Mots à lier

 

Affiche Quentin Faucompré

Spectacle hommage à Jean-Pierre  Brisset

Mots à lier
Un spectacle pour aborder une littérature originale ludique et méconnue : celle des
«fous littéraires»

dimanche 14 avril 2013 à 15h
Halle Saint Pierre- auditorium
Réservation conseillé : 01 42 58 72 89
Tarif unique : 10€

L’œuvre  de Jean-Pierre Brisset, exhumée par André Breton et Raymond Queneau, à la fois surréaliste et poétique, prophétique, philosophique, métaphysique et scientifique… nous fait découvrir qu’on peut se jouer de la langue autant avec le son qu’avec le sens…


Préambule

Jean-Pierre Brisset après de longues années d’étude et d’observation des grenouilles dans les marais angevins, publie plusieurs ouvrages défendant la thèse de l’origine batracienne de l’homme.

En 1913, Jules Romains découvrant cette œuvre originale, a l’idée d’organiser un canular : Jean-Pierre Brisset sera élu Prince des Penseurs.

Après ce jour de gloire, de nombreux écrivains s’intéresseront à l’œuvre de Brisset parmi lesquels : Max Jacob, Raymond Queneau, Marcel Duchamp, Michel Foucault et André Breton qui lui apportera une gloire posthume en lui consacrant un chapitre de son « Anthologie de l’humour noir ».

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Mots à lier

Pour commémorer les cent ans et un jour de l’accession de Jean-Pierre  Brisset
au titre de Prince des Penseurs, le spectacle « Mots à lier » met en scène la conférence tenue par Jean-Pierre Brisset le jour de son intronisation.

Texte : Gilles Rosière
texte édité par les éditions Ginkgo
Mise en scène : Pako et Froutin
Visuels : Quentin Faucompré
Avec : Bernard Foutin
(Jean-Pierre Brisset)

J-P Brisset, après avoir été triomphé durant la journée, va enfin nous faire part de ses théories !
Nous allons découvrir à travers quelques démonstrations linguistiques, que nous descendons de la grenouille, et nous apprendrons à nager, à analyser les mots et à :« Lire dans les délires »

 

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Qu’est-ce qu’un « fou littéraire » ?

L’expression n’a rien de péjoratif, elle désigne un ensemble d’auteurs qui ont exercé ce que Charles Nodier a nommé la liberté de penser et d’imprimer. En revanche, c’est l’excentricité, le contenu intempestif de leurs productions scientifiques, poétiques, théologiques… qui fait que, depuis le XIXe siècle, on les qualifie traditionnellement ainsi.

Au fil de la longue fascination que ces auteurs ont exercé sur leurs lecteurs (Charles Nodier, Octave Delepierre, Raymond Queneau, André Blavier..) le concept de « fou » s’est souvent échangé contre celui d’« excentrique » ou d’« hétéroclite ». Aussi, la question du périmètre de la « folie littéraire » est-elle centrale, réglant l’appartenance ou la non-appartenance de certains auteurs à ce corpus. Génie ou bêtise ? Monomanie stérile ou intuition visionnaire ? Le caractère « inouï » des théories soutenues, celui éminemment poétique de certaines formes de la « folie littéraire » expliquent cet intérêt, aujourd’hui renouvelé, et qui a abouti à la création de l’Institut International de Recherches et d’Explorations sur les Fous Littéraires, Hétéroclites, Excentriques, Irréguliers, Outsiders, Tapés, Assimilés, sans oublier tous les autres…

Institut International de Recherches et d’Explorations sur les Fous Littéraires- IIRRFL

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L’œuvre de Brisset


L’œuvre  de Jean-Pierre Brisset, exhumée par André Breton et Raymond Queneau, à la fois surréaliste et poétique, prophétique, philosophique, métaphysique et scientifique… nous fait découvrir qu’on peut se jouer de la langue autant avec le son qu’avec le sens…
Brisset pense nous révéler une vérité, en réalité il nous ouvre les possibilités infinies des jeux de la parole et de l’écriture…
Jean-Pierre Brisset fait du surréalisme comme monsieur Jourdain fait de la prose ainsi il ouvre la voie que prendront les Dadaïstes, les Oulipiens et autres pataphysiciens…

Puisque c’est :
« Quand l’homme parle sans être maître de sa parole que la vérité peut se faire connaître le plus facilement » (Jean-Pierre Brisset)

Laissons-nous griser par les allitérations et les jeux de mots de Jean-Pierre Brisset pour découvrir le plus enfantin et le plus obscure qui sommeille en nous tous.

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Le Canular de Jules Romains

Après la récente élection de Paul Fort à la dignité de Prince des poètes, qui a suivi de peu l’intronisation d’un Prince des conteurs, il nous a semblé que l’élection d’un Prince des penseurs s’imposait à notre époque tourmentée.

C’est ainsi que le 6 janvier de la présente année 1913, un jury présidé par moi-même, composé de nombreuses personnalités et de sociétés philosophiques telles que : les Penseurs de Passy, la Section philosophique des Pompiers de Bagnolet, les Penseurs d’Auteuil, a procédé à l’élection du Prince des Penseurs,

… A été élu Prince des Penseurs, par 212 voix, celui que n’ont pas découragé trente ans de luttes vaines, d’hostilité sournoise, le rénovateur de la philosophie biologique, des sciences religieuses, de la philologie, le plus grand remueur d’idées de notre temps: M. Jean Pierre Brisset…

Jules Romains (les copains)

Nota bene :

Jean‐Pierre Brisset a été l’objet de plusieurs thèses de psychiatrie et de linguistique et de nombreux articles de revues.

Une édition de ses œuvres complètes est disponible aux presses du réel, ainsi qu‘une étude sur l’auteur par Marc Décimo.

La grande nouvelle : résumé de ses théories par Brisset lui‐même, vient d’être réédité aux éditions Mille et une nuits.

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Brisset par Raymond Queneau

Brisset parle peu de lui‐même, mais il nous apprend qu’il a été «religieux et zélé jusqu’à l’illuminisme », mais que «débarrassé… de toute superstition il trouve dans le calme d’une conscience honnête une tranquillité qu’ (il n’avait) jamais connue».

Cet athéisme ne l’a jamais empêché de prophétiser — ce qui, en effet, n’a rien de contradictoire. Il faut même ajouter que dans le cas de Brisset, il n’a pas hésité devant les dates. Ne dit‐il pas en 1906, dans Les Prophéties accomplies : « Nous savons que ce ne sera qu’en 1945 que l’ère de paix, de justice et de liberté du royaume de Dieu sera véritablement commencée. La septième coupe donne le signal de la destruction de toutes les religions et de tous les actes religieux animaux ou visibles. »

Comme tant d’autres, Brisset se goure : les actes religieux animaux ou visibles n’ont pas disparu avec l’avènement de l’ère de paix, de justice et de liberté (tout de même, 1945… c’est une date). Et Brisset ajoutait: « Chacun se contentera d’être homme et nul n’acceptera d’être un homme supérieur. » Nous ne sommes donc pas encore entrés dans l’ère « brissetienne ». Mais quoi? Du moment qu’il a vu le problème, on peut bien excuser Brisset de s’être trompé sur la date de la solution.

Raymond Queneau

Brisset par Michel Foucault

7 propos sur le 7e ange
Préface à la Grammaire logique, 1970

Quand ils partent à la recherche de l’origine du langage, les rêveurs se demandent toujours à quel moment le premier phonème s’est enfin arraché au bruit, introduisant d’un coup et une fois pour toutes, au‐delà des choses et des gestes, l’ordre pur du symbolique. Folie de Brisset qui raconte, au contraire, comment des discours pris dans des scènes, dans des luttes, dans le jeu incessant des appétits et des violences, forment peu à peu ce grand bruit répétitif qui est le mot, en chair et en os. Le mot n’apparaît pas quand cesse le bruit; il vient à naître avec sa forme bien découpée, avec tous ses sens multiples, lorsque les discours se sont tassés, recroquevillés, écrasés les uns vers les autres, dans la découpe sculpturale du bruissement. Prisses a inventé la définition du mot par l’homophonie scénique…
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Brisset est juché en un point extrême du délire linguistique….Tout ce qui est oubli, mort, lutte avec les diables, déchéance des hommes, n’est qu’un épisode dans la guerre pour les mots que les dieux et les grenouilles se livrèrent jadis au milieu des roseaux bruyants du matin.

Michel Foucault

 

Brisset par André Breton

Anthologie de l’humour noir

L’idée maîtresse de Jean‐Pierre Brisset est la suivante : « La parole qui est Dieu a conservé dans ses plis l’histoire du genre humain depuis le premier jour, et dans chaque idiome l’histoire de chaque peuple, avec une sûreté, une irréfutabilité qui confondront les simples et les savants ». D’emblée, l’analyse des mots lui permet d’établir que l’homme descend de la grenouille. Cette trouvaille qu’il tend à légitimer, puis à exploiter par un jeu d’associations verbales d’une richesse inouïe, corrobore pour lui la constatation anatomique que « la semence humaine, vue au microscope, est telle qu’on croirait voir une flaque d’eau pleine de jeunes têtards de grenouilles, les petits êtres de cette semence en rappellent complètement la forme et les allures». Ainsi se développe, sur un fond pansexualiste d’une grande valeur hallucinatoire, et à l’abri d’une rare érudition, une suite vertigineuse d’équations de mots dont la rigueur ne laisse pas d’être impressionnante, et se constitue une doctrine qui se donne pour la clef certaine et infaillible du livre de vie. Brisset ne cache pas qu’il est ébloui lui‐même de l’éclat du présent qu’il apporte à l’homme et qui doit lui conférer la toute‐puissance divine. (…) Il s’annonce lui‐même comme le septième ange de l’Apocalypse et l’Archange de la résurrection.

André Breton

Vie de Brisset par Marc Décimo

Jean‐Pierre Brisset est né le 13 avril 1913, à l’âge de 76 ans, à Paris, le jour où il est couronné Prince des Penseurs. Apparemment décédé à La Ferte‐Mace (dans l’Orne) le 2 septembre 1919, son existence se poursuit au‐delà de ces contingences communes, ce qui, pour le 7e Ange de l’Apocalypse, est la moindre des choses. Sa pensée, plus verte que celle d’aucun académicien (pour donner le change, ils se parent d’habits verts), est célébrée d’Henri Barbusse à André Blavier, en passant par les épiphanies de Marcel Duchamp, André Breton, Jules Romains, Georges Duhamel, Stefan Zweig, Simon Hantaï, Raymond Queneau et de tant d’autres, écrivains, linguistes, psychanalystes, compositeurs et peintres…

Brisset est administrativement né d’une mère (la question du père est parfois épineuse) le 30 octobre 1837 à La Sauvagère, une commune de l’Orne. Il fréquente l’école jusqu’à l’âge de 12 ans et travaille aux champs jusqu’en 1852, date à laquelle s’offre à lui, à Paris, la possibilité d’une carrière pâtissière. Cependant, il s’engage bientôt dans l’armée. Et Brisset de participer aux campagnes de Crimée (Sébastopol), d’Italie (Magenta) et d’Allemagne (fin à Sedan, la bouche). Il retire de cette période une médaille militaire, un peu de galons, deux blessures, l’une à la cuisse, l’autre à la tête, des emprisonnements, une déportation à Magdebourg et la maîtrise de deux langues vivantes, l’italien et l’allemand, histoire de survivre et de garder la tête haute.

En 1871, pour faire surface même en période trouble (c’est la Commune), il se fait maître‐nageur à Marseille. Il peut ainsi expérimenter son Art de nager, publié l’année précédente et, surtout, la ceinture‐caleçon aérifère de natation à double réservoir compensateur (à l’usage des deux sexes) qu’il vient d’inventer. L’obtention d’un brevet de capacité pour l’enseignement primaire l’amène à devenir professeur libre de langues vivantes en Allemagne, puis à Paris. Pour aider ses élèves, il fait paraître en 1874 la Méthode zur Erlernung der Französischen Sprache puis, en 1878, une Grammaire logique. Pour faciliter l’enseignement de l’écriture et du dessin, il propose en 1876 “la planchette calligraphique”, une sorte de normographe. S’il reprend du service à cette date comme capitaine, c’est pour mieux démissionner l’année suivante. Après le coup d’État de Mac‐Mahon en 1877, comme un certain nombre d’officiers républicains, Brisset renonce aux prérogatives de son grade.

L’insuccès relatif de ses visions natatoires et grammaticales le pousse à se faire recevoir, en 1879, au concours de commissaire de surveillance administrative des Chemins de fer. Nommé à Orchies dans le Nord, il cherche à se rapprocher de sa famille, restée dans l’Orne et le Calvados ; le 4 mars 1880, il est affecté à Angers, à la gare Saint‐Serge. C’est près de ce monument ferroviaire qu’en juin 1883 il est visité par Jésus, place Ayrault. Il est élu pour démontrer que “ le latin est un langage artificiel ”, qu’“ il n’y a pas eu de langue romane ” et que le sanscrit, le zend, l’hébreu, le grec et le latin sont d’“ infâmes argots ”, des langues artificielles, inventées comme quelque volapük… Enfin libéré des langues mortes, Brisset entend dans les langues vivantes (et surtout dans la langue française) coasser les grenouilles : quoi ? Coa ? C’est la première leçon. Et le son qu’elles émettent (les grenouilles n’ont pas de sexe apparent), c’est le cri qu’elles poussèrent à l’aube de l’humanité lorsque, dans d’horribles souffrances, elles se découvrirent au bas du ventre un appendice qui pointait : “ Coa ? Quoi ? Qu’est‐ce que c’est ? Que sexe est ? Kékséksa ? ”. Dans les marais Saint‐Serge, non loin de sa gare, Brisset va, la nuit, vérifier : les grenouilles répètent continûment comme litanies cette archaïque scène. Dès lors, comme un train peut en cacher un autre, révélations et livres se succèdent et les mots de raconter leurs maux, d’expliquer tous les Mystères, la véritable création de l’homme, l’histoire des origines batraciennes, les premiers temps…

De 1896 à 1899, il officie en gare Saint‐Laud. Bien qu’excellent commissaire, comme en témoignent les rapports annuels d’inspection, ses chefs lui reprochent de s’occuper trop de linguistique, d’où il est résulté, disent‐il, une tournure d’esprit assez bizarre qui ne laisse pas d’inquiéter : la monomanie de la théorie de la parole. De 1908 à 1914, Brisset vit à Angers au 19 de la rue Saint‐Lazare.

Marc Décimo

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La Presse…

Pataphysicien sans le savoir…

Un spectacle qui s’ouvre par le tracé d’une gidouille (pour schématiser la création du monde et rappeler qu’aux pôles on naît) ne saurait être mauvais. Celui-ci s’intitulait
« Mots à lier »

Gilles Rosière, l’auteur, avait proposé un texte collant à la fois à la vie et aux œuvres sans jamais « noyer » le spectateur.

Marc Décimo, Viridis Candela, Monitoires du Collège de ‘Pataphysique.

Le Courrier de l’ouest
Brisset et ses « Maux alliés nés »

La Compagnie A.T.E. donnait en création, la semaine dernière au Théâtre du Champ de Bataille à Angers, des textes de Jean-Pierre Brisset, « Mots à lier ». Une excellence verbale et linguistique. Prince de l’allitération

L’ancien commissaire de surveillance administrative en gare d’Angers Saint‐Serge mérite aujourd’hui sa rue, comme le demande la pétition qui tourne aujourd’hui sur la place de la ville. Il est le « Prince des penseurs ».

Le style Brisset est remarquable.
La finesse du texte, le choix de mots et les difficultés syntaxiques font du comédien un orfèvre de la diction et le prince ‐ à son tour ‐ de l’allitération et du calembour.

Son « Conte de la folie ordinaire Brissettien » tient dans l’analyse précise du mot abstrait : « ses mots à lier », « ses mots aliénés », voire ses «maux alliés nés ».

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Jean‐Pierre Brisset, éléments biobibliographiques

Jean-Pierre Brisset, né à La Sauvagère (Orne) le 30 octobre 1837 et mort à La Ferté-Macé le 2 septembre 1919, est un écrivain français, connu à la fois comme un saint du calendrier pataphysique et comme un fou littéraire. L’écrivain André Breton lui a réservé une place de choix dans son anthologie de l’humour noir.

En 1883, il publie une nouvelle édition de la Grammaire logique et reçoit la révélation qui sera le fondement de tous ses ouvrages :

« L’homme est né dans l’eau, son ancêtre est la grenouille et l’analyse des langues humaines apporte la preuve de cette théorie. »

En 1890, il publie Le mystère de Dieu est accompli et donne plusieurs conférences à Paris. En 1895, il prend ses fonctions de commissaire de surveillance administrative à la gare Saint-Laud d’Angers, puis termine sa carrière à la gare de L’Aigle dans l’Orne. En 1900, il fait distribuer à Paris par des crieurs une feuille au format d’un quotidien, La Grande Nouvelle, qui annonce la parution de La Science de Dieu ou la création de l’homme. Puis il publie en 1906 Les Prophéties accomplies (Daniel et l’Apocalypse).

En 1912, l’écrivain Jules Romains trouve Le mystère de Dieu est accompli ainsi que Les Origines humaines, qui vient de paraître. Il organise avec des amis habitués des canulars l’élection du « prince des Penseurs ». Brisset est élu le 6 janvier 1913 et une journée Brisset est organisée à Paris, avec banquet, discours et conférence du prince des Penseurs à l’Hôtel des sociétés savantes. Un legs à Jules Romains permettra l’instauration d’un dîner annuel à la mémoire du prince des Penseurs jusqu’en 1939.

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Extraits de La Grammaire logique, résolvant toutes les difficultés et faisant connaître par l’analyse de la parole la formation des langues et celle du genre humain (1883) :

I : L’ire
Le premier i est le membre raide ou droit. La violence de l’érection créa l’ire ou la colère, fit jeter les premiers cris et aller de tous côtés. On peut dire que la vie commença par la lettre i, comme c’est par la laiterie que l’enfant commence à vivre.
L : La langue
L est la consonne des lèvres et de la langue; elle appelle vers le sexe, le premier lieu, l’yeu.
Le langue à-jeu, le l’engage, le langage. Son origine est un appel au lèchement.
Q : La queue
Nous avons indiqué spécialement la valeur de queux à la lettre C.
Les queues réelles causaient des querelles.
Tu ma queue use, tu m’accuses.
La queue use à sillon, l’accusation.
Qui sexe queue use, sa queue use.

Citations

  • « Quand on est mort, c’est pour longtemps. »
  • « Il n’est pas nécessaire d’être nu pour penser », devant Le Penseur d’Auguste Rodin

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Biographie

30 octobre 1837 : Naissance de Jean‐Pierre Brisset à La Sauvagère, dans l’Orne, de parents fermiers. Il quitte l’école à 12 ans et à quinze ans il part comme apprenti pâtissier à Paris.
1855 : S’engage dans l’armée pour sept ans et part pour la guerre de Crimée.
1859 : Campagne en Italie contre l’Autriche. Il apprend l’italien. Blessé à Magenta, il est fait prisonnier.
1870 : Sous‐lieutenant au 50e de ligne, il est fait prisonnier et envoyé à Magdebourg, en Saxe ou il apprend l’allemand.
1871 : Publication de La natation ou l’art de nager appris seul en moins d’une heure. Démission de l’armée et départ à Marseille. Dépôt du brevet de la ceinture‐caleçon aérifère de natation. Échec commercial.
Retour à Magdebourg où il travaille comme professeur de français et éventuellement d’italien.
1874 : Édition à Comtes d’auteur de la Methode zur Erlernung der Französischen Sprache.
1876 : Retour à Paris. Nommé capitaine au 32e Régiment d’infanterie.
Dépôt du brevet de la planchette calligraphique destinée à l’enseignement de l’écriture et du dessin.
1877 : Démission de l’armée. Professeur de langues vivantes à Paris, il n’obtient pas d’emploi dans l’Instruction publique car il n’a pas de diplôme de latin.
1878 : Publication de la première édition de La grammaire logique ou théorie d’une nouvelle analyse mathématique…
1879 : Nommé commissaire de surveillance administrative des Chemins de Fer, à Orchies (Nord).
1880 : Nommé à sa demande à la gare d’Angers Saint‐Serge.
1883 : Nouvelle édition, plus complète, de la Grammaire logique.
1890 : Imprime lui‐même Le mystère de Dieu est accompli (Chez l’auteur, en gare d’Angers Saint‐Serge).1891 : La mairie d’Angers et le propriétaire du cirque‐théâtre lui refusent leurs salles pour ses conférences qu’il donnera en août à Paris, salle des Capucines et au café turc, Bd du Temple, face à la pâtisserie où il fit son apprentissage.
1895 : Entre en fonctions à la gare Saint‐Laud à Angers.
1899 : Nommé à la gare de L’Aigle, dans l’Orne.
1900 : Fait distribuer à Paris La Grande Nouvelle qui annonce la parution de La Science de Dieu ou la création de l’homme.
1906 : Les Prophéties accomplies (Daniel et l’Apocalypse)
3 juin : Conférence publique à l’Hôtel des Sociétés Savantes, à Paris, rue Danton.
1908 : Habite à Angers, 19 rue Saint‐Lazare, jusqu’en 1914.
1912 : Jules Romains, professeur à Laon reçoit Le mystère de Dieu est accompli, édité en 1890 et Les origines humaines qui vient de paraître. Il organise avec ses amis l’élection du “Prince des penseurs”.
1913 : Le 6 janvier, J.‐P. Brisset est élu « Prince des penseurs ».
13 avril : Journée Pierre Brisset à Paris. Conférence rue Danton, à l’Hôtel des Sociétés savantes.
1919 : Meurt le 2 septembre à midi, après avoir refusé l’extrême‐onction. Sa tombe à La Ferte‐Mace est aujourd’hui disparue.

Une somme d’argent léguée à Jules Romains permit l’instauration d’un dîner annuel à sa mémoire jusqu’en 1939.


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