Victor SOREN

Victor SOREN
Pénombres
Exposition du 22 mars au 30 avril 2017
Cette exposition est pour sa plus grande partie consacrée aux dessins illustrant l’ouvrage de J-M Maubert « Bestiaire suivi de Pénombres »,
éditions Maurice Nadeau, mars 2017.

Vernissage et  dédicace du livre
samedi 25 mars à partir de 15 heures – entrée libre

Entrez dans le rêveVictor Soren, « Entrez dans le rêve » – 92 x 60cm

Halle Saint Pierre – à la galerie
entrée libre / ouvert tous les jours

Depuis vingt ans la Halle Saint Pierre œuvre, au carrefour de l’art brut, à parcourir et rendre compte des territoires hétérodoxes de l’art.  Le dessin y trouve une place majeure tant il est pour nombres d’artistes le lieu de l’accomplissement de l’aventure humaine.

« La question de l’animalité hante Soren. Ses bêtes sont des monuments. Elles sont frontales, hiératiques; elles se tiennent face à votre œil, immobiles comme des pierres; ce sont  des blocs d’intensité, froides et sombres; lasses, archaïques, blessées, d’une dignité muette et compacte; ou alors, elles viennent vers vous dans un mouvement infini, presque figé, comme si le temps était écorché, exténué.
Les bêtes de Soren sont incarnation et blessure –amputation, déchirure de la chair, pansement entaché de sang, couture défigurante. C’est une mise en espace d’un silence et d’une blessure, qui nous regardent, et ce qui vient à nous, vers nous, avec une lenteur d’astre mort, ce sont cette déchirure, ces cicatrices, cette blessure – une béance, qui est en même temps supplication muette, cri inaudible ou spasme; le travail que Soren accomplit sur et à partir des matières, donne aux figures une consistance qui les rend toujours plus présentes et palpables…»

– Extrait de la postface de « Bestiaire suivi de Pénombres » de J-M Maubert, éd Maurice Nadeau mars 2017.

 

Cette exposition s’inscrit dans le cadre d’un partenariat amical avec le salon
DRAWING NOW / LE PARCOURS (Cliquez ici)
LE CARREAU DU TEMPLE
du 23 au 26 mars 2017

 

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Patrick Navaï

Patrick Navaï
Poissons sans frontières

exposition du 5 janvier au 31 janvier 2017

Le vernissage  jeudi 12 janvier 2017 de 18h à 21h (entrée libre)

Halle Saint Pierre – à la Galerie
ouvert tous les jours

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Patrick Navaï
D’origine franco-iranienne, Patrick Navaï est peintre et poète qui a fait du voyage et des migrations sa thématique privilégiée. Il a obtenu la Médaille Vermeil de la Ville de Paris pour son œuvre graphique intitulée Apocalypse. Il participe à de nombreuses expositions ( Musée MAHHSA de Paris, Musée d’Art Naïf Anatole Jakovsky de Nice, Médiathèque de Corbeil-Essonnes, Salon International du Collage de Paris, l’Espace Scribe L’Harmattan, Festival de l’Art de l’Imaginaire et du Fantastique, Le Bazar Savant à Vitré avec Françoise Gründ, peintre et cofondatrice de la Maison des Cultures du Monde, La Halle Saint Pierre, Marché de la Création du 14ème arrondissement de Paris, Festival des Arts Losserand,  Librairie-Galerie de L’Ame Enchantée à Vézelay ). Il est également illustrateur de livres ( La ferme des animaux de Georges Orwell et Sa Majesté des mouches de William Golding aux Editions Armanshahr à Kaboul ) et de revues littéraires ( Missives, Diérèse, Poésie Première, Martobre, Poézia, Jointure, Le Pont, Traversées etc…). Auteur de plusieurs recueils de poèmes ( L’Echo des dits, Shams le musicien, Les Cœurs apostrophés ), il a fondé en 2001 Migraphonies, revue des littératures et musiques du monde et cofondé en 2014 la revue littéraire Traverser avec Daniel Besace et Francine Chatelain. Depuis 2015, il a rejoint le comité de rédaction de la revue Les Nouveaux Cahiers Pour La Folie dirigée par la psychiatre et écrivaine Patricia Janody et anime depuis plusieurs années des ateliers d’écriture en milieu thérapeutique.

Derniers ouvrages d’artiste :
Le Paradis ou récit d’un voyage. Collages et textes de l’auteur. Livre unique.
Voyages encrés suivi de Les chemins contrariés. Textes et encres de l’auteur. Editions Carnets-Livres. Ouvrage traduit en persan par Mohammad Ziar et publié en 2016 aux Editions Payâm à Téhéran.
Confidences encrées. Textes et encres de l’auteur.  Editions Carnets-Livres.
Poème de Léopold Sédar Senghor, encre de Patrick Navaï. Editions Le Verbe et L’Empreinte de Marc Pessin. Saint-Laurent du Pont. Isère.

Derniers ouvrages de bibliophilie :
Seuils de solitude,  poèmes d’Angèle Paoli, encre de Patrick Navaï gravée par Marc Pessin aux Editions Le Verbe et l’Empreinte. Saint-Laurent du Pont. Isère.

Le Livre du Vide médian, poèmes de François Cheng. Encres de Patrick Navaï. Editions Le Verbe et l’Empreinte de Marc Pessin. Saint-Laurent du Pont. Isère.

Livres numériques :
Remous, encres de Patrick Navaï et textes de Jean-Louis Millet. Livr’Art Zen Evasion.
Partition nocturne, encres d’Isabelle Le Gouic, textes de Patrick Navaï. Livr’Art Evasion.

Plusieurs de ses encres font désormais partie de la collection du Musée MAHHSA de Paris (ex Musée Singer-Polignac), du Musée de La Poste de Paris, du Musée International d’Art Naïf Anatole Jakovsky de Nice et du Musée de la Fabuloserie de Dicy sur Yonne.

Courriel  : navastan@laposte.net

 

Francis BEREZNE

Francis BEREZNE
Les Hystériques
Sur une proposition de Gisèle Grammare
exposition du 2 au 20 mars  2017

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Vernissage le jeudi 2 février, 18h-21h – entrée libre

Rencontre  autour de l’œuvre de Francis BEREZNE
Dimanche 19 février à 15 heures – entrée libre

Halle Saint Pierre
– à l’auditorium

PROGRAMME DE LA RENCONTRE

Modérateur de la rencontre Guy BEREZNE
*14h 45 : accueil,  projection des dessins inspirés par la planche XXIX de l’iconographie photographique de  La Salpêtrière.

*15h : ouverture, présentation de la rencontre.

*15h15/15h30 : Hystérie extrait, texte inédit de Francis BEREZNE
Lecture par Marie IRACANE, comédienne.

*15h30/15h50 : Peindre l’hystérie ?
Communication de Gisèle GRAMMARE.

*15h50/16h15 : échange avec le public.

*16h15/16h30 : Le dit du brut extrait, texte de Francis BEREZNE
Lecture par Marie IRACANE.

*16h30/17h10 : Table  ronde :
Guy BEREZNE, Odile DEMONFAUCON, Gisèle GRAMMARE, Jean-Paul KITCHENER.

*17h10 : échange avec le public et conclusion autour du verre de l’amitié.


Francis Bérezné, Le marcher de l’art, 2010

À fréquenter les photos d’un collaborateur de Charcot, il apparaît qu’on classe les malades, les crises, comme on classait les plantes. Le médecin, photographe à la Salpêtrière, porte sur les modèles le regard d’un botaniste qui découvre un spécimen, qui l’enferme ensuite dans son herbier.
Le résultat force l’admiration. Des femmes extraordinairement vivantes, noyées dans un flot de draps, de linges blancs, souffrent, jouissent, rient, se lamentent, s’extasient, tirent la langue, les yeux révulsés, prennent parfois la pose devant l’objectif.
J’expérimente ces photos, en les peignant pour leur beauté, parce qu’elles parlent de la condition humaine, du sort fait aux femmes, à la folie, parce qu’une réflexion de Gilles Deleuze mérite d’aller les voir de près. Dans Logique de la Sensation, un essai sur la peinture de Francis Bacon, Deleuze tire une pensée de Bacon du côté de la clinique, les formes, les couleurs, touchent directement les nerfs, d’où le philosophe, un peu simplement, conclut à une hystérie de la peinture.
Le théâtre de l’hystérie me permet d’approfondir le travail d’après photos, d’exalter le spectre des couleurs, qui sert à peindre la chair. L’existence, bouleversée, assignée, recluse, révoltée, bourrée d’éther, assassinée parfois, jaillit du fond noir, du linge, et des draps blancs, s’incruste à la manière de la modernité.

 

*

FRANCIS  BEREZNE (1946 / 2010)
Les Hystériques

Au sein d’une abondante production plastique comptant des centaines de peintures et des milliers de dessins sur papier réalisés dans des techniques variées, souvent mixtes, Les Hystériques occupe une place prépondérante et constitue un ensemble pictural majeur de l’œuvre plastique de Francis Bérezné. L’artiste s’est appuyé sur les photographies prises à l’Hôpital de la Salpêtrière lors des célèbres leçons publiques données par Jean-Martin Charcot.
Entre 2002 et 2008, Francis Bérezné expérimente la forme qui lui permettra d’exprimer ce qu’il ressent à la vision des photos de malades de Charcot. Il lui arrive d’effectuer pour sa recherche une centaine de dessins de format raisin, à partir d’une seule photo de malade.
Une série de grandes toiles sur fond noir est l’aboutissement de plusieurs années de travail, dont seule une partie fait l’objet de cette exposition, fut présentée une autre fois en 2010, à l’initiative de Jean-Paul Kitchener à Sainte-Anne de La Palud, peu avant la disparition de Francis Bérezné.
Existerait-il une presque concordance des temps, telle une convergence du hasard, entre la thèse de Georges Didi-Huberman, L’invention de l’hystérie, datant de 1982, rééditée par les Éditions Macula en 2014, revue et enrichie d’une postface de l’auteur, Des images et des maux,  et le temps de ces deux expositions 2010 /2017?
L’ouvrage interroge les pratiques qui avaient cours à la Salpêtrière, à l’époque de Charcot, pour tenter de traiter l’hystérie. Dans les célèbres « leçons du mardi », on découvre la théâtralité stupéfiante du corps hystérique de malades en crise, peu d’images photographiques en sont restées. Freud fut un témoin de ce spectacle de l’hystérie que Charcot mettait en scène. S’écriront là les débuts de la psychanalyse dans une relation à l’image.
Une actualité se poursuit, entre art et hystérie, des photographies de Charcot, à la peinture de Francis Bérezné, où se présente aussi le spectacle métaphorisé d’une tragédie personnelle, traversée par la folie.

– Gisèle GRAMMARE, janvier 2017.

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Francis BEREZNE a publié quatre livres aux éditions La chambre d’échos, entre 1999, et 2006 : La mémoire saisie d’un tu, Le dit du brut, La vie vagabonde, J’entre enfin.

Autobiographie

 

fbJe suis né à l’hôpital Beaujon, à Clichy-sous-Bois, un an après la fin de la Deuxième guerre mondiale. C’est dire que ma vie est marquée par la joie de vivre qui éclate après ces terribles années, par le désespoir qui naît des horreurs qu’on découvre à ce moment, et par l’angoisse de mes parents, qui ont vécu quatre ans dans la peur.

J’ai commencé à peindre très jeune. La première huile que j’ai faite à onze ans, est une toile qui représente la Sainte-Victoire depuis les terres rouges de Baureceuil, où j’ai passé plusieurs années de suite mes vacances de Pâques.

Devant le goût que je manifeste pour la peinture, et une certaine habileté, mon père m’inscrit à l’atelier des moins de quinze ans au Musée des Arts Décoratifs. Très vite je serai orienté sur l’atelier de modelage, où je fais preuve d’un certain talent. Mais j’aurais voulu continuer à peindre.

Je pratiquerai la sculpture encore longtemps. Comme assistant de Valentine Schlégel, céramiste et sculpteur, comme enseignant aux Beaux-Arts de Paris dans les années soixante-dix. Mais en 72, après une bouffée délirante, je deviens fou. Je veux dire que je connaîtrai vingt ans d’errance, de misère, et d’hospitalisations diverses.

Les choses iront mieux pour moi au début des années 90. Je retrouve un atelier où je reprends mes recherches picturales de façon continue. En même temps je poursuis des études de lettres à l’Université.

En 2003, je m’installe à la campagne, où je vis et je travaille aujourd’hui.

J’ai notamment exposé à l’espace Concept, à Villejuif, dans la galerie Trafic, à Ivry-sur-Seine, et aux ateliers de la vis sans fin, à Sainte Anne de la Palud.

J’ai publié quatre livres à « La chambre d’échos », entre 1999, et 2006. La mémoire saisie d’un tu, Le dit du brut, La vie vagabonde, et J’entre enfin. Un cinquième est prévu pour 2010.

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La librairie FMR

Les Éternels FMR
5 décembre 2016 – 2 janvier 2017
Halle Saint Pierre – Galerie (entrée libre)

HORAIRES
du lundi au vendredi de 11 h à 19 h, le samedi de 11 h à 19 h, le dimanche de 12 h à 18 h
Fermeture à 16 h le 24 et le 31 décembre. Fermeture complète le 25 décembre et le 1er janvier.

La librairie FMR se tient deux fois par an, au printemps et en hiver, à la Halle Saint Pierre.
Outre la production de plus de soixante éditeurs peu présents en librairie,elle propose également des e
xpositions et des événements.

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Les éternels FMR proposent, le temps des fêtes, du 5 décembre au 2 janvier, un échantillon de la production de 65 éditeurs alternatifs, pas ou peu visibles en librairie. Des livres rares et précieux, tous conçus dans une démarche artisanale et se singularisant par leurs texte et par leur forme.

Les éternels FMR seront accompagnés d’une exposition reprenant le travail graphique présent dans certains ouvrages. Pour cette édition, c’est la graveuse Sarah d’Haeyer et la plasticienne Bérengère Vallet qui seront mises en valeur.

Éditeurs invités

Al Manar – Alain Beaulet – Anacaona – Anacharsis – Anamosa – Antidata – Asphalte –
La Barque – Belleville éditions – Black Herald Press- Carobella – Carnets du dessert de Lune – La Cerise – Chemin de fer – La Clef d’Argent – CMDE – Les Contrebandiers –
La Dernière goutte – Dread éditions – Dystopia/Scylla – L’Échappée – Entremonde – Fanlac – Fondeurs de briques – Le Grand Os – Les Grands Champs – H’artpon – Ici même – Impeccables – Jean-Michel Place – Kanjil – Kilowatt – Librairie Elisabeth Brunet –
L’or des fous – Lunatiques – Manucius – Marguerite Waknine – Murmure – Nada – Obriart – Passager Clandestin – Passages piétons – Portrait – Prairial – La Renarde Rouge –
Les Rêveurs – Rougerie – Rue de l’Echiquier – Rue des Cascades – Rue des promenades – Séquences – Signes et balises – Sonneur – Le Temps des Cerises – Toro éditions –
Un Thé chez les fous – Vedrana – Ver à soie – Ville brûle – Visage Vert – Xérographes –
Yvette et Paulette.

Événements

Vendredi 16 décembre 16h00
– Carte blanche aux éditions L’Or des Fous:

– Présentation de la maison d’édition

– Projection du film L’Autre Côté, d’Isabelle Bourgueil.
Dans une petite ville des Cévennes, les plaques de la « rue de l’Industrie » ont disparu, ce qui n’empêche pas les courriers d’arriver à cette adresse. D’un côté de la rue, le chantier d’un nouveau « Musée d’Arts et traditions populaires », restauration d’une ancienne filature de soie, où les ouvriers parlent des changements des conditions de travail. De l’autre, une cité HLM dégradée, où les résidents forment un peuple pauvre et disparate. Un mur les sépare.

– Lecture du poème Sentinelle par Dominique Dou.

Isabelle Bourgueil dirige une maison d’édition en sciences humaines et sociales et littérature, L’or des fous éditeur. Elle se prend au jeu du cinéma quand elle anime des ateliers cinéma pour de jeunes adolescents avec des amis réalisateur et monteur. Un collectif réalise deux courts dans un cadre associatif, le premier en 2014 Le Bonheur au lit et à la ligne (8 minutes) et le deuxième en 2015 By the way somos todos cousins (27 minutes). De novembre 2015 à février 2016, elle suit les cours du Master 2 pro réalisation film documentaire de création à Lasalle (30), partenariat entre la commune de Lasalle, l’université Paul Valéry Montpellier 3 et Ateliers Varan Paris. L’autre côté est le film de fin d’études.

 

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Marc Bourlier

Marc BOURLIER

exposition du 5 novembre au 4 décembre 2016
Vernissage le jeudi 17 novembre de 18h à 21h – entrée libre

Halle Saint Pierre – à la Galerie

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*

MONSTRE VA !
MARC BOURLIER, L’HOMME DES BOIS : INTIMITÉ DU DEHORS.

 » On me demande parfois ce que je nomme présence. Je répondrai : c’est comme si rien de ce que nous rencontrons  n’était laissé au-dehors de l’attention de nos sens « 
(René Quinon)

Le peintre de Lascaux disposait de symboles et de mythes accumulés pendant des millénaires de gestation, l’artiste d’aujourd’hui ne possède que les débris calcinés d’un monde en régression qui forment pourtant le seul aperçu sur le futur très provisoire. C’est justement parce que notre futur est de plus en plus provisoire et dérisoire que   le travail  de Bourlier se frotte de plus en plus à des « lambeaux »   mais vers une sorte d’utopie de la vision. D’où la nécessité de cet échange entre la matière et l’image ainsi  que l’intensité d’une attention aux choses et au corps. Et ce par ce qui devient – des taches primaires jusqu’à la sculpture  primitive – une « méthode » de construction du réel qui fait abstraction naturellement des idées reçues et de toutes conventions. Il y a donc chez l’artiste diverses manières de mettre à nu le corps en des matières brutes qui en deviennent les opératrices et  la possibilité « expérimentale » de questionner le réel comme retourné.

C’est la seule chose que l’art peut envisager sans avoir nécessairement recours à des références explicites : l’être est un spectre et c’est  donc bien en tant que spectre, qui nous voit  sans être vu, qu’il doit être pris, qu’il doit être vu. Et pour rendre compte de cette spectralité, il faut sans doute ce passage, ce transfuge comme si l’artiste né à Saigon, et qui passa ensuite sa jeunesse entre l’Afrique, l’Amérique du sud, l’Asie à nouveau  était prédestiné à fabriquer d’étranges réincarnations après tant de lieux traversés et qui ont formé sont goût  pour la couleur. C’est d’ailleurs ce qu’a affirmé l’artiste admirateur de Calder, Miro, Braque et Léger lorsqu’il se décida de s’engager dans l’art comme en un sacerdoce.

Iris Clert, la première, a montré ses  » taches  » et ses recherches sur l’infini de la tache dont au début de sa carrière il dirigeait la matière liquide pour lui donner quelque vraisemblance, pour lui donner visages et surtout identités avant que ces silhouettes insolentes et sans âge s’évanouissent pour donner une incroyable série de figures de stars, imaginaires avant de les abandonner pour amorcer un long  travail sur carton ondulé : se succèdent ainsi les  » microsillons  » et les  » pictogrammes  » comme autant de signes insouciants et joyeux.

Mais c’est en 1995,  lorsque son regard fut capté sur une plage normande par le premier de ces mystérieux petits bois flottés que la mer avait déposé qu’une étape capitale de son travail commence : soudain Boulier n’est plus peintre, il devient sculpteur.

Se centrant toujours sur l’élément humain, la géométrie de l’espace permet des assemblages de myriades de petits bonshommes, sagement ordonnancés dans des tableaux où la matière se donne à toucher, où les aspérités du bois  donnent à elles seules l’idée des couleurs. A ce stade de sa recherche on peut même affirmer que l’artiste n’est ni tout à fait sculpteur, ni tout à fait peintre mais plus au sein de cet univers aussi plastique que mental dans lequel il navigue tel un Gulliver au milieu de ses lilliputiens. Ces derniers d’ailleurs s’enhardissent de plus en plus et semblent s’échapper, se dégager des sortes de bas relief où l' »artiste voulait les confiner. Mais il faut bien, à ce titre et à mesure que l’¦œuvre avance, parler d’art brut plus que d' »art pauvre, bref d’un art où Bourlier intervient le moins possible en une sorte de minimalisme opératique. Une légère scarification par-ci, un point de creusement par-là et soudain surgissent des ¦œuvres à part entières mais entièrement à part jusqu’à l’émergence de sa série des  bâtons de fécondité qui magnifie ses petits êtres qui nous ressemblent tant. Le créateur les métamorphose en prophètes d’abondance dans une tradition héritée  des arts premiers d’Afrique.

Les sculptures de l’artiste se révèlent comme des pièges à émotions comme le sont celles de Boltanski ou de Louise Bourgeois  qui d’ailleurs ne sont pas sans parentés avec celles d’un artiste qui pousse cependant plus loin la dérision et la sidération.  La force d’inertie de ces  » monstres  » ne peut que susciter des interrogations qui dépassent le pur plaisir  esthétique. En conséquence, l’artiste aura réussi à travers les explorations de ses propres fantasmes sinon à nous les faire partager, du moins à nous les rendre obsédants dans une transgression de l’image : là où beaucoup joue de la pléthore qui engraisse, l’artiste va vers une sorte d’effacement.

L’artiste projette des visions qui ouvrent à une sorte d’universalité. Elle marque une obsession, une hantise de l’entrave dont le créateur veut libérer ses figurines comme s’il voulait réparer le trauma d’une scène plus ou moins primitive, répulsive mais attirante voire attractive et qui  a pu entraîner d’abord une pulsion vers un lieu d’enfermement, d’impossible séparation. De telles figures restent sans doute nécessaires pour penser l’être, son rapport à l’autre, au monde. Et la force d’ironie et d’outrance qu’elles contiennent et concentrent dans leur simplicité fait vite se gercer le rire sur les lèvres du spectateur. Une sensation quasi tactile le saisit là où Bourlier joue sur la juxtaposition de deux registres opposés : la jubilation et ce qu’il faut bien appeler par son nom : le tragique, un tragique de situation. Aussi, ce que, à l’origine, ses ¦œuvres laissaient entendre, apparaître, percevoir (la confusion des corps) est remplacé  par leur procession lente où demeurent l’attirance, la  fascination que les « sculptures » les plus récentes provoquent à travers leurs formes phalliques : à savoir  une levée du désir.

J-P Gavard-Perret

 

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