Rencontres en Surréalisme

Conférences
organisées par Françoise Py
chaque deuxième samedi de janvier à juin 2018
dans le cadre de l’Association Pour la Recherche et l’Etude du Surréalisme (L’APRES)
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Samedi 9 juin de 15h30 à 18h, entrée libre

Quatre femmes de tête :
Claude Cahun, Leonor Fini, Meret Oppenheim et Toyen.

   

par Monique Sebbag
Lectures par Charles Gonzales

Halle Saint Pierre – à l’auditorium
Réservation conseillée : 01 42 58 72 89

Notices biographiques

Claude Cahun, née Lucy Schwob (1894-1954), est à la fois écrivain, femme de théâtre, et photographe.

Intimiste, poétique et largement autobiographique, l’œuvre de Claude Cahun, qui s’étale sur une vaste période allant de 1910 à 1954 — peu avant sa mort —, échappe aux tentatives de classification ou de rapprochement. Ce sont sans doute ses autoportraits qui ont suscité le plus d’intérêt. L’artiste s’y sert de sa propre image pour démonter un à un les clichés associés à l’identité. Claude Cahun s’est réinventée à travers la photographie (comme à travers l’écriture), en posant pour l’objectif avec un sens aigu de la performance, habillée en femme, en homme, cheveux longs ou crâne rasé (chose des plus incongrues pour une femme de l’époque).

Longtemps méconnue, l’œuvre photographique de Claude Cahun s’est imposée ces dernières années comme l’une des plus originales et des plus fortes de la première moitié du XXe siècle. Elle marque rétrospectivement un jalon capital dans l’histoire du surréalisme tout en faisant écho à l’esthétique contemporaine.

(extrait communiqué exposition au Jeu de paume, 2011)

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Leonor Fini est née à Buenos Aires le 30 Août 1907. Elle passe son enfance à Trieste auprès de sa mère, de ses grands-parents et de son oncle. La famille Braun est très liée à l’intelligentsia triestine : Italo Svevo, Umberto Saba et James Joyce. Elle ne fréquente aucune école d’art et sa formation est entièrement autodidacte. D’où, sans doute, la difficulté de l’identifier à un courant particulier de l’art contemporain, son évolution ayant surtout été marquée par des affinités électives et par son propre « musée imaginaire ».

En 1931, Leonor quitte sa famille et s’établit à Paris où elle présente, l’année suivante, sa première exposition personnelle à la Galerie Bonjean, dont Christian Dior est le directeur.

Elle se lie d’amitié avec Henri Cartier-Bresson, André Pieyre de Mandiargues, Georges Bataille, Max Jacob, Paul Eluard, Max Ernst, sans jamais cependant appartenir au groupe surréaliste.

Les années d’après-guerre resteront pour le grand public celles de l’entrée en scène de Leonor Fini : création de masques, participation à de nombreux bals costumés, décors et costumes pour Le Palais de Cristal de Georges Balanchine, à l’Opéra de Paris, Les Demoiselles de la Nuit de Roland Petit, au théâtre Marigny, L’Enlèvement au Sérail, à la Scala de Milan ainsi que pour des pièces en collaboration avec Jean Mercure, Jacques Audiberti, Albert Camus, Jean Genet, Jean Le Poulain.

Passionnée de littérature et de poésie, Leonor illustra plus d’une cinquantaine d’ouvrages, dont les œuvres de Charles Baudelaire, qu’elle admirait profondément, celles de Paul Verlaine, de Gérard de Nerval, d’Edgar Allan Poe. Parallèlement, elle continua de créer décors et costumes pour l’opéra et le théâtre : « Tannhaüser », à l’Opéra de Paris (1963), « Le Concile d’Amour » d’Oscar Panizza, au Théâtre de Paris (1969) et également pour le cinéma : « Roméo and Juliet » de Renato Castellani (1953), « A Walk with Love and Death »de John Huston (1968). De nombreux écrivains et peintres lui ont consacré des monographies, des essais, des poèmes : Paul Eluard, Giorgio de Chirico, Mario Praz, Max Ernst, Yves Bonnefoy, Constantin Jelenski, Jean-Claude Dedieu.

Debut 1960, Leonor Fini s’installe à Paris, dans un appartement, rue de la Vrillière, entre le Palais Royal et la Place des Victoires. Elle y vécut, entourée de ses amis et de ses chats, ainsi que dans sa maison de Saint-Dyé-sur-Loire, en Loir-et-Cher, jusqu’à sa disparition le 18 janvier 1996.

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Meret Oppenheim,
est écrivaine, peintre et plasticienne surréaliste suisse. Elle est membre du mouvement surréaliste des années 1920 aux côtés d’André Breton, Luis Buñuel ou encore Max Ernst. Meret Oppenheim naît à Berlin-Charlottenburg le 6 octobre 1913,  elle décède à Bâle le 15 novembre 1985.

En 1932, Meret Oppenheim part à Paris, elle y fréquente le cercle d’André Breton, Marcel Duchamp et Max Ernst. Elle participe au Salon des Surindépendants. Les photos de Meret Oppenheim nue, prises par Man Ray, font leur apparition.

En 1936 elle fabrique entre autres des bijoux en tubes de métal recouverts de fourrure. Meret Oppenheim crée « Le Déjeuner en fourrure », une oeuvre constituée d’une tasse, de sa soucoupe et d’une petite cuillère recouvertes de fourrure. Sa première exposition individuelle a lieu dans la Galerie Marguerite Schulthess à Bâle.

En 1937, Meret Oppenheim participe à une exposition de groupe des surréalistes. Une longue crise qui durera jusqu’en 1954 commence alors. Elle continue cependant à travailler mais détruit ses œuvres ou les laisse inachevées.

En 1954, Meret Oppenheim s’installe dans son propre atelier à Berne. En 1958, une période de création intense commence. Elle reprend souvent des esquisses, des projets et des idées de son époque parisienne. En 1959, elle organise le Frühlingsfest (Fête de printemps) où le repas est servi aux invités sur le corps d’une femme nue. Quelques mois plus tard, le Frühlingsfest est à nouveau organisé dans la Galerie Cordier à Paris à l’occasion de l’Exposition Internationale du Surréalisme.

En 1985, Meret Oppenheim travaille à une sculpture de fontaine pour les jardins de l’ancienne école Polytechnique de Paris. Elle décède le 15 novembre d’un infarctus le jour du vernissage de son livre « Caroline » qui contient des poèmes et des eaux-fortes. Elle est enterrée dans le caveau de famille à Carona.

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Marie Čermínová, dite « Toyen », née à Prague le  et morte à Paris le , est une artiste peintre tchèque surréaliste.

C’est la rencontre de Toyen avec le peintre Jindrich Styrsky, au début des années 1920, qui est décisive pour la vie de cette femme originale et secrète. Marie Cerminova, qui prend le pseudonyme Toyen, créé avec Styrsky une espèce d’alliance qui permet aux deux artistes de s’inspirer mutuellement et de se compléter. Après une période cubiste, Toyen et Styrsky inventent un mouvement artistique original, l’artificialisme, avant de se joindre au surréalisme. Ils sont membres fondateurs du groupe surréaliste tchèque qui voit le jour en 1934. Styrsky meurt en 1942.

Restée seule, Toyen poursuivra son oeuvre. Elle fuira le danger communiste, rejoindra à Paris son ami André Breton et deviendra, comme lui, un personnage emblématique du mouvement surréaliste. Elle s’affirmera comme un peintre capable de développer les principes du mouvement et de l’enrichir d’une façon personnelle et profonde. L’inconscient, l’angoisse existentielle, le rêve fantastique et l’érotisme hardi – tels sont les grands thèmes de ses visions. Elle réussit à les exprimer, à les matérialiser sur ses tableaux avec une technique picturale de plus en plus perfectionnée.

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Benjamin Peret

E X P O S I T I O N

Benjamin Péret :
Du merveilleux, partout, de tous les temps, de tous les instants

du 8 au 28 janvier 2018
Vernissage jeudi 11 janvier 2018, de 18h à 21h – entrée libre

organisé avec les Editions du Sandre et l’Association des amis de Benjamin Péret.

Halle Saint Pierre – à la galerie (entrée libre)

&

P R E S E N T A T I O N   /   L E C T U R E S

Benjamin PÉRET
Les Arts primitifs et populaires du Brésil
Plus de 200 photographies inédites.
 éditions du Sandre

Dimanche 14 janvier 2018 à 15 heures – entrée libre


Une rencontre autour de la parution des Arts primitifs et populaires du Brésil et du dernier numéro des Cahiers Benjamin Péret
animée par
Leonor de Abreu et Jérôme Duwaco-responsabales du livre  
et Gérard Rocheéditeur de la Correspondance Benjamin Péret/ Breton (Gallimard, 2017)
et président de l’Association des Amis de Benjamin Péret qui 
présentera les 
Cahiers Benjamin Péret n°6

Halle Saint Pierre – à l’auditorium

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LE LIVRE

Entre 1955 et 1956, le surréaliste Benjamin Péret (1899-1959) arpente par trois fois le Brésil, et va à la rencontre du merveilleux, qu’il entrevoit dans les arts primitifs et populaires. Il photographie de nombreuses œuvres, souvent singulières et saisissantes, en vue d’un livre qui ne verra jamais le jour. Retrouvées à la faveur d’un heureux concours de circonstances, ces photographies sont ici pour la première fois réunies.

Préparée par Jérôme Duwa et Leonor Lourenço de Abreu, la présente édition accompagne ces images de plusieurs documents permettant de les éclairer, dont les textes de Péret consacrés au sujet.

Benjamin Péret, né à Rezé, près de Nantes, en 1899, entre après des études sommaires, dans ce qu’on appelle la vie active avec la guerre de 1914-1918, « ce qui a tout facilité » dira-t-il! Cette expérience désastreuse le conduit en effet à chercher comment « changer la vie » et « transformer le monde ». Il rencontre André Breton en 1920 et restera son ami jusqu’à sa mort, en 1959. Non seulement Péret participera à toutes les activités collectives surréalistes – tracts, revues, expositions mais grâce à des textes comme La parole est à Péret (1943), Le Déshonneur des poètes (1945), Le Noyau de la comète (1956), il assure plusieurs fois au cours de l’histoire du mouvement surréaliste, le relais théorique d’André Breton. L’œuvre de Péret est non seulement inséparable mais constitutive du surréalisme . S’il est vrai, comme l’affirme Breton dans le Manifeste du surréalisme, que « le langage a été donné à l’homme pour qu’il en fasse un usage surréaliste », nul mieux que Péret n’a usé du langage de façon plus constamment, plus profondément, plus évidemment surréaliste.

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Sélection janvier 2016

Les libraires de la Halle Saint Pierre vous recommandent ces livres !
Halle Saint Pierre
– à la librairie (ouvert tous les jours)

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71s7joP91XL._SL500_SX383_BO1,204,203,200_Ferdinand Cheval est né à Charmes, un petit village proche d’Hauterives en 1836. Il appartenait à une famille paysanne assez pauvre et se mis très tôt à travailler avec son père. Sa fréquentation de l’école fut donc très limitée. Devenu apprenti boulanger, il s’exila quelques années loin de sa famille pour trouver du travail, avant de revenir dans son village, où il deviendra facteur rural.
Avril 1879. Ferdinand Cheval, facteur rural âgé alors de 43 ans, butte sur une pierre si bizarre lors de sa tournée qu’elle réveille un rêve. Véritable autodidacte, il va consacrer 33 ans de sa vie à bâtir seul, un palais de rêve dans son potager, inspiré par la nature, les cartes postales et les premiers magazines illustrés qu’il distribue.


2541798987Un magnifique livre d’Anna Pravdova sur Jan Krizek

C’est une œuvre pie que vient de publier Anna Pravdova à Prague, République tchèque, un magnifique livre d’art sur Jan Křížek édité par les bons offices de la Narodni Galerie de Prague (la Galerie Nationale). On aurait pu croire en effet l’œuvre et la vie de cet artiste extraordinaire en bonne voie d’oubli total tant les aléas de la vie, les persécutions policières, les conditions politiques défavorables (en Tchécoslovaquie en 1948 avec l’avénement du stalinisme, comme en France avec ses lois hostiles aux étrangers), la misère économique avaient conspiré dans son cas à l’empêcher de rester dans nos mémoires, et au point aussi de son vivant à le pousser à cesser de créer dans sa discipline préférée, la sculpture.
Article du Poignard subtil, lire la suite : http://lepoignardsubtil.hautetfort.com/…/un-magnifique…


téléchargementJacques Prevel arrive à Paris durant l’occupation. Autour de Saint-Germain-des-Prés, il connaît l’isolement et la misère car il renonce à toute situation pour écrire. Il publie à ses frais trois recueils de poèmes. En 1946, la rencontre d’Antonin Artaud est son illumination. De ce jour jusqu’à la mort d’Artaud, en 1948, il écrit le roman de sa vie, la quête quotidienne de nourriture, de drogue, de poésie, recueillant les paroles d’Artaud, les textes qu’il lui dicte, les lettres qu’il lui écrit. « L’intensité de sa vie me faisait entrer dans un absolu, le sien. J’étais pris dans un tourbillon. Je le suivais comme un somnambule. Et quand je le quittais à Jussieu ou quelque part dans la nuit, je revenais ivre, étrangement obsédé par ses paroles, par les chants qu’il psalmodiait, par son visage unique. » Epuisé par la tuberculose, Jacques Prevel meurt cinq ans jour pour jour après sa première rencontre avec Artaud, laissant un journal qui ne sera publié à titre posthume qu’en 1974.


Sans titre-1L’Imaginaire et le Réel ; toute sa vie, Charles Duits explora ces deux mondes, jusqu’à « ce point où le haut et le bas cessent d’être perçus contradictoirement ». Dans la continuité du Pays de l’éclairement, cet ouvrage regroupe des textes relatifs à ses incursions dans les contrées oniriques, tout autant que dans le « pays pur » auquel donne accès le peyotl. Méditation, visions, expérience intérieure, enseignement spirituel constituent la matière de ces textes qui décrivent un cheminement intérieur. Toutes ces expériences procèdent de la conscience visionnaire, ou démonique, conscience qui est propre au daimôn, ce génie qui inspire à l’homme qui sait l’entendre ses plus troublantes intuitions. Ces textes sont écrits dans la langue limpide et merveilleusement imagée qui était la sienne.
Inclus dans cette édition renouvelée, le très beau texte sur la vision du Christ que Charles Duits eut à vingt-trois ans : Le 6 décembre 1948.

Charles Duits a 17 ans quand il rencontre André Breton à New York. Il est, quelques saisons, le jeune poète inspiré du groupe surréaliste en exil. A son retour en France, il collabore aux principales revues littéraires, écrit un premier roman. Par-delà des périodes de silence, il construit une œuvre forte, sans concession, qui prend naissance dans son expérience d’homme en quête de lui-même. Explorateur de l’ombre, inventeur de mondes fabuleux, il publie notamment Le pays de l’éclairement, Ptah Hotep, Nefer.
Charles Duits meurt à Paris en avril 1991, peu après la réédition de
André Breton, a-t-il dit, passe.


9782020950275Imaginez une cité-jardin résidentielle offrant des conditions exceptionnelles à des couples choisis qui s’engagent sur un contrat de procréation… Localisée au pied du Parlement européen à Strasbourg, cette expérimentation grandeur nature dura des années 1920 aux années 1980 grâce au soutien des pouvoirs publics.
Synthèse de l’eugénisme britannique, allemand et français, ce projet visait à « accélérer l’évolution de l’espèce humaine ». Le créateur de ce « laboratoire humain », Alfred Dachert, était un homme d’affaires qui se rêvait en poète tragique de l’eugénisme, en Ibsen alsacien.
Paul-André Rosental explore cette entreprise politique et scientifique en se fondant sur des archives inédites. En expliquant l’énigmatique longévité de l’expérience, l’auteur réinterprète les grandes politiques républicaines de l’après-guerre, de la Sécurité sociale à la démocratisation scolaire.
Dans cet essai pionnier de microhistoire politique de la France contemporaine, Paul-André Rosental prend la mesure de l’héritage de l’eugénisme, idéologie scientiste et inégalitaire, en contexte démocratique.
L’eugénisme ne constitue pas seulement une théorie biologique qui hante les débats bioéthiques. De manière inattendue, il se révèle comme une théorie morale ayant pu imprégner cette norme de notre temps qui a pour nom « psychologie du développement personnel ».