Jean-François Grégoire

Exposition
Jean-François Grégoire

du 15 oct au 30 novembre 2017
Halle Saint Pierre – à la librairie
Ouvert tous les jours – entrée libre

Rencontre /Lecture
AVC
en blouse blanche
éditions Pippa
Dimanche 26 novembre à 15 heures – entrée libre

LE LIVRE

L’Accident Vasculaire Cérébral est une maladie brutale qui peut toucher chacun de nous, de près ou de loin. Le récit du Docteur Jean-François GRÉGOIRE est un témoignage poignant de ce qu’il a vécu durant cette maladie, et source d’espoir pour tous ceux qui traversent cette épreuve.

Le 30 juillet 2005, à 13 heures, Le Docteur Jean-François GRÉGOIRE est victime d’un Accident Vasculaire Cérébral et s’écroule dans sa salle de bains. Médecin, il diagnostique de suite sa maladie. Depuis la chute, ce qui se passe dans sa tête, ses efforts pour appeler les secours, l’hémiplégie, l’aphasie, son séjour à l’hôpital et sa rééducation, il nous livre une description précise et sincère. Dans ce livre, il nous déroule toute l’histoire de son combat, de quoi informer patients et accompagnants sur cette maladie.

Jean-François Grégoire est médecin, artiste et pratiquant d’arts martiaux. Il a été médecin de SMUR d’abord, puis médecin généraliste. En même temps il faisait des expositions, de peinture et de sculpture. Et c’est ainsi qu’il a vécu couplant son activité artistique avec le médical. Et puis vint l’accident. Il a été victime d’un Accident Vasculaire Cérébral fin juillet 2005. Depuis, il est aphasique et hémiplégique. Il est hémiplégique, ou plutôt il était hémiplégique et il est aphasique quand le temps change ou qu’une émotion survient. Il a travaillé et maintenant il est valide et il s’exprime correctement, ce qui n’est pas le cas de toutes les personnes qui ont été atteintes par un AVC, et il y en a. Mais il a poursuivi sa rééducation par le dessin et par le Karaté, entouré par sa famille, ses amis, ses connaissances. En fait si il a si bien récupéré c’est grâce à ces deux activités, l’une physique ( karaté ou dessin ) l’autre mentale ( dessin ou karaté ).

La Revue K

La Revue K
présente deux nouveaux livres parus dans la collection L’Instant

crôa-crôa
Poèmes de Radek Fridrich traduits du tchèque par Xavier Galmiche
avec quatorze aquarelles de Martin Kolář
&

in sole nostrum
rencontre entre le poète Philippe Agard et le peintre Jean-Pierre Plundr

Dimanche 29 octobre à 15 heures – entrée libre
Halle Saint Pierre – à l’auditorium

in sole nostrum
est une rencontre entre le poète Philippe Agard qui a publié ses derniers textes aux Éditions Champ Vallon et Jean-Pierre Plundr, peintre, dont l’œuvre a été mise en mots par Bernard Noël, Michel Butor, Yves Peyré, J. Roudaut …
Ce livre restitue l’accord de l’écriture et des images et crée un espace de lumière, de couleurs et de légerté.

crôa-crôa
Poèmes de Radek Fridrich traduits du tchèque par Xavier Galmiche
avec quatorze aquarelles de Martin Kolář
Au paysage des Sudètes (un ensemble de régions frontalières majoritairement peuplées jadis d’Allemands de Bohême, expulsés après la Seconde Guerre mondiale), Radek Fridrich rend un culte obscur. Il prête sa bouche à son gémissement, comme dans les contes de fées un être surgit pour délivrer des génies prisonniers d’un mauvais sort. L’interférence lexicale étrangère, cultivée jusqu’à la manie dans les titres même des recueils (Erzherz, Molchloch, crôa-crôa), a la puissance archaïque de formules magiques. Service rendu au-delà de la mort et de la disparition, la poésie de Fridrich réactive la voix oubliée d’autrui, assure les âmes en peine qu’elles ne sont pas oubliées. Parole rituelle, elle rompt l’ensorcellement et ramène la paix.
X.G.

Radek Fridrich (1er décembre 1968) poète et plasticien, vit à Děčín et y enseigne.
Sa poésie est habitée par la Bohême du Nord et les paysages des Sudètes.

Martin Kolář (12 juin 1969) à Ústí nad Labem où il réside et enseigne à l’université. Peintre à ses heures, il est l’auteur de nombreux ouvrages du domaine d’esthétique et de philosophie de l’art.

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Bruno Montpied

Le Gazouillis des éléphants
Premier inventaire des environnements populaires spontanés en France

Un livre de Bruno Montpied
Editions du Sandre,  2017

Samedi 9 décembre à 15 heures, entrée libre

Halle Saint Pierre – à l’auditorium
Réservation conseillée : 01 42 58 72 89

Le Gazouillis des éléphants
Premier inventaire des environnements populaires spontanés en France
Un livre de Bruno Montpied

          On publie en France des ouvrages sur la question des autodidactes bâtisseurs et sculpteurs naïfs ou bruts, type Facteur Cheval, Picassiette ou abbé Fouré (les rochers sculptés de Rothéneuf) depuis les années 1960 (depuis les Inspirés et leurs demeures de Gilles Ehrmann, livre préfacé par André Breton). Mais les ouvrages parus sur la question ne traitaient à chaque fois que d’une infime partie du corpus (une quarantaine de sites, grosso modo). Personne n’avait tenté jusqu’à présent un panorama tendant à l’exhaustivité de ce qui s’avère comme un patrimoine populaire méconnu, les environnements mobiliers ou immobiliers créés par des amateurs, absolument non-professionnels en matière de création artistique. C’est chose faite avec ce livre véritablement monumental (950 pages, plus de 1000 photos).

          Récemment publié aux Editions du Sandre, il rassemble exactement 305 notices décrivant des sites de styles naïf ou brut, qu’ils soient disparus (les plus anciens furent créés il y a près de deux cents ans, bien avant le Palais Idéal du Facteur Cheval), ou encore présents, parfois toujours en chantier. La majorité des photos ont été prises par les soins de l’auteur, d’autres ont été prêtées par diverses institutions muséales ou des collectionneurs privés (Aube Elléouët, la Collection de l’art brut à Lausanne, le LaM de Villeneuve d’Ascq, ou encore le musée d’art populaire de la collection Raymond et Jacqueline Humbert à Laduz).

          L’ordre alphabétique prévaut par régions, puis à l’intérieur de celles-ci par départements, enfin, à l’intérieur de ceux-ci, par noms d’auteur. Des cartes avec l’emplacement des sites mentionnés (les présents comme les disparus) sont placées en tête de chaque région. Une introduction générale explique les critères qui ont prévalu dans le choix des sites retenus. Des statistiques d’ordre sociologique ont été placées à la fin de l’ouvrage (par exemple, sont indiqués le nombre de sites par régions, les métiers qu’exerçaient les créateurs avant leur retraite, les origines étrangères d’une portion non négligeable d’entre eux, le nombre de femmes, certains motifs qui ont déclenché la création, les sites nouvellement découverts par l’auteur, les patronymes insolites, etc.), permettant aux chercheurs de disposer ainsi de précieux éléments d’information utiles à l’analyse du phénomène. Avec un tel outil documentaire, le public des amateurs d’inspirés dispose enfin du corpus à partir duquel il est possible de se faire une représentation plus objective du phénomène de la création autodidacte en plein air, phénomène qui, comme on sait, est loin de se limiter à la seule France.

          Il est systématiquement fait mention de l’état dans lequel se trouve le site inventorié, dans la mesure des informations disponibles. La question de la conservation de ces réalisations naïves en plein air étant particulièrement et fréquemment posée, l’auteur a essayé d’indiquer pour chaque site ce qui a été fait, ou tenté, pour le conserver après la disparition de son auteur, dans quelle collection privée ou institutionnelle on peut trouver des éléments ou des documents provenant des sites disparus ou déplacés.

          Ces créations de plein air révèlent un insolite patrimoine populaire auquel le service français des Monuments Historiques s’intéresse depuis de nombreuses années, avec une attention inégale selon les régions. On voit par ailleurs s’ébaucher ici et là un tourisme culturel centré sur les environnements spontanés, apportant une ressource touristique supplémentaire à des communes peu fournies en matière de monuments culturels réputés. Le livre permet de créer des passerelles entre les différents sites encore actifs.

          On peut en effet l’utiliser aussi comme un guide de voyage dans une France d’origine populaire, mais véritablement parallèle. C’est une mine de curiosités, apportant la révélation d’une créativité française hors-normes, un art sans «artistes» (au sens professionnel du terme), de même qu’il y a une architecture sans architectes. Son titre plaisant, le Gazouillis des Éléphants, est emprunté à une inscription relevée dans un des sites recensés (celui d’Alexis Le Breton en Bretagne). Il renvoie à un aspect curieux de cet inventaire, la récurrence insolite des figurations d’éléphants, qui deviennent au fil du livre un véritable leitmotiv, comme si ces animaux jouaient un rôle totémique, ou à tout le moins, un rôle de mascottes pour ces créateurs hors du commun.

          Il est à noter que l’ouvrage a reçu le soutien de la direction du Patrimoine du Ministère de la Culture.

Bruno Montpied, Le Gazouillis des éléphants, tentative d’inventaire général des environnements spontanés et chimériques créés en France par des autodidactes populaires, bruts, naïfs, loufoques, excentriques, brindezingues, ou tout simplement inventifs, passés, présents et en devenir, en plein air ou sous terre (quelquefois en intérieur), pour le plaisir de leurs auteurs et de quelques amateurs de passage, Editions du Sandre, Paris, 2017 (diffusion Harmonia mundi, disponible en librairie à partir du 2 novembre), 39€.

          Le livre sera présenté en avant-première sur le stand de la librairie de la Halle Saint-Pierre dans le cadre de l’Outsider Art Fair, le samedi 21 octobre à 15h30. L’auteur y dédicacera son ouvrage.

Mauvais genres

RENCONTRE
avec
Céline du Chéné, Karen Chessman et Noël Herpe
autour du livre

L’Encyclopédie pratique des mauvais genres
Nada éditions en partenariat avec France Culture

Dimanche 22 octobre 2017 à 15 heures – entrée libre

Halle saint Pierre – à l’auditorium
Réservation conseillée au 01 42 58 72 89

Il n’y a plus de places disponibles pour cet événement !

Le livre et son auteure :
Il est des professions étranges, non répertoriées, qui permettent d’entrouvrir les portes de mondes parallèles, intimes et fantasmatiques. Mauvais Genres, magazine radiophonique créé par François Angelier en 1997 sur France Culture, offre cette possibilité. Voilà des années maintenant que, tous les samedis soir, Céline du Chéné ouvre L’Encyclopédie pratique des mauvais genres sur les confessions de personnalités souvent peu familières du grand public, tantôt décalées, tantôt déroutantes, parfois sombres mais toujours sincères dans leur démarche. Au fil du temps et des rencontres, s’est dessiné un paysage créatif de pratiques artistiques et de modes de vie en marge dont elle a souhaité rendre compte dans ce livre ; un paysage composé de vingt-six portraits comme autant de lettres de l’alphabet et traversé par une interrogation : qu’est-ce que le « mauvais genre » aujourd’hui ?

Céline du Chéné sera accompagnée de deux personnalités présentes dans son ouvrage: Karen Chessman, artiste performeuse, adepte du pony play et Noël Herpe, écrivain, historien du cinéma et amoureux du collant dont il apprécie « la douceur étouffante ».

Au programme :

– Présentation du livre par son auteure, Céline du Chéné, productrice et chroniqueuse à France Culture.
+ d’infos 

– Projection du roman-photo Phantômas d’Aurore Bagarry, avec et sur un scénario de Noël Herpe.

Phantômas, bandit sans visage qui se promène en collant, accumule les crimes monstrueux. Fin stratège et merveilleux illusionniste, il n’a de cesse que de provoquer l’inspecteur Juve. Avec le journaliste Jérôme Fandor, Juve tente – sans jamais y parvenir – de capturer, bâillonner et ligoter le diabolique criminel.

Avec Noël Herpe, Barbara Carlotti, Arthur Dreyfus, Gurwann Tran Van Gie, Laure Fardoulis, Charly Meignan et Charles Comman. Musique de François Régis.

– Performance de Karen Chessman et slide-show avec les photographies de Laetitia Da Beca, mis en son et en musique par Laurent Paulré, metteur en ondes de Mauvais Genres.

« Je ne joue pas à être cheval, je le suis. ». Karen Chessman excelle dans l’art du pony play. Une pratique associée au monde du SM – du fait du corps contraint et des rapports de domination et de soumission -, mais qu’elle considère comme une discipline artistique, une esthétique avec ses propres codes. A la fois homme, femme et cheval, elle entretient avec la nature, les animaux et les mondes invisibles une relation d’une rare intensité.

– Rencontre et signature du livre par Céline du Chéné, Karen Chessman et Noël Herpe.

Le livre :
L’encyclopédie pratique des mauvais genres
Céline du Chéné
Préface de François Angelier
Nada éditions / France Culture
18.5 X 26 cm
176 p.
28,00€

Disponible à la librairie de la Halle Saint Pierre

Plus d’infos cliquez ici

 

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Marc Décimo

Rencontre/Signature

Marc DECIMO
des fous et des hommes

Dimanche 8 octobre 2017 à 15 heures – entrée libre
Réservation conseillée : 01 42 58 72 89

Halle Saint Pierre – à l’auditorium

A l’occasion de la parution de deux ouvrages, éditions Les Presses du réel, 2017

                      

Présentation par Marc Décimo, septembre 2017
*

 *

Un essai introductif sur l’art asilaire, depuis la belle époque jusqu’à la théorisation de l’art brut, suivi d’une réédition critique et augmentée de la célèbre étude de l’aliéniste français du début du XXe siècle Marcel Réja sur la production artistique chez les « fous ».

Quand Jean Dubuffet cristallise l’art brut, André Breton rappelle la gêne croissante qu’avaient les aliénistes à s’accorder autour de l’art des fous. Cette quête – à la fois esthétique et médicale – trouve, autour du Musée de la folie du docteur Marie et du livre-phare de Marcel Réja, une réflexion nouvelle qui vient interroger le sens commun à propos des limites de l’art et de la folie, question qui va hanter le XXe siècle.

 
 
Une somme consacrée aux liens étroits entre littérature et folie, du XVIIIe siècle jusqu’à nos jours.
 
Où commence et finit la Littérature ? Où commence et finit la folie ? De l’histoire de ces limites traitent depuis le XVIIIe siècle jusqu’à nos jours Disraeli, Philarète Chasles, Gabriel Peignot, Nodier – autour de la question des « fous littéraires » –, Delepierre, les Agathopèdes, les deux Brunet, de nombreux érudits, Alfred Jarry, et des aliénistes, Calmeil, Sentoux, Lombroso, Nordau, Réja, puis Chambernac, Queneau, Breton, Perec, Blavier, des universitaires et tant d’autres…
Ainsi que faire du Journal de Madopolis, du prêtre adamite Fulmen Cotton, des pré-oulipiens, de Gleïzès (l’inventeur du végétarisme), des farfadets de Berbiguier de Terre-Neuve du Thym, de Jules Allix (atteint d’escargotomanie), de la philanthropophagie de Paulin Gagne, de Jean-Pierre Brisset (atteint de grenouillomanie), du marquis de Camarasa et de ses brouettes, de Perreaux (l’inventeur de la moto), de Normand Lamour et de tant d’autres ?
 
 _
Notices biographiques
 
Professeur d’histoire de l’art contemporain à Paris-X Nanterre, Régent du Collège de ‘Pataphysique (chaire d’Amôriographie littéraire, ethnographique et architecturale), Marc Décimo est linguiste, sémioticien et historien d’art. Il a publié un vingtaine de livres et de nombreux articles sur la sémiologie du fantastique, sur les fous littéraires (Jean-Pierre Brisset – dont il a édité l’œuvre complète aux Presses du réel –, Paul Tisseyre Ananké) et sur l’art brut, sur Marcel Duchamp (La bibliothèque de Marcel Duchamp, peut-êtreMarcel Duchamp mis à nuLe Duchamp facile, les mémoires de Lydie Fischer Sarazin-Levassor, Marcel Duchamp et l’érotisme) et sur l’histoire et l’épistémologie de la linguistique.
 
Tanka G. Tremblay est professeur au collège Jean-de-Brébeuf de Montréal, associé à l’O. Québécois de ‘Pataphysique.
 *
*

Le Plancher de Jeannot

Le Plancher
Perrine Le Querrec
Éditions Les doigts dans la prose

Interprété par le comédien Ben Herbert Larue

Le spectacle sera précédé d’une intervention de Béatrice Steiner,
psychiatre, psychanalyste, qui resituera Jeannot et son plancher dans son contexte
historique et psychiatrique.

Dimanche 15 octobre 2017 à 15 heures

Tarif spectacle : 10€
Réservation conseillée : 01 42 58 72 89
Halle Saint Pierre – à l’auditorium

*

 

Le Livre

Jean, dit Jeannot, est né en France en 1939. Jean, dit Jeannot, a une biographie courte et accidentée. De ses années d’enfance à son engagement en Algérie, de la mort par pendaison de son père à sa claustration volontaire avec mère et sœur, Jean dit Jeannot va échapper à la raison et au monde réel.
En 1971 la mère meurt et les deux enfants, Jeannot et Paule, obtiennent l’autorisation de l’enterrer à l’intérieur de la maison.
Dès lors, Jeannot devient le plancher. Il se couche dessus, cesse de se nourrir, il a autre chose à faire : graver son réquisitoire, s’écrire à lui-même, creuser ses mots. Et y mourir, cinq mois plus tard.
Pour l’auteure, écrire Le Plancher, c’est côtoyer la folie au plus près, s’autoriser la débauche du mot brut, de la syntaxe, emprunter des chemins de réflexion et d’écriture
inédits, braver les interdits. C’est aussi donner un corps et une voix à celui dont chacun s’est détourné.

+ d’infos

Précision de l’auteure

Ma première rencontre avec le plancher de Jeannot date de 2005, à la bibliothèque François Mitterrand. Hall Est, ce n’est pas le silence qui m’accueille, mais une clameur, un hurlement. Le plancher se dresse dans la lumière, trois surfaces creusées, martelées, saignées à blanc. Je m’approche, aucune paroi ne me sépare de lui, inutile de lever la tête, il est là, devant moi, attaque ma rétine, mon système nerveux, je lis, ne comprends pas, me perds, j’entends les coups, je vois Jeannot sans même encore connaître son histoire, je vois Artaud crever la page d’écriture de son marteau. Je rencontre Jeannot l’Écrivain. Plus tard, le plancher est démonté, exposé dans plusieurs lieux d’art brut, c’est Jeannot l’Artiste. Encore plus tard, le laboratoire pharmaceutique qui l’a acquis le dévoile aux représentants comme avertissement si l’on ne consomme pas ses médicaments, c’est Jeannot le Schizophrène. Depuis plusieurs années le plancher est visible rue Cabanis, contre un mur de l’hôpital Sainte-Anne. Mal exposé, mal conservé, il attend depuis 3 ans une salle qui doit lui être consacrée. C’est Jeannot le Coupable, celui qui encombre, la société, les mémoires, ce sont ceux dont on se détourne, ce sont les lits supprimés des hôpitaux psychiatriques, ce sont les SDF abandonnés, les malades abusivement enfermés en prison, tous les fragiles, les différents, les marginaux, les furieux –

Perrine Le Querrec est une auteure vivante. Elle écrit dans les phares, sur les planchers, dans les maisons closes, les hôpitaux psychiatriques. Et dans les bibliothèques où elle recherche archives, images, mémoires et instants perdus. Dès que possible, elle croise ses mots avec des artistes, photographes, plasticiens, comédiens.

Depuis ses premiers pas dans l’écriture, Ben Herbert Larue, fondateur de la Cie Ô Clair de Plume et du groupe Nouvelle Nocturne, n’a cessé de défendre « l’émotion par les mots », qu’ils soient chantés, murmurés ou déclamés, sur scène ou dans la rue. Il prête son corps et sa voix pour nous offrir avec force ses « mots passants », multipliant les tons et les discours autour d’un imaginaire musical et théâtral qui renvoie sans cesse vers l’ailleurs.

 

 

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