 15h dans l’auditorium de la Halle Saint Pierre, les auteurs et la mère de l’artiste présenteront la monographie qui lui est consacrée.


Doucement lorsque le jour monte
les ombres se mettent
à danser secrètement
et la lune Vertige
disparaît silencieuse…
à pas de ciel
vers l’Aube

Nathalie Méfano, Poème au dos d’une carte postale
titrée « Soleil de nuit », 1989


Enfant comblée des années 60 et de leur effervescence culturelle, dès l’âge de 6 ans Nathalie Méfano s’emploie à l’action painting, à l’abstraction lyrique [ill. 6], aux premières explorations de la figuration, dans cet ordre ; convoque Kandinsky et Klee, avec une précocité et une aisance remarquables. Pourtant, les toiles à peindre et les attentes immenses de ses parents, musiciens aussi brillants qu’investis dans leur carrière, dépassent l’enfant.

Surviennent, dans une temporalité très courte, une adolescence révoltée et sans cadre, des mauvaises fréquentations, la dépendance à des drogues de plus en plus aliénantes, des incarcérations et internements – sans rémission jusqu’à son décès à l’âge de 28 ans. Cette dernière décennie terrifiante de sa vie sera aussi celle de la construction d’un style graphique unique. Une sonorité de couleurs en déclinaisons pastel, un éclatement d’aplats vifs cloisonnés d’or et d’argent, la rémanence de signes et de figures où dominent le croissant de lune et l’île, élaborent un langage impénétrable, qui fait pourtant contrepoint à la noirceur de son
existence. Un langage qui narre jusque là fin – désenchantement sans peur – l’espoir qu’un autre monde est possible – ailleurs.


Des poèmes et écrits laissés par Nathalie montrent à quel point cette évasion dans la peinture – toujours plus désinvestie de sa propre corporalité – n’a fait qu’un avec son regard sur une
société des décennies 70 et 80 aussi répressive que permissive, qui lui aura au final tout ôté. Son enfant né en 1982, impossible réconciliation avec elle-même. La vie.


Désirée par sa mère Jacqueline, cette rétrospective de l’œuvre de Nathalie Méfano (1960-1989) se veut un hommage à une artiste totale dont les travaux n’ont jamais été exposés.