Le temps sans fil

Dans le cadre des
RENCONTRES EN SURRÉALISME
organisées par François Py

Projection et table ronde

« Le temps sans fil » par Georges Sebbag

Samedi 24 juin 2015 à partir de 15 heures – entrée libre

A l’occasion de la parution de :
André Breton 1713-1966 / Des siècles boules de neige et de
Breton et le cinéma
(Nouvelles éditions Jean-Michel Place, 2016),
Georges Sebbag apportera un éclairage à ce concept-clé.
Le temps sans fil des surréalistes sera confronté aux microdurées d’aujourd’hui.

Charles Gonzales, comédien, metteur en scène et écrivain, lira des textes.

Table ronde avec :
Georges Sebbag, Henri Béhar, Françoise Py,
Monique Sebbag
et François Leperlier, Nelly Kaplan (sous réserve)

Halle Saint Pierre – à l’auditorium
Réservation conseillée : 01 42 58 72 89

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André Breton (1713-1966) – Des siècles boules de neige
Georges Sebbag

André Breton est né, comme Diderot, en l’an de grâce 1713. Lors de sa traversée des siècles boules de neige, il aurait disparu en 1966, mais rien n’est moins sûr. C’est au prisme du hasard objectif, découverte majeure du surréalisme, qu’apparaissent sur l’écran sa vie et son œuvre. Une multitude de plans et de séquences répartis au gré du temps sans fil relate ses aventures épiques et poétiques, érotiques et philosophiques.

Breton s’incorpore Jacques Vaché, mort par overdose d’opium le jour de l’Épiphanie de 1919. Il reconnaît par-dessus tout le génie d’Isidore Ducasse, comte de Lautréamont. Fort de son duo avec Aragon, il bâtit le groupe surréaliste et conduit avec ses amis Artaud, Desnos et Crevel une révolution de l’esprit. André aime à la folie des femmes réelles ou imaginaires – Manon, Musidora, Cyprian Giles, Simone, Lise, Nadja, Suzanne, Jacqueline, Gradiva, Elisa, Nelly.

Ce livre battant comme une porte propose une vision inédite du collagiste et de l’artiste, un parcours déroutant du chevalier et de l’amant, une lecture différente du poète et du penseur, un film haletant des mille existences d’André Breton.

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 Breton et le cinéma, Georges Sebbag

Au printemps 1916, à Nantes, l’infirmier militaire André Breton et son ami Jacques Vaché, le dandy des tranchées, enchaînent les séances de cinéma, d’une salle à l’autre, sans se soucier des programmes. À 20 ans – ils ont alors l’âge du cinéma –, ils inventent une cinéphilie joyeuse et désinvolte. Breton le signale dans le Manifeste du surréalisme : « Le cinéma ? Bravo pour les salles obscures. » Au moment où il proclame la « toute-puissance » du rêve, il prend conscience que les gags, les courses-poursuites, les images saccadées des films burlesques reproduisent les métamorphoses mêmes de la peinture animée du rêve. Tandis que le cinéaste concasse le temps pour produire des durées filmiques, André Breton, guetteur de hasard objectif, est à la recherche de durées automatiques au gré d’un temps sans fil. La première génération surréaliste, désireuse de donner la réplique au découpage et au montage cinématographique, ne pouvait pas manquer son rendez-vous avec le cinéma, qui offre au public universel une expérience temporelle teintée de surréalité. André Breton a bien précisé que c’était dans l’obscurité d’une salle de cinéma que se célébrait « le seul mystère absolument moderne ».

Georges Sebbag est écrivain, docteur en philosophie. Il a écrit des essais sur le temps, la société et l’art ainsi que plusieurs ouvrages sur le surréalisme publiés chez Jean-Michel Place. Ses deux livres récents, Potence avec para tonnerre. Surréalisme et philosophie d’une part, Foucault Deleuze, Nouvelles Impressions du Surréalisme d’autre part, ont comme ambition affichée de lier « Philosophie » et « Surréalisme ».

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