Émile Rogé

Présentation du livre du psychiatre jungien qui vient de paraître

Émile Rogé
Psychiatrie jungienne,
Attitudes et fonctions du moi dans les états psychotiques.

Présentation par Aimé Agnel et Jean Henriet.

Dimanche 10 mars à 15 heures – entrée libre
Réservation conseillée  : 01 42 58 72 89

Émile Rogé, Psychiatrie jungienne

Émile Rogé a laissé, à sa mort survenue en 2011, le manuscrit d’un ouvrage singulier où il expose sa conception personnelle de la psychothérapie des psychoses. Très ouvert aux théories psychanalytiques, très éclectique, il se revendiquait jungien. Pour lui, comme pour Jung, l’inconscient n’est pas psychotique, comme le pensent de nombreux analystes; c’est du conscient que provient le trouble ; c’est lui qu’il faut traiter. Émile Rogé se réfère dans ce but aux types psychologiques décrits par Jung comme un système dynamique d’adaptation du moi à la réalité externe et interne : attitudes d’introversion ou d’extraversion et fonctions pensée, sentiment, intuition et sensation. Dans la psychose une seule de ces attitudes et de ces fonctions est utilisée, au détriment des autres qui sont refoulées. Dans cette conception, qui implique une certaine responsabilité du psychotique, le délire n’est plus considéré comme une activité pathologique. « Délirer, c’est littéralement être dans son mode propre. Sortir du sillon, c’est surtout se mettre dans le sien… l’être humain n’évolue que par crises. »

QUATRIÈME DE COUVERTURE

Le docteur Émile Rogé (1933-2011) s ’est souvent référé, dans ses cours et ses travaux, à Eugen Bleuler et Henry Ey, deux psychiatres qui défendaient, contre les idées reçues, la « réversibilité » et l’ »évolutivité » des psychoses. Il a été d’emblée séduit par la position novatrice de C. G. Jung, disciple lui-même de Bleuler, pour qui le psychotique n’était pas incurable et qui recherchait le sens de son délire dans l’histoire de sa vie. C’est en suivant
Jung dans sa thérapie des psychoses, qu’Émile Rogé s’opposera à l’idée, couramment admise, d’une désorganisation de l’inconscient dans les états psychotiques. « Si le trouble initial, écrit-il, est au conscient, la source du progrès et la guérison éventuelle n’est pas dans le conscient, mais bien dans l’inconscient. Et l’inconscient du schizophrène me paraît toujours sain, comme d’ailleurs chez tous les psychotiques. » En partant de ce constat, Émile Rogé a eu recours, dans son engagement thérapeutique et sa théorisation, à la typologie psychologique de C. G. Jung qui oppose, dans une conception essentiellement dynamique, les attitudes (introversion et extraversion) et les fonctions d’adaptation du moi (pensée, sentiment, sensation, intuition). L’étude de cette typologie n’a, cependant, pas été menée jusqu’à son terme par Jung, qui, dans les années 1930, a orienté sa recherche vers une autre classification : celle des images archétypiques. Ce livre d’Émile Rogé, qui traite d’une façon originale et très approfondie des attitudes et des fonctions du moi dans les états psychotiques, vient donc remplir un vide ; il fait de lui le vrai continuateur de l’œuvre inachevée de Jung.

L’AUTEUR

Neuro-psychiatre et psychanalyste, Emile Rogé (1933-2011) a essentiellement exercé en cabinet privé, à Paris. Il a été actif au sein de l’Association française et du Syndicat national des psychiatres privés (AFPEP-SNPP). Il a été membre de la Société française de psychologie analytique (SFPA). Dans les années 1980, il a fondé « Dimension psychologique », une association promouvant la pensée jungienne.