Jean-Luc A. d’Asciano

PRÉSENTATION & SIGNATURE

Souviens-toi des Monstres
de Jean-Luc A. d’Asciano

aux éditions Au Forges de vulcain

En présence de l’auteur et de l’éditeur David Meulemans
Présentation accompagné de lectures faites par David Sidibé

Dimanche 17 novembre 2019 à 15 heures – entrée libre

Halle Saint Pierre – à l’auditorium

« Nous sommes nés monstrueux et notre vie fut belle »

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L’histoire

Nous sommes en Italie. Dans une Italie fantastique, pleine d’anarchistes, d’assassins, de femmes rebelles, de prêtres défroqués, de diables athées et d’animaux plus ou moins domestiques. Raphaël et Gabriel naissent dans une famille de marins et de contrebandiers. Ils sont siamois. Bien que monstrueux, ils ont un don magique. Leur chant leur permet de tordre la réalité, d’accomplir des miracles, de réveiller des êtres issus du domaine des morts. Leur destin : être les derniers témoins d’un monde effervescent et picaresque, qui est amené à disparaître. Un monde de monstres.

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La presse en parle

Les siamois enchantés de Jean-Luc A. d’Asciano
« Souviens-toi des monstres », premier roman carnavalesque de Jean-Luc A. d’Asciano, conte les aventures de deux faiseurs de miracles.

Soit on se faufile, soit on fracasse, ­telles sont les deux voies qui s’offrent au primo-romancier. Soit il opte pour la petite porte, mêlant discrètement sa voix au chœur, n’offrant qu’un humble mais prometteur galop d’essai, soit il donne l’assaut, entrant à cheval dans le saloon, hurlant « à boire » et éparpillant un monceau d’or sur la table de poker. C’est la seconde manière, la mauvaise, la meilleure, qu’a choisie l’éditeur et écrivain Jean-Luc ­André d’Asciano pour se propulser romancier et nous offrir, avec ­Souviens-toi des monstres, l’une des plus détonantes razzias littéraires de cette saison, un vol-au-vent somptueux, un cocktail fatal où se mêlent à ravir Fellini et Melville, ­Cronenberg et Giotto, les sortilèges capiteux du baroque méditerranéen, les frénésies du roman d’aventures dumasien et les vertiges du folklore fantastique. Lire la suite ici
– Le Monde
Par François Angelier25 juillet 2019

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Biographie

Jean-Luc A. d’Asciano est né à Lyon, mais a grandi à Nantes. Passe un doctorat de littérature et psychanalyse. Écrit des articles sur le roman noir, l’architecture, les arts contemporains ou la cuisine. Fonde les éditions de L’Œil d’or où il publie Petite mystique de Jean Genet (2007). Il publie ensuite un recueil de nouvelles, Cigogne aux éditions Serge Safran.
Son premier roman, Souviens-toi des monstres, est publié en 2019 aux éditions Aux forges de Vulcain.

 

 

 

Maurice Fourré

LECTURE / PROJECTION
Organisées par Les Amis de Maurice Fourré (AAMF),
à l’occasion de la réédition du livre

Le caméléon mystique
de Maurice Fourré
Parution novembre 2019, éditions Ginkgo
Collection L’Ange du Bizarre, dirigée par Pierre Laurendeau


Un auteur et un livre rares

Samedi 23 novembre à 15 heures – entrée libre

Une présentation générale de Maurice Fourré et de son œuvre sera suivie d’une lecture « chorale », par trois comédiens, des passages les plus marquants du Caméléon, puis par la projection d’extraits de Chez Fourré l’Ange vint, le film biographique réalisé sur l’auteur par Bruno Duval.

Halle Saint Pierre – à l’auditorium
Réservation conseillée : 01 42 58 72 8

 « La confiserie que nous tend Maurice Fourré est semblable à celles que fabriquent les Mexicains pour leur carnaval, tout entières de sucre scintillant, mais ayant la forme d’un crâne. »

Michel Butor,
Une œuvre solitaire, 1956

Maurice Fourré, né (en 1876) et mort (en 1959) à Angers, peut être vu comme un homme d’un « Autre Temps », égaré dans une époque qui n’est plus la sienne – et pourtant, c’est notre perpétuel contemporain.
Il représente un cas particulier dans le monde des lettres, car il est venu très tard à l’écriture : son premier roman, La Nuit du Rose-Hôtel, a été publié en 1950, par les soins d’un André Breton si émerveillé par  cette découverte qu’il a créé pour l’occasion, chez Gallimard, la collection « Révélation », dont ce fut d’ailleurs le seul ouvrage publié.  Fourré avait alors près de 75 ans.
Saisi par le virus de l’écriture, Fourré poursuivra avec La Marraine du sel (1955), Tête-de-Nègre (1960), tous deux édités chez Gallimard, le deuxième à titre posthume ; et ce Caméléon mystique demeuré quasi inédit, et qui sort enfin aujourd’hui.

Errance ferroviaire et enchantements crépusculaires
Le Caméléon mystique, écrit à l’âge de 82 ans, est à la fois un roman d’apprentissage, une dérive initiatique, un pèlerinage aux confins des rivages occidentaux, et une exploration ésotérique de la ville de Bourges, point central et crucial du territoire français.
Les énigmes soulevées ne seront pas toutes résolues, mais nous invitons le lecteur à suivre pas à pas les tribulations du jeune héros, Pol Hélie, dans les traces de son père Dominique, et de son grand-père Oraison, en se laissant porter par la musique si singulière de la prose fourréenne – qu’on en juge :

– Ma petite amie d’avant minuit mouillé de drames était baptisée Philogène. Peut-être ne la reverrai-je plus sous les nuages de son horizon que je n’ai jamais découvert à l’heure du soleil. Ce n’est pas sur la terre ou sur la pente des grèves, parmi les rochers que je la recherche. Elle me suit, et je ne la trouve nulle part. Son ombre s’est envolée au-delà de nos îles … Mon songe la poursuivra sans la trouver. Si elle était debout devant moi, elle serait encore absente, même si mon doigt enivré d’espérance s’approchait d’elle à la toucher … Tendre amie celtique, es-tu vivante ? Es-tu ton propre rêve ou le mien ? Ton ombre est-elle indestructible ? Ton âme reviendra-t-elle toujours ? Le souvenir de ma vie s’est-il en toi dissous ? As-tu suspendu un disque de verroteries funéraires autour du gouffre où s’est anéanti le mirage de mon visage et de ma vie ?…  L’eau passe, donne son miroir, le brise, et la nuit vient.

Pierre Laurendeau
« Du Caméléon mystique, achevé quelques jours avant la mort de Maurice Fourré, j’eus la chance de tenir le manuscrit entre mes mains en 1980. Alors très jeune éditeur, je rêvais de le publier à l’enseigne de Deleatur, que je venais de fonder. Mais l’entreprise dépassait de loin mes capacités de financement. Ce fut Calligrammes, à Quimper, qui édita l’ultime roman de Fourré, avec la complicité méticuleuse de Jean-Pierre Guillon. Cette réédition à l’Ange du Bizarre constitue donc pour moi un retour aux sources vives. »

 

 

 

Werner Lambersy

RENCONTRE – SIGNATURE

Werner LAMBERSY
à l’occasion de l’anniversaire du poète
Samedi 16 novembre à 15 heures – entrée libre
Halle Saint Pierre
– à l’auditorium
Réservation conseillée : 01 42 58 72 89

 

LECTURES
par Jean-Luc Debattice
&
Nouvelle parution
 Ligne de fond 
éditions La Rumeur libre

INVITES
Dominique Baur
Jean Claude Bologne
Philippe Bouret
Seyhmus Dagtekin
Otto Ganz
Jean-Louis Giannoni
(sous réserve)
Nadine Monfils
(sous réserve)
Jean-Claude Tardif
Pierre Vanderstappen

& de nombreux autres poètes et amis

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WERNER LAMBERSY, né à Anvers le 16 novembre 1941, vit à Paris, à Montmartre, depuis 1980.
Il a choisi d’écrire en français bien qu’il soit issu d’un milieu néerlandophone, acte de résistance et d’antifascisme vis-à-vis de son histoire familiale (son père engagé volontaire dans la Waffen SS, sera condamné à vingt ans de réclusion).

Attaché littéraire au Centre Wallonie-Bruxelles de Paris jusques en 2002, il est l’auteur d’une 60 d’ouvrages traduits en 20 langues.
Auteur de recueils de poésie, mais également d’essais et de pièces de théâtre, il est considéré comme une voix majeure de la littérature francophone. Il est notamment l’auteur d’une anthologie personnelle qui balise son parcours sur près de quarante années de création poétique, « L’éternité est un battement de cils » aux éditions Actes Sud, 2005.

Sa poésie, celle d’un voyageur sur quatre continents, qui poursuit une méditation ininterrompue sur le dépassement de soi dans l’amour et l’écriture, a été honorée par de nombreux prix, dont le prix Mallarmé, le prix Théophile-Gautier, le prix de la SGDL (Société des Gens de Lettres) et le prix international de poésie francophone Yvan-Goll. Il est également  Chevalier des Arts et des Lettres.

Werner Lambersy, extrait de L’éternité est un battement de cils, Actes Sud :

« Lire ou écrire un poème, c’est s’absenter des masques de soi, retourner au premier cri du premier souffle qui nous jeta, déchirés, des forges de la galaxie ici sur cette terre et retrouver l’éternel instant de l’éternel début ; c’est encore l’autre, l’autrement, l’inentendu des mots… comme on laisse, dans une chaise longue, sur les plages de l’espace et face à l’océan du temps, le chapeau de paille de notre vie et le nez de clown de nos destins. Lire, c’est dresser l’inventaire des invendus de la création, se convaincre que l’éternité n’est qu’un battement de cils de l’instant, avant la dispersion des collections de nos cinq sens, dans les ventes publiques de l’âme et sous les enchères de l’oubli. Est-ce à ce point dérisoire de tenter l’écoute d’un poème qu’il faille y voir uniquement le don d’une enfance attardée ou la recherche folle du génome humain de l’amour ? »

Conversation poétique

Trois poètes vont lire, débattre et signer leur livre :
Isabelle Lévesque, Chemin des centaurées
Sylvie Fabre G., Pays perdu d’avance
Pierre Dhainaut, Après
Samedi 12 octobre 2019 à 15 heures – entrée libre
Réservation conseillée : 01 42 58 72 89
Halle Saint Pierre – à l’auditorium
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Avec ce nouveau recueil, Isabelle Lévesque poursuit sa quête du lien homme-amour-nature. Chemin des centaurées est une longue promenade dans la campagne durant un long printemps, de mars jusqu’au solstice d’été. La campagne, ses herbes, ses fleurs, ses chemins, ses arbres, ses ciels, ses pluies, font naître la pensée — « Seules les pensées qu’on a en marchant valent quelque chose », écrivait Nietzsche.

Le jour ne cesse de paraître,
que cherche-t-il ici ?

Les branches penchées ne se relèvent pas.
Il faut traverser.

Sauras-tu renaître à ce murmure ?

C’est l’aube de la vie, Isabelle Lévesque ressent chaque matin de cette longue saison comme un renouveau, des renaissances, elle craint la nuit, l’obscurité, la sombre lumière, la poésie c’est la lumière : « Dis encore, dis plus fort, que la nuit n’est tombée qu’un instant. » Marcher sur le chemin des centaurées, c’est aller à la rencontre de nous-mêmes : « Courons, derrière le vent, courons ! »

Soyons éphémères et secrets,
allongeons sans fin l’ombre et l’or du cœur serré,
sans regret du passé rompu.
Le jour attend.

La poète invite le lecteur à fouler de tels chemins, et franchir les ponts qui comme une tapisserie, retisserons nos liens avec nous-mêmes, ce nous caché, qui est, dans Chemin des centaurées, un, l’autre et tous.

Les remarquables peintures de Fabrice Rebeyrolle ont su capturer, sur les chemins, les centaurées des poèmes.


Avec Pays perdu d’avance, Sylvie Fabre G. a porté son écriture dans ce qu’elle appelle un « registre lyrique ». Ce tournant, ou plutôt ce passage exceptionnel vers une écriture plus classique s’est imposé à elle avec la disparition de sa mère. En relatant des moments de son enfance, la poète retourne aux sources de l’enfance, et aussi, et surtout, aux sources de sa poésie. Les thèmes de Pays perdu d’avance retrouvent les grandes images et figures fondatrices de la vie et de son œuvre.
« Sans doute reviens-je aux racines réelles et irréelles de la langue, nous dit Sylvie Fabre G., celles qui constituent la mienne en particulier. Le texte est aussi traversé par le souffle des lectures de certains poètes. Le rapport à la mort et à l’origine, les exils, l’amour et la douleur l’habitent aussi. »

Les poèmes qui composent Après, les notes comme le précise l’auteur, Pierre Dhainaut, tentent de restituer l’expérience intérieure de son séjour en hôpital.
Il lui aura fallu attendre plusieurs semaines après sa sortie pour se remettre à écrire, pour se réapproprier le langage, en rédigeant ces notes, avant que la poésie lui soit à nouveau possible.« Sur le coup, ai-je pensé à la poésie ? demande Pierre Dhainaut. Cette question, en d’autres temps, m’aurait paru inconvenante. La place qui était la sienne, la première, fut soudain et pour longtemps inexistante ou presque : avec le recul il me faut remettre en cause ce en quoi j’avais cru. Pourquoi accorder tant d’importance à la poésie si dans les circonstances les plus rudes elle n’offre aucune aide ou pire, si l’on ne songe pas à lui en réclamer une ? »
Après est peut-être sa réponse à sa question.

Les vents ont fui, les mots ont fui, la voix
n’a plus que la force en ce lieu
comme en ce temps de si peu de place
ou de si peu d’heures, de constater
son impuissance, elle n’ira pas au-delà :
nous la raffermirons sans savoir quoi dire
en prenant sur nous de nous tourner
vers la muraille et la fenêtre obscure,
nous pressentirons qu’il n’y a aucune impasse,
mais qu’un poème attend que les mots lui reviennent
avec les vents qui feuillettent les pages
du livre imprévisible…