Histoire et dessin

[RENCONTRE / FILM]

La Halle Saint Pierre et le Centre Joë Bousquet et son Temps
vous invitent à la rencontre

La mémoire dessinée
Dessins des survivants de Hiroshima et de Nagasaki


Dessin de Yamada Sumako,  © Hiroshima Peace Memorial Museum

Projection du film
Blessures atomiques
de Marc Petitjean
Documentaire  –  52 minutes  –  France 2006

Samedi 2 février 2019 à 15 heures – entrée libre

Coordination  : René Piniès,
Directeur du Centre Joë Bousquet


avec la participation de :

Bernard Esmein, Michael Lucken, Sylviane Pagès,
Marc Petitjean

 

Halle Saint Pierre – à l’auditorium
Réservation conseillée : 01 42 58 72 89

*

Notices biographiques :

Joë Bousquet (1897-1950).
Poète surréaliste et figure emblématique de la première moitié du XXe siècle. Blessé par une balle allemande en mai 1918, le jeune lieutenant Bousquet, paralysé, ne devait pratiquement plus quitter sa chambre. Alors, à son chevet, s’est pressé tout ce que le XXe siècle comptait de créateurs : de Paul Valéry à Max Ernst, de Magritte à Louis Aragon, en passant par André Gide, Dali, Tanguy, et Simone Weil…

_

Michael LUCKEN
Professeur des Universités, directeur du Centre d’Etudes Japonaises de l’INALCO

Son intervention à la Halle Saint Pierre portera sur :

Histoire et dessin
Les dessins réalisés à Hiroshima (et dans une moindre mesure à Nagasaki) par les survivants des bombardements atomiques de 1945 ont une originalité propre. Mais ils s’inscrivent aussi dans une histoire du dessin éducatif et thérapeutique. L’objectif de cette présentation est de retracer l’histoire de ce type d’expériences au Japon, depuis les premières tentatives de Yamamoto Kanae dans les années 1910 jusqu’à l’irruption de l’art brut à la fin des années 1960, afin de mieux mesurer ce qui fait la particularité des « images de la bombe ».

Ouvrages publics/ Orientation bibliographique
L’Art du Japon au vingtième siècle : pensée, formes, résistances, Paris, Hermann, 2001

Grenades et amertume : Les Peintres japonais à l’épreuve de la guerre.
1935 1952, Paris, Les Belles Lettres, 2005

1945 – Hiroshima. Les images sources, Paris, Hermann, 2008
Les Japonais et la guerre : 1937 -1952, Paris, Fayard, 2013
Japon, l’Archipel du sens, Paris, Perrin, 2016

_

Blessures atomiques, un film de Marc Petitjean
Documentaire  –  52 minutes  –  France 2006
Diffusion – Planète, Histoire (France), RTBF (Belgique) Télé-Québec (Canada) Russia Today (Russie)

+ d’infos cliquez ici

RÉSUMÉ
A 89 ans, le docteur Hida continue de soigner quelques unes des 250.000 personnes qui comme lui ont survécu à la bombe atomique de Hiroshima en août 1945. Le film retrace le parcours de cet homme charismatique et engagé.

Il pense que les Américains ont largué les bombes atomiques sur Hiroshima et Nagasaki pour servir – entre autre – de test scientifique sur la population. A l’aide d’images d’archives peu connues nous découvrons le fonctionnement d’ABCC, le laboratoire mis en place dès 1946 sur les lieux du drame par les scientifiques américains pour examiner systématiquement les survivants.

Le film démontre comment à partir des études faites sur les survivants de Hiroshima, le terrible danger des radiations a été minimisé par les administrations américaines dans les années 50-70 pour pouvoir développer le nucléaire civil et militaire en toute liberté et cela en dehors de toute préoccupation de santé publique.

« Blessures atomiques » nous alerte sur les enseignements qu’il reste à tirer du nucléaire, 60 ans après Hiroshima et 20 ans après Tchernobyl.

Marc Petitjean
Cinéaste, auteur et photographe, Marc Petitjean a réalisé ces dernières années plusieurs films sur le Japon, où il met en lumière des individus singuliers confrontés à des réalités sociales, économiques, politiques ou artistiques : « Blessures Atomiques », « Tokyo Freeters », « Trésor vivant »,  «De Hiroshima à Fukushima, le combat du Dr Hida » et plus récemment « Mer de Chine, la guerre des archipels ».

FESTIVALS
Hiroshima Peace Film Festival.
CineEco – Portugal – Prix de la jeunesse –
Rencontres Internationales du Documentaire de Montréal 2006.
Documentary Fortnight 2007 -Musée d’Art Moderne de New-York (MoMA)
Festival International du film d’environnement – Paris 2007
Festival Resistances-Foix 2009.

« Éclairage bienvenu sur un sujet méconnu, portrait touchant d’un homme exceptionnel. »                                     

TELERAMA

_

Bernard Esmein
Commissaire scientifique de l’exposition « Hibakusha, dessins des survivants d’Hiroshima et Nagasaki », auteur de plusieurs publications concernant ce sujet, a vécu une bonne partie de son enfance et de son adolescence au Japon. Professeur agrégé à la retraite, et docteur en philosophie, il a travaillé également comme attaché de coopération pour les services culturels des Affaires étrangères, et la coopération Européenne de la recherche français.

_

Sylviane Pagès

En lien avec l’exposition dessins des survivants d’Hiroshima et de Nagasaki, Sylviane Pagès fera une présentation du butô, permettant de situer ce courant artistique né dans le Japon de l’après-guerre. L’histoire de cette danse, et de sa réception en France, nous éclairent sur l’histoire et la mémoire de Hiroshima. Elle permet d’aborder la question de la mémoire silencieuse de Hiroshima, et d’éclairer la manière dont le butô a permis, au prix de nombreux malentendus, de rendre visible cette mémoire douloureuse et complexe dans la France de la fin des années 1970.
Parmi les influences marquantes du butô, sera également évoqué le lien entre le butô et la poésie. Hijikata, le fondateur du butô, avait aussi une activité d’écriture, que les spécialistes japonais rapprochent du surréalisme. Dans ses processus de création chorégraphique, Hijikata s’est inspiré d’auteurs tels qu’Artaud, Bataille, Lautréamont… Cette évocation sera accompagnée de propositions dansées, illustrant ainsi le rapport étroit entre geste et poésie.
La question de l’immobilité, centrale et passionnante en butô, trouve aussi un écho dans la danse de Laurence Pagès. Dans l’apparente l’immobilité ou dans la lenteur, se révèlent intensité et créativité, mouvement de l’imaginaire et de la sensation. Réflexion et propositions dansées seront ainsi sans cesse en dialogue.
Enfin, sera évoqué un parallèle avec le flamenco. Dans ces deux formes de danse, l’état que vise le danseur – le duende en flamenco ou l’état butô – bien qu’avec des modalités et des chemins corporels différents, est une même recherche, d’être habité, voire « possédé » dans sa danse. 


Sylviane Pagès est maître de conférences au département Danse de l’Université Paris 8 depuis 2010 et actuellement responsable du Master Danse. Ses recherches portent sur le butô et sur l’histoire de la danse en France au XXe siècle, selon une approche mêlant histoire culturelle et esthétique. Elle a publié en 2015, aux éditions du Centre national de la danse, l’ouvrage issu de sa thèse, La réception du butô en France, malentendus et fascination, traduit en japonais aux presses universitaires de Keio en 2017. Elle a codirigé avec Isabelle Launay l’ouvrage collectif Mémoires et histoire en danse (Mobiles n°2, L’Harmattan, Arts 8, 2010), avec Isabelle Launay, Mélanie Papin et Guillaume Sintès, Danser en 1968, perspectives internationales (Deuxième époque, à paraître). Elle a fait partie du comité de rédaction des revues Funambule, Repères, cahier de danse et Recherches en danse (www.danse.revues.org).

_

Coordinateur de la Rencontre : René Piniès

Directeur du Centre Joë Bousquet, il assure depuis sa création la programmation du Centre : entretiens et rencontres, la politique éditoriale, le commissariat des expositions temporaires et de l’exposition permanente Joë Bousquet et son Temps.

Co-commissaire de l’exposition : « Hibakusha, dessins des survivants d’Hiroshima et de Nagasaki »

+ d’infos cliquez ici