Benjamin Peret

E X P O S I T I O N

Benjamin Péret :
Du merveilleux, partout, de tous les temps, de tous les instants

du 8 au 28 janvier 2018
Vernissage jeudi 11 janvier 2018, de 18h à 21h – entrée libre

organisé avec les Editions du Sandre et l’Association des amis de Benjamin Péret.

Halle Saint Pierre – à la galerie (entrée libre)

&

P R E S E N T A T I O N   /   L E C T U R E S

Benjamin PÉRET
Les Arts primitifs et populaires du Brésil
Plus de 200 photographies inédites.
 éditions du Sandre

Dimanche 14 janvier 2018 à 15 heures – entrée libre


Une rencontre autour de la parution des Arts primitifs et populaires du Brésil et du dernier numéro des Cahiers Benjamin Péret
animée par
Leonor de Abreu et Jérôme Duwaco-responsabales du livre  
et Gérard Rocheéditeur de la Correspondance Benjamin Péret/ Breton (Gallimard, 2017)
et président de l’Association des Amis de Benjamin Péret qui 
présentera les 
Cahiers Benjamin Péret n°6

Halle Saint Pierre – à l’auditorium

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LE LIVRE

Entre 1955 et 1956, le surréaliste Benjamin Péret (1899-1959) arpente par trois fois le Brésil, et va à la rencontre du merveilleux, qu’il entrevoit dans les arts primitifs et populaires. Il photographie de nombreuses œuvres, souvent singulières et saisissantes, en vue d’un livre qui ne verra jamais le jour. Retrouvées à la faveur d’un heureux concours de circonstances, ces photographies sont ici pour la première fois réunies.

Préparée par Jérôme Duwa et Leonor Lourenço de Abreu, la présente édition accompagne ces images de plusieurs documents permettant de les éclairer, dont les textes de Péret consacrés au sujet.

Benjamin Péret, né à Rezé, près de Nantes, en 1899, entre après des études sommaires, dans ce qu’on appelle la vie active avec la guerre de 1914-1918, « ce qui a tout facilité » dira-t-il! Cette expérience désastreuse le conduit en effet à chercher comment « changer la vie » et « transformer le monde ». Il rencontre André Breton en 1920 et restera son ami jusqu’à sa mort, en 1959. Non seulement Péret participera à toutes les activités collectives surréalistes – tracts, revues, expositions mais grâce à des textes comme La parole est à Péret (1943), Le Déshonneur des poètes (1945), Le Noyau de la comète (1956), il assure plusieurs fois au cours de l’histoire du mouvement surréaliste, le relais théorique d’André Breton. L’œuvre de Péret est non seulement inséparable mais constitutive du surréalisme . S’il est vrai, comme l’affirme Breton dans le Manifeste du surréalisme, que « le langage a été donné à l’homme pour qu’il en fasse un usage surréaliste », nul mieux que Péret n’a usé du langage de façon plus constamment, plus profondément, plus évidemment surréaliste.

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Bruno Montpied

Le Gazouillis des éléphants
Premier inventaire des environnements populaires spontanés en France

Un livre de Bruno Montpied
Editions du Sandre,  2017

Samedi 9 décembre à 15 heures, entrée libre

Halle Saint Pierre – à l’auditorium
Réservation conseillée : 01 42 58 72 89

Le Gazouillis des éléphants
Premier inventaire des environnements populaires spontanés en France
Un livre de Bruno Montpied

          On publie en France des ouvrages sur la question des autodidactes bâtisseurs et sculpteurs naïfs ou bruts, type Facteur Cheval, Picassiette ou abbé Fouré (les rochers sculptés de Rothéneuf) depuis les années 1960 (depuis les Inspirés et leurs demeures de Gilles Ehrmann, livre préfacé par André Breton). Mais les ouvrages parus sur la question ne traitaient à chaque fois que d’une infime partie du corpus (une quarantaine de sites, grosso modo). Personne n’avait tenté jusqu’à présent un panorama tendant à l’exhaustivité de ce qui s’avère comme un patrimoine populaire méconnu, les environnements mobiliers ou immobiliers créés par des amateurs, absolument non-professionnels en matière de création artistique. C’est chose faite avec ce livre véritablement monumental (950 pages, plus de 1000 photos).

          Récemment publié aux Editions du Sandre, il rassemble exactement 305 notices décrivant des sites de styles naïf ou brut, qu’ils soient disparus (les plus anciens furent créés il y a près de deux cents ans, bien avant le Palais Idéal du Facteur Cheval), ou encore présents, parfois toujours en chantier. La majorité des photos ont été prises par les soins de l’auteur, d’autres ont été prêtées par diverses institutions muséales ou des collectionneurs privés (Aube Elléouët, la Collection de l’art brut à Lausanne, le LaM de Villeneuve d’Ascq, ou encore le musée d’art populaire de la collection Raymond et Jacqueline Humbert à Laduz).

          L’ordre alphabétique prévaut par régions, puis à l’intérieur de celles-ci par départements, enfin, à l’intérieur de ceux-ci, par noms d’auteur. Des cartes avec l’emplacement des sites mentionnés (les présents comme les disparus) sont placées en tête de chaque région. Une introduction générale explique les critères qui ont prévalu dans le choix des sites retenus. Des statistiques d’ordre sociologique ont été placées à la fin de l’ouvrage (par exemple, sont indiqués le nombre de sites par régions, les métiers qu’exerçaient les créateurs avant leur retraite, les origines étrangères d’une portion non négligeable d’entre eux, le nombre de femmes, certains motifs qui ont déclenché la création, les sites nouvellement découverts par l’auteur, les patronymes insolites, etc.), permettant aux chercheurs de disposer ainsi de précieux éléments d’information utiles à l’analyse du phénomène. Avec un tel outil documentaire, le public des amateurs d’inspirés dispose enfin du corpus à partir duquel il est possible de se faire une représentation plus objective du phénomène de la création autodidacte en plein air, phénomène qui, comme on sait, est loin de se limiter à la seule France.

          Il est systématiquement fait mention de l’état dans lequel se trouve le site inventorié, dans la mesure des informations disponibles. La question de la conservation de ces réalisations naïves en plein air étant particulièrement et fréquemment posée, l’auteur a essayé d’indiquer pour chaque site ce qui a été fait, ou tenté, pour le conserver après la disparition de son auteur, dans quelle collection privée ou institutionnelle on peut trouver des éléments ou des documents provenant des sites disparus ou déplacés.

          Ces créations de plein air révèlent un insolite patrimoine populaire auquel le service français des Monuments Historiques s’intéresse depuis de nombreuses années, avec une attention inégale selon les régions. On voit par ailleurs s’ébaucher ici et là un tourisme culturel centré sur les environnements spontanés, apportant une ressource touristique supplémentaire à des communes peu fournies en matière de monuments culturels réputés. Le livre permet de créer des passerelles entre les différents sites encore actifs.

          On peut en effet l’utiliser aussi comme un guide de voyage dans une France d’origine populaire, mais véritablement parallèle. C’est une mine de curiosités, apportant la révélation d’une créativité française hors-normes, un art sans «artistes» (au sens professionnel du terme), de même qu’il y a une architecture sans architectes. Son titre plaisant, le Gazouillis des Éléphants, est emprunté à une inscription relevée dans un des sites recensés (celui d’Alexis Le Breton en Bretagne). Il renvoie à un aspect curieux de cet inventaire, la récurrence insolite des figurations d’éléphants, qui deviennent au fil du livre un véritable leitmotiv, comme si ces animaux jouaient un rôle totémique, ou à tout le moins, un rôle de mascottes pour ces créateurs hors du commun.

          Il est à noter que l’ouvrage a reçu le soutien de la direction du Patrimoine du Ministère de la Culture.

Bruno Montpied, Le Gazouillis des éléphants, tentative d’inventaire général des environnements spontanés et chimériques créés en France par des autodidactes populaires, bruts, naïfs, loufoques, excentriques, brindezingues, ou tout simplement inventifs, passés, présents et en devenir, en plein air ou sous terre (quelquefois en intérieur), pour le plaisir de leurs auteurs et de quelques amateurs de passage, Editions du Sandre, Paris, 2017 (diffusion Harmonia mundi, disponible en librairie à partir du 2 novembre), 39€.

          Le livre est disponible à la librairie de la Halle Saint Pierre.