Dans la Montagne d’argent

A l’occasion de la parution du roman de
Anne Sibran :
Dans la Montagne d’argent,
(éd. Grasset, 2013)

La Halle Saint Pierre, la librairie des Abbesses et les Éditions Grasset
vous invitent à venir assister
à une lecture du réalisateur-comédien
Bruno Podalydés

qui aura lieu dans l’auditorium de la
Halle Saint Pierre

le samedi  15 juin à 15 heures

Entrée libre, réservations souhaitées au : 01 42 58 72 89

 

Résumé du livre

Pour Agustin Osorio, mineur Bolivien, le diable existe vraiment. C’est lui qui est caché dans le ventre de la montagne d’argent, qui piège les hommes, les terrifie, les assassine. Depuis l’exploitation de la mine par les Espagnols, il y a plus de 450 ans, huit millions d’Indiens sont morts dans le ‘Cerro Rico ‘( la ‘Montagne Riche ‘) de Potocsi. Qu’ est-ce qui pousse donc cet homme à descendre dans l’endroit le plus dangereux de la mine par un soir de Toussaint ? Pourquoi blessé, la jambe coincée sous un rocher, trouve-t-il encore la force de convoquer le diable ? Qu’a-t-il fait qu’aucun Indien avant lui n’aurait jamais osé ? Le temps d’une nuit, Potocsi nous emmène dans le ventre de la montagne d’argent, assister à ce face-à-face impitoyable et fascinant où, par-delà le diable, apparaît la vie fantastique de ce peuple des hauts plateaux, sacrifié depuis des siècles à l’extraction du précieux minerai.
D’où vient l’argent ? La question n’est pas innocente si l’on sait que l’argent de Potocsi a alimenté les économies européennes, favorisant la capitalisation préalable à la révolution industrielle et provoquant le remplacement de l’or par l’argent au sein du système monétaire international… L’argent de Potocsi a permis à l’Europe de devenir la puissance économique qu’elle est aujourd’hui. Par delà le mystère de cette rencontre, la réponse est donnée ici par la voix d’un homme des antipodes, qui nous invite à plonger dans un univers où la magie s’imbrique étroitement au réel…  La montagne d’argent est un voyage à rebours.
Il s’agit cette fois d’aller de l’autre côté, de se perdre dans l’impensable.

A regarder : présentation de l’ouvrage par Anne Sibran

***

Notice biographique

Anne Sibran
Née en 1963, de parents pied-noirs, d’origine Grecque et Irlandaise. Études de philosophie et d’ethnologie. Passionnée aussi par l’entomologie (j’ai quelques ruches en Ardèche) et la botanique. Je vis entre Paris, (quartier de la Goutte d’or), et cette maison au cœur de la forêt, dans le sud du massif central.
J’ai commencé par écrire des romans pour enfants (chez Rageot et Milan) avant de publier mon premier roman chez Grasset (en 1999), l’histoire de mon père, et de son exil : Bleu-Figuier.
Parallèlement, j’écris aussi des scénarios de bande dessinée : Ma vie en l’air, adaptation, dessin de Didier Tronchet, éditions Dupuis 2005, Là-bas, éditions Dupuis, dessin Didier Tronchet. 2004, La Terre sans mal ; éditions Dupuis, dessin Emmanuel Lepage. 2000, Le Quartier évanoui, dessin de Didier Tronchet, éditions Glénat, 2002, et je travaille pour la radio : France Culture (La Reine Didon, 2007).
Mon « lieu » d’écriture est depuis toujours la lisière. (Peut-être est-ce parce que je suis fille d’exilés…) J’ai cette prédilection pour les situations, les personnages et ces lieux d’imprécision que sont les lisières. Trace d’un pays perdu, de la couleur improbable du souvenir que l’on n’a point vécu et qu’il faut pourtant tenter de capter : Bleu-Figuier. Biographie d’une petite fille qui prétend savoir voler (aux confins de la folie) : Ma vie en l’air. Et [...] avec Je suis la bête, exploration de la lisière entre l’homme et l’animal…
La lisière a ce privilège de parler depuis deux côtés en même temps sans prétendre en choisir aucun.

Bibliographie

Littérature
  • Bleu-Figuier, Grasset (1999)
  • Ma vie en l’air, Grasset (2002)
  • Je suis la bête, Gallimard (2007)
  • Le Monde intervalle, Panama (2008)
  • Dans la montagne d’argent, Grasset (2013)
Livres pour la jeunesse
  • Hugo et les Lapins, Rageot (1991)
  • Le Cloune et la Belle Cuillère, Milan (1995)
  • Les bêtes d’ombre, Gallimard (2010)
Bande dessinée
  • Le Quartier évanoui, dessins de Didier Tronchet, One shot (1994)
  • La Terre sans mal, dessins d’Emmanuel Lepage, One shot (1999)
  • Là-bas, dessins de Didier Tronchet, One shot (2003) (Prix Albert Uderzo du meilleur dessinateur en 2004)
  • Ma vie en l’air, dessins de Tronchet, One shot (2005)
Textes pour la radio
  • Mwalukundo, le chasseur de mémoire, France-Culture (2003)
  • Le Carillon de la montagne Tông Son, France-Culture (2006)
  • La Reine Didon, France-Culture (2007)

Conférences de l’Association pour la recherche sur le surréalisme

Hommage à Tristan Tzara
(1896-1963)

à l’occasion du cinquantenaire de sa mort

Samedi 1er juin 2013 de 15 à 17h

Projection du film de Jean-Christophe Averty Mouchoir de nuages (1976), d’après la pièce de Tzara, créée en 1924

Présentation par
Caroline Barbier de Reulle.

Débat avec Jean-Christophe Averty,
Caroline Barbier de Reulle et
Henri Béhar.

 

Halle Saint Pierre – auditorium
(entrée libre)
réservations conseillées : 01 42 58 72 89

Tristan Tzara, de son vrai nom Samuel Rosenstock, né le 16 avril 1896 à Moinești, Roumanie et mort le 25 décembre 1963 à Paris, est un écrivain, poète et essayiste de langue roumaine et française et l’un des fondateurs du mouvement Dada dont il sera par la suite le chef de file.

***

Cycle de débats, lectures et projections organisés par Françoise Py, maître de conférences Paris VII

Informations pratiques :
Françoise Py : 06.99.08.02.63, francoise.py@univ-paris8.fr
L’Association pour l’étude du surréalisme est présidée par Henri Béhar

 ***

Programmation 2013

Samedi 5 janvier 2013
Projection du film de Fabrice Maze sur André Masson
(3 e volet, éditions Seven Doc, 2012).
Débat avec le réalisateur, Camille Morando et Fabrice Flahutez.

Samedi 2 février 2013

Samedi 2 février 2013
Projection du film de Dominique Ferrandou sur Alice Rahon : L’Abeille noire
(éditions Seven Doc, 2012).
Débat avec le réalisateur, Georgiana Colvile et Annie Richard.

Samedi 2 mars 2013
Après-midi Poésie : lectures et performances par
Bernard Ascal, Jean-Yves Bosseur, Lou Dubois, Patricia Heckenbenner, Laurence Imbert D., Gil Jouanard, Marc Kober, Jean-Clarence Lambert, Daniel Leuwers,
Isabel Meyrelles, Maurice Mourier et Jean-François Rabain

Samedi 13 avril 2013
Guy Roussille
Rencontre avec le peintre et sculpteur
présentation et commentaire en dialogue par : Jean Bazin, Claude Courtot,
Hervé-Pierre Lambert, Jean-Clarence Lambert
et Gérard Xuriguera

Samedi 4 mai 2013
Présentation du film de Fabrice Maze sur Jacques Hérold : le grain
de phosphore au doigt (Seven Doc, 105’, 2012).
Débat avec le réalisateur, Rose-Hélène Iché et Christophe Dauphin.

Samedi 1er juin 2013
Hommage à Tristan Tzara (1896-1963)
à l’occasion du cinquantenaire de sa mort
Projection du film de Jean-Christophe Averty Mouchoir de nuages de 1976, d’après la pièce de Tzara, créée en 1924
Présentation par Caroline Barbier de Reulle.
Débat avec Jean-Christophe Averty,
Caroline Barbier de Reulle et Henri Béhar.

 

François Dominique

SOLENE
roman de François Dominique
Éditions Verdier, 2011
(Mention spéciale du jury, Prix Wepler-Fondation La Poste 2011, Prix Charles Brisset 2012)


lecture et rencontre avec l’auteur

en compagnie de Frédéric Stochl, compositeur
et de Frédérique Cambreling à la harpe

samedi 11 mai de 17 à 18 heures
Halle Saint Pierre
– auditorium (entrée libre)

 

Interview de François Dominique à la Halle Saint Pierre - mars 2013


Extraits de la revue de presse

Folle enfant
Dans la banlieue lyonnaise, une petite fille voit arriver la fin du monde. Entre sci-fi et chant poétique sublime, François Dominique signe un récit fascinant de singularité.

Emily Barnett, Les Inrockuptibles, mercredi 14 décembre 2011

Inventif et crépusculaire, Solène ouvre des pistes à l’infini, tantôt lumineuses comme un éclat de rire enfantin, tantôt sauvages comme cette maladie de l’ombre qui guette les derniers survivants juste avant la nuit.
Christine Ferniot, Télérama, le 20/08/2011

Les mots de la fin
Avec Solène, François Dominique signe un puissant roman postapocalyptique, dont les expérimentations littéraires trouvent leur raison d’être dans l’intrigue elle-même.
Alexis Brocas, Le magazine littéraire – 01/12/2011

Prix Charles Brisset 2012
Solène, écrit par François Dominique, auteur de plusieurs romans et récits, éditeur et traducteur, est une histoire qui peut être lue comme un roman de science-fiction, une fable sur les pouvoirs de l’enfance, un poème sur la solitude.
Lettre de psychiatrie française, n°209, juin 2012

Plus d’articles : http://www.editions-verdier.fr/v3/oeuvre-solene.html

 ***

Extrait de texte

Le soleil n’en finit pas de décliner. Un vent terrible s’est levé. Les volets claquent. Depuis le salon où je suis assise, j’entends une plainte et un bruit de verre brisé. Le vent s’apaise un instant puis revient en rafales, gémit, rugit contre les portes, se faufile dans la maison, assourdissant, plein de mots concassés.
Je ne comprends rien à ces langues délabrées, à ces murmures de foules; ce ne sont pas de vraies phrases mais des rires gras entremêlés de râles; ou bien des coups sourds infiniment répétés, des gémissements suivis d’applaudissements, des pas cadencés, des cris rauques. Les vibrations traversent ma chair, vibrent dans mon ventre et mon crâne. J’ai mal partout. J’ai envie de vomir.
Le vent jette sur nous des paquets de mots froids. Ils nous tombent dessus, nous giflent, nous assomment! Les débris de mots s’écrasent par terre de façon répugnante, effilochés, trempés de bouillie grise… Je n’ose faire un geste. Je suis accroupie dans un coin du salon et protège ma tête avec mes bras. Mes frères, à l’étage, poussent des cris de peur ou de colère; mes parents lancent des consignes incompréhensibles. J’ai froid, je grelotte.
La tempête soulève des tourbillons de paroles déchiquetées, les jette contre les murs, les rattrape et les jette à nouveau. Toutes ces phrases éperdues traînent derrière elles des plaques d’ombres qui cherchent à se fixer ça et là. Je ferme les yeux pour ne pas les voir ramper sur le plancher.
Vent et poussières de mots crevores s’insinuent partout, jusque dans les fentes des murs et des parquets. Je rampe vers l’escalier, grimpe à toute vitesse, sans me retourner. Je vois Ludo accroupi sur le palier. « Vite! Vite! Regarde! », me dit-il.

***

Notices biographiques

François Dominique
Né à Paris en 1943, François Dominique est l’auteur de plusieurs romans et récits, de recueils de poèmes, d’essais et de  traductions. Il a fondé en 1987 avec Alain Coulange et Jean-Michel Rabaté les éditions Ulysse Fin de Siècle (poésie et essais).

Ses dernières publications :

  • Romulphe, roman, Mercure de France, 2008.
  • Solène, roman, Verdier, 2011 (Mention spéciale du jury, Prix Wepler-Fondation La Poste 2011, Prix Charles Brisset 2012).
  • Petite Cassandre, poèmes, photographies de Bernard Plossu, éditions du Murmure, 2011.
  • À Présent, Louis-René des Forêts, récit, Mercure de France, 2013

Il a traduit, notamment Les Sonnets à Orphée de Rainer Maria Rilke, Éditions Virgile, 2001.

en savoir plus : http://fr.wikipedia.org/wiki/Fran%C3%A7ois_Dominique

***

Frédéric Stochl a reçu une triple formation musicale, chorégraphique et théâtrale.
Contrebassiste soliste depuis 1980 à l’Ensemble Intercontemporain (direction Pierre Boulez), il a participé à ce titre à de nombreuses créations. Il est actuellement Professeur de Musique de chambre au CNSMDP, où il anime également un atelier de Théâtre instrumental. Frédéric Stochl poursuit par ailleurs une activité indépendante d’invention de spectacles qui veulent entremêler musique, théâtre et danse dans un même geste expressif.

en savoir plus : http://www.conservatoiredeparis.fr/disciplines/les-enseignants/les-enseignants-detail/enseignant/stochl/

Frédérique Cambreling partage actuellement sa vie de musicienne entre ses activités de soliste-concertiste et l’Ensemble intercontemporain dont elle est soliste depuis 1993. Elle est également membre du Trio Salzedo.
Comme soliste, Frédérique Cambreling a créé de nombreuses œuvres et notamment, de Wolfgang Rihm, Philippe Boesmans, Andréas Dohmen, Luis De Pablo, Philippe Schoëller, Tôn That Tiet, Frédéric Pattar, Gérard Buquet.
Elle a réalisé plusieurs enregistrements couvrant une large littérature du répertoire de la harpe.

en savoir plus : http://www.frederique-cambreling.fr/actus.html

 

 

Mots à lier

 

Affiche Quentin Faucompré

Spectacle hommage à Jean-Pierre  Brisset

Mots à lier
Un spectacle pour aborder une littérature originale ludique et méconnue : celle des
«fous littéraires»

dimanche 14 avril 2013 à 15h
Halle Saint Pierre- auditorium
Réservation conseillé : 01 42 58 72 89
Tarif unique : 10€

L’œuvre  de Jean-Pierre Brisset, exhumée par André Breton et Raymond Queneau, à la fois surréaliste et poétique, prophétique, philosophique, métaphysique et scientifique… nous fait découvrir qu’on peut se jouer de la langue autant avec le son qu’avec le sens…


Préambule

Jean-Pierre Brisset après de longues années d’étude et d’observation des grenouilles dans les marais angevins, publie plusieurs ouvrages défendant la thèse de l’origine batracienne de l’homme.

En 1913, Jules Romains découvrant cette œuvre originale, a l’idée d’organiser un canular : Jean-Pierre Brisset sera élu Prince des Penseurs.

Après ce jour de gloire, de nombreux écrivains s’intéresseront à l’œuvre de Brisset parmi lesquels : Max Jacob, Raymond Queneau, Marcel Duchamp, Michel Foucault et André Breton qui lui apportera une gloire posthume en lui consacrant un chapitre de son « Anthologie de l’humour noir ».

***

Mots à lier

Pour commémorer les cent ans et un jour de l’accession de Jean-Pierre  Brisset
au titre de Prince des Penseurs, le spectacle « Mots à lier » met en scène la conférence tenue par Jean-Pierre Brisset le jour de son intronisation.

Texte : Gilles Rosière
texte édité par les éditions Ginkgo
Mise en scène : Pako et Froutin
Visuels : Quentin Faucompré
Avec : Bernard Foutin
(Jean-Pierre Brisset)

J-P Brisset, après avoir été triomphé durant la journée, va enfin nous faire part de ses théories !
Nous allons découvrir à travers quelques démonstrations linguistiques, que nous descendons de la grenouille, et nous apprendrons à nager, à analyser les mots et à :« Lire dans les délires »

 

***

Qu’est-ce qu’un « fou littéraire » ?

L’expression n’a rien de péjoratif, elle désigne un ensemble d’auteurs qui ont exercé ce que Charles Nodier a nommé la liberté de penser et d’imprimer. En revanche, c’est l’excentricité, le contenu intempestif de leurs productions scientifiques, poétiques, théologiques… qui fait que, depuis le XIXe siècle, on les qualifie traditionnellement ainsi.

Au fil de la longue fascination que ces auteurs ont exercé sur leurs lecteurs (Charles Nodier, Octave Delepierre, Raymond Queneau, André Blavier..) le concept de « fou » s’est souvent échangé contre celui d’« excentrique » ou d’« hétéroclite ». Aussi, la question du périmètre de la « folie littéraire » est-elle centrale, réglant l’appartenance ou la non-appartenance de certains auteurs à ce corpus. Génie ou bêtise ? Monomanie stérile ou intuition visionnaire ? Le caractère « inouï » des théories soutenues, celui éminemment poétique de certaines formes de la « folie littéraire » expliquent cet intérêt, aujourd’hui renouvelé, et qui a abouti à la création de l’Institut International de Recherches et d’Explorations sur les Fous Littéraires, Hétéroclites, Excentriques, Irréguliers, Outsiders, Tapés, Assimilés, sans oublier tous les autres…

Institut International de Recherches et d’Explorations sur les Fous Littéraires- IIRRFL

***


L’œuvre de Brisset


L’œuvre  de Jean-Pierre Brisset, exhumée par André Breton et Raymond Queneau, à la fois surréaliste et poétique, prophétique, philosophique, métaphysique et scientifique… nous fait découvrir qu’on peut se jouer de la langue autant avec le son qu’avec le sens…
Brisset pense nous révéler une vérité, en réalité il nous ouvre les possibilités infinies des jeux de la parole et de l’écriture…
Jean-Pierre Brisset fait du surréalisme comme monsieur Jourdain fait de la prose ainsi il ouvre la voie que prendront les Dadaïstes, les Oulipiens et autres pataphysiciens…

Puisque c’est :
« Quand l’homme parle sans être maître de sa parole que la vérité peut se faire connaître le plus facilement » (Jean-Pierre Brisset)

Laissons-nous griser par les allitérations et les jeux de mots de Jean-Pierre Brisset pour découvrir le plus enfantin et le plus obscure qui sommeille en nous tous.

***

Le Canular de Jules Romains

Après la récente élection de Paul Fort à la dignité de Prince des poètes, qui a suivi de peu l’intronisation d’un Prince des conteurs, il nous a semblé que l’élection d’un Prince des penseurs s’imposait à notre époque tourmentée.

C’est ainsi que le 6 janvier de la présente année 1913, un jury présidé par moi-même, composé de nombreuses personnalités et de sociétés philosophiques telles que : les Penseurs de Passy, la Section philosophique des Pompiers de Bagnolet, les Penseurs d’Auteuil, a procédé à l’élection du Prince des Penseurs,

… A été élu Prince des Penseurs, par 212 voix, celui que n’ont pas découragé trente ans de luttes vaines, d’hostilité sournoise, le rénovateur de la philosophie biologique, des sciences religieuses, de la philologie, le plus grand remueur d’idées de notre temps: M. Jean Pierre Brisset…

Jules Romains (les copains)

Nota bene :

Jean‐Pierre Brisset a été l’objet de plusieurs thèses de psychiatrie et de linguistique et de nombreux articles de revues.

Une édition de ses œuvres complètes est disponible aux presses du réel, ainsi qu‘une étude sur l’auteur par Marc Décimo.

La grande nouvelle : résumé de ses théories par Brisset lui‐même, vient d’être réédité aux éditions Mille et une nuits.

***

Brisset par Raymond Queneau

Brisset parle peu de lui‐même, mais il nous apprend qu’il a été «religieux et zélé jusqu’à l’illuminisme », mais que «débarrassé… de toute superstition il trouve dans le calme d’une conscience honnête une tranquillité qu’ (il n’avait) jamais connue».

Cet athéisme ne l’a jamais empêché de prophétiser — ce qui, en effet, n’a rien de contradictoire. Il faut même ajouter que dans le cas de Brisset, il n’a pas hésité devant les dates. Ne dit‐il pas en 1906, dans Les Prophéties accomplies : « Nous savons que ce ne sera qu’en 1945 que l’ère de paix, de justice et de liberté du royaume de Dieu sera véritablement commencée. La septième coupe donne le signal de la destruction de toutes les religions et de tous les actes religieux animaux ou visibles. »

Comme tant d’autres, Brisset se goure : les actes religieux animaux ou visibles n’ont pas disparu avec l’avènement de l’ère de paix, de justice et de liberté (tout de même, 1945… c’est une date). Et Brisset ajoutait: « Chacun se contentera d’être homme et nul n’acceptera d’être un homme supérieur. » Nous ne sommes donc pas encore entrés dans l’ère « brissetienne ». Mais quoi? Du moment qu’il a vu le problème, on peut bien excuser Brisset de s’être trompé sur la date de la solution.

Raymond Queneau

Brisset par Michel Foucault

7 propos sur le 7e ange
Préface à la Grammaire logique, 1970

Quand ils partent à la recherche de l’origine du langage, les rêveurs se demandent toujours à quel moment le premier phonème s’est enfin arraché au bruit, introduisant d’un coup et une fois pour toutes, au‐delà des choses et des gestes, l’ordre pur du symbolique. Folie de Brisset qui raconte, au contraire, comment des discours pris dans des scènes, dans des luttes, dans le jeu incessant des appétits et des violences, forment peu à peu ce grand bruit répétitif qui est le mot, en chair et en os. Le mot n’apparaît pas quand cesse le bruit; il vient à naître avec sa forme bien découpée, avec tous ses sens multiples, lorsque les discours se sont tassés, recroquevillés, écrasés les uns vers les autres, dans la découpe sculpturale du bruissement. Prisses a inventé la définition du mot par l’homophonie scénique…
.
Brisset est juché en un point extrême du délire linguistique….Tout ce qui est oubli, mort, lutte avec les diables, déchéance des hommes, n’est qu’un épisode dans la guerre pour les mots que les dieux et les grenouilles se livrèrent jadis au milieu des roseaux bruyants du matin.

Michel Foucault

 

Brisset par André Breton

Anthologie de l’humour noir

L’idée maîtresse de Jean‐Pierre Brisset est la suivante : « La parole qui est Dieu a conservé dans ses plis l’histoire du genre humain depuis le premier jour, et dans chaque idiome l’histoire de chaque peuple, avec une sûreté, une irréfutabilité qui confondront les simples et les savants ». D’emblée, l’analyse des mots lui permet d’établir que l’homme descend de la grenouille. Cette trouvaille qu’il tend à légitimer, puis à exploiter par un jeu d’associations verbales d’une richesse inouïe, corrobore pour lui la constatation anatomique que « la semence humaine, vue au microscope, est telle qu’on croirait voir une flaque d’eau pleine de jeunes têtards de grenouilles, les petits êtres de cette semence en rappellent complètement la forme et les allures». Ainsi se développe, sur un fond pansexualiste d’une grande valeur hallucinatoire, et à l’abri d’une rare érudition, une suite vertigineuse d’équations de mots dont la rigueur ne laisse pas d’être impressionnante, et se constitue une doctrine qui se donne pour la clef certaine et infaillible du livre de vie. Brisset ne cache pas qu’il est ébloui lui‐même de l’éclat du présent qu’il apporte à l’homme et qui doit lui conférer la toute‐puissance divine. (…) Il s’annonce lui‐même comme le septième ange de l’Apocalypse et l’Archange de la résurrection.

André Breton

Vie de Brisset par Marc Décimo

Jean‐Pierre Brisset est né le 13 avril 1913, à l’âge de 76 ans, à Paris, le jour où il est couronné Prince des Penseurs. Apparemment décédé à La Ferte‐Mace (dans l’Orne) le 2 septembre 1919, son existence se poursuit au‐delà de ces contingences communes, ce qui, pour le 7e Ange de l’Apocalypse, est la moindre des choses. Sa pensée, plus verte que celle d’aucun académicien (pour donner le change, ils se parent d’habits verts), est célébrée d’Henri Barbusse à André Blavier, en passant par les épiphanies de Marcel Duchamp, André Breton, Jules Romains, Georges Duhamel, Stefan Zweig, Simon Hantaï, Raymond Queneau et de tant d’autres, écrivains, linguistes, psychanalystes, compositeurs et peintres…

Brisset est administrativement né d’une mère (la question du père est parfois épineuse) le 30 octobre 1837 à La Sauvagère, une commune de l’Orne. Il fréquente l’école jusqu’à l’âge de 12 ans et travaille aux champs jusqu’en 1852, date à laquelle s’offre à lui, à Paris, la possibilité d’une carrière pâtissière. Cependant, il s’engage bientôt dans l’armée. Et Brisset de participer aux campagnes de Crimée (Sébastopol), d’Italie (Magenta) et d’Allemagne (fin à Sedan, la bouche). Il retire de cette période une médaille militaire, un peu de galons, deux blessures, l’une à la cuisse, l’autre à la tête, des emprisonnements, une déportation à Magdebourg et la maîtrise de deux langues vivantes, l’italien et l’allemand, histoire de survivre et de garder la tête haute.

En 1871, pour faire surface même en période trouble (c’est la Commune), il se fait maître‐nageur à Marseille. Il peut ainsi expérimenter son Art de nager, publié l’année précédente et, surtout, la ceinture‐caleçon aérifère de natation à double réservoir compensateur (à l’usage des deux sexes) qu’il vient d’inventer. L’obtention d’un brevet de capacité pour l’enseignement primaire l’amène à devenir professeur libre de langues vivantes en Allemagne, puis à Paris. Pour aider ses élèves, il fait paraître en 1874 la Méthode zur Erlernung der Französischen Sprache puis, en 1878, une Grammaire logique. Pour faciliter l’enseignement de l’écriture et du dessin, il propose en 1876 “la planchette calligraphique”, une sorte de normographe. S’il reprend du service à cette date comme capitaine, c’est pour mieux démissionner l’année suivante. Après le coup d’État de Mac‐Mahon en 1877, comme un certain nombre d’officiers républicains, Brisset renonce aux prérogatives de son grade.

L’insuccès relatif de ses visions natatoires et grammaticales le pousse à se faire recevoir, en 1879, au concours de commissaire de surveillance administrative des Chemins de fer. Nommé à Orchies dans le Nord, il cherche à se rapprocher de sa famille, restée dans l’Orne et le Calvados ; le 4 mars 1880, il est affecté à Angers, à la gare Saint‐Serge. C’est près de ce monument ferroviaire qu’en juin 1883 il est visité par Jésus, place Ayrault. Il est élu pour démontrer que “ le latin est un langage artificiel ”, qu’“ il n’y a pas eu de langue romane ” et que le sanscrit, le zend, l’hébreu, le grec et le latin sont d’“ infâmes argots ”, des langues artificielles, inventées comme quelque volapük… Enfin libéré des langues mortes, Brisset entend dans les langues vivantes (et surtout dans la langue française) coasser les grenouilles : quoi ? Coa ? C’est la première leçon. Et le son qu’elles émettent (les grenouilles n’ont pas de sexe apparent), c’est le cri qu’elles poussèrent à l’aube de l’humanité lorsque, dans d’horribles souffrances, elles se découvrirent au bas du ventre un appendice qui pointait : “ Coa ? Quoi ? Qu’est‐ce que c’est ? Que sexe est ? Kékséksa ? ”. Dans les marais Saint‐Serge, non loin de sa gare, Brisset va, la nuit, vérifier : les grenouilles répètent continûment comme litanies cette archaïque scène. Dès lors, comme un train peut en cacher un autre, révélations et livres se succèdent et les mots de raconter leurs maux, d’expliquer tous les Mystères, la véritable création de l’homme, l’histoire des origines batraciennes, les premiers temps…

De 1896 à 1899, il officie en gare Saint‐Laud. Bien qu’excellent commissaire, comme en témoignent les rapports annuels d’inspection, ses chefs lui reprochent de s’occuper trop de linguistique, d’où il est résulté, disent‐il, une tournure d’esprit assez bizarre qui ne laisse pas d’inquiéter : la monomanie de la théorie de la parole. De 1908 à 1914, Brisset vit à Angers au 19 de la rue Saint‐Lazare.

Marc Décimo

***

La Presse…

Pataphysicien sans le savoir…

Un spectacle qui s’ouvre par le tracé d’une gidouille (pour schématiser la création du monde et rappeler qu’aux pôles on naît) ne saurait être mauvais. Celui-ci s’intitulait
« Mots à lier »

Gilles Rosière, l’auteur, avait proposé un texte collant à la fois à la vie et aux œuvres sans jamais « noyer » le spectateur.

Marc Décimo, Viridis Candela, Monitoires du Collège de ‘Pataphysique.

Le Courrier de l’ouest
Brisset et ses « Maux alliés nés »

La Compagnie A.T.E. donnait en création, la semaine dernière au Théâtre du Champ de Bataille à Angers, des textes de Jean-Pierre Brisset, « Mots à lier ». Une excellence verbale et linguistique. Prince de l’allitération

L’ancien commissaire de surveillance administrative en gare d’Angers Saint‐Serge mérite aujourd’hui sa rue, comme le demande la pétition qui tourne aujourd’hui sur la place de la ville. Il est le « Prince des penseurs ».

Le style Brisset est remarquable.
La finesse du texte, le choix de mots et les difficultés syntaxiques font du comédien un orfèvre de la diction et le prince ‐ à son tour ‐ de l’allitération et du calembour.

Son « Conte de la folie ordinaire Brissettien » tient dans l’analyse précise du mot abstrait : « ses mots à lier », « ses mots aliénés », voire ses «maux alliés nés ».

***

Jean‐Pierre Brisset, éléments biobibliographiques

Jean-Pierre Brisset, né à La Sauvagère (Orne) le 30 octobre 1837 et mort à La Ferté-Macé le 2 septembre 1919, est un écrivain français, connu à la fois comme un saint du calendrier pataphysique et comme un fou littéraire. L’écrivain André Breton lui a réservé une place de choix dans son anthologie de l’humour noir.

En 1883, il publie une nouvelle édition de la Grammaire logique et reçoit la révélation qui sera le fondement de tous ses ouvrages :

« L’homme est né dans l’eau, son ancêtre est la grenouille et l’analyse des langues humaines apporte la preuve de cette théorie. »

En 1890, il publie Le mystère de Dieu est accompli et donne plusieurs conférences à Paris. En 1895, il prend ses fonctions de commissaire de surveillance administrative à la gare Saint-Laud d’Angers, puis termine sa carrière à la gare de L’Aigle dans l’Orne. En 1900, il fait distribuer à Paris par des crieurs une feuille au format d’un quotidien, La Grande Nouvelle, qui annonce la parution de La Science de Dieu ou la création de l’homme. Puis il publie en 1906 Les Prophéties accomplies (Daniel et l’Apocalypse).

En 1912, l’écrivain Jules Romains trouve Le mystère de Dieu est accompli ainsi que Les Origines humaines, qui vient de paraître. Il organise avec des amis habitués des canulars l’élection du « prince des Penseurs ». Brisset est élu le 6 janvier 1913 et une journée Brisset est organisée à Paris, avec banquet, discours et conférence du prince des Penseurs à l’Hôtel des sociétés savantes. Un legs à Jules Romains permettra l’instauration d’un dîner annuel à la mémoire du prince des Penseurs jusqu’en 1939.

***

Extraits de La Grammaire logique, résolvant toutes les difficultés et faisant connaître par l’analyse de la parole la formation des langues et celle du genre humain (1883) :

I : L’ire
Le premier i est le membre raide ou droit. La violence de l’érection créa l’ire ou la colère, fit jeter les premiers cris et aller de tous côtés. On peut dire que la vie commença par la lettre i, comme c’est par la laiterie que l’enfant commence à vivre.
L : La langue
L est la consonne des lèvres et de la langue; elle appelle vers le sexe, le premier lieu, l’yeu.
Le langue à-jeu, le l’engage, le langage. Son origine est un appel au lèchement.
Q : La queue
Nous avons indiqué spécialement la valeur de queux à la lettre C.
Les queues réelles causaient des querelles.
Tu ma queue use, tu m’accuses.
La queue use à sillon, l’accusation.
Qui sexe queue use, sa queue use.

Citations

  • « Quand on est mort, c’est pour longtemps. »
  • « Il n’est pas nécessaire d’être nu pour penser », devant Le Penseur d’Auguste Rodin

***

Biographie

30 octobre 1837 : Naissance de Jean‐Pierre Brisset à La Sauvagère, dans l’Orne, de parents fermiers. Il quitte l’école à 12 ans et à quinze ans il part comme apprenti pâtissier à Paris.
1855 : S’engage dans l’armée pour sept ans et part pour la guerre de Crimée.
1859 : Campagne en Italie contre l’Autriche. Il apprend l’italien. Blessé à Magenta, il est fait prisonnier.
1870 : Sous‐lieutenant au 50e de ligne, il est fait prisonnier et envoyé à Magdebourg, en Saxe ou il apprend l’allemand.
1871 : Publication de La natation ou l’art de nager appris seul en moins d’une heure. Démission de l’armée et départ à Marseille. Dépôt du brevet de la ceinture‐caleçon aérifère de natation. Échec commercial.
Retour à Magdebourg où il travaille comme professeur de français et éventuellement d’italien.
1874 : Édition à Comtes d’auteur de la Methode zur Erlernung der Französischen Sprache.
1876 : Retour à Paris. Nommé capitaine au 32e Régiment d’infanterie.
Dépôt du brevet de la planchette calligraphique destinée à l’enseignement de l’écriture et du dessin.
1877 : Démission de l’armée. Professeur de langues vivantes à Paris, il n’obtient pas d’emploi dans l’Instruction publique car il n’a pas de diplôme de latin.
1878 : Publication de la première édition de La grammaire logique ou théorie d’une nouvelle analyse mathématique…
1879 : Nommé commissaire de surveillance administrative des Chemins de Fer, à Orchies (Nord).
1880 : Nommé à sa demande à la gare d’Angers Saint‐Serge.
1883 : Nouvelle édition, plus complète, de la Grammaire logique.
1890 : Imprime lui‐même Le mystère de Dieu est accompli (Chez l’auteur, en gare d’Angers Saint‐Serge).1891 : La mairie d’Angers et le propriétaire du cirque‐théâtre lui refusent leurs salles pour ses conférences qu’il donnera en août à Paris, salle des Capucines et au café turc, Bd du Temple, face à la pâtisserie où il fit son apprentissage.
1895 : Entre en fonctions à la gare Saint‐Laud à Angers.
1899 : Nommé à la gare de L’Aigle, dans l’Orne.
1900 : Fait distribuer à Paris La Grande Nouvelle qui annonce la parution de La Science de Dieu ou la création de l’homme.
1906 : Les Prophéties accomplies (Daniel et l’Apocalypse)
3 juin : Conférence publique à l’Hôtel des Sociétés Savantes, à Paris, rue Danton.
1908 : Habite à Angers, 19 rue Saint‐Lazare, jusqu’en 1914.
1912 : Jules Romains, professeur à Laon reçoit Le mystère de Dieu est accompli, édité en 1890 et Les origines humaines qui vient de paraître. Il organise avec ses amis l’élection du “Prince des penseurs”.
1913 : Le 6 janvier, J.‐P. Brisset est élu « Prince des penseurs ».
13 avril : Journée Pierre Brisset à Paris. Conférence rue Danton, à l’Hôtel des Sociétés savantes.
1919 : Meurt le 2 septembre à midi, après avoir refusé l’extrême‐onction. Sa tombe à La Ferte‐Mace est aujourd’hui disparue.

Une somme d’argent léguée à Jules Romains permit l’instauration d’un dîner annuel à sa mémoire jusqu’en 1939.


Site : www.atetc.fr

Email : atetc@laposte.net

Rencontres poétiques

Lectures et rencontres avec les auteurs

samedi 25 mai 2013 à 15 heures

Halle Saint Pierre - auditorium
entrée libre

Réservation conseillée : 01 42 58 72 89

 

***

Claude Held
Récit Sporadique  Laossissètoucom
Édition Propos de Campagne

Nina Karacosta
Vertiges Précédents, éditons Corrupt Press

Werner Lambersy
A l’ombre du Bonsaï, éditions L’Âne qui butine

Marie Brunette Spire
Les cahiers André Spire – Mots et Notes, Cahiers de Peut-être

Patrick Beurard-Valdoye
Théorie des noms, éditions Textuel


Patrick Williamson
Trois rivières, Three rivers
Bilingue français-anglais éditions L’Harmattan

***

Notes biographiques

Werner Lambersy
est un poète belge né à Anvers le 16 novembre 1941. Auteur d’une quarantaine d’ouvrages, il est considéré comme une voix majeure de la littérature francophone. Il a reçu de nombreux prix. Werner Lambersy vit et travaille actuellement à Paris où il a été responsable de la promotion des lettres belges de langue française (Centre Wallonie-Bruxelles). Il est avant tout poète, un des plus importants de la Belgique francophone à l’heure actuelle. Tout en variant dans leur ton et leur forme de l’extrême dépouillement à une respiration ample, sa poésie, à travers quelque quarante ouvrages publiés, poursuit une méditation ininterrompue sur le dépassement de soi dans l’amour (tant charnel que mystique) et l’écriture.
en savoir plus : http://wernerlambersy.hautetfort.com/

A paraitre prochainement : Opsimath. éd. Ficelles V. Rougier  juin 2013

Extrait de A l’ombre du bonsaï, éditions L’Âne qui butine

Vide e[s]t plein
Silence en transe.

Le mouvement recueille son dû.
Dû à qui ?
Acquis en suspense
à libre et interprétation.
ainsi
ni gloire
ni répit.

qui suit le soit par abstinence de.

Le regard du poète syncope le temps.

***

Claude Held
Né à Paris en 1936. Vit à 10 km d’Orléans depuis 1967.
Des textes ont paru dans une centaine de revues et d’anthologies; certains ont été lus à Paris, Bradford, Belgrade, Rome, Rotterdam, Casablanca. Des performances ont été réalisées en compagnie de Jacques Remus (musique électro-acoustique), Mathias Autexier (zarb) et Mohamed Alnama (‘ûd) à Manosque (1998), à Casablanca (1999).
Des traductions de poèmes anglais, américains, italiens et espagnols ont paru en revue (La Traductière, Propos de Campagne), en livre (aux éditions de l’Amourier) et sur internet. Des poèmes de Claude Held ont été traduits en anglais, en allemand et en espagnol.

Ecrire signifie pour moi : travailler la langue en tant que matériau brut et sensible, à la limite de la prose et de la poésie ; j’aime par ailleurs accompagner le regard du peintre, du photographe, rendre compte avec eux de notre temps par approches successives, décalées, éphémères. En lisant les autres langues, en les traduisant parfois, je redécouvre l’étrangeté de ma propre langue.

Dernières publications
Récits sporadiques de Laossissètoucom, fiction, Propos/2, 2012 (photographie de Michel Foissier).
– Périphérie, poèmes, La Porte, 2012.
en savoir plus : http://www.m-e-l.fr/claude-held,ec,522

***

Nina Karacosta est née à Athènes en Grèce. Elle a vécu 15 ans à New York et réside à présent à Paris. Elle a étudié la poésie au Poetry Project et à la Poet’s House à New York.

en savoir plus : http://www.ditchpoetry.com/ninakaracosta.htm

 ***


Marie-Brunette Spire est universitaire, chercheur et traductrice. Elle est aussi la fille du poète André Spire, qui fut, avec Charles Péguy, l’un des introducteurs de Zangwill en France. Elle publie la première traduction intégrale du livre d’Israël Zangwill « les enfants du ghetto »

***

Patrick Beurard-Valdoye est un poète né dans le Territoire de Belfort au cours des années cinquante. Il vit à Paris.
Son œuvre poétique a pour centre de gravité le « cycle des exil », actuellement constitué de cinq livres publiés. La capacité du poème à travailler l’histoire collective comme matière première toujours vive, et à se construire en une forme-sens nommée « le narré », constitue le continuum majeur des ouvrages de ce cycle en cours.
Patrick Beurard-Valdoye accorde une importance première à la mise en voix de ses poèmes. Il donne ainsi régulièrement des «récitals», tenant à la distinction entre cette pratique et celle des lectures publiques. Ces prestations, faisant écho à celles de poètes comme Kurt Schwitters, Ghérasim Luca, ou encore Oskar Pastior et Bernard Heidsieck, ont donné lieu à des enregistrements.

***

Patrick Williamson, un poète et traducteur anglais, est né en 1960 à Madrid. Il travaille et habite près de Paris. Il a traduit Yves Bonnefoy et Jacques Dupin entre autres, et des choix de poèmes du poète tunisien Tahar Bekri et du poète québécois Gilles Cyr.
En 1995 et 2003, il était invité au Festival International de Poésie à Trois-Rivières au Québec. Il a également publié une anthologie bilingue de poètes francophones d’Afrique et du monde arabe. Angleterre, 2010)


 

“Transgression(s”

Recherches en Esthétique
revue du C.E.R.E.A.P.

Présentation de la revue & lectures avec :
Dominique Berthet
Dominique Chateau
Pierre Juhasz
Jean-Marc Lachaud

document audio : entretien avec Edgar Morin

dimanche 9 juin 2013 à 15 heures

Halle Saint Pierre- auditorium (entrée libre)
réservations conseillées :
01 42 58 72 89

***

Présentation synthétique des intervenants

Dominique Berthet : Professeur des Universités, il enseigne l’esthétique et la critique d’art à l’Université des Antilles-Guyane. Directeur de la revue Recherches en Esthétique. Commissaire d’exposition. Critique d’art, membre de l’AICA-France. Dernière publication : Pratiques plastiques contemporaines en Martinique, L’Harmattan, 2012.

Dominique Chateau : Professeur à l’Université de Paris I Panthéon-Sorbonne où il enseigne l’esthétique et les études cinématographiques. Dernières publications : Christian Jaccard, Énergies dissipées, Bernard Chauveau éditeur, 2011. La Subjectivité au cinéma, Presses Universitaires de Rennes, 2011. Dialectique ou antinomie ? Comment penser, Paris, L’Harmattan, 2012.

Pierre Juhasz : Agrégé d’Arts plastiques à l’UFR des Arts Plastiques et Sciences de l’Art de l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne. Plasticien. Il publie régulièrement des critiques sur le site Paris-art.com. Dernière publications : « L’insolent insolite de la subversion : autour de “Soulèvements”, une exposition de Jean-Jacques Lebel (…) », in Recherches en Esthétique n° 16, 2010

Jean-Marc Lachaud : Professeur des Universités, il enseigne l’esthétique au sein de l’UFR Arts de l’Université de Strasbourg. Auteur de plusieurs essais et articles sur les théories esthétiques et sur les démarches artistiques des XXe et XXIe siècles. Dernières publications : Art et aliénation, Paris, PUF, 2012.

***

Recherches en Esthétique n° 18 « Transgression(s) »

Éditorial

Ce 18e numéro de Recherches en Esthétique questionne la notion de « transgression(s) ». Le s qui accompagne ce terme laisse entendre qu’il y aurait de petites et de grandes transgressions. De même, indique-t-il qu’il y aurait différentes formes de transgression. Qu’est-ce que transgresser ? Passer par-dessus une loi, un ordre, une obligation. D’où les renvois synonymiques : désobéir, contrevenir, enfreindre, violer.

Qu’en est-il dans le domaine artistique ? L’idée générale reste la même, mais ce qui est de l’ordre de la déviance répréhensible dans la sphère sociale est plutôt, dans le cas de l’art, appréhendé comme source de renouvellement, de réorientation, d’invention, de nouveauté, d’audace. La dimension condamnable se transmue donc dans ce cas en une sorte de valeur ajoutée.

Les plus importantes et les plus radicales transgressions ont vu le jour avec l’art moderne, puis avec l’art contemporain. L’art du passé (antérieur au XIXe siècle) a connu lui aussi son lot de transgressions, mais il s’agissait de prises de liberté au sein d’une même forme et d’une même esthétique : l’esthétique de la mimésis. Les transgressions de l’art moderne et de l’art contemporain ont, quant à elles, bouleversé les codes esthétiques, repoussé les limites de l’art, reconfiguré la face de l’art.

Si la transgression fut le moteur de l’art moderne, a-t-elle les mêmes implications et enjeux dans l’art contemporain ? La situation est complexe et oblige à envisager les choses avec circonspection. L’art contemporain a certes lui aussi connu de nombreuses transgressions, mais ces dernières décennies ont également montré que la transgression n’est pas toujours une marque de rupture, de critique ou de résistance de la part des artistes et qu’elle est parfois aussi liée à des considérations commerciales. N’a-t-on pas aussi observé à un certain moment un encouragement à la transgression émanent de structures a priori peu enclines à apprécier, habituellement, les provocations artistiques ? Plus globalement, on peut aussi se demander quelle est la marge de manœuvre des artistes bénéficiant d’aides et de subventions ? Sont-ils en situation de pouvoir oser de véritables transgressions ? Se pose encore la question de la récupération par le « système » du potentiel de contestation de l’art et de remise en cause.

Par ailleurs, transgresser, y compris en art n’est pas sans risques et sans conséquence. L’actualité internationale nous montre bien que certaines transgressions artistiques, ont parfois d’importantes répercussions ; souvent d’ailleurs disproportionnées quand elles ne sont pas dramatiques.

Ce nouveau numéro de Recherches en Esthétique propose une vingtaine d’articles sur cette question délicate de la transgression. Plusieurs d’entre eux se font échos et se répondent alors même que les auteurs ne se sont pas concertés. De nombreux cas sont ici étudiés relevant des arts plastiques, de la photographie, des nouvelles technologies, etc., et qui concernent plusieurs régions du monde : l’Europe, le Maghreb, la Caraïbe, les Amériques.

On pourra lire aussi en fin de volume un passionnant témoignage d’Edgar Morin dans lequel cette grande figure de la pensée française retrace son parcours et ses engagements. Il revient sur quelques-uns de ses principaux concepts comme ceux d’espérance et de reliance. Dans le contexte d’intolérance, de fanatisme religieux, d’exclusion de l’autre que nous connaissons, l’acuité de la pensée de cet auteur nous est d’un grand secours et nous montre « le chemin de l’espérance ».

Dominique Berthet

Caractéristiques du numéro : format 21 x 29,7 cm, 212 pages
plus un cahier couleur de 8 p.

Sommaire

Editorial : Dominique BERTHET

 I – La transgression en question
Marc JIMENEZ, L’art de la transgression, entretien avec Dominique Berthet
Dominique CHATEAU, Autopsie d’une transgression
Michel GUÉRIN, Expérience des limites / Crise de l’expérience
Dominique BERTHET, Au risque de la transgression
Sébastien RONGIER, Scatologie et transgressions contemporaines
SENTIER, Les formes mises à nu

II – Œuvres et démarches transgressives

Jean-Marc LACHAUD, Brefs commentaires sur les images transgressives de
Joël-Peter Witkin

Samia KASSAB-CHARFI, Traversées, transgressions de Marianne Catzaras.
Portraits et Déluges

Isabel NOGUEIRA, Image photographique, aura et transgression
Aline DALLIER-POPPER, Le transgresseur des confins de l’art. Hommage à Yves Klein (1928-1962)
Frank POPPER, Grégory Chatonsky et la transgression des codes esthétiques contemporains
Gisèle GRAMMARE, La Maison de l’Armateur, un lieu transgressif

III – Art et transgression en Caraïbe et au Brésil

Scarlett JESUS, Marron’art en Guadeloupe
Christian BRACY, Transgression(s) – Avancées et / ou régressions
Sophie RAVION D’INGIANNI, De quelques transgressions dans l’art cubain
Myrna GUERRERO VILLALONA, La transgression dans les Arts visuels en République Dominicaine
Hugues HENRI, Transgression et anthropologie brésiliennes

IV – Rencontre avec Edgar Morin

Patrick CHAMOISEAU, Pour saluer M. Edgar Morin
Edgar MORIN, Au cœur de l’engagement, entretien avec Dominique Berthet

V – NOTES DE LECTURE / PUBLICATIONS RECENTES

***

Recherches en Esthétique, revue du C.E.R.E.A.P.

RECHERCHES EN ESTHETIQUES est l’organe éditorial du Centre d’Etudes et de Recherches en Esthétique et Arts Plastiques (CEREAP)  à l’IUFM des Antilles
Sous la direction de Dominique Berthet
1 numéro par an
Diffusion Jean-Michel Place

La revue

La revue, publiée en Martinique, rassemble autour d’un thème entre vingt et vingt-cinq articles par numéro. Revue théorique internationale, ses domaines de réflexions couvrent un large registre : les arts plastiques, l’esthétique, la philosophie, la littérature, les arts du spectacle, l’architecture, la photographie, le cinéma, la musique, la bande dessinée, etc. Une place importante est aussi accordée dans chaque numéro aux artistes contemporains et en particulier à ceux de la Caraïbe, devenant de ce fait l’un des rares outils d’information et surtout d’analyse de l’art de cette région.

La revue est diffusée dans les universités et écoles d’art ainsi que dans plusieurs musées français et étrangers.

Recherches en Esthétique s’inscrit résolument dans son temps. Cette revue crée des liens entre les lieux, les individus, les esthétiques ; elle témoigne de cet esprit d’ouverture sans lequel il n’y pas de rencontres et de partages possibles. Interdisciplinaire et critique, elle propose des points de vue croisés sur des thèmes qui trouvent des résonances particulièrement riches en art. Cette revue est l’actualité d’une pensée qui montre le divers à l’œuvre.

Séminaire mensuel “art et thérapie”

L’avenir est-il oblique ? Pour l’avènement de la métaphore

séminaire conçu et animé par Jean-Pierre Klein
Psychiatre honoraire des Hôpitaux, pionnier de l’art-thérapie en France et en Espagne  

Interview de Jean-Pierre Klein à la Halle Saint Pierre

Chaque troisième samedi du mois à partir de janvier 2013, de 14H30 à 16H30
sauf le 8 juin qui est le 2ème samedi


Dominique Bertrand
musicien voyageur et écrivain, mythologue

La diagonale du fou,  Musique/Philosophie/Mathématiques

De Pythagore à nos jours, les aventures d’une dissonance interdite : le “Diabolus in musica”

samedi 18 mai 2013 de 14H30 à 16H30

Halle Saint Pierre – auditorium

Entrée : 10 €/ 5 € pour les élèves INECAT
Réservations conseillées : 01 42 58 72 89

***

Notes biographiques

Dominique Bertrand, musicien voyageur et écrivain, explore les lois de la résonance et les effets psycho-acoustiques dans différents domaines de recherches. En chemin, il croise plusieurs traditions des Arts de l’Écoute (Inde, Tibet, Kabbale, Chamanisme mexicain…) et partage depuis trente ans sa réflexion avec des musiciens, des compositeurs, des psychologues, des musicothérapeutes et des psychanalystes. Outre des concerts et maintes expériences musicales,  il propose une réflexion approfondie sur la résonance à travers ses écrits, des conférences et des stages de formation.

À cheval entre la pratique musicale et la recherche anthropologique, sa recherche commence par la confrontation de la musique avec-ce-qui-n’est-pas-elle : sur le plan artistique cela concerne la poésie, la danse, le théâtre, le conte, le cinéma, la télévision. Sur le plan de la réflexion cela implique l’anthropologie, l’esthétique, la psychologie, l’acoustique et l’histoire. Mais tout cela passe avant tout par le fait de rencontrer d’autres musiques – avec tout leur champ de résonance culturel – et d’apprendre à dialoguer avec elles.

Pratiquant essentiellement le luth Saz (de Turquie), la flûte Shakuhachi du Japon, et la technique du Chant des Harmoniques (Sibérie/ Mongolie), il s’aventure au théâtre avec Jean-Marie Binoche, dans la danse contemporaine avec Larry Leong et André Lepère. Sa rencontre avec Jean-Claude Marol oriente sa recherche sur la tradition des troubadours. Il intègre aussi diverses recherches musicales contemporaines, dont le travail d’Alain Kremski sur les bols chantants du Tibet, avec lequel il chanta dans une bonne moitié des abbayes françaises (dont le Mont Saint-Michel), ainsi qu’en prélude aux conférences du Dalaï Lama à Bercy.

Après avoir mis en place un groupe de recherche au Centre International de Musicothérapie, il se spécialise sur les effets psycho-physiques de la voix humaine, ce qui l’amène à rencontrer Alain Didier-Weil et la pensée de Jacques Lacan, dans le cadre de l’association Insistances. Tout en écrivant deux ouvrages sur ses recherches (” Le Diabolus des Sages” et ” La Prière du Serpent”), il participe à la création de trois numéros de la revue Insistances, ainsi qu’à divers colloques dont les Journées Mondiales de la Philosophie, organisées par l’Unesco.

en savoir plus : http://trouveurdor.com/db.htm

 ***

CONFÉRENCES 2013

L’avenir est-il oblique ? Pour l’avènement de la métaphore

Après trois années consacrées aux questions « Pouvons-nous redevenir artistes de nos vies ? », « L’énigme de la création est-elle ineffable ? »,  « Art-thérapie et changement de paradigme », nous  abordons le repérage d’une construction déjà en œuvre de notre futur à partir de conceptualisations référentielles existantes (en philosophie, en psychanalyse, en théories de l’art). La revue Art et Thérapie s’est mise dès 1981 sous le signe du « et comme 3 ». Dans un monde obsédé de binaire, nous prônons le détour, la métaphore, l’image, la représentation, la poésie, la symbolisation,… Nous sommes passés du constat de « l’assassinat du symbolique » au passage de l’inconnu à soi que l’on est vers l’inconnu de soi que l’on crée. « La métaphore n’est pas l’énigme, mais la solution de l’énigme » Paul Ricoeur. Serait-elle la clé du monde qui advient ? « Les images qui guérissent ne sont pas celles qui disent notre souffrance mais celles qui nous amènent ailleurs » Bachelard

19 /01 - Philippe Jeammet, psychanalyste spécialiste de l’adolescenceViolence, Créativité Destructivité

16 /02 – Michel Cazenave, philosophe, écrivain, poète, spécialiste de l’œuvre de Jung,  Symbole et créativité

16 /03 – Hélène Trocmé-Fabre, docteur en linguistique, Le langage du vivant, combler le fossé entre nos langues européennes et le langage du vivant d’autres civilisations

20 /04  – Cédric Aubouy, acteur  clown et logicien en mathématique, La diagonale du clown, une approche théorique, une approche alternative des sciences théoriques

18/ 05 -  Dominique Bertrand, musicien voyageur et écrivain, mythologue, La diagonale du fou,  philosophie, musique, mathématique

08 /06 -  (exceptionnellement 2ème samedi du mois) Stéphane Charpier, (Institut du Cerveau et de la Moelle épinière),  Inconscient permanent et création continue : point de vue d’un neurophysiologiste

***

Jean Pierre Klein,
Pionnier de l’art-thérapie en France et en Espagne, Jean-Pierre Klein est l’auteur de nombreux livres, soutenus notamment par Paul Ricoeur ou Jean Duvignaud, dont le
« Que Sais-je ? » sur L’art-thérapie.
Psychiatre honoraire des Hôpitaux, docteur habilité à diriger des recherches en psychologie, auteur dramatique, il dirige l’INECAT, première école à délivrer des
titres professionnels de « médiateur artistique » et d’« art-thérapeute » reconnus par l’État.

INECAT
Art et Thérapie/Institut National d’Expression, de Création, d’Art et Thérapie
(Revue, et établissement d’enseignement supérieur délivrant des titres professionnels de médiateur artistique et d’art-thérapeute reconnus par l’Etat)

INECAT/Art et Thérapie, 27, rue Boyer, 75020 Paris
www.inecat.org

 

HEY! le film

HEY! le film
interviews, images live
et journal de bord : un portrait
de Hey! sous toutes ses latitudes!

projections de 14 à 17heures les :
dimanche 10 – samedi 30 mars
samedi 27 avril – samedi 15 juin

Halle Saint Pierre – auditorium
entrée libre

Du montage de la première exposition HEY! au musée de la Halle Saint Pierre (2011) à la clôture du festival HEY! O LET’S GO au Cirque Electrique (2012), une équipe de tournage a suivi Anne & Julien occupés à faire vivre leur projet artistique HEY! en librairie (avec la revue d’art trimestrielle) sur les planches d’un théâtre (avec leur Cie) et dans l’enceinte d’un musée (avec l’exposition HEY! Modern Art & Pop culture 1).

Au cœur de cette foisonnante galaxie, peu à peu, se dessine la nature profonde du projet. Et l’engagement féroce de ses deux initiateurs à partager leur vision du monde où l’enjeu perpétuel est de défendre une autonomie de geste et d’action face aux énoncés normatifs de la société; et leur amour de l’art et des marges dont ils disent “qu’elles sont le germe de tout”.

52 minutes qui s’attachent, entre interviews, images live et journal de bord, à réaliser un portrait de HEY! dans ses grandes largeurs, monde de création et liberté où se côtoient artistes & performers internationaux – loin des codes de l’art contemporain.

Fiche Technique du film :
Co Auteurs/Co Réalisateurs : Damien D. Richard – Christophe Antonin
Montage : Mauricio Pérez
Mixage son : Solid Studio – Karim Hamida et Jérome Sallenave
Motion design : Batmanu
Co Productions : C’est au Quatre/Les Instinctifs
Producteur délégué : Christophe Antonin (Les Instinctifs)
Post Production : Bollywood Productions
Contact pour la Presse et la diffusion : christophe.antonin@gmail.com

 

De quoi la contre-culture est-elle le oui

DE QUOI LA CONTRE-CULTURE EST-ELLE LE OUI

Colloque organisé
par la Halle Saint Pierre &
Le Collège International de Philosophie,

dans le cadre du Festival de l’Imaginaire

Samedi 22 et dimanche 23 juin 2013

Maison des Cultures du Monde
101 Bld Raspail  – 75006 Paris

Réservation conseillée : 01 42 58 72 89

 

Modérateurs  : Jean Lebrun et Martine Lusardy 

Projection en avant-première du film  d’Alan Governar : The beat hotel

 ***

ARGUMENTAIRE

La contre-culture est une culture nouvelle, souvent parallèle ou souterraine, qui entre en rébellion avec la culture officielle dont elle inverse les normes et les valeurs. Elle est le fait d’individus isolés, comme les auteurs d’art brut, ou le plus souvent le résultat de l’action collective de groupes ou de communautés.

La création, la critique systématique, le jeu, le détournement ou la dérision sont ses outils pour contester, renier une culture hégémonique jugée matérialiste, aliénante et obsolète. En permanente évolution, anti-dogmatique et anti-idéologique elle n’est pas pour autant une forme parodique de culture propre à anéantir toute forme de culture. L’énergie créatrice de la contre-culture, qu’elle soit la plus autonome ou la plus délirante, qu’elle s’accomplisse contre la morale et les lois, alimente la machine capitaliste autant qu’elle la contamine et la sabote.

En posant la question  « de quoi la contre-culture est-elle le oui » ce colloque abordera la contre-culture comme force double, à la fois de contestation et de proposition et, à partir de cette problématique majeure, développera l’idée que les mouvements contre-culturels et leurs acteurs mettent en œuvre un contre-modèle de société aux accents utopiques, un autre monde.

Dès lors devra être posée la question de savoir comment aujourd’hui la contre-culture peut-elle maintenir  sa charge subversive visant à l’émancipation du sujet alors que ses valeurs contestataires et transgressives des années 1960 ont été assimilées par la postmodernité et son néolibéralisme. Comment l’acteur de la contre-culture peut-il encore concevoir sa pratique d’artiste ou sa réflexion d’intellectuel comme une critique radicale de l’individu et de la société ?

La deuxième journée de ce colloque sera consacrée en particulier à la question de l’art brut, notamment au Japon. Est-ce que les productions de l’art brut et celles du Japon en particulier participent-elles à la contestation de la culture officielle ? Qui sont ces acteurs en rupture avec la société et la création artistique reconnue ? L’art brut nous offre la possibilité de penser « à côté » et nous enseigne le lien étroit que ces artistes, d’un genre particulier, entretiennent avec le monde. Si les œuvres d’art brut européen, du Japon ou d’ailleurs résonnent si profondément en nous, c’est bien qu’elles nous concernent au plus profond de nous-mêmes.

***

PROGRAMME

Samedi 22 juin 2013 : Contre-cultures

10h00-10h15

Ouverture du colloque par Jean Lebrun,  Président de la Halle Saint Pierre, professeur agrégé d’Histoire, journaliste.

10H15 – 12h30

  • Laurent Danchin, agrégé de Lettres Modernes, écrivain, critique d’art et commissaire d’expositions.
  • Christophe Bourseiller, acteur, écrivain,  journaliste,  homme de radio et de télévision, il est spécialiste des marges et des contre-cultures. Il est l’auteur d’une trentaine d’ouvrages, parmi lesquels Les Ennemis du système, Vie et Mort de Guy Debord, Les Maoïstes et L’Extrémisme
  • Rémi Sussan, journaliste spécialisé dans les nouvelles technologies, Il s’intéresse notamment aux retombées sociologiques de l’usage des techniques, ainsi qu’aux mouvements parallèles et alternatifs qui en découlent.

14H30 – 17H00

  • Olivier Penot-Lacassagne, maître de conférences à l’université Sorbonne Nouvelle-Paris 3, auteur de plusieurs essais sur Antonin Artaud et sur les avant-gardes poétiques et théâtrales.
  • Henri-Pierre Jeudy, sociologue, philosophe et écrivain, ses recherches portent sur plusieurs thématiques : la peur et la panique, les médias et les ruses de la communication, les mémoires collectives, les patrimoines et les catastrophes, l’esthétique urbaine.
  • Olivier Cachin, journaliste, écrivain et un animateur de télé, spécialiste du Hip-Hop et du rap français.
  • Anne et Julien, journalistes, auteurs/réalisateurs, DJ, créateurs et rédacteurs en chef de la revue HEY! modern art & pop culture et commissaires de l’exposition éponyme.

17h15-18h30

Projection  en avant première du film The Beat Hotel, réalisé par Alan Govenar.

***

Dimanche 23 juin 2013 : Art brut et contre-culture

Journée organisée en collaboration avec abcd (art brut connaissance & diffusion) et le Borderless Art Museum NO-MA (Japon)

10h00-10h15

Ouverture de la journée avec Martine Lusardy, directrice de la Halle Saint Pierre et Barbara Safarova, directrice de programme au CIPH, présidente d’association abcd (art brut connaissance & diffusion)

10H15 – 12h30

  • Laurent Danchin, agrégé de Lettres Modernes, écrivain, critique d’art et commissaire d’expositions.
  • Lucienne Peiry, successeur de Michel Thévoz à la tête de la Collection de l’art brut de Lausanne , elle actuellement directrice de la recherche et des relations internationales. Auteure de plusieurs ouvrages et articles sur des créateurs d’Art Brut.
  • Agnès Giard : écrivaine, journaliste, spécialisée dans les questions de sexualité, en particulier au Japon (Les histoires d’amour au Japon, 2012, L’imaginaire érotique au Japon, 2006, etc.)

14H30 – 17H00

  • Anne Millerand, médecin généraliste, auteur de thèse La modernisation de la médecine japonaise d’Edo à Meiji : Rupture ou continuité ?
  • Philippe Pelletier, géographe et spécialiste du Japon à l’Université Lyon 2.
  • Yoshiko Hata, directrice artistique du Borderless Art Museum NO-MA, animatrice de l’atelier Suzukake.
  • Kyoichi Tsuzuki, éditeur, photographe, curateur indépendant, spécialiste de la création « insolite » au Japon

17h00 – 18H00

Table ronde avec les intervenants et des invités :

  • Mario del Curto, photographe et réalisateur 
  • Rena Kano, critique d’art, historienne de l’art spécialisée dans l’art contemporain japonais

 ***

Cartes blanches aux écrivains fous de piano

Une programmation de Catherine David

le troisième dimanche de chaque mois
à partir du 20 octobre 2013 à 19h30

Halle Saint Pierre

Réservation conseillée : 01 42 58 72 89
Participation aux frais :10€ plein tarif ; 8€ tarif réduit*

 

Chers amis épris de littérature et de musique,
Concilier la musique du langage et le langage de la musique…
Entrelacer les sons et les sens, les mots et les notes, les émotions et les pensées, les paroles et les gestes, les livres et les partitions…
Telle est l’ambition des « Cartes blanches aux écrivains fous de piano » de la Halle Saint Pierre. Nous avons déjà eu le plaisir d’accueillir Mariella Righini, Loup Verlet avec Bernard Vitrac, Catherine David, Nancy Huston, Romain Villet et son trio le Bopstine, Jacques Drillon avec Jean-Louis Haguenauer, Jean-Pierre Luminet avec Jean-Marie Lecoq, Raphaël Enthoven, Emmanuel Carrère avec Elisabeth Sombart., Jacques Lederer, François-Joël Thiollier avec Jacqueline Rousseau-Dujardin, Jacques Saglier, Michèle Penniello avec Nathalie Faverais, Braz Velloso avec Anne Guglielmetti, Irakly Avaliani avec Catherine David (« Autour de Marie Jaëll »), Gabriella Torma, une grande dame du piano, et enfin, pour clôturer cette saison nous avons eu le plaisir d’accueillir pour la seconde fois Raphaël Enthoven avec Catherine David pour une soirée hommage à Marcel Proust.

NOTA BENE
Les concerts-lectures seront interrompus pour raisons techniques pendant plusieurs mois, mais ils reprendront leurs cours régulier (le troisième dimanche de chaque mois) à partir du 20 octobre 2013 avec une soirée en compagnie du pianiste Alain Kremski et du poète Zeno Bianu autour des écrivains-compositeurs (Nietzsche, Pasternak, Gurdijeff). Nous aurons ensuite le plaisir d’accueillir le pianiste Hakim Bentchouala-Golobitch et l’écrivain folle de piano Mariella Righini en duo le 17 novembre. La merveilleuse concertiste Isabelle Oehmichen sera parmi nous le 15 décembre 2013.

Pas d’inquiétude, la programmation 2014 est déjà sur les rails, avec le 19 janvier 2014 une soirée « Blaise Cendrars, Autour de la prose du Transsibérien » conçue par Ariane Le Gall , contralto, avec le pianiste Damien Lehman, la chef de chant à l’Opéra de Paris Ruta Lenciauskaite et l’acteur Joachim Zuber, le récitant : chants russes de Borodine, Tchaikovski, Moussorgski, Chostakovitch, Prokofieff, Rachmaninoff, Stravinski… Une soirée autour de la « mythologie grecque chez Schubert » le 16 Février 2014 avec le baryton Jean-Christophe Rousseau, titulaire au sein du Chœur de Radio-France, accompagné par Catherine David au piano. Une soirée « Anna de Noailles » le 16 mars 2014 avec Loiseleur des Longchamps, baryton, photographe, comédien et metteur en scène accompagné par le pianiste Florent Albrecht. Une soirée « Poésie du cosmos » le 20 avril 2014 avec l’astrophysicien Jean-Pierre Luminet, théoricien de l’univers chiffonné, historien, romancier, poète — et pianiste à ses heures, accompagné par le pianiste Ali  Hirèche. Le 18 mai 2014, une soirée « Schumannissime » avec Christophe Maynard, qui lira et jouera du Schumann. A suivre !

C.D.

*Catherine David, auteure notamment de la “Beauté du geste” (Calmann-Lévy 1994, Babel 2006) et de  « Crescendo, avis aux amateurs »  (Actes Sud 2006)