Matrijaršija

Carte blanche à Matrijaršija
 à l’occasion de  l’exposition « Turbulences dans les Balkans »
Expérimentations sérigraphiques
du 7 novembre au 5 décembre 2017

Halle Saint Pierre – à la Galerie
ouvert tous les jours/entrée libre

La Halle Saint Pierre a invité le centre culturel Matrijaršija à organiser trois expositions à raison d’une par mois. La première exposition était consacrée au collectif NOVO DOBA, la deuxième aux expérimentations sérigraphiques.

Les expérimentations avec la technique de la sérigraphie présentes ici portent la marque d’un grand nombre d’auteurs réunis autour du centre culturel autonome Matrijaršija et du réseau Fijuk. Ces expérimentations ont été menées sans préparation classique (au sens technique), sans planification, sans anticipation. À travers ce «manque de respect» du canon et des procédures traditionnelles de cette technique d’impression, les processus deviennent évidents, ils se mettent à nu. Le plaisir provoqué par la conscience aigüe des procédures techniques utilisées et de leur total «manque de respect» accompagne nécessairement la création de chacune de ces impressions.
Les expérimentations sérigraphiées n’existent pas sans performance, sans acte, elles n’existent pas en tant qu’image non produite. Elles ne sont que la trace matérielle d’un processus qui allie l’image, la composition, la couleur. La planification de la composition se fait dans l’instant. La prévisibilité, si tant est qu’elle est possible, a lieu dans le clin d’œil entre l’abaissement de l’écran, l’application de l’encre et le geste de relever l’écran, toujours renouvelé.

Ainsi émergent de ce bruit graphique une certaine brutalité et une crudité, qui se voient reflétées dans l’impossibilité, pour le spectateur, d’une simple détection de toutes les couches accumulées et de leurs relations. Un recto sur un verso, un haut sur un bas, un mollet sur un front, un foie sur un homard, noir sur blanc, fragment sur fragment.

Ces expérimentations ont surgi d’une certaine impertinence : lorsque, de l’image formée par le montage des couches on isole un fragment, qui se combine et coagule avec les autres fragments saisis. Chaque fragment invoque mais aussi rejette ses éléments complémentaires, trouvant une nouvelle complémentarité. Sans autorisation, sans véritables droits d’auteur, sans question, sans scrupules, sans bonnes manières. Et le meilleur — sans auteur. Ces expérimentations sont-elles le lieu où le maître-artisan devient artiste?

Peut-être est-ce tout bonnement la zone dans laquelle une telle question n’a plus lieu d’être.

Matrijaršija est un centre culturel autonome créé en 2014 par plusieurs collectifs dans le quartier belgradois de Zemun en Serbie. L’étrange (non)structure de Matrijaršija englobe le festival Novo Doba, le réseau de distribution Fijuk, et les collectifs artistiques informels Mubareć, Dedice et Bitlsti.
C’est au sein de cet organisme singulier que s’est créé un espace consacré à l’art brut, non institutionnel ou non-aligné, à des auteurs ne se considérant pas eux-mêmes comme des artistes, et qui se trouvent, de par leur discours ou de fait, en dehors de toutes les options proposées par le monde des arts, en dehors de tous les possibles.

– Johanna Marcadé-Mot, collectif Matrijaršija

Plus d’infos ici


Collectif NOVO DOBA – sérigraphies présentées du 7 septembre au 7 novembre 2017 à la Halle Saint Pierre.