Jean Seban

P R O J E C T I O N

Ganga 2020, Requiem pour un père
deuxième volet de la trilogie sur le temps et le hasard 

Scénario inspiré par Charles Péguy et Auguste de Villiers de L’Isle-Adam
(1 h 33 min, 2018)

en présence du réalisateur

Dimanche 28 janvier à 15 heures – entrée libre
Réservation conseillée au 01 42 58 72 89

Halle Saint Pierre – à l’auditorium

Olga Caldas et Pascal Hecker, un dialogue avec Jean Seban.

 Visionner un extrait du film sur le site de Jean Seban (cliquer ici)

Ganga 2020. Requiem pour un père

     L’art lutte perpétuellement pour s’affranchir de l’intelligence pure, pour devenir affaire de pure perception, pour se libérer de ses liens à l’égard de son sujet, de son argument primitif. Les réussites de la poésie et de la peinture sont celles où les éléments constitutifs de la composition sont si bien fondus que le canevas anecdotique ne frappe plus l’intellect seul, ni la forme l’œil ou l’oreille seulement ; forme et fond au contraire, dans leur union parfaite, offrent un objet unique à « la raison imaginative », cette faculté complexe à laquelle toute pensée, tout sentiment se présente originairement jumelé avec l’analogue sensible qui est comme son symbole.
     C’est l’art de la musique qui réalise le plus totalement cet idéal, cette identification parfaite du fond et de la forme. Dans ses moments accomplis, la fin n’y est pas distincte des moyens, la forme du fond , le sujet de son expression ; ils sont inséparables, ils se saturent complètement l’un l’autre ; c’est vers la musique par conséquent, vers sa condition de perfection que tous les arts, est-on en droit de conjecturer, tendent et aspirent constamment. En elle dès lors, plus que dans la poésie comme on se l’imagine souvent, doit être trouvé l’idéal exact, le critère de l’achèvement artistique.

                                                             Walter Pater, « Que tout art soit musique », 1877